samedi 21 juin 2014

HISTOIRE de GUECELARD - 2ème volume - PAYS DES DEUX RIVIERES





G U E C E L A R D


Est né du franchissement d’une petite rivière : le RHONNE, par un authentique chemin antique : le GRAND CHEMEING MANCZOIS,  bien avant que son nom n’apparaisse cité dans un acte du IXème siècle.



GUECELARD : PAYS DES DEUX RIVIERES….…..



















Confluence du Rhonne et de la Sarhe, 
........c'est au pied « Mondan ». que l'antique petit cours d'eau du  « Rosne, cité au IXème siècle », célébre sont union et sa mort avec la grande rivière.
Après de nombreux méandres, la petite rivière «  le Rhonne » semble rechigner à diluer ses eaux dans celles de la grande rivière de la Sarthe.
Guécélard est «  l’Omega » du Rhonne - Document photo de Google  eath.







Il était une fois.......une grande rivière qui s'appelait Sarthe. 

Si l’on peut passer sans transition des inondations à la sécheresse à Guécélard, pourtant réputé pour son climat tempéré, c’est peut-être parce que l’on a pas respecté le patrimoine « nature ». 



 Préface 


« Jusqu’à ce que la douleur le lui enseigne, l’homme ne sait pas quel trésor est l’eau »
                                                                                           Lord Byron


Tellement familière dans notre paysage, tellement présente dans nos vies et nos mémoires, l’eau qui coule dans nos deux cours d’eau : le Rhonne et la Sarthe ; semble dénuée de mystère, et souligne notre indifférence.

Mais ces paisibles cours d’eau ont une histoire , ils peuvent se transformer en furie. Plusieurs années de sécheresse successives peuvent nous faire oublier la présence de nos rivières et la force de l’eau. Dès le Moyen Âge, l’homme cherche à domestiquer la rivière. Il rehausse les berges afin de contenir son gonflement saisonnier. 

Le Rhonne et la Sarthe fournissaient l’eau de nos Aïeux et de leurs animaux, le limon fertilisant des cultures, l’irrigation des prairies et le bois de chauffage.

Le destin de ces deux rivières ne peut plus dépendre uniquement de la mécanique des fluides et des ingénieurs des Pouvoirs publics. L’homme à force de corseter les cours d’eau au moyen de digues, de barrages et de canalisations décuple les débordements. L’espace gagné sur l’ancien lit devient lieu de culture, mais le plus souvent bétonné pour construire.

Le mécanisme saisonnier de la crue est aggravé par la situation géographique du territoire communal Guécélardais, les conditions climatiques et surtout l’intervention de l’homme. En France, 80% des permis de construire en zone dite inondable ont été délivrés durant ces quarante dernières années. 

                                                                                                     André Gobenceaux 
                                                                                                        CUEPP - 1999


G U E C E L A R D
EST LE PAYS DES DEUX RIVIERES……

Le cœur  du  territoire,


Le cœur du territoire Guécélardais et le lieu de franchissement de la petite rivière du Rhonne, berceau du nom et du village lui-même. Tout s’articule en effet autour de ce site naturel dont l’altitude moyenne atteint à peine +39. Ce territoire a des proportions harmonieuses et un relief bien équilibré, mesurant 5 km 4 sur sa plus grande longueur, il s’étale librement dans une dépression formant replat  ( appelé terrasse basse par les géologues ), baigné d’un côté sur 5 km 2 par la rivière Sarthe, de l’autre appuyé à l’arc du Pôlinois rebord septentrional d’un plateau dénommé « Plateau géologique de La Fontaine-Saint-Martin », ligne de partage des eaux de la Sarthe et du Loir. Drainé sur 6,4 km par la petite rivière le Rhonne, limité au nord par une faille géologique dénommée « faille d’Arnage ». 


La « faille» en question est parfaitement visible sa profondeur estimée voisine les 20 km. 


Cette terrasse basse, est en fait le lit naturel de la Sarthe, que cette rivière occupa  durant des dizaines et des dizaines de milliers d’années, c’est à-dire pendant toutes les périodes interglaciaires, et qu’elle abandonna peu à peu au-dessus d’elle, lors de ses reptations latérales vers son lit actuel, dénommé ( lit mineur ), où elle s’enfonça du fait de la baisse du niveau général de l’Océan Atlantique, entraînant celui de la Loire. Il ne faut pas oublier que la pré-Sarthe confluait directement avec ce même océan Atlantique, aux environs de Briollay, dans la région de Durtal ( Maine et Loire ), où il est toujours possible de vérifier l’importance de son estuaire, par l’étendue de ses dépôts, et d’en étudier leur composition. 

De cette époque révolue où la Sarthe recouvrait notre sol, un témoignage ce sol que nous foulons au quotidien, cette terre que nous connaissons bien, cette terre grisâtre, sableuse, inconsistante, légère parce que très volatile, que nos Aïeux fixèrent par l’implantation de haies, terre acide parce que très fortement délavée. Ces petits cailloux ronds ou ovales, blancs ou veinés que l’on trouve dans nos jardins sont d’authentiques vestiges de ces fragments de roches arrachées dans les Alpes Mancelles, roulés, usés, transportés, arrondis par les eaux déchainées, déposés par les eaux apaisées de notre grande rivière, dans l’anse concave du « Poslinois », avant d’être renvoyées vers Roeze.


























L'hydrographie guécélardaise est tout particulièrement fournie,les principaux cours d'eau responsables des inondations catastrophiques sont surlignés en bleu clair.
























Photo A. Crépin - APEGI


Les interglaciaires se placent, selon Alain Foucault et Jean-François Raoult, 

-Interglaciaire Donau - Günz : de 1,8 à 1,6 M.a. avant notre ère
-Interglaciaire Günz - Mindel  :  de 700 à 650 000 ans avant notre ère
-Interglaciaire Mindel - Riss :  de 350 à 300 000 ans avant notre ère
-Interglaciaire Riss - Würm :  de 120 à 80 000 ans avant notre ère

La Sarthe borde et borne le territoire communal Guécélardais sur 5,2 km, longue de 285 km, à Guécélard elle se situe à 159 km ( 158,7 ) de sa source au lieu-dit : 

- Somsarthe, commune de Soligny-la-Trappe ( Orne ), à une altitude de 212 mètres. Elle conflue avec le Loir à seulement 14 mètres, ce qui donne une pente de 0,07 %. Son bassin versant reçoit annuellement de 650 à 750 mm, selon l’implantation des stations. Actuellement ses débits moyens en aval du Mans oscillent de 11,8 m3/s en étiage à 68,5 m3/s en hautes eaux et peuvent exceptionnellement passer à 6,5 m3/s en étiage et 223 m3/s en crue. En période de crue la Sarthe ne transporte que des limons, tandis que les alluvions anciennes sont caractérisées sur notre sol guécélardais.
























À sa source, après un parcours de 250 mètres sur un lit de marnes elle disparaît dans le sol, son nouveau point de résurgence se situe à 1,750 km au Nord-est au lieu-dit : le Faubourg - Cne de Saint Martin-des-Pézerits, alt. +193 ; et à 117 km ( 116, 3 ) de sa confluence avec la Mayenne.

Le schéma de l’ensemble du territoire communal de Guécélard se présente sous un aspect relativement simple : une étendue plane, très légèrement inclinée d’est en ouest, adossée à un amphithéâtre de hauteurs largement ouvert  vers l’Ouest. L’altitude maximale de la commune est de  +47  au  « Champ de la Butte »  chemin du Jarrier, l’altitude minimale +36, selon I.G.N.
























Les 1218 ha de notre terroir ( I.G.N. - INSEE ) - précisément 1216,895 ha dont 419 ha boisés ( I.F.N 3ème cycle d’inventaire 1995 ), s’allonge sur la rive gauche de la grande rivière et sont inclus dans les 8020 km2 du bassin versant de la Sarthe.

Guécélard est donc une commune d’étendue modérée - Fillé : 1007 ha , Parigné-le-Polin :1385 ha . Elle ne peut-être comparée à Roëze-sur-Sarthe : 2646 ha et à Cérans-Foulletourte : 3252 ha.

La commune de Guécélard occupe une situation privilégiée à environ 170 km des côtes Normandes de la Manche et autant de l’Atlantique et de son courant chaud, position avantageuse à la lisière du climat océanique. Cette disposition contribue à renforcer les  nuances climatiques entre le nord plus froid et plus humide, et le sud plus ensoleillé et plus sec. Zone intermédiaire plus tempérée et plus sèche, n’étant pas dépourvue de ressources agricoles.

Robert Triger en 1881, dans ses  Observations agricoles et météorologiques sur les Années  les plus remarquables de 1544 à 1789 dans la Province du Maine, porte à notre connaissance des événements qui se sont produits. Localement les populations ayant été impressionnées, ces événements ont été relatés dans divers documents par des témoins, nous n’en citerons que quelques-uns :

« L’hiver de cette année 1544 avait été si rigoureux que l’on coupa le vin « dans les tonneaux  avec des instruments tranchants »
« 1608 - L’hiver fut si froid qu’on l’appela le Grand hiver jusqu’en 1660 - « On en gardait  encore le souvenir en 1709 »

« De la Toussaint 1614 au 8 septembre 1615  la  sécheresse  fut  extrême  ; les  bestiaux mouraient 
« de faim et de soif ».

« 1709  - Un des plus cruels hivers qui se soient vus depuis plus de deux  cents ans, est celui de cette 
« année. Il commença le jour des Rois sur les huit heures du matin après une pluie douce de la nuit 
« précédente, et en deux jours de temps la rivière ( Sarthe ) se trouva en état de passer « dessus. Ce 
« froid a duré  plus de quinze  jours,  tous  les  jours  s’augmentant, à  bout desquels il tomba quelque 
« neige de hauteur de près d’un pied et regela encore dessus très fortement ; et environ quinze jours 
« après,
« Plus de moitié des arbres fruitiers ont gelé : il  n’est  pas  resté  un  seul  noyer de  quelque grosseur 
« qu’il fut, et tout le royaume a subi le même sort. - Quantité de personnes et de bestiaux ont péri de 
« froid ».  

« 1718 - 10 juin. L’été  fut très sec et très chaud. À peine tomba-t-il quelques gouttes d’eau pendant 
« neuf mois, aussi les sources et les rivières tarirent-elles presque partout ».

« 1723 - Il faut remarquer que cette année 1723 a été la plus sèche qu’homme ait jamais vu, 
« puisqu’il n’a point plu depuis six mois ; le blé-méteil valait, mesure de René, de 6 à 7 livres ».

« 1757 - Juillet . Vers le 8 de ce mois, chaleurs excessives qui ne  diminuent que vers le 15 par un 
« orage et quelques pluies. Depuis 1724 on n’en avait pas vu de semblables. Elles reprirent du 18 au 
« 21  juillet ».

« En 1788, l’hiver a commencé le 2 décembre ; le froid a continué jusqu’au 30 janvier  et est 
« descendu à plus de 18° au-dessous de zéro. Tous les légumes ont gelé avec  la plus grande partie  
« des sapins . Les fleuves ( dont la Sarthe ) ont débordé et  inondé plusieurs pays  communes et les 
« glaces de 14 pouces ont rompu plusieurs ponts ; les neiges ont été jusqu’à 5 pieds d’épaisseur en 
« différends  endroits ».

Nous avons découvert aux Archives départementales de la Sarthe, un document isolé dans une liasse de Moncé-en-Belin,

Dumonstier - préfet de la Sarthe,
à Messieurs les Maires, ( dont Guécélard , Moncé-en-Belin , Parigné-le-Polin ),
- «  Reconstitution des pinaies détruites par les gelées de 1879-« 1880 . Délivrance de  plants et 
« de graines de pin sylvestre à délivrer avant le printemps …… ».





Route de Guécélard à Parigné-le-Polin, s'allonge dans les pinèdes..


Des épisodes d’une recrudescence d’un froid intense, nous sont fournis par des documents d’archives. Les scientifiques qualifièrent cette période de refroidissements de « Petit âge glaciaire » , avec des pointes en 1303, 1317, 1323, 1326, 1329, 1354, 1364 et 1408. On trouve dans une liasse du XVème siècle, un paragraphe dans une lettre « ….la sarte charriant des glaçons… ». 

Gros plan et haut 4 recto, d'une Chronique de 1364.


* anciennes unités de mesure de longueur :
le  pouce    =   27,07 mm
le  pied      =  33 cm 

Une chronique de la même époque rapporte que « …..les loups affamés déterraient les morts, et s’attaquaient aux vivants des chaumières isolées….. ».

R. Taillens explique : les sols légers, sableux et secs, se refroidissent beaucoup plus vite la nuit que les sols lourds, argileux et humides; en compensation, ils se réchauffent plus vite le jour. Ils  favorisent donc la formation de gelées dites de rayonnement . 

Ainsi Guécélard, est un terroir naturellement hospitalier. Il devait attirer l’homme dès la plus haute antiquité, et plus précisément au haut-Moyen-Âge pour qui il fut un « lieu d’élection ». Placé à un carrefour de deux voies de terre, à proximité de l’un des plus importants itinéraires commerciaux mixtes de la Protohistoire.  Ces précieux avantages ont une contre-partie. Guécélard, terre d’accès facile n’a cessé de voir converger, transiter de nombreuses invasions guerrières jusqu’au XVIéme siècle. Depuis les temps les plus reculés la géographie a fixé son destin de « Terre de passage » , mais également sa vocation de « Terre d’accueil ». 

Toutefois, et il faut le garder présent en mémoire, il y a de très fortes différences entre les terrains humides de la Basse Judée, la Gastine du Bélinois ou Vieil-Mans ( de nos jours appelées le Petit Bourray ), des anciens boys de Buffes, qui formaient autrefois la zone d’inondation naturelle du Rhonne et de la Sarthe, asséchés par la plantation du  la Gastine du Bas Poslinois ou Grand Bourray, et la terrasse de Mondan. Les contrastes sont moins visibles aujourd’hui sous la masse des constructions, mais ils ont joué un rôle considérable dans l’histoire topographique de Guécélard. 

Plusieurs actes des cartulaires de l’Abbaye de La Couture, de Saint-Mesmin, du Ronceray, aux A.D. 72 - 45 -49, du XVème siècle et encore au XVIème, nous décrivent le hameau du Gué-Ceslard dans un environnement de bois, de taillis, de broussailles et de ronciers, ….de terres humides, spongieuses de petits terroirs Guécélardais dont les noms évocateurs, traduisent précisément l’état du sol : Vieil- Mans, Vaux-Chamaillard, Mortier-de-la-Ville,  la Basse-Judée, Gastines du bas-Poslinois, Deffais du Bruon, devenant par leur assèchement par laplantation de pins sylvestre, progressivement les landes du Petit Bourray, et du Grand Bourray. 

* - Les Archives départementales de la Sarthe, et l’Office National des Forêts, nous apprennent que le pin maritime, pinus pinaster, a fait son apparition aux confins des gastines du Petit Bourray vers le XVIème siècle. Dans un acte du Fond ancien de la Seigneurie de Belin, Payen d’ Averton, seigneur de Belin, possédait en 1564, six journaux de « pinoches »   en un lieu nommé «  les Petits Marais » en la paroisse de Laigné. Un autre acte précise que Louis-Jacques de Mescrigny, seigneur de Belin, en 1673 ensemença de pins les «  buttes du Vieux Mans » . D’autres documents, de la même source, nous informent : en 1675, 2250 « sapins » sont plantés dans les landes   environnantes  ; en 1682, les sapinières s’étendent sur les bords du ruisseau de Lunerotte. Il est évident que les seigneurs de Belin poursuivent un plan méthodique, et rigoureux d’assainissement des Gastines du Bélinois. Cela explique peut-être , pourquoi dans les actes du début du XVIIIème siècle, il n’est question , que des landes du Petit  Bourray. 

( il faut savoir que le « pinus pinaster » absorbe de 150 à 200 litres d’eau    
( par jour, qu’il sur porte facilement une très forte densité dans la
( plantation. Il n’est absolument pas exclu qu’il y ait été cultivé bien avant  cette date, ou plus simplement 
( existé à l’état spontané, côte à côte
( avec le chêne Tauzin - O.N.F - Borse - 2003 )

Nous citons un passage prélevé dans un texte de la châtellenie de Belin,
« …..par endroits, de la terre molle humide émergent des touffes de joncs et des chicanes de 
« broussailles ».. Le ruisseau ( probablement lr Rhonne )  est invisible sous sa voûte d’épines….. ».


Notre département, est une charnière géologique ?


Il ne faut pas oublier que notre département de la Sarthe s’étend sur une surface d’érosion, d’âges diverses formée dans des conditions différentes, elle est  polygénique  ( Dewolf et Pomerol - 1997 ), se développant à la fois sur la frange médio-orientale du Massif Armoricain constamment dégradée depuis le début du Mésozoïque ( Klein - 1975 ), et recoupant les couronnes du Jurassique et du Crétacé de la portion médio-orientale extrême du Bassin Parisien, borné par le relief des Collines de Normandie et celles du Perche.  Les conditions climatiques du Quaternaire, c’est à-dire l’alternance de périodes glaciales, et de redoux ont très fortement conditionné la structure générale hydrographique de notre région, et surtout de notre commune, qui s’est constituée de 65 M.a. à -10 000 ans avant notre ère, période dénommée le Cénozoïque ( regroupant Tertiaire-Quaternaire ).

Il y a lieu d’y ajouter, un fait majeur, le basculement vers le Sud-Sud-est de portions de territoires séparés par des failles, au cours de phases tectoniques pendant l’Éocène moyen - étage Bartonien ( 40 à 37 M.a. ), et plus récent au Miocène ( de 23,5 à 6,5 M.a. définit en 1832 par Leyli ), créant un drainage nord/sud, influençant le tracé de nos cours d’eau vers le sud-ouest comme la Sarthe et le Rhonne. « Les variations hydrodynamiques fluviatiles du Pléistocènes   ( de 1 8 M.a. à -10 000 ans ), selon Guy Mary, sont attestées par l’existence de « six terrasses alluviales étagées, et épaisses de 4 à 5 mètres » . Elles ont provoqué « le déplacement latéral des lits » , le détournement d’un cours d’eau principal « par emprunt de la vallée d’un affluent » ( nous bénéficions à Guécélard d’un exemple type ), et de la capture du réseau de la haute et moyenne Sarthe par « celui de la Basse Sarthe ».

Il ne faut pas oublier que notre département de la Sarthe s’étend sur une surface d’érosion, d’âges diverses formée dans des conditions différentes, elle est  polygénique  ( Dewolf et Pomerol - 1997 ), se développant à la fois sur la frange médio-orientale du Massif Armoricain constamment dégradée depuis le début du Mésozoïque ( Klein - 1975 ), et recoupant les couronnes du Jurassique et du Crétacé de la portion médio-orientale extrême du Bassin Parisien, borné par le relief des Collines de Normandie et celles du Perche.  Les conditions climatiques du Quaternaire, c’est à-dire l’alternance de périodes glaciales, et de redoux ont très fortement conditionné la structure générale hydrographique de notre région, et surtout de notre commune, qui s’est constituée de 65 M.a. à -10 000 ans avant notre ère, période dénommée le Cénozoïque ( regroupant Tertiaire-Quaternaire ).

Le lit majeur de la Sarthe, lorsqu’il est respecté par l’occupation des sols atteint 300 à 400 mètres de large, et en certains endroits 700 à 800 mètres. Il y a lieu de noter que Guécélard se situe dans une plaine naturelle d’expansion de la rivière, et que les maxima connus à ce jour donnent jusqu’à 1000 mètres.


Coupe transversale du territoire communal de Guécélard entre Arnage et le relief de la " Bordure septentrionale du Plateau de la Fontaine Saint Martin"
Ce croquis dressé par la Centre Géologique National, image très bien la terrasse basse sur laquelle la commune de Guécélard se développe.


Où il est question des failles…… ( notes page 154 )


Le bassin versant de la Sarthe appartient incontestablement à la pénéplaine de l’Ouest de la France selon Guy Mary.

Les cartes géologiques du B.R.G.M. démontrent l’évidente relation entre les tronçons de la rivière Sarthe et ses affluents, et les failles de direction Nord 055 et 070, qui conditionnent l’installation du réseau hydrographique à la structure géologique ( Musset - 1917 ; Klein - 1975 ). Selon Dassibat - 1982, la plupart des fractures sont des reprises d’accidents hercyniens ayant rejoué au Jurassique, puis au Crétacé ( Juignet - 1983 ), et à nouveau réactivé au cours du Bartonien, puis du Miocène. Les conséquences de la structuration Bartonienne et Miocène du bassin versant de la Sarthe a été un affaissement basculant vers la vallée de la Loire inférieure. 

Les collines du Perche vers lesquels convergent des failles ont été soulevées, créant une véritable ligne de partage des eaux : en direction de la Manche au nord pour l’Orne, l’Iton, l’Avre et l’Eure ; vers le Sud-ouest et l’Océan Atlantique, pour la Sarthe et ses affluents. 

La Sarthe évacue vers le sud-ouest les eaux collectées sur la partie médio-orientale du Massif Armoricain, qui incorpore la Forêt d’ Écouves, et celles de la frange médio-occidentale du Bassin Parisien. Les altitudes de la bordure nord de son bassin versant ( le Signal de Perseigne alt.+340 ), évoluent d’Ouest en Est de 417 ( Mont Avaloir ) à 296 mètres, avec fléchissement par un seuil de 220 mètres, tandis que dans le Perche, sur le bord oriental les altitudes fléchissent de 296 à 200 mètres, et dans le département à 60 mètres.

La Sarthe et ses affluents sarthois drainent plus des ¾ de la superficie de notre département. D’une longueur totale de 285 km, cette rivière traverse le département  de l’Orne sur 87 km, et celui de la Sarthe sur 202 km. Née à 212 mètres d’altitude, après avoir dessiné  un ample S , elle conflue avec la Maine à 14 mètres d’altitude0, comme nous l’avons déjà écrit page 4.

Le cours ancien de la pré-Sarthe donne en ligne brisée une vallée comportant six segments rectilignes. L’examen d’une carte géologique dévoile l’évidente relation qui existe en un  long tronçon de la Sarthe à Guécélard, le confluent du Rhonne et de la faille » dite d’Arnage orientée Nord/Sud, qui subordonne l’installation du réseau hydrographique des landes du Grand Bourray et des Gastines du Bas-Poslinois à la structure géologique ( Musset - 1917 ; Klein - 1975 ). La plupart des fractures du canevas ( faille d’Arnage, et faille de Brette ) sont des reprises d’accidents tectoniques hercyniens s’étant déjà manifestés au Jurassique ( Dassibat - 1982 ), et au Crétacé ( Juignet - 1983 ), et de nouvelles réactions au cours du Bartonien et au Miocène.

Les failles d’Arnage et de Brette, pour les plus proches de notre commune se sont « remobilisées » durant le Cénozoïque, des indices visibles indiquent incontestablement que ces failles ont joué dans un sens ( les géologues dénomment ces indices des tectoglyphes ).

Ces mouvements ont eu pour conséquence l’épirogenèse au cours du Bartonien et du Miocène du Bassin versant de la Sarthe et son basculement vers la vallée de la Loire, tandis que les eaux marines de l’Océan Atlantique, recouvrait la Loire Atlantique et le Maine et Loire, s’avançant à proximité de La Flèche ( Durand - 1956 et 1959 ; J.-C. Fischer - 2000 ). Conjointement l’enfoncement des cours d’eau : Sarthe et Rhonne dans le substrat a été provoqué par le soulèvement  de l’ensemble du Bassin Parisien (  épirogenèse positive  ) à la vitesse de 0,5 mm par an. La réactivation de la faille d’Évron au Miocène n’affecte que la partie sise au nord de Malicorne.

En aval du Mans, la Sarthe a un tracé est Nord/Sud dans le prolongement de la faille de l‘Huisne, sans être affecté par la faille d’Arnage N/S à l‘exception de la traversée du Mans. Elle coule, ou plus exactement elle louvoie, cherchant une pente caractérisée dans les sables du Cénomanien moyen,  reposant sur de l’argile glauconie  - à minerai de fer du Cénomanien inférieur ( la déclivité entre Spay et La Suze plafonne à 2 mm ).

Dans notre région les nappes d’alluvions s’étendent sur une largeur kilométriques, d’où un  profil mouillé important, avec un ravinement des eaux en sous-sol comme indiqué par le B.R.G.M, et reposent tantôt sur des sables cénomaniens, tantôt sur de l’argile glauconie, le territoire communal de Guécélard en est un exemple type. 


Nos cours d’eau , beauté du paysage


Selon  le Bureau de Recherches Géologiques et Minières, la Sarthe a toujours coulé au Sud de la butte d’Allonnes et au Nord de celle de Roëze, sauf depuis la fin de Würm - dernière période glaciaire où elle a été détournée vers le Sud, formant le « méandre de Fillé-Roëze », ce que certains dénomment : le bras mort…?

Berge de la rive gauche de ce qui est dénommé le " bras mort de la Sarthe" .


La puissance des dépôts de remblaiement que la Sarthe a abandonné sur la basse terrasse guécélardaise, dans sa reptation latérale vers son lit actuelle, sont très variables, ils s’élèvent irrégulièrement mais d’une façon constante jusqu’au pied du relief de Parigné-le-Polin. Ces formations alluviales anciennes témoignent si besoin est, de périodes quaternaires à climat périglaciaire. La même source nous apprend, qu’ au siècle dernier elles ont livré des restes de Mammouth ( Elephas primigenius ).

Molaire basse gauche d'un Elephas primigenius, autrement d'un mammouth. On remarque très bien les racines parfaitement conservées, et on distingue également les plis de croissance .


La haute vallée sarthoise de la Sarthe fut profondément incisée dans les roches dures de l‘extrémité orientale du Massif Armoricain des plateaux soulevés. Selon le professeur Ch. Pomerol, la dernière secousse tectonique à distension Est-Ouest du Pliocène pourrait être responsable de l’ouverture de fossés directeurs pour l’incision, puis la formation des vallées. C’est vers cette époque que la Loire se serait infléchie à l’Ouest - le coude d’Orléans *.

La Loire dans sa course vers l’Océan Atlantique - les mots Loire Atlantique ont pris réellement un sens il y a 1,8 M.a, capturant au passage le Cher, l’Indre, la Vienne en Touraine, unissant la Mayenne, la Sarthe, le Loir en Anjou, la Loire se raccordait à l’important réseau hydrographique qui devait être appelé réseau du Val de Loire.

Les nappes de dépôts alluviaux de la Sarthe et du Rhonne mettent en évidence que pendant le Pléistocène ( de 1 800 000 à -10 000  ans, c’est-à-dire pendant la période communément appelée « l’ère  Glaciaire » ), le réseau hydrographique de ces deux cours d’eau a divagué et que des méandres se sont accentués, déplacés, et que des détournements de cours ont eu lieu, selon les étages de 5-6 mètres ( comme à Guécélard ) à 45-60 mètres au-dessus du lit actuel, avec une épaisseur de ces dépôts variant de 3 à 6 mètres, sur une largeur de 400 à 600 mètres. Les vestiges sont nombreux selon les endroits les galets de toutes grosseurs représentent en poids, au moins 25%, les graviers 15% et les sables 60%, on ne tient pas compte des particules d’argiles.

La rivière Sarthe coupe sur une dizaine de kilomètres le socle armoricain dans les Alpes Mancelles, arrachant et collectant non seulement des fragments qu’elle transforme en les rouant en galets de toutes dimensions, mais des blocs beaucoup plus importants qu’elle a transporté pendant les interglaciaires sur 80 km et plus par radeau de glace. On en trouve de nombreux en aval de Spay sur la rive gauche, et en aval de Roeze dans les deux rives ( Milon - 1936 ; Mary - 1964 ), principaux arguments qui ont conduit à reconnaître les terrasses alluviales de la Sarthe.

L’altitude des terrasses à ce jour définies  par rapport au lit actuel  sont de : 40-45 ; 30-35 ; 25-30 ; 15-20 ; 6-12 ; 2-5 mètres. Aucun niveau n’est daté à l’exception du plus bas relevant de la dernière période froide.

Ainsi, on peut déterminer avec une certaine précision, la formation du territoire communal de Gécélard  à la période du Würm, c’est à-dire il y a de 80 000 à 10 000 ans. Ce qui est très récent, si l’on prend en considération que l’âge de notre planète : la terre à 4 milliards 550 millions d’années à 5 millions près en plus ou en moins. Un autre, témoignage, si nécessaire, les blocs de roussard d’chaussés que l’on peut voir au sommet des Buttes du Vieux Mans. À noter également les terrasses intermédiaires pratiquement intacte à Malicorne - 50 mètres ; à Parcé - 48 mètres.

* Vers la fin de l’ère Tertiaire, au Pliocène, la Loire s’écoulait vers le nord en direction de la Manche formant avec la Seine un fleuve dont il n’existe en Europe aucun équivalent de nos jours, l’estuaire de ce  fleuve Manche ( puisque tel est le nom qui lui a été donné ), avec l’Atlantique se situer entre la Bretagne Française et la Cornouaille Anglaise, bascula en direction de l’ouest, formant ce qui fut appelé « le coude d’Orléans 

Modification du cours de la Sarthe entre Spay et La Suze, 


Entre Spay et La Suze, cinq des six terrasses alluviales sont conservées, elles dessinent une courbe vers le nord, alors que la rivière Sarthe de nos jours décrit une courbe vers le Sud. Ce tracé «  nouveau » date également du Würm. Ce qui démontre que la Sarthe en modifiant son cours a empiété sur les bassins versants  des deux petits cours d’eau du Roulecrotte et du Rhonne particulièrement érodés à tel point qu’ils sont bornés au nord par un relief inversé constitué par la très haute terrasse alluviale de l’Huisne. Les pavages éoliens, c’est à-dire décapés, arasés par les vents dominants de la dernière période de glaciaire témoignent que les bassins versants du Roulecrotte et du Rhonne était à peine supérieure, au niveau de la vallée de la Sarthe de l’époque à la latitude du coude, et que la Sarthe s’abaissait vers le Sud dans la direction suivie par le Rhonne, d’où la confluence inversée. 

Par ailleurs, sur une distance d’un peu plus de 5 km, la basse terrasse qui forme notre commune, conserve pratiquement une même altitude qui oscille entre 39 et 42 mètres en général. Ceci témoigne d’un lit majeur interglaciaire engorgé par les alluvions.  


page 287, du Rapport scientifique sur " LES CHANGEMENTS DE COURS DE LA SARTHE.


Au niveau du coude de la rivière, l’eau fortement chargée en sédiments a dû s’accumuler en raison du ralentissement provoqué par le relief de Parigné-le-Polin, et de l’évacuation vers l’Ouest, puis s’écouler vers le Sud, pour emprunter le cours ancien de l’un des affluents du Rhonne, puis la vallée inférieur de celui-ci jusqu’à La Suze.

Il est possible que, reconstituée après le dégel interglaciaire, la nappe d’eau du subtratum des sables cénomaniens, sur le terroir communal guécélardais de cette zone ait été mise en charge par la Sarthe et drainée par l’affluent du Rhonne, qui pourrait être le ruisseau des Fillières, préparant ainsi le détournement ( Mary - 1964 - 1990 ). Des différentes phases de détournements passés et du tracé actuel de nos deux cours d’eau, ont peu dire et même écrire que le cours de la Sarthe, du Rhonne et de ses affluents du Bourray est entièrement guidé vers la Loire inférieure par les mouvements épirogéniques différentiels des failles de notre proche région. 

Pour mémoire, le soulèvement des Alpes Mancelles, dont le taux moyen annuel calculé depuis le début du Pliocène ( environ 5 000 000 d’années ), serait de l’ordre de 6 millième de millimètres par an.

La Sarthe, et c’est une certitude, a modifié sont tracé durant le Pléistocène entre Spay et La Suze. La capture de la moyenne Sarthe par la basse Sarthe, ou le détournement de la première dans le réseau de la seconde, ce qui revient au même, s’est réalisé. Cette modification est en liaison avec les alluvions périglaciaires, et a eu lieu vers la fin d’une phase d’alluvionnement, ou juste après une migration, que nous appelons reptation latérale de la rivière vers le bassin versant d’un autre cours d’eau appartenant au même réseau hydrographique.

Les photographies aériennes révèlent que la terrasse basse alluviale en question, est sillonnée par de nombreux chenaux fossiles,, raccordés à ceux remarqués entre les Buttes témoins du « Carrefour géologique du Bourray ». Ils sont probablement hérités de la phase périglaciaire et donnent une image d’une étape d’un cours d’eau à chenaux anastomosés occupant toute la largeur de la vallée  vers un cours d’eau à lit unique ( Briggs et Gilberto - 1980 ; Strakel - 1990 ).


















Sur cette photo satellitaire, onn remarque les méandres très prononcée de la rivière la Sarthe, à l’aplomb de la communes de Guéécélard. Cela précise, si besoin est, que ce cours d’eau cherche désespérément une pente pour l’écoulement de ses eaux ; par conséquence, Guécélard, se pllace dans le bassin naturel d’expansion de cette rivière - Document photo de Google eath.


Quoiqu’il en soit, le bassin hydrographique de la Sarthe était dans sa totalité situé en domaine périglaciaire selon la classification de R.-J. Chorley - 1984, et suffisamment éloigné de la mer pour être soustrait aux effets glacio-eustatisme mais le schéma de l’ensemble demeure subordonné à la structure cénozoïque, sauf en aval de Malicorne. Dans ce processus elle a solidarisé son affluent le Rhonne. Le lieu de leur union n’a cessé d’évoluer, se déplaçant progressivement au fil des siècles. L’alluvionnement du méandre concave de la Sarthe, par celle-ci, lié à celui de leur confluence par le Rhonne donne à leur jonction cet aspect insolite de confluent à contre courant. Ainsi, les dépôts de pente et les apports limoneux dont les épaisseurs sont très variables participent également à l’évolution du relief de la terrasse fluviale où se développe le territoire communal de Guécélard.

Pour en finir avec ce long sujet, peut être sujet trop longuement exposé pour le lecteur, mais indispensable pour exposer comment et quand notre sol communal s’est constitué, et pour conclure ce chapitre : la totalité du territoire de la commune de Guécélard, se déploie dans le lit interglaciaire de la Sarthe. 

La première place dans un croquis oro-hydrographique appartient naturellement aux terres qui sont les aînés, dans le cas de Guécélard, ce sont les argiles glauconieuses.  
« à l’ère Secondaire -Mésozoïque, à la période du Crétacé Supérieur ( de 96 à 65 M.a. ), débute au 
« Cénomanien ( de 96 à 91 M.a. ), la grande transgression marine cénomanienne déjà amorcée à 
« l’Albien - 108 M.a. , Jean-Claude Fischer - professeur honoraire M.N.H.N. poursuit et précise :      
« cette phase marine  s’accompagne de dépôts argileux »

Alain Foucault -professeur au M.N.H.N., et Jean-François Raoult ( décédé ) - professeur des Sciences à l’Université de Lille, définissent :

«  glauconie - du grec : glaucos  - vert bleuâtre
« association de minéraux argileux à forte teneur en fer - Fe 3+. La  glauconie se forme en milieu 
« marin, le plus souvent à des profondeurs de 50 à 500 mètres, parfois avec d’autres minéraux 
« phosphatés . Elle se présente fréquemment sous forme de grains de 0,1 à 0, 3 m/m vert foncé. Par 
« altération, elle brunit en donnant des hydroxydes de fer ( goethite ) - FeO - OH, en masses 
« concrétionnées jaunâtres, rougeâtres, brun noir (  limonite ) - FeO - OH - nH 20N , mélangées à « 
« des argiles, elles donnent des ocres jaunes ». 

























Goethite trouvée à Guécélard en 1974, lors du creusement d'un puit .


























Dépôt ferrugineux horizontal, consécutif à une réaction chimique, provoquée par un arrêt de la sédimentation des dépôts en sous sol .


Les argiles glauconieuses forment un socle à travers le pays, qu’une érosion multicellulaire a vigoureusement rabotée et que des affaissements ont séparés en masses indépendantes, disséminées parmi les strates de sables du cénomanien moyen.

Elles sont l’ossature du sol Guécélardais.


La couche surfacique sableuse podzolique, souvent appelée «  découverte », est pauvre dans son ensemble. Le cénomanien, n’est pas semble-t-il aussi simple que l’on pourrait le supposer. Ainsi, le Cénomanien inférieur et moyen : également appelé «  sables du Maine », à intercalations argileuses varie en épaisseur entre et 20 et 40 mètres. Il affleure largement dans terroir guécélardais, où il peut atteindre une épaisseur supérieure à 40 mètres. De récents sondages nous informent,























Terre du sous sol guécélardais fortement glauconieuse par endroits .


- 4 sondages sur Cérans-Foulletourte donnent une épaisseur de 20 mètres,
- 2 sondages sur Pontvallain donnent 25 mètres
- 4 sondages sur Mansigné donnent 28 mètres
- dans la cuvette au sud-ouest du Mans 40 et 43 mètres

Les rapports des sondages ( 358 p.5 et 393 ), précisent « ….ensemble détritique (composés pour 50% au moins de débris ) reposant sur l’argile glauconieuse à minerai de fer par l’intermédiaire d’une surface de ravinement…. ».


Les eaux souterraines, et les écosystèmes,


Sur cet ensemble couvrant 172 800 hectares, la sédimentation ne s’est pas faite uniformément dans le temps. D’importantes modifications latérales sont intervenues, influant sur ces variations. Nous sommes juchés sur environ cent vingt mètres d’épaisseur de sédiments, ce qui, au rythme modeste du millimètre par siècle, peu perceptible à l’échelle humaine, nous donne cent vingt mètres pour cent vingt millions d’années de dépôts accumulés par périodes successives d’immersions marines et d’émersions qui commencèrent voilà à peu près un milliard d’années.

En 1969, dans un rapport à la Direction départementale de l’Agriculture sur :
«  les ressources et besoins en eau du département de la Sarthe, M. Rousseau indiqué et évalué :
« l’existence d’une réserve gigantesque de 13 milliards de m3 d’eau avec  un débit exutoire annuel 
« de 110 millions de m3. Cet énorme réservoir souterrain des sables cénomaniens n’est alimenté que 
« par 1900 km découverts, pour 1600 km2 couverts. Une partie des eaux est évacuée vers  le Loir-et-
« Cher et  l’Indre-et-Loire ».

L’eau souterraine constitue la plus grande réserve d’eau douce de la planète, environ 8 à 10 millions de km3, soit entre 98 et 99% du total.

Ce volume de 110 milliards de m3, peut paraître, a priori, largement suffisant, et suggère une marge : aussi importantes soient-elles, aussi renouvelables soient-elles, les ressources en eaux souterraines ne sont pas invulnérables. Différentes activités humaines peuvent porter atteinte à leur reproduction en quantité ou en qualité, ainsi qu’ à leur exploitabilité, mais leurs effets ne sont pas uniformes. 
















































Deux témoignages incontestables de l'intensité de la circulation des eaux dans le sous sol guécélardais .


Le sous-sol de Guécélard est formé de sables du cénomanien, 1er étage du Crétacé supérieur - de 100,5 à 93,9 M.a. définit en 1847, par Alcide d’Orbigny.



Ammonite trouvée dans le site d'extraction de sable sus précisé par photo.


Le nom de Sarthe, évoque invariablement notre département, la grande rivière pour l’habitant de Guécélard, commune riveraine. Il est évident, que depuis les temps les plus reculés, la rivière Sarthe n’a jamais laissé indifférent l’Homme, qu’il fut Guécélardois, qu’il soit Guécélardais. Elle fournissait : un complément appréciable de subsistance, l’eau des hommes et des bêtes, le limon des cultures, l’irrigation des prairies et le bois de chauffage. Elle facilitait les rapports humains, mais elle représentait des contraintes et des dangers.


1° - En premier, une grande rivière : la SARTHE.


Une  grande  rivière  : la  Sarthe


Curieusement, le milieu figé de notre grand cours d’eau : la Sarthe, n’a suscité que peu d’écrits, peut-être éclipsé, par le souci d’assimiler toutes les lignes rectilignes de nos actuels chemins et routes de la Sarthe, à une mythique origine romaine. L’occupation romaine, d’il y a deux milles ans obstrue à ce point nos esprits, que l’on en oublie, qu’il y avait un avant à ladite occupation, des voies beaucoup plus anciennes les voies de terre et les voies d‘eau : nous  rappelleront au passage la prestigieuse batellerie gauloise, qui a fait l’admiration du géographe grec Strabon ; dont personne ne parle.

Nous citerons in extenso pour leur exactitude et leur précision, spécialement à l’attention de nos jeunes lecteurs, un passage que le géographe grec consacra à ce sujet :
« les cours d’eau sont si heureusement distribués en Gaule, les uns par rapport  aux autres qu’ils 
« assurent dans les deux sens les transports d’une mer à l’autre, les marchandises ayant à peine à 
« être voiturées par terre et toujours dans des plaines d’une traversée facile. Le plus souvent, on les 
« transporte par les voies fluviales en choisissant les unes pour la descente, les autres pour la 
« montée ».

La rive gauche guécélardaise, prise d'un bateau.


Dans les brumes du passé…..un nom apparaît,Une étymologie simple et validée !


C’est dans les  Actus  qu’apparaît le nom le plus ancien de la  rivière Sarthe  -  fluvius Sartae -  524 . Elle est fréquemment citée dans cet ouvrage, toujours sous la même forme  Sarta  , que nos Cartulaires lui conservent jusqu’au delà du IXème siècle . Auguste Vincent nous indique p.89 -208,  fluvium Sarthae - 537 .
Au XIème siècle, nous trouvons : veloci Sarta fluvio agente Meduanae amen ingrédient  dans les Chroniques et diplômes relatifs à l’Histoire de France - (Collections de textes pour servir à l’étude et à l’enseignement de l’Histoire - 38  - B.N.F.)

La lettre  « h » , s’y ajoute dans le Cartulaire de Perseigne  - en 1145, in Sartham : Sarthe, par contre en 1219, dans une charte - du Cartulaire de Saint-Victeur , le « h »    disparaît  in Salta , en 1265, le « h »  est toujours absent,  le pont de Sarte  ( à Sablé ) - ( Bibliothèque de l’École des Chartes - t. XLIV , 289 ).

Nous avons trouvé, en 1294, paroisse de Noville- sus-Sartre  - Abbaye de Saint-Vincent  du Mans ; en 1299, quen itérer apud  Saltam - Abbaye de Champagne  ; en 1370, ( 7 janvier ), Charte latine de l’official du Mans par laquelle Guérin Legendre, de la paroisse de Neuville-su-Sarthe - …de Novilla super Sartam…. Confrérie de l’église du Mans ; en 1372,( Titre original en latin, du vendredi après la Nativité de la sainte Vierge ) Frère Pierre Katinelli, prieur du prieuré de La Fontaine-Saint-Martin ( de Fonte S. Martini ), dépendant du monastère de Saint-Sulpice de Rennes, consent l’indemnité de deux hommèes de pré situées sur les bords de la Sarthe - ….. in ripparia Sarte….Confrérie de l’église du Mans ; en 1379, Véme jour de mars, et  à l’ayve de Sarte, d’autre bout…Cartulaire de Saint-Victeur  ;  en 1388, Charte sur parchemin, faite à Angers, de Marie, reine de Jérusalem et de Sicile, duchesse d’Anjou, comtesse de Provence, de Folcarquier, du Maine, de Piémont et de Roucy,…..pour que la terre de Monstereul sur Sarte….abbaye de l’Epau ; en 1405, Sanctus Benedictus super Certam… Province du Maine ; en 1409, L’yeaue de Salte….. Les Coesmes ; en 1443,…et la rue allant du moulin du Guichet au moulin de Salte ( Sarthe ) …abbaye de Perseigne ; en 1471, ( le 12 janvier ), Charte sur parchemin, de Jean , duc d’Alençon, pair de France, comte du Perche et vicomte de Beaumont…..dans la rivière de Sartre…..abbaye de Perseigne ;  en 1486, la rivière de Serte…. Ledru - Répertoire.

L’orthographe  Sarte  est celle des cartes anciennes, depuis la Nova et intégra Caenomanniae  descriptio  du XVIème siècle, jusqu’à celle de Jaillot en 1706 - la Sarte , Cassini écrit Sarthe , et cette forme a prévalu officiellement.

L’origine du nom n’est pas grec, n’est pas romaine, n’est pas germanique, on découvre au XIème siècle  sarta en bas-latin - Holder, II , c. 1371

Selon le Dictionnaire étymologique des Noms Géographiques de A. Cherpillot,  Sarta , de l’indo-européen  ser ou sar  qui signifie couler ,

Marie-Thérèse Morley - Docteur es lettres , Maître de recherche au C.N.R..S. , définit : Sartor  cas sujet : Sartre ; variantes : Sastre - Sartre ; matronyme ; Sarthe , dérivé : Sarton ,

Somsarthe , le lieu de sa source, som  vient du radical gaulois sum qui signifie nager , dérive de l’indo-européen  sewn , à rapprocher de l’allemand  schwimmen  - summums , signifie dans la langue gauloise «  le plus élevé »  

Summus + le nom de la rivière Sarthe, désigne avec précision : la source de la Sarthe.

La  Sarthe  domaniale  en  aval  du  Mans,


Aux confins des derniers contreforts du Massif Armoricain et de l’extrémité occidentale du Bassin Parisien, le tracé actuel du cours actuel de la Sarthe-aval, résulte d’une longue évolution depuis le Pliocène concrétisée par d’authentiques vestiges alluviaux. Rivière drainant un bassin versant de 7850 km2, constitué pour moitié de terrains sédimentaires, et pour l’autre de roches du socle. Elle couvre trois départements : ( l’Orne - la Sarthe et le Maine-et-Loire ).

La rivière Sarthe, quitte les derniers contreforts du Massif Armoricain, pour entrer dans la " plat pays Manceau.


En aval du Mans, la rivière traverse un ensemble de plateau développés à des altitudes variant de 95  à 30 mètres. Parmi les témoins alluviaux conservés, l’un  se situe à Guécélard à un niveau étagé 2-5 mètres. Par rapport, au relief environnant, cette terrasse basse matérialise la paléovallée de  la Sarthe, étageant de vastes étendues modelées dans les Sables du Maine cénomaniens, mais également aussi les calcaires et les argiles  jurassiques.

La Sarthe-aval marque le passage à une dynamique de chenal unique à vastes méandres correspond à une diminution de la pente longitudinale de la vallée qui évolue de 0,63 %o à 0,43 %o. Résultant vraisemblablement d’un équilibre entre la puissance de la rivière et la résistance des roches encaissantes ( Tricart en 1955 ), les méandres de forte amplitude inscrits en aval de Spay, sont la réponse du cours d’eau à la réduction de pente qui lui est imposée par les mouvements tectoniques comme l’affirme ( Klein en 1990 ), ou bien une adaptation au réseau complexes de failles qui fait varier sur de courtes distances la résistance des roches. Deshaies en 1994 prouve que les méandres

L’interprétation du changement de cours de la Sarthe, la plupart des auteurs insistent sur les conditions structurales et les déformations tectoniques. Un soulèvement du Bassin Parisien au Pléistocène ( Wyns en 1977 )

Elle est la rivière la plus importante du Haut-Maine ( hault-Mayne - XIème siècle )  auquel elle a donné son nom en 179I. En Anjou, elle forme l’une des plus belles « ramure de rivières françaises » - …avec le double éventail de la Maine et des affluents de gauche…. Il n’en demeure pas moins, que la Sarthe par sa vallée a été une voie de pénétration, un obstacle dans son franchissement, elle a été au cours  de sa longue histoire une limite, une  frontière..

Dans ces terrains de la campagne au Sud-ouest du Mans, la rivière coule dans une large vallée alluvionnaire, la pente est très faible :

- entre le Moulin L’évêque au Mans et l’écluse du Moulin de Spay, elle est de  0,09 mm

entre l’écluse du Moulin de Spay et l’écluse du Pendu - Moulin de Morannes    elle n’est que de 0,02 mm, elle décrit alors de multiples et larges méandres, qui allongent sa voie, son cours reposant sur un lit argileux dans les sables du  cénomanien moyen, se matérialise par un important profil mouillé, variant de (  5 à 800 mètres dans sa section guécélardaise. La Sarthe perd une importante quantité d’eau, admis par les rapports 358 et 393 du B.R.G.M.

























Alluvions déposées depuis la dernière glaciation de Würm, approximativement depuis les 6.000 dernières années ; caractérisée par la remontée des eaux du niveau marin de -35 mètres à l’actuel.
Ces alluvions sont définies, par la platitude qui se développe au Sud-ouest de la cité Mancelle, c’est-à-dire notre terroir, marquée par les méandres de la rivière Sarthe, qui cherche désespérément une pente pour s’écouler vers la Maine .


Fondements  historiques  de  la  navigation  sur  la  Sarthe,


En compulsant des documents anciens aux Archives départementales et aux Archives Nationales à Paris, on découvre qu’une rivière a un passé, une histoire qui lui est propre, multiple et variée.

Sans aucun doute, l’histoire des civilisations qui se sont succédées dans notre région, est liée de très prés à celle des voies d’eau, quand celles-ci n’en sont pas une condition nécessaire.

En se gardant de tomber dans un déterminisme géographique facile et simpliste, comment ne pas penser que la rivière Sarthe, qui laissa une si vive impression dans l’esprit des Gallo-romains, n’a pas jouer antérieurement un rôle dans le destin de notre région.

François Izarra a écrit,

« Il ne fait pourtant aucun doute que les études anciennes
« gagneraient beaucoup à ce  que la vie des cours d’eau soit
« mieux connue, éclipsée sans doute par le prestige attaché
« tant aux transports maritimes qu’aux fameuses voies
« romaines »

Strabon, au Ier siècle, dans sa géographie, place les fleuves et les rivières de la Gaule indépendante au cœur de la vie économique du pays. Un fait apparaît, le réseau navigable de la Gaule pré-romaine a marqué, à cause de son exceptionnelle qualité, de sa remarquable distribution, l’esprit des Anciens qui ne manquèrent pas, non sans arrière-pensée de s’y intéresser. Le géographe grec, dans sa première description raisonnée des voies navigables gauloises, se fait le porte parole de cette surprise. Plus que les rivières elles-mêmes, c’est leur répartition, véritable réseau couvrant l’ensemble du territoire gaulois, moteur d’un important trafic fluvial, faisant vivre un ensemble de corporations et de petits métiers, un milieu actif et pittoresque avec ses traditions , ses cultes et ses lois : un extraordinaire outil commercial. C’est certain, nous n’avons pas toutes les informations que nous souhaiterions avoir, si de nos jours l’hydrographie traite du cours physique de la Sarthe  et du Rhonne , dans l’Antiquité, on étudiait l’utilisation qu’on pouvait en faire.

Strabon, n’a absolument rien inventé dans ses descriptions sur les voies navigables, celles des chemins de terre commerciaux traversant les régions. Il décrit, il est l’interprète d’observations connues depuis des siècles de pratiques commerciales. Certaines remontent aux routes de l’ambre , à celles  du cuivre, puis aux routes de l’étain d‘outre-Manche. Ses informateurs, les marchands eux-mêmes, les négociants utilisateurs de ces itinéraires.

Le cours physique n’a qu’une importance secondaire, on indique le cours navigable plutôt que le cours total, à tel point qu’on a identifié le début d’un cours d’eau avec l’endroit où il commence à porter  bateau. Les critères d’utilisation d’une voie d’eau,  prennent le pas sur les critères descriptifs :

- un cours d’eau  « porte bateau - grand ou petit bateau - ou ne porte pas ». La Sarthe portait grand bateau du Mans à Nantes ou à Roanne, le Rhonne ne portait pas bateau, la méthode était simple et pratique, efficace pour déterminer d’abord le débit, puis la largeur et la profondeur.

Du grand fleuve Loire partaient par ces affluents des itinéraires mixtes en amont de l’énigmatique  port de Corbilo .

Par la Maine, puis la Sarthe jusqu’au Mans, ensuite après transbordement par un chemin de terre on pouvait rejoindre la  rive gauche de l’embouchure de la Seine

 - Vieil-Rouen ( point de débarquement du minerai d’étain britannique, sur le continent ).

De nombreuses trouvailles archéologiques jalonnent et valident cet itinéraire, elles sont visibles dans les différents musées des villes concernées.

Dans notre  proche région, il est matérialisé par le dépôt monétaire d’Allonnes,  « point de rupture de charge sur la Sarthe » - où le transbordement s’effectuait. Cet itinéraire mixte reliait la Manche à la Méditerranée, par portage entre Seine et Sarthe, puis voie d’eau par la Sarthe, la Maine, la Loire jusqu’à Roanne, et portage entre Loire et Saône, à nouveau voie d‘eau Rhône-  Marseille.

Les monnaies gauloises d’Allonnes ( Sarthe ) et l’axe commercial Manche-Méditerranée,

- Actes du 91éme congrès national des Sociétés savantes - I966.


2 Statère du IVème siècle en cuivre ; 1 Statère du VIème siècle en bronze ; 1 AS du IIIème siècle en étain .


Les voies de communications entre pays de Méditerranée et pays de l’Atlantique au Moyen-Age de Y. Renouard - Mélanges , L. Halphen - 1951 , p. 587-594,

- Acte du colloque : Géographie commerciale de la Gaule - Caesarodum, 1977 - n°12 (  2 vol. ). Numéro spécial.

Les péages étaient indissociables des activités commerciales en Gaule avant la conquête. Cette taxation semble apparaître lorsque les marchandises commencèrent à circuler régulièrement par eau et par terre. Les populations riveraines qui exigeaient du marchand transitant sur leur territoire, le paiement d’un droit pour le libre passage, s’engageaient en contre partie à lui accorder protection et sécurité sur toute la traversée du dit territoire.

Si l’on extrapole, les Gaulois ont inventé non seulement le péage, mais également l’assurance : suivant le principe fondamental : l’engagement consensuel et synallagmatique, de deux personnes. L’engagement de garantir la sécurité d’une partie entraîne par réciprocité l’engagement de l’autre, moyennant une contribution définie à l’avance.


On peut avancer que l’ancienneté des sites de Buffes et de Mondan, furent étymologiquement parlant des points de contrôlent de ces péages.

On constate alors, l’excellente complémentarité de la voie d’eau : la Sarthe, avec la voie de terre : le Grand Chemin Mansais.



Ainsi, l’itinéraire mixte se développant entre la rive droite de la Loire ( Ponts-de-Cé ), et les bords de la Seine, était très attractif et considéré comme très sûr. En effet, pour la traversée de ce vaste pays où était disséminé le peuple Gaulois des Aulerques, ceux-ci ne percevaient  qu’un  seul et unique péage, rendant cet itinéraire d’autant plus avantageux, plus attractif. La route de la Loire était un itinéraire relativement aisé pour gagner la Normandie et l’Océan ; elle offrait en outre l’incomparable avantage d’être utilisable avec presque autant de facilités à la montée qu’à la descente grâce aux vents dominants d’ouest, sensibles sur prés de 400 km.

L’importance de cette route par la Loire, et nous revenons en insistant fortement sur ce point, est bien attestée sur le plan archéologique, et illustrée avec de nombreux objets exposés aux musées de Roanne, Nevers, Orléans, Blois, Tours, Angers, Alençon, Évreux et d’autres moins importants.

Le péage, lorsqu’il n’était pas exagéré, pouvait-être considéré comme l’ancêtre des garanties de nos assurances. Le revenu des péages procurait richesse et puissance au peuple qui en bénéficiait. Les rivières de la Gaule pré-romaine n’étaient pas des espaces sauvages, vierges de toute activité humaine.

Les préhistoriens s’accordent à penser que cette navigation débute au néolithique. Actuellement, sur les 160 épaves recensées en France, une dizaine appartiendraient aux temps pré et protohistoriques. D’Orléans au confluent de la Sarthe-Mayenne-Loir, plus 26 épaves auraient été répertoriées. Le plus ancien exemplaire ( datation radiocarbone - Lyon II ), 6000 ans av. notre ère ; les pirogues de Bercy - 4000 ans av. notre  ère.

Les premières allusions concernant des trafics réguliers par des cours d’eau secondaires, comme les rivières, se trouvent aux Archives Nationales à Paris dans des actes mérovingiens et carolingiens exemptant des établissements religieux des taxes perçues sur les transports fluviaux.

La plus ancienne mention attestant directement de la navigation sur la rivière Sarthe est citée en l’an 800, dans le Cartulaire de l’abbaye de Cormery, d’après les Chartes par l’abbé J.J. Bourassa - 1861, t. XII, p. XVII.


Carte de la France navigable depiuis la plus haute antiquité, selon les Historiens .


En l’an 800
« Le prince cependant ne se contente  pas d’être généreux du bien d’autrui il voulut faire des 
« 
largesses personnelles. En conséquence, le 11 juin, il accorda la seconde charte, en vertu de 
« laquelle il donne aux Bénédictins de Cormery et à leurs gens l’autorisation d’avoir deux bateaux à 
« leur service sur la Loire, la Mayenne et la Sarthe, le Loir et la Vienne, sans être soumis à payer un 
« impôt quelconque. Il les exempte notamment des droits de douane, de gabelle ».  

Les rivières, en effet, « ces chemins qui marchent »   suivant l’expression de Pascal, furent durant tout le Moyen Age les voies commerciales les plus fréquentées ; trop souvent elles furent les seules accessibles aux longs transports et même aux communications de province à province……

L’examen d’un ensemble de documents médiévaux d‘Archives départementales, finit par concerner la plupart de nos rivières, fait apparaître un état de faits plus ancien.


Le commerce de la pierre 


Le transport de matériaux pondéreux ont été, tant dans l’Antiquité qu’au Moyen Age, très fréquemment effectué par voie d’eau, qu’il s’agisse de pierres nobles (pour la décoration )de produits plus communs ( comme les meules ) ou déjà façonnés ( les sarcophages ).

Les meules d’Auvergne ont descendu la Loire, ont remonté la Maine ( on en a découvert dans l’est du département de l’Orne ( Nord-est de Mortagne-au-Perche ), dans l’Eure ( régions de Breteuil et Évreux ),  la Seine-Maritime ( région de Gisors ). Une quinzaine ont été retrouvées dans la Loire à Tours, dans la Maine à Angers. On suppose, qu’elles furent réemployées comme amarres ? Plusieurs épaves chargées de meules auvergnates  ont été signalées et repérées dans la Loire, dont au moins deux entre Tours et Angers.

Il est fortement probable que des sarcophages ont suivi un chemin identique à celui des meules. De nombreux vestiges permettent de penser qu’un véritable commerce de sarcophages a existé dans la vallée de la Loire et celles de ses affluents navigables, dont la Sarthe.

Les carrières productrices de sarcophages étaient, pour celles répertoriées, en général riveraines d’une voie d’eau. Celles d’Arcy-sur-Cure, Panzoult sont proches de la Vienne, celle de Bourgueil proche de la Loire, celle de Saint-Pierre-de-Maillé de l’Aglin ( un affluent de la Creuse ). Leur production était partiellement expédiée par eau. En témoignent les sarcophages trouvés dans l’Anglin et dans la Loire à Port Boulet, vraisemblablement tombés dans l’eau, et non récupérés, ceux découverts dans divers nécropoles sarthoises.

P.M. Duval a écrit,
« Aucun transport de pierre à longue distance
« n’était impossible dans l’Antiquité ». 


Un témoignage qui authentifie cette thèse : les cinq sarcophages découverts en 1954, à La Croix de La Martinière, commune de Guécalard.

Extrait de GALLIA - Ministère de l’Éducation Nationale - Centre National de la Rceherche Scientifique - tome XIII - 1955 - p.165.


Autrefois  ,  la  navigation  sur  la  Sarthe


liasse , 2 pièces, parchemin.
Registre du lieutenant du Mans, du 24 Août 1426,
XXIIIe jour d’aoust mil IIII c XXVI , signé de Constance,
« A la requeste du procureur du Chappitre, ledit lieutenant saisit la somme de deux cens écus d’or 
« que les bourgeoys du Mans devoient à Jehan Lefèvre a cause de vendissions de sel  descendu au 
« port de Malicorne, au temps que les doyen et Chappitre tenoient la Prévousté  du Mans jusques 
« au vaillant de la coustume  telle qu’elle appartenait aux-dits doyen et Chapitre à cause du sel ».

























Bateau de 75 tonneaux spécialement conçu pour naviguer entre Le Mans et Angers, et même Nantes. Quelques uns ont même remonté jusqu'à Beaumont- sur- Sarthe, connu et dénommé dans les actes anciens sous le nom de Beaumont-le-Vicomte .


Le manque d’entretien a rendu l’utilisation de la rivière Sarthe difficile de Malicorne à Arnage, et plus particulièrement d’Arnage au Mans. Des projets naissent, et ils seront nombreux, malheureusement sans aucune suite pendant à peu près trois siècles ; pour aménager, ou tout au moins rendre possible la navigation entre Malicorne et Le Mans.  Le premier semble être daté du 4 mars 1540. 



La famine qui sévit dans la région en 1739, s’ajoutait aux pluies continuelles et au débordement de la rivière. La terre gorgée d’eau, la route ordinaire de Malicorne, La Suze, Guécélard, Le Mans , est devenue impraticable en de nombreux endroits…..( de nos jours connue sous l’appellation V.C. 407 ) selon des documents aux A.D.72, elle  est submergée « …. les alentours du Carrefour de La Rochelle, les près et le chemin à Bousse sont sous les eaux….. », rendant impossible le transfert par charrois des  céréales arrivées par bateaux jusqu’à Malicorne «  … les affres de la famine planent sur Le Mans…. ». L’urgence de la situation obligea les autorités à envisager le rétablissement de la navigation par priorité.



Le bureau d’Agriculture établi au Mans par arrêt du Conseil, le 24 février 1761, a toujours fait de la navigation de la Sarthe, l’objet de ses travaux.



Ducluzel, intendant de Tours en 1768, reprit l’utile projet de ses prédécesseurs. Le citoyen Limay, inspecteur général de différents départements, conjointement avec le citoyen Chaubry, ingénieur en Chef, et Deshourmeaux, sous-ingénieur de la Sarthe, reprirent en l’an III de l’ère Française ( 1794 ), cette opération. Après avoir parcouru la rivière de la Sarthe jusqu’à Malicorne, ils dressèrent un devis détaillé, dont nous en avons prélevé un paragraphe :



« …du moulin de Spay à celui de la Suze sur 15 844 mètres 32 centimètres, des atterrissements à 

« déblayer à la sortie des portes l’écluse de Fillé , la Beunêche, Roëze et en  différentes autres parties 

« de cette longueur, avec des réparations aus chaussées desdits moulins, 30 000 « frs….. ».





















































Chaussée du XVIème siècle reliant la rive gauche de la Sarthe à la rive droite.


Dans ce rapport nous avons glané quelques chiffres :



« la distance entre L’hôpital du Mans ( vraisemblablement le  Sanitas ) et « le port de la Vestière près 
« de Malicorne, où les bateaux mouillent en tout temps est de 47,155 km, la pente totale est de 14,77 
« mètres, ce qui fait à peu  près,0,00031 de pente par mètre de longueur ».   


Un document des Archives départementales de la Sarthe, nous dévoile que les bateaux n’étaient  pas seuls à circuler sur la rivière. Il y avaient également quelques « trains de bois », venant de la Forêt de Bonnétable par l’Huisne, en témoigne une

- lettre datée du Mans, le 19 avril 1778,
« les sieurs Haisneau et Bottereau ayant acheté en 1745 , 301 arpents de  bois de futaye dans la forêt 
« de Bonnétable firent le 24 octobre de l’année un traité avec le ministre de la marine de fournir tous 
« les bois pour le service de la marine……le flottage se fit pendant plusieurs années…… ».

Sous l’Ancien Régime, la navigation ne se faisait pas librement, les seigneurs dont les terres étaient riveraines, y percevaient un droit de péage , source de revenus non négligeables. Avant l’arrivée du Chemin de Fer, la navigation sur la Sarthe profite de l’état lamentable des routes, plus spécialement dans la première moitié du XIXème siècle. 

En 1816, 36% du réseau routier sarthois est en terrain naturel et le restant est soit encaissé, soit à construire.

En 1822, dans « Mémoires sur la navigation de la Sarthe, M. Lebourg »,   négociant en vins au Mans  , habitait dans sa maison de l’Arche, sur le chemin du Petit-Saint-Georges, a été un fervent défenseur de la navigation sur la Sarthe jusqu’au Mans, a écrit,

« La Sarthe, communique à la mer, par la Loire et, par le même fleuve, à la capitale, ainsi qu’à 
« toutes les parties du royaume, qui jouissent de l’avantage d’une navigation intérieure ».



Page 1 et 2 du Mémoire .


L’avant-projet d’amélioration de la navigation en aval de Fillé, est divisé en trois sections :

* - Première section ,de Fillé à Malicorne,  

Les travaux à exécuter ont pour objet l’augmentation du tirant d’eau, trop souvent limité à 1,2 mètres, et le remplacement par des écluses, des portes marinières existantes, principal obstacle, faisant perdre  beaucoup de temps et entraînant souvent de graves accidents. Ils intègrent  la réalisation d’un canal éclusé de Fillé à Roëze, et la construction d’écluses à La Suze, à Fercé et à Noyen. 

L’annuaire de la Sarthe 1856, nous apprend : 
« ……à ce jour un seul travail a été terminé, celui de Fercé. Les travaux ont été adjugés et 
« commencés au canal de Fillé à Roëze et à l’écluse de La Suze ; rien n’a été entrepris à Noyen ».

C’est de 1827, que datent les premiers travaux d’aménagement de la « basse-Sarthe »   - la rivière en aval du Mans. De cette époque à I835, il a été construit en dessous du Mans…..

le canal de Fillé-Roëze, ouvert en 1862

La dérivation de Fillé est terminée, et a été livrée à la navigation en 1860, elle a une longueur de 4,5 km , et abrège le parcours de 4 km, enregistre la 1ère année 151 passages de bateaux,

- rive droite,
de l’Eglise de Fillé est à 119,4 km de la Maine, son altitude 41,18
la Mairie à 119,3, face à la rivière son altitude est de 40,825 
le Moulin de Fillé est situé à 119,2 km , son altitude est de 37,915
le sommet du barrage à une altitude de 37,125, 

- l’écluse de Roëze est à 110,6 km de la Maine, le chemin de hallage et de servitude de marchepied à une longueur de ( R.D. + R.G. ) 9 000 mètres linéaires,

altitude de la porte-amont : 38,48 , tr. niveau 2,00 mètres ; altitude de la porte-aval : 38,65 ; tr. niveau  4,65 mètres ; la maison éclusière est à 39,48,

altitude du niveau de l’eau dans le canal 36,4 ; celui de la rivière au raccordement  34,00,

- le pont de Roëze ( route D.251 ) est à 109,3 - rive droite alt. 41,355,  

rive gauche alt. 36,36 ; trait repère du niveau de la Sarthe - novembre 1930 , 37,505
- le pont de la Suze ( route D.11 ) est à 105,8 ; trait repère du niveau de la Sarthe - novembre 1930 , 37,62

La mise en service effectif du canal de Fillé-Roëze a transformé le méandre, cours majeure de la rivière Sarthe, en un « bras mort », devenant progressivement un « bras fossile ».























Berge de la rive gauche du bras dit " mort de la Sarthe ", dénommé encore " bras fossile ".


À la fin du XVIIIème siècle, la Sarthe apparaît navigable de Malicorne à son confluent avec la Mayenne, de celui-ci à Angers par la Maine, puis par la Loire vers Nantes et l’Océan la navigation n’offrait pas de difficultés.

Elle l’était encore au XIVème siècle jusqu’au Mans.

L’Annuaire de la Sarthe pour 1841 - p. 8 , nous apprend :
« Différentes ordonnances de Philippe de Valois, depuis 1317 jusqu’en  1328, établissant des droits 
« de péage et d’entrée, tant par terre que par eau, en charrette ou en chalan, -  constatent que la 
« navigation était en pleine vigueur ( évolution ) à cette époque du Mans à  l’embouchure ».

1856  - navigation de la Sarthe - p. 295-297


La Sarthe navigable a, dans le département, un parcours de 75 km. 348 m. , une pente de 21 m. 40 c. rachetée par 24 barrages, une largeur moyenne de 60 m. au Mans, et de 80 m. à la limite du Maine-et-Loire, un tirant d’eau généralement suffisant à partir de Malicorne en descendant, mais très-restreint, et très -fréquemment de 1 m. 20 c. seulement entre Le Mans et Malicorne.

Hors écluses la Sarthe a un parcours utilisable d’environ 85 km, différents types de bateaux y naviguent au XIXème siècle,

- la Gabarre ( une voile carrée, un grand gouvernail - piautre, un treuil à l’arrière - guindas,  trafic entre Nantes et Le Mans )?

- le Futreau ( plus petit que la gabarre, également une voile carrée, sert au transport de marchandises, mais aussi de voyageurs sur une plus courte distance ),

- le Chaland de la Sarthe ( possède une voile , n’a pas de quindas, transporte du sable et des tonneaux de vin ),

ils n’étaient pas les seuls bateaux à utiliser la rivière, on trouvait,

- les bateaux-moulins, les bateaux de pêche, les bacs, les bateaux-lavoirs, les toues sablières, les boucheries.

Dans la seconde moitié du XVème siècle, c’est à dire vers la fin du Moyen Âge, la vallée de la rivière Sarthe perd pratiquement tout son intérêt stratégique. Cependant, elle continue à constituer un obstacle naturel aux déplacements des hommes, et des bêtes. À Guécélard, pour éviter de longs détours, deux points de passage existaient, des bacs assuraient le transbordement de la rive gauche, à la rive droite - Fillé,  celui des animaux, et également celui des marchandises.

L’un se trouvait à Bel Air, il se dénommait le «  bac de Fillé »,

l’autre à Touche Luére - Cne de Génelard , s’aooelait le « bac de La Beunèche ».

Aux Archives départementales de la Sarthe, à la rubrique - 3 S 139, on peut examiner le plan d’un bateau appelé « Passe-cheval » , à construire pour le passage de Fillé,  daté du 26 juillet 1816, signé par le Maître des requêtes, préfet du département de la Sarthe, le 6 août 1816, d’une longueur  de 6,63 mètres hors tout, pour une largeur de 1,89, et une profondeur de 0,645.

Un autre document, référence 3 S 141, nous instruit sur le tarif des droits à percevoir pour le droit de bac sur la rivière Sarthe :

Tarif des droits à percevoir pour le droit de bac sur la rivière Sarthe :
- pour chaque personne                                         2 centimes 5
- pour chaque cheval, ou mulet, chargé ou à vide    5 centimes
- pour chaque chaise ou cabriolet, à un cheval       25 centimes
- pour charrette et chariot chargé, attelé d’un
  cheval ou de deux bœufs, et pour le conducteur  20 centimes
- par chaque bœuf ou taureau, vache ou génisse     2 centimes 5
- par chaque âne, veau, poulain, porc                     1 centimes 25 



























Yvonne Letourneur, pour 50 frs par mois, par tous les temps faisait avec son bac la traversée en 5 à 6 minutes. Elle a cessé la profession de « passeur du bac de La Beunêche »  en 1914 . 
On la voit ici au débarquement de Mondan, sur la «  charte «  le chien noir son fidéle Tobi, qui avait dans son collier la petite saccoche avec la monnaie. 

documents et informations fournis par René Gaignon - 
Historien et Conteur - Merci, Ami René - A.G.



La navigation par paquebots ?
Oui, il y a eu des paquebots sur la Sarthe, qui assurait la liaison Le Mans - Nantes,






















Affiche publicitaire ventant les avantages de la navigation fluviale sur la Loire et la Sarthe .


C’était à l’époque où la ville du Mans ( en 1811, 17 000 habitants ), n’était guère plus importante que celle d’Alençon ( en 1811, 13 400 habitants ). En 1851, la première en comptait 27 000, contre 14 700 pour la seconde. En 1855, les communes limitrophes de Sainte-Croix, Saint Pavin-des-Champs, Saint Georges-du-Plain furent intégrées dans la périphérie mancelle, Pontlieue perdit son indépendance administrative en 1865. Les élus et la ville du Mans, se préoccupaient plus de la navigation sur la Sarthe et la Maine, vers la Loire, en construisant le port ; que du passage du chemin de fer, rejetait par Alençon, bien que le tracé soit plus court par cette ville.

Le 1er septembre 1847, deux lettres informant le Préfet de la Sarthe, et le Conseil Général de la Sarthe, que Messieurs Gustave Ogier et Decerfz, allaient établir dans cinq mois, un  service régulier de bateaux à vapeur reliant Nantes à Le Mans.

Il est vrai, que la position du Mans était particulièrement exceptionnelle, pour favoriser son développement.

Six routes principales - ex-royales, en partaient étoilées, complétées par des routes secondaires convergentes vers ce carrefour situé au confluent de la Sarthe et de l’Huisne. Il était relié à neuf  villes-satellites :

- Sablé-sur-Sarthe, Sillé-le-Guillaume, Mamers, La Ferté-Bernard, Saint-Calais, La Chartre sur le Loir, Château-du-Loir, Le Lude, La Flèche placées virtuellement en cercle à une quarantaine de kilomètres, et reliées entre elles par d’autres routes en rocade. La préfecture du département de la Sarthe, se trouvait en quelque sorte au cœur d’un véritable réseau de voies en bon état d‘entretien, formant une toile d’araignée ouverte au négoce.


Page de l’Annuaire de la Sarthe de 1870-1871 .


Guécélard se positionné avantageusement sur l’une de ces six routes importantes, sont point d’accostage et la profondeur de son tirant d’eau le placé sur le parcours commerciales fluviales.

Entre Angers et Le Mans, la Sarthe était desservie par des bateaux à vapeur et par des gabares. Les bateaux à vapeur effectuaient le transport de voyageurs, et la remonte d’Angers au Mans en deux jours et demi, la descente en une journée et demie, et le voyage complet de Nantes au Mans, aller et retour, en une semaine.

La durée des voyages entre Angers et Le Mans, pour les bateaux ordinaires, varie beaucoup, selon la direction du vent. Elle est en moyenne à la remonte de onze à quinze jours, et à la descente de quatre à huit jours.

- LOIS, DÉCRETS ET ARRÊTÉS. 1 APPAREILS ET BATEAUX À  VAPEUR, 91
ARRÊTÉ ministériel, du 18 janvier 1881
DÉCRET du Président de la République, du 29 juin 1886, cornplétant le décret du 30 avril 1880,
relatif aux appareils à vapeur
placés sur terre; V, '199.
- ARRÊTÉ ministériel, du 5 juillet 1886, à bénéficier, pour le département de la Sarthe, clos dispositions de l'article 3 du décret du 30 avril 1880 ; V, 239.

La diligence plus rapide était préférable pour gagner Angers - Nantes - Chartres - Paris par l’ex-R.N. 23.

Dans les premières décennies du XIXème siècle, il était possible de rejoindre Angers , la Sarthe étant navigable jusqu’au Mans - il existait même une « Compagnie Générale des Paquebots - ligne de la Sarthe » , et par la Loire on pouvait descendre vers Nantes, ou remonter jusqu’à Orléans, et même Paris. Si le voyage était très agréable, par contre la durée du trajet était longue.

- 1852

Le 23 août 1852, ouverture officielle de la liaison régulière du Mans à Angers par bateaux à vapeur, pour les voyageurs et les marchandises - Comptes rendus du C.G. - 296 pièces archives.

Dans son rapport du 22 août 1853, aux pages 13 et 14, Monsieur A. Pron  , Préfet de la Sarthe, expose à l’Assemblée du Conseil Général de la Sarthe, réuni dans la salle de ses sessions ordinaire à l’Hôtel de la Préfecture au Mans, la rubrique 11 - navigation sur la Sarthe,

« Messieurs,
« J’estime que la navigation sur la Sarthe peut nous rendre en partie ce que nous aurons à perdre de 
« l’inexécution de la voie de fer dont il s’agit. Cette belle rivière présente un débouché si facile et si 
«  sûre que l’on peut à bon droit la voir déshéritée des faveurs du budget de l’État, qui vont chercher 
« d’autres cours d’eau mieux prônés, sans doute, et mieux protégés. La Compagnie de l’Ouest l’a 
« compris, et elle offre au Gouvernement de lui faire l’avance de 1,800,000 fr.qui reste encore à  
« dépenser pour rendre la navigation excellente. Les conditions de ce prêt, qui sont le 
« remboursement en 10 années, sans intérêt, présentent de tels avantages que nous devons compter 
« qu’elles seront acceptées . Un voeu de votre part, Messieurs, viendraient corroborer utilement les 
« efforts que le Tribunal de Commerce, la Chambre Consultative, le Conseil Municipale du Mans et 
« moi nous avons tenté auprès de Monsieur le Ministre des Travaux Publics.
« Grâce à cet heureux concours de circonstances, le département de la Sarthe, longtemps abandonné 
« à ses propres ressources, va devenir l’un des points importants de la circulation du pays.
« Deux grandes lignes le traverseront dans tous les sens ; l’une, partant de Paris, aboutit à Rennes, 
« centre de la Bretagne, et de là aux ports de Brest et de Lorient ; l’autre aura son point de départ à 
« Tours, déjà en communication avec Bordeaux et Moulins, et qui doit prochainement l’être avec 
« Roanne, Lyon e Marseille, et se prolongera, par Alençon et Caen, jusqu’à Cherbourg et Rouen.
« Les deux lignes se croiseront dans la station du Mans, et suivront les  vallées de l’Huisne et de la 
« Sarthe. Leur tracé se présente dans les conditions les plus heureuses pour le développement de la 
« richesse publique dans cette ville et dans le département. En y joignant la navigation de la Sarthe, 
« on obtient une communication facile et peu coûteuse entre le port de Nantes et celui du Mans.
« Dès maintenant, et à mesure que les travaux du chemin de fer approchent de leur fin, cette 
« navigation devient plus active. Depuis votre dernière session, un service régulier de paquebot à 
« vapeur entre Nantes et Le Mans a été établi, et fonctionne d’une manière très satisfaisante. La 
« marine ordinaire, de son côté, fait de louables efforts pour lutter avec cette navigation 
« perfectionnée, et il est résulté de cette concurrence de remarquables progrès.
« Les portes d’Allonnes et de Chahoué seront refaites à neuf cette année ; celle de Malicorne, qui 
« menace ruine, va être reconstruite. Par décret du 17 courant, Monsieur le Ministre m’autorise à 
« mettre les travaux en adjudication et m’accorde un crédit de 6,000 fr.
« Le crédit ordinaire de 1853 devait être entièrement absorbé par le paiement des deux usines de 
« Roizé et de Thével supprimées. Par conséquent, aucun travail nouveau ne devait être entrepris. Au 
« mois de décembre dernier, j’ai obtenu l’allocation extraordinaire d’une somme de 50,000 fr. pour 
« payer les indemnité dues. Le crédit normal a pu, dès lors, être reporté sur les travaux les plus 
« urgents, et j’ai donné la préférence au canal de Fillé à Roizé, qui avait commencé naguère, et dont 
« l’achèvement aura pour résultat de supprimer plusieurs portes matinières, et d’abréger le parcours 
« de la navigation ».
Réf. - Comptes rendus du Conseil Général de la Sarthe - 86 pièces archives.

La Compagnie Générale des Paquebots - ligne de la Sarthe, avait son siège social à Nantes. Le service régulier  avec des paquebots à vapeur  porteurs été assuré régulièrement sur la Sarthe, desservant Le Mans - Sablé-sur-Sarthe - Angers - Ancenis - Nantes, avec d’autres escales intermédiaires. Cette liaison parfaitement rentable, qui fonctionnait très bien, jouissant  de la faveur du public, après plusieurs années d’exercices en 1857, la Compagnie générale des Paquebots - ligne de la Sarthe restreignit son activité pour des motifs inconnus, elle limita celle-ci au seul service reliant Angers et Le Mans.

Ils montaient vers Le Mans l’été, en 3 ou 4 jours, et redescendaient en 2 ou 3 jours ; en hiver, ils montaient en 4 ou 5 jours, et retournaient vers Nantes 3 ou 4 jours. Les établissements A . Matthieu & Cie, assurait au Mans la représentation, et l’embarquement s’effectuait au port du Greffier. La flotte de la compagnie Nantaise se composait de quatre unités. Les  transports sur la Sarthe ne s’effectuent donc plus , depuis 1959, que par la voie lente des bateaux de commerce. Après la 2éme guerre mondiale, la navigation commerciale tomba à sa plus simple expression, elle cessa pratiquement en 1968.

La durée des voyages entre Angers et Le Mans par rapport à I856, est inchangée, les marchandises sont identiques .

* -à la remonte
-  en 1857 - les relevés à l’écluse d’Allonnes, nous indiquent 192 bateaux pour un tonnage de 12 043 - en 1858, 185 pour 10 637 - en 1859, 104 pour 5 232 - en 1860, 137 pour 9 747 - en 1861, 73 pour 3 913 - en 1862, 148 pour 4 395 - en 1863, 161 pour 4 395 - en 1863, I6I pour 5 547 - en 1864, 121 pour 6 623 - en 1865, 65 pour 4 912 - en 1866, 74 pour 5 394 - en I867, 57 pour 4 049 - en 1868, 42 pour 2 836


* - à la descente
- en 1857, à la même écluse, le même registre vous révèle 194 bateaux pour     7 101 tonnes, en 1858, 190 pour 7 847 - en 1859, 102 pour 5 739 - en 1860, 145 pour 6 602 - en 1861, 83 pour 4 477 - en 1862, 146 pour 11 677 - en 1863, 148 pour 11 935 - en 1864, 121 pour 9 189 - en 1865, 63 pour 2 814 - en 1866, 76 pour 3 509 - en 1867, 60 pour 2 074 - en 1968, 40 pour moins de 1500.

À cette époque, le chemin de fer, la Compagnie d’Orléans, par son embranchement du Mans à Tours, et surtout celle de l’Ouest, avec sa ligne directe du Mans à Angers, a imposé une sévère concurrence à la navigation, et à terme, lui portera un coup fatal. La partie de la Sarthe comprise entre Le Mans et le barrage de Fillé avait été améliorée, antérieurement à la loi du 21 mai 1846.

La loi du 11 juin 1842, constitua la Charte des Chemins de Fer Français.

La ligne Paris-Rennes fut officiellement  décidée par la loi du 26 juillet 1844. 10 ans après que la ligne de chemin de fer Paris-Brest ait été décrétée, le dimanche 28 mai 1854, à 15 heures 10, le premier train arrivait au Mans, un train d’honneur. Les festivités durèrent trois jours les 28, 29,et 30.

L’Annuaire de la Sarthe ( administration ) - 1855, p.271, nous apprend que la section Nogent-le-Rotrou-Le Mans  des Chemins de Fer de l’Ouest , suivant les espérances conçues l’année précédente a été ouverte et livrée à l’exploitation : le 1er juin dernier, pour les voyageurs, et le 20 du même mois,  pour les marchandises.

Avec l’inauguration de la Gare du Mans en 1856, le prolongement de cette ligne jusqu’à Angers en 1863, puis à Nantes en 1877.


La loi du 11 juin 1842, constitua la Charte des Chemins de Fer Français. 


La ligne Paris-Rennes fut officiellement  décidée par la loi du 26 juillet 1844. 10 ans après que la ligne de chemin de fer Paris-Brest ait été décrétée, le dimanche 28 mai 1854, à 15 heures 10, le premier train arrivait au Mans, un train d’honneur. Les festivités durèrent trois jours les 28, 29,et 30.

L’Annuaire de la Sarthe ( administration ) - 1855, p.271, nous apprend que la section Nogent-le-Rotrou-Le Mans  des Chemins de Fer de l’Ouest , suivant les espérances conçues l’année précédente a été ouverte et livrée à l’exploitation : le 1er juin dernier, pour les voyageurs, et le 20 du même mois,  pour les marchandises.

Avec l’inauguration de la Gare du Mans en 1856, le prolongement de cette ligne jusqu’à Angers en 1863, puis à Nantes en 1877

.Ainsi, l’Histoire accélérait l’allure, bousculant les acquis.

Le chemin de fer connu tout de suite une prospérité croissante, reléguant les diligences fatiguées, amenant la désertification des grandes routes, conduisant progressivement les auberges disséminées aux carrefours et dans les bourgs à la fermeture. Il sonna le glas les liaisons fluviales par la rivière Sarthe, menant le marinier au chômage, augmentant la misère. Vers 1861, le transport par voie d’eau se limite dans un premier temps aux matériaux lourds : le bois, le calcaire, le marbre, le vin.
Lors de la séance du Conseil Municipal du 13 juin 1872, M. Carteret - maire de Fillé-Guécélard, et les sept conseillers municipaux de Fillé, invoquent que le déclin progressif et irréversible du trafic sur la grande route, a eu pour conséquence une diminution dans l’importance des bourgs placés sur son parcours.

À Guécélard, cela entraîna la fermeture de deux auberges, d’un cabaret, et d‘un maréchal ferrant, tandis que la principale auberge voyait son activité de moitié.


La Sarthe......une belle et grande rivière !























Traits  généraux  de  l’hydrographie  Guécélardaise


La commune de Guécélard semble a priori bien drainée grâce à la disposition de son relief, c’est à-dire qu’elle possède relativement peu d’eau stagnantes : étangs.

- les boilles des Bigottières citées dans un arrêt de la Cour du Parlement,  daté du 11 mars 1690, 
«……qui constate la propriété  desdites landes au seigneur de Vaus, et mêmes limites, le chemin par 
« lequel on vat de Moncé et de Gandelin aux boilles des Bigottières qui fait l’une des bornes limites 
« de 500 journaux de landes tous en une pièce du Gué de la Ronceray jusqu’à Fromenteau et d’autre 
« bout le chemin de Ponthibault à Pontvallain…. »
- on trouve « boêles »  dans un acte attribué au XIIIème siècle.
Revue Celtique - 39 , 1922

- boille ou boêle, et les variantes  boelle - boel
sont des mots patois du Maine, pour désigner une tranchée ou un fossé destiné à recevoir l’eau drainée dans une terre humide, souvent environnante - dans un sens synonyme de  douve
c’est un dérivé du celte-gaulois : dübr  signifiant  eau, dans le sens de  eau stagnate - au singulier  dubron ; au pluriel  dura
( L’étude du gaulois c’est essentiellement la pratique de l’étymologie, en parlant des mots, on parle aussi des choses désignées par ces mots ) 

- lieu-dit : les Bigottières
vers 1341, Bigottières - racine : Bigot, semble dériver de « Bi-Got »  , terme injurieux, mot d’origine germanique déformé « be gode » signifiant   par Dieu - juron ou invocation, l’origine est germanique, c’est incontestable, mais il est difficile de préciser la langue véhiculaire.
























Extrait d'un plan du Domaine des Bigottières - acte de vente en 1625 dudit domaine .


Successivement  maison ayant hébergé des religieuses, elle devint pour un temps propriété de l’évêché, avant d’appartenir à un manceau, Monsieur Pourriau, négociant.

Au XIVème siècle, un nommé Bigot a résidé en ce lieu, et a été probablement possesseur de terres,
le suffixe  -ière  a été utilisé pour féminisé le nom et le lieu de résidence, dérivé du nom d’une personne vers la seconde moitié  du XIIIème.

et l’ étang de Malidort  - Cne de Moncé-en-Belin,

étang,  en 1082 - estaing, estang, en 1274
dans certains documents anciens des Archives départementales de la Sarthe, on trouve  stagnum, alternant avec le vieux-Français  ( e )  stanche  qui signifie vivier et aussi  barrages  - bâtardeau

Malidort, en vieux-Français  maridador  signifiait  bien appartenant au mari.

On disait , ou plus exactement on croyait fermement, il y a longtemps, que les nuits ( sans lune  près des étangs ) - «  les eaux dormantes » ,


« les  fyâbars  ( prononciation en patois indispensable ), sortes d’esprits « malfaisants rôdaient et poursuivaient les passants pour les faire  chuter « dans l’iau  ».

La nature de son sous-sol a multiplié les cours d’eau, mais ils sont loin de se ressembler. Aux deux extrémités en opposition : une grande rivière et un simple filet d’eau, entre ces extrêmes s’intercalent les types les plus divers. Quelques-uns plus favorisés et plus actifs, ont avancé le creusement de leur lit, sont devenus peu à peu des collecteurs, eux-mêmes ramifiés à un collecteur principal des eaux de toute une région : le bassin.

Ainsi, s’est formé le système hydrographique du  bassin du Rhonne, artère principale du Bélinois, artère vitale du Pays de Bourray, avec ses affluents et sous-affluents. La répartition des hautes et des basses eaux ( crues et maigres ) pendant l’année, la rapidité du cours, la puissance de l’alluvionnement varient à l’extrême d’un terroir à l’autre : du Petit-Bourray au Grand-Bourray, ils offrent toute une gamme de régime. Chacun de ces deux terroirs possède son réseau hydrographique. L’un et l’autre ont leur façade principale sur la rive gauche de la grande rivière : la Sarthe. Aucune barrière ne les séparent, si ce n’est le  ruisseau des Fillières.

Les vieilles relations :
de Rhonne à Sarthe - de Bélinois à Rhonne - de Bourray à Rhonne - de Bélinois à Bourray et de Bélinois à Sarthe
sont profondément inscrites dans l’Histoire de cette terre.


Bordé par la Sarthe….
Baigné par le Rhonne….
Drainé par ses affluents….Guécélard !

Physionomie  d’une  grande  rivière  ,  la  Sarthe


Tellement familière dans notre paysage, tellement présente dans nos vies, et nos mémoires par son histoire, l’eau qui coule dans la Sarthe semble dénuée de mystère. Mais ce cours paisible reposant peut se transformer en danger , engendrant des catastrophes. Actuellement, dans notre région pourtant réputée pour son climat tempéré, on peut passer sans transition des inondations à la sécheresse .

La crue est un phénomène naturel, Michel Grandin spécialiste des rivières de France explique :

« Empêcher la crue, c’est empêcher qu’il fasse froid l’hiver et chaud l’été.  La rivière est à sa place 
« dans son lit majeur, même si elle ne l’occupe que de façon saisonnière. Notre tort est de vouloir 
« contenir  son  débit. Le  plus  souvent, nous  avons  réagi à  l’égard  des  grandes  crues  par  une 
« escalade du béton. Or aucun ouvrage, ne peut contenir la puissance de l’eau née de précipitations 
« brutales. Pire, l’exploitation des fleuves telle qu’elle est conçue depuis des années démultiplie les 
« effets dévastateurs ».

Le mécanisme saisonnier et normal de la crue est aggravé par la situation géographique et géologique du territoire communal traversé par la rivière - par exemple : terrain imperméable et pente faible, pratiquement inexistante - berges basses. Le cours de la Sarthe, comprise entre Spay et Roëze-sur-Sarthe.; c’est à-dire en amont et en aval de Guécélard. En aval  de la confluence de l’Huisne avec cette grande rivière, le cours de celle-ci apparaît canalisé par ses berges, puis en aval de Spay, la surélévation de la berge droite se continue par Fillé, Roëze, tandis que la rive gauche où s’étend la commune de Guécélard, comme nous l’avons écrit précédemment, s’affaisse pratiquement au niveau moyen annuel de la rivière +35,2 à +36,1 entre la limite communale Spay / Guécélard et le confluent du Rhonne. Les terres avoisinantes constituent « une plaine naturelle d’expansion » , pour être précis, une plaine naturelle d’inondation.

Mais les chiffres sont quelquefois plus éloquents, nous avons donc utiliser ceux qui nous ont été transmis par le Service hydraulique de la Direction départementale de l’ Equipement.

La Sarthe, le moulin de Spay et le déversoir.


- le Moulin de Spay, 

rive droite, est à une altitude de +38,615, le niveau normal de l’eau se place à +34,6.


- au Moulin de Fillé, 

- rive droite, altitude +37,125, distant de 3,28 km du précédent, le niveau normal de l’eau est de +34,1 . Eglise de Fillé, altitude +41,18 se trouve à la verticale de Buffe 

- rive gauche - Cne de Guécélard, dont l’altitude est de +36,5; la Mairie de Fillé, altitude +40,825.

- l’altitude de la berge, rive gauche, de la limite communale Spay / Guécélard et le confluent du Rhonne varie de +36,2 et +36,8.

- au Moulin de La Beunéche, 

- rive droite, à 4,13 km de celui de Fillé, altitude +37,9, le niveau normal de l’eau est de +34,1.

à la limite communale Röeze / La Suze, distante de 4,99 km, le niveau normal de l’eau est à +34,0, la Maison Eclusière est à une altitude de +39,48.


2° - Deuxièmement, un affluent célébrant son union et sa mort à Guécélard….. 



La  petite  rivière :  le  Rhonne,

une petite rivière pérenne du Tertiaire.


Depuis les temps les plus reculés, les époques les plus lointaines, les cours d’eau et de ce fait les sources, quelques soient leur importance, n’ont jamais laissé l’être humain indifférent : tantôt ils représentent  une contrainte, un obstacle, une délimitation naturelle, voir même un danger engendrant par voie de conséquences la crainte, le respect, la superstition ; tantôt un lien, une voie, une richesse susceptible d’être utilisée, d’être exploitée.

Le Rhonne est modeste, il n’a aucune prétention. Attachant, il est charmant tout simplement. Avec son air de ne pas y toucher, il étire nonchalamment, non sans une certaine élégance , son cours sinueux sur 26,515 kilomètres ( selon les chiffres communiqués par la D.D.A.F. 07-12-2007, sa longueur est de très exactement : 25.752,768 mètres, dont 4.239,938 sur le territoire communal de Guécélard ), au travers de deux régions qui au début du siècle, avant   les années 1950, étaient encore totalement différentes, voir diamétralement opposées : le verdoyant et fertile « Bélinois » , l’austère et stérile « Pays du Bourray - pays de landes » . Ce voluptueux farniente s’amorce dans le « Pays de Saint-Mars-d’Outillé » .

Avec le concours  de la Direction Départementale de l’Équipement - Service Équipements - Hydraulique de la Sarthe à qui nous présentons nos sincères remerciements, nous avons pu suivre la chronologie des cotes maximales atteintes aux échelles des crues de 1955 à 2004, complétées par des données des crues de 1930 - 1931 et 1936. 

Il arrose au passage, les communes de Saint Mars d’Outillé , de Téloché, de Mulsanne, de Moncé-en-Belin, de Guécélard . Son bassin versant est de 16 296 hectares, son volume : en eaux ordinaires est de 0,080 pour la 1ére section Guécélard - Moncé - Mulsanne soit 12,738  kilomètres ; et de 0,030 pour la 2éme section Mulsanne - Téloché - Saint-Mars-d’Outillé soit 13,777  kilomètres - en grandes eaux de 10 000 m3/jour pour la 1ére section ; et de 4 500 m3/jour pour la 2éme section, éléments fournis par la Direction Départementale de l’Agriculture.

Ce n’est pas son homonyme certes, mais outre les légendes, l’Histoire et quelquefois la Préhistoire, vous effleurent à chacune de ses boucles. Témoin avéré autant que discret, de faits historiquement authentifiés : il en a connu des civilisations, il en a vu passer des armées, se dérouler des évènements, au cours des siècles, et même des millénaires écoulés. Il a fait son entrée officielle dans l’Histoire de France dans le premier tiers du XIème siècle, lorsque avec la Sarthe, le Rhonne constitue la délimitation septentrionale de la baronnie de Château-du-Loir  «  du Chasteau-dou-Leir, inféodé par Hugue III, comte du Maine, avant 1006  » 
89éme affluent gauche de la Sarthe, à l’instar de celle-ci le Rhonne a contribué pour la majeure partie, en creusant son lit à façonner sa vallée, en modelant les terrains traversés. 

L’eau n’est-elle pas un remarquable architecte paysagiste .

Le Rhonne et l’érosion qui lui est étroitement associée, sont les vecteurs principaux du grand courant qui à l’époque Quaternaire dessina son bassin. Celui-ci est une synthèse harmonieuse de la configuration de la nature et des sites, progressivement marqués par l’action humaine, tout au long de son passé. Déconcertant dès sa naissance, il fait preuve d’individualisme délibéré. En effet, plutôt que de rejoindre directement cette grande rivière pour y célébrer conjointement son union et sa mort, il s’en détourne résolument, prenant la direction du Nord.

Le Rhonne, qui s’orthographiait vers le XVIIème siècle Rone . Un nom plein de mystère, d’eau claire et d’harmonie, qui a traversé l’espace temps. À sa source ( alt. I.G.N. +144 ) c’est tout d’abord un simple suintement d’une eau vive et transparente, sourdant à l’improviste d’un sol ingrat, dans un univers étrange où le silence est d’eau, dans un calme bucolique. S’étalant en nappe, semblant s’écouler à regret de ce nid douillet fait de verdure, bruissant sous les touffes de graminées de joncs, parmi quelques vestiges de « l’ancienne sylve » : l’endroit est nommé « Fontaine de Rhonne » 



























La " Fontaine de Rhonne" telle qu'elle apparaissait dans les années 1990. L'eau se dévoile entre les herbes de la végétation aquatique. Elle " sourd de terre ", la terre transpire .


« au fond de nous est comme une fontaine de fées,
« une fontaine claire, verte et profonde où se réfléchit l’infini 
                                                                                      Ernest Renan

peut-être en souvenir du  Culte de l’Eau - cher aux Indo-Européens et aux Celtes, 

- Pour ces peuples, la fontaine - la source est sacrée, c’est un sanctuaire L’eau des sources-fontaines est primordiale, la base fondamentale de la vie dans la mythologie elle donne à l’homme le pouvoir d’atteindre l’autorité suprême détenue par la femme. La source-fontaine et la femme sont donc le même symbole d’une souveraineté trans-temporelle qui est, selon toute probabilité celle de transmettre la vie.

Avec l’emploi de la pierre, beaucoup plus tard l’homme apprivoise la source. Il lui modela un nouveau visage pour lui octroyer un pouvoir magique : elle fut appelée - « Fontaine ». 

Le Rhonne est né dans les brumes de ces temps qualifiés de lointains, d’où aucun souvenir ne nous est jamais parvenu .Cette eau qui « sourd - sort de la terre » dans  la lande de Rhonne est environnée de surélévations +160, +163, ( à l’est )  +148, +166, +164, ( au sud ) +165 - Maison neuve de Rhonne +168, +163 ( à l’ouest ), émane des eaux qui s’infiltrent, et s’accumulent à la base des sables poreux au-dessus d’une couche  de marnes peu perméable du Crétacé supérieur, de 96 à 65 M.a. La nappe phréatique ainsi formée alimente de petites  sources à flanc d’un coteau  aux pentes douces, dont  l’affleurement résulte de la régression marine généralisée du  Maestrichtien , de 72 à 65 M.a. c’est à dire à la fin de l’ère Secondaire; faiblement entaillée par les ruisseaux qui y prennent naissance.


Buttes du Vieux Mans, site de tout premier ordre géologique et paléolithique .

Après avoir coupé à la perpendiculaire la « Faille géologique d’Arnage », non loin de Ponthibault, son cours semble se diriger pour rejoindre la grande rivière, puis s’incurve, il contourne les « Buttes du Vieux Mans », décrivant un grand arc de cercle, avant de s’infléchir vers le Sud-ouest. 



















.

La commune de Guécélard a plutôt été gâtée par la grande loterie de l’évolution climatique. Son climat tempéré, tel est sa définition, lui assure une hygrométrie quasi idéale et un réseau hydrographique dont s’accommoderaient bien des régions. Ce réseau est dense, les affluents du Rhonne sont heureusement distribués, les uns par rapport aux autres, les lignes directrices du relief se devinent facilement.


Le Rhonne dans son écran de verdure.


À la latitude du Petit Vivier - alt.+41, en ligne les lieux-dits : chemin aux Bœufs - alt.+42, la Blinière - alt.+41, Villette - +38,5, le cours de la Sarthe se situe - 35,2/36,I ; au moulin de Spay le niveau moyen est de +34,6, au moulin de Fillé +34,1; tandis que dans l’alignement le Rhonne est à +39 à Champbeslin ( Campo belinus - champ du soleil  )   .En ce lieu, il retrouve à gauche sa dérivation appelée : ruisseau de Champ Beslin au moulin de la Baussonnière. Ce moulin de La Baussonnière - alt.46, avait une chute de 3,90, une roue à augets développant une force brute de 4,73, actionnant en décembre 1863, deux meules à blé.

Ainsi, se dessine une zone déprimée où les deux rivières de concert forment une fourche grossièrement ouverte au Nord-ouest, dont la base est leur confluence.Cette basse terrasse bien individualisée morphologiquement sous l’action des eaux, très démantelée entre Rhonne et Sarthe, descend jusqu’au niveau +36. Dans cette espace délimitée par les deux cours d’eau , elle est représentée par des lambeaux alluviaux accrochés au substrat antequaternaire. 

Les dépôts fluviatiles et éoliens podzolisés, accumulés sur le substrat, sont disséqués par de nombreux petits ruisseaux, souvent de simples «  rus » , irrigation naturelle qui trouve dans ce terrain de landes humides - les Gastines  des textes médiévaux, que l’on peut consulter aux Archives départementales de la Sarthe.

Nos aïeux avaient une caractéristique, dans leur simplicité : leur logique attribuait à chaque chose un nom significatif précis, ils distinguaient les landes humides, des landes sèches. Le bassin hydrographique du Rhonne  dans sa partie terminale du Bourray couvre la quasi totalité du  territoire communal. 

Les différents cours d’eau qui composent ce bassin font partie de notre patrimoine, patrimoine que nous devrons léguer. Ils ont contribué à faire du doux Pays Guécélardais, un pays où il fait bon vivre.


Le  Petit  Bourray,


Le Petit Bourray, autrefois appelé « le Vieil Mans » (  Archives départementales de la Sarthe - A.1; Q 29/1 - Fond municipal n°38 ), « …. joignait les terres de  la Baussonnière, de la Gouttière, des Landes, de la Bigottière, de la Soufflardière, de la Prêtrie, de la Ronceraie », limité par l’actuelle route de Ponthibault à la R.N.23 ( répertoriée de nos jours D.212bis ), «  aux terres de Gandelain, de la Bénardière, des bordages de la Louvetière », assises  en bordure du «  grand chemin tendant de Ponthibault à Fromenteau ; aux terres des seigneurs d’Epaigne, de la Pignetière et aux prés de la filière du Bourray », le tout d’une superficie de 1200 arpents, dont 480 appartenant au Roi, le supplément  aux divers seigneurs riverains, de Vaux, de la Baussonnière, d’Epaigne, etc.






















Château de La Beaussonnière, commune de Moncé-en-Belin.


Barbey d’Aurevilly a écrit,

«  qui ne sait le charme des landes ……?
«  il n’y a peut-être que les paysages maritimes, la mer et ses grèves qui aient un caractère aussi 
« expressif et qui vous émeuvent davantage. Elles sont comme les lambeaux laissés sur le sol, d’une 
« poésie primitive sauvage que la main de l’homme et la herse ont déchiré…..».

Autrefois, couvert de bois pouvant figurer par endroits la forêt, ce terroir où le taillis alterne avec des massifs de fourrés enchevêtrés, domaine incontesté des ajoncs épineux, des fougères, des bruyères sans oublier la guinche, mentionnée dans les récits et les légendes sous le nom de pivardaine  : ce sont les  landes du petit bourray délimitées et dissociées des  landes du grand Bourray par le Rhonne et son affluent gauche le  ruisseau des Filières.

Une chronique locale du XVIIIème, fait état de la cherté de la bougie, les habitants de ces landes - les landions s’éclairaient avec l’oribus , sorte de chandelle à base de résine que l’on plaçait dans la cheminée à cause de la fumée qu’elle dégageait.

Depuis La Baussonnière , magie du Rhonne, nulle part ailleurs notre petite rivière n’est plus émouvante. Ses eaux en apparence immobiles , flirtent en réalité avec l’environnement dans une « coulée verte »  , aux berges basses et plates. La zone contiguë aux rives est souvent une plaine dite « d’inondation » , il s’y dépose alors lorsque les crues submergent les terres avoisinantes, de fins éléments en suspension dans les eaux : le Rhonne participe et accentue la fertilité du sol. Le sol alentour devient alors ce laboratoire où les substances minérales sont stabilisées. 

Le processus de déposition est plus intense sur les bords du cours d’eau, créant une « crête » de matières fertilisantes les « levées » formant les berges, qui dessinent un « feston » irrégulier de verdure, une ogive de feuillages qui rutilent aux feux du soleil couchant . La vitalité des plantes est extraordinaire, la manière dont elles se développent et s’adaptent, est un prodige d’ingéniosité. Dans cette végétation variée, il y circule un air léger ; les prés voisins et les arbres proches étant porteurs d’odeurs de mousse et de champignons.

L’examen d’un plan du versant, de l’ensemble des pentes inclinés vers le Rhonne, et y versant leurs eaux de ruissellement, daté du 18 mai 1983, met en évidence les affluents successifs,

- le ruisseau des Bigottières :

régulé par le trop plein du niveau des fossés, puis un peu plus loin, 

- le ruisseau de l’étang de Malidor : 

long. 1508 mètres - profil mouillé 1,3 m - versant 46 hectares, est alimenté par l’étang du même nom - résurgence faisant office de  bassin hydrogéologique  de la nappe phréatique, rejoignent le Rhonne sur sa gauche peu à prés le lieu-dit : les Bigottières - 
« un acte du 11 mars 1690, fait état des Boëlles des Bigottières…( réapparition des eaux du niveau         ( phréatique dans les fossés, sur le bord de l’allée ).

- le ruisseau de Pré-Maillet :

reliant le ruisseau de l’étang de Malidor à celui de Château Gaillard, est un drainage naturel de terres où l’eau n’est jamais très éloignée de la surface du sol ; ce dernier est un  affluent droit du ruisseau des Fillières. 

- le ruisseau de Château Gaillard : 

long. 7802 mètres - profil mouillé 1,7 m versant 280 hectares - dont le volume : en eaux ordinaires 0,006 - en grandes eaux 0,800 m3/jour, fait office de collecteur à un réseau d’affluents sans dénomination, identifiés sous la distinction de 1er, 2éme, 3éme, 4éme, 5éme et 6ème affluent.

À  la « Ronceraie », un vieux pont solitaire, un tantinet mélancolique enjambe notre cours d‘eau, oublié, abandonné, ultime trace d’un passé à jamais révolu.























Pont messier de Guécélard, du XVIIème siècle, vraisemblablement des années 1625 à 1650. Il permettait aux habitants ( piétons, cavaliers, animaux porteurs ) de la rive droite du Rhonne, de passer sur la rive gauche lors des innondations hivernales qui recouvraient une partie de la paroisse. Il a été construit sous l'obédience du seigneur de Buffe, pour permettre aux paroissiens d'assister à l'Office du dimanche célébré dans l'église qui se trouvait sur cette rive , en bordure gauche du chemin de La Flèche-Angers.


- le Gué de Buffard , 

il est vraisemblable que ce pont « messier », date du XVIIème siècle, peut-être même du XVIème 

 Archives départementales de la Sarthe - Fonds de la Seigneurie de Belin.
 Pièces du procès avec le Seigneur du Plessis-Barthélemy - 1688.

« Ce document complète l’aveu de 1406 et permet de reconstituer la seigneurie de Belin ».

 Analyse sommaire des domaines
« ……..4ème alinéa………
« annexée depuis quelque temps à mon domaine, ma rivierre du Bourray  et le droict de garenne 
« deau et pesche deffensible que jay en lad. rivière a prendre poisson a touttes manieres engins et  
« fillets depuis loser au Roy des Hayes jusques au Gue de Buffart et le droict que jay de défendre ad. 
« pesche a touttes personnes et pareil droict de garenne et pessereaux en rivières et cours deau de 
« mes dicts moulins de Chouenne et Foullet en ce qui est mon fief…. ».

Ce territoire est un ensemble géomorphologique de très faibles altitudes, comme nous l’avons précédemment abordé, oscillant de +40 à +43, aux élévations douces, évasées depuis la D.156 route de Guécélard à Fillé.

C’est sur celui-ci, que  le ruisseau de l’Anerai a adapté son cours à celui du Rhonne depuis le lieu-dit : les Herveries - alt.+43 - commune de Moncé-en-Belin  De sa source, au lieu-dit  le Sablon - alt.+66, même commune,  à sa confluence  avec le Rhonne ( affluent droit ) - alt.+39, peu après son passage sous la R.N.23, au Vieux-Bourg de Guécélard, il a parcouru 11 931 mètres. Son profil mouillé est de 1,5 m - son versant 2403 hectares - dont le volume : en eaux ordinaires 0,010 

- en grandes eaux 2000 m3/jour

- le ruisseau de l’Anerai, 
a une particularité, de sa source, au lieu-dit : le Gué d’Anarré - alt.+43, il délimite la commune d’Arnage, de celle de Moncé-en-Belin, coule sur cette dernière, et porte le nom de ruisseau des Beulières . Selon des historiens, il aurait à une époque rejoint la rivière Sarthe, aux abords du lieu-dit : le Noyer. 

en aval du Gué d’Anarré, il prend le nom de ruisseau d’Anerai . Une remarque s’impose, cette dénomination n’apparaît que depuis les années 1900, auparavant dans les textes , comme sur les cartes - carte de Jaillot, 1760 : il est mentionné, ravine d’Anaret. Par définition, si l’on se réfère aux dictionnaires, une ravine est un canal d’irrigation créé par l’homme. « An »  dérivé directement du gaulois « Ana » , signifiant : terres spongieuses, dans le sens : imprégnées d’humidité. « néret »  émane du nom d’un homme d’origine gauloise « Nerius ».

Peu avant sa confluence avec le Rhonne, il draine les terres des lieux-dits : la Grande Mollière, et de la Petite Mollière. Il ne reçoit sur sa gauche, qu’un ruisselet dénommé : affluent de l’Anerai ; et sur sa droite le ruisseau de Cossassies : long. 3299 mètres - profil mouillé 1,2 m - versant ( Moncé -Arnage ) 2023 hectares - dont le volume : en eaux ordinaires 0,005 - en grandes eaux 0,600 m3/jour, le ruisseau des Matefeux, puis le ruisseau  le Vivier : long. 1158 mètres - profil mouillé 1 m - versant 91 hectares et enfin le ruisseau le Beau chêne : long. 1607 mètres - profil mouillé 1,2 m - versant 50 hectares. 

La route de Guécélard à Fillé forme une bordure axiale sans talus au-delà de laquelle la zone riveraine de la Sarthe est extrêmement basse, à peine supérieure au niveau de la grande rivière - en réalité ,il s’agit partiellement de son lit majeur. 

Point d’Histoire

- Au IIIème siècle, les « raids maritimes des Saxons », ont pour conséquence la création de « colonies » en Anjou ( région d’Angers ), dans le Saosnois ( région Mamers ), dans le Bessin  ( région Bayeux ).  

C’est à proximité de ce lieu-dit, que le ruisseau des Fillières conflue avec le Rhonne, sur la gauche, marquant un nouveau terroir : les Landes du Grand Bourray , citées dans des actes médiévaux : Gastines du Bas-Poslinois.



La Gastine du Bas-Poslinois ou landes du Grand Bourray.


Notre petite rivière renforcée par cet affluent, va imposer aux fidèles peupliers, des ondulations évasées. Les boucles de l’onde sont propices à l’éclosion, à la formation de « poche de vie », premier maillon embryonnaire de la chaîne alimentaire végétale puis animale. Dans ce ruban liquide qui s’écoule, des mousses brunes ou vertes, des plantes immergées et diverses, appropriées au milieu, où vivent et prolifèrent des communautés d’êtres vivants. C’est dans une partie des Landes du Grand Bourray  , que s’est développé et se développe toujours l’actuel bourg de Guécélard..

Les Landes du Grand Bourray, dépendaient de l’importante châtellenie de Château-du-Loir qui comprenait à la fin du XIème siècle : 51 chevaliers vassaux ( dont 12 devaient la garde au château, chacun pendant deux mois, et 20 autres de deux à trois mois) ; en dépendaient 225  arrières-vassaux - écuyers, et 304 censitaires . 
La châtellenie de Château-du-Loir, était une baronnie qui s’étendait sur tout le territoire compris entre le Loir, la Sarthe et son affluent le Rhonne. Sainte Corneille-en-Bignolas, Loudon, Tresson, Courtemanche, Arthezé, Bousse, les forêts de Cophas, Bersay, et Longaulnay faisaient partie intégrante de cette châtellenie. Pirmil, Noyen, Malicorne, Belin, La Suze avaient fait acte d’allégeance. Aimon ou Hémon de Château-du-Loir, avait été inféodé par le Comte du Maine Hugue III avant 1005, celui-ci ayant selon les Actus succédé à son père entre 989 et 992; il avait épousé vers 1006 Hildeburge de Bellême. Il avait comme dévoué et fidèle écuyer un certain Guillelmus de Moondan.

Les Archives départementales de la Sarthe, nous révèlent : l’ état des landes appartenant au domaine royal ( 1550-1554 ), indique que les landes du Grand Bourray commençaient au Gué de Mézières et finissaient  à la Jarryaie tenant……
«   .….d’un cousté pour partye les prez des Coulées et pour autre partye le  ruisseau descendant du 
« village de Saint-en-Belin à Gué-Cellard, et d’autre part les lieux des Chouanyères, les 
« Sauvaigeaux, la Trépinière, la Chevallerye, le Petit-Poirier, la Chesnaye, les boys des deffaicts de 
« Bruon, les terres et lieux de Giberon, de Bousse et les bois marmenteaux de Mondans….. ».

Analyse sommaire des domaines
« ……..4ème alinéa………
« annexée depuis quelque temps à mon domaine, ma rivierre du Bourray et le droict de garenne deau 
« et pesche deffensible que jay en lad. rivière a prendre poisson a touttes manieres engins et  fillets 
« depuis loser au Roy des Hayes jusques au Gue de Buffart et le droict que jay de défendre ad. pesche 
« a touttes personnes et pareil droict de garenne et pessereaux en rivières et cours deau de mes dicts 
« moulins de Chouenne et Foullet en ce qui est mon fief…. ».


Ruisseau des Fillières.


- le ruisseau des Fillières, 

nom attesté en 1265 - « Filière - Filière », en vieux-Français : Filere ; en patois local : Filair sa définition est obscure.

Cité en 1462 - Acte de la cour du prieuré d’Oizé par lequel Jehan Houdayer et Robine, sa femme, paroissienne dudit Yvré ( Yvré-le-Poslin ) baillant à toujours à Jehan de Ronne, l’Aîné et Laurence, sa femme, paroissienne de Serans, 6 hommées de pré situées sur le ruisseau qui descend de la Chouenne ( Chouanne ) à Gués Allard ( Guécélard ) et joignant, d’autre côté, la freu du Bourray, pour une rente annuelle de I6 sous tournois ( Tours ) et de 2 chapons ».  

L’analyse du texte nous dévoile : 

« le ruisseau qui descend de la Chouanne est , sans aucun doute, le ruisseau des Fillières, et 
« joignant la freu, c’est à-dire : coulant à la limite, le terme - aux confins, semble plus approprié ». 

- 1504 - Vente audit Jehan Dugué, prêtre, prieur, par Jehan Boyvin, paroissien d’Yvré-le-Poslin, de 6 
« randes de pré ou environ, sises ès près de la filière du Bourray, de 4 sous tournois de rente annuelle 
« et d’un quartier de vigne pour le prix de 9 livres 10 sous tournois ». ( Dans cet acte manuscrit, le mot filière apparaît désigner explicitement la bordure, la lisière du Bourray ).

Ce ruisseau des Fillières divague dans un territoire beaucoup trop large et, reçoit les nombreux ruisseaux du Bélinois méridional, qui convergent , la plupart vers le couloir périglaciaire à fond plat - talweg séparant la Butte de Monnoyer, des Mamelons de la Chouanne.

De sa source alt.+74, non loin du lieu-dit : l’Aubépine - Cne de Saint-Ouen-en-Belin, à sa confluence : il a une longueur de 10 108 mètres - un profil mouillé 2,3 m - son versant est de 7377 hectares - dont le volume : en eaux ordinaires est de 0,010 - en grandes eaux 5000 m3/jour, c’est à-dire que le ruisseau des Fillières représente à lui seul 50% du débit du Rhonne en grandes eaux au Vieux-Bourg de Guécélard. Il sert de limite communale entre Saint-Gervais-en-Belin et Moncé-en-Belin.

Son cours supérieur, recueille sur sa gauche les eaux du ruisseau frère Le Léard, issue comme lui de la même nappe Oxfordienne à l’alt.+73, à proximité du lieu-dit : le Leare - Cne de Saint-Biez-en-Belin : long. 2335 mètres - profil mouillé 0,50 m - versant 435 hectares - dont le volume : en eaux ordinaires 0,002 , en grandes eaux 0,400 m3/jour.


Ruisseau de Claire Fontaine.


- le ruisseau de Claire-Fontaine, 

autrefois appelé «  de Cormeu - avant le XIXème siècle ) : long. 3639 mètres - profil mouillé 1,1 m - versant 812 hectares -- dont le volume : en eaux ordinaires 0,004 , en grandes eaux 0,800 m3/jour ; et son « affluent »- le bras de Claire-Fontaine sont alimentés par l’étang du même nom - alt.+54 , Cne de Saint-Ouen-en-Belin ; dont ils régulent le niveau .

L’imperméabilité du sol et la pente insensible, multiplient les ruisselets qui drainent  les landes de la Chouanne, le « bras » de la Chouanne formant ruisseau - Cne d’Yvré-le-Polin, dans lequel se déverse : le Dors, le Semaine, le Carrefour des Cinq Chemins, eux-mêmes alimentés par des filets d’eau drainant, pour les deux premiers 443, pour le second 456 hectares, pour un profil mouillé de 1,3 et I,I m - pente totale 4,56 cm/m.

Dans le registre des baux 1752-1767, de l’abbaye Saint-Vincent du Mans, est mentionné le bail du lieu et de l’auberge de La Chouanne, à Yvré-le-Pôlin, pour un loyer de 200 livres. 

Puis sur sa droite, le ruisseau des Fillières, reçoit dans l’ordre :

- le ruisseau de La Fuie ou Fuye, 

alt.+58 à sa source au lieu-dit : la Providence - Cne de Saint-Gervais-en-Belin - long. 2800 mètres - profil mouillé 0,60 m - versant 229 hectares - pente totale 7 cm/m - dont le volume : en eaux ordinaires est de 0,004 , en grandes eaux 0,800 m3/jour. 

- le ruisseau Le Bousse, 

sources alt.+44-+46 dans les bois de Defas ( ruines ) -Cne de Saint-Gervais-en-Belin - long. 804 mètres - profil mouillé 1 m - versant 40 hectares - pente totale 4,99 cm/m.

l’un de ses deux plus importants affluents,

- le ruisseau le Ripes, 

dans certains vieux documents « Erips », issue de la même nappe phréatique que le Rhonne, dans le contrefort occidental de la direction opposée au Massif de Bercé, aux confins de la Lande de Rhonne, il se dirige dans la osée à celle de notre petite rivière. 4ème affluent rive droite du ruisseau des Fillières, lui-même 14ème affluent du Rhonne, est un cours d’eau typique du Bélinois.

L’alimentation par son sol Jurassique, sensible aux pluies océaniques, et sa pente lui valent un débit convenable et un régime modeste .  

Le Ripes ou Erips à une longueur de 10 042 mètres, un profil mouillé de 1,50 m, sa source alt.+98, au lieu-dit : Turpin - Cne d’Ecommoy, la surface de son versant : 2322 hectares , dont le volume : en eaux ordinaires 0,026 - en grandes eaux 2000 m3/jour, sa pente 5 222 cm/m. Le nom semble d’origine inconnue, dans des actes du XIIème siècle aux Archives départementales de l’Indre-et-Loire : cartulaire de Marmoutier - en 1196, Rippa ; au XIIIème siècle,  Rispe. Si  Rippe,  émane de la forme dialectique  Rippa. Rippa en vieux-Scandinave Hrispa - signifiant : terrain inculte, broussailleux et boisé , un autre sens peut lui être attribué : terrain couvert de taillis.

- le ruisseau Le Brebon, 

petit ruisseau de Saint-Gervais-en-Belin, sa pente est très faible, à sa source au lieu-dit : Mortrais ( le Bourg ) , alt.+50, après 2,844 de sa source au «  Gué Roger ) l’alt. Est +48, son profil mouillé est de 1,30, la surface du versant 196 hectares.

autre affluent conséquent, 

- le ruisseau de Lunerotte : 

long. 6 091 mètres - profil mouillé I,50 m sa pente totale est de I,645 cm/m - versant  600 hectares - dont le volume : en eaux ordinaires est de 0,004 , en grandes eaux 0,600 m3/jour, alt.+50 à sa source au lieu-dit : les Cailléres  - Cne de Laigné-en-Belin.

Nom attesté en 1035 - racine : lune, ayant donné : lunae . Lunus : nom d’un homme d’origine gauloise. Le culte de la déesse Luna était très populaire chez les Gaulois, et s’est longtemps perpétué dans nos régions rurales pendant et après la romanisation.

* Il est indispensable de se rappeler, que les mouvements de la vie gauloise, étaient encadrés dans l’année, rythmés par les occupations saisonnières, par les dates d’assemblées et par le cycle des mois. Les mois étaient des lunaisons, mais des lunaisons décalées. Les Celtes-Gaulois ont adopté la quinzaine et nous l’ont laissée : ils ont coupé les mois en deux moitiés marquées approximativement à l’origine par la pleine lune. Les Gaulois comptaient par lunes et par nuits . Il semble aussi que l’année commençait par sa moitié sombre, la fête de Samhain - 1er novembre.
( Les Celtes - t. II, Henri Hubert ).

Cette vénération était profondément implantée, et il n’y a pas si longtemps dans nos campagnes, l’expression annuit  signifiait ce jour. On peut interpréter : lunerotte  - petite lune   « reflet de l’astre de la nuit, dans le miroir de l’eau ».

Le ruisseau de Lunerotte, suit une direction générale Est/Ouest, elle n’est rompue qu’au contact de la Butte de Monnoyer, ce cours d’eau la contourne par le Sud pour rejoindre le ruisseau des Fillières devenu nettement plus important. Ensemble, ils s’engagent en parallèle avec le bras du gué d’Urtebize, dans le couloir à fond plat précédemment cité. 

La  Butte de Monnoyer - Mons rigatus - XIéme siècle ; Mont Noyé du XVIème siècle au XVIIIème, hérissée de pins , domine une lande humide, marécageuse pendant 4 à 5 mois de l’année. 

Au sommet : la pierre des Trois Communes , semble remplacer une  croix qui s’y dressait en 1784 et en 1793 «  …….pour protéger le pauv’monde desnouts … »  - sorte de génie malicieux, quelquefois maléfiques qui hantaient ce pays marécageux. Le marécage qui s’étendait à sa base et à la sortie Ouest du couloir, s’appelait toujours à la fin du XIXème siècle : la Basse Judée , cité dans des textes aux Archives départementales de la Sarthe .

Le 28 juillet 1794 - 10 thermidor an II -
« ….tous les citoyens de la commune de Saint-Gervais assemblés en leur ci-devant église pour 
« satisfaire au décret du 10 juillet 1793 ordonnant la vente ou le partage gratuit par tête des biens 
« communaux, demandent à l’unanimité, devant M. Chevereau, maire et commissaire nommé à cet 
« effet par le Conseil général du département, de  jouir comme par le passé en commun de la dite 
« lande du Bourray en y faisant paître leurs bestiaux et ramasser de la bruyère. Cette lande , est 
« lande est placée dans un fond aquatique, déclarent-ils…….. fait penser avec son eau stagnante à 
« un étang….. ».

 les points de passages permettant le franchissement de cette zone, sans encombre, à la mauvaise saison, connus de quelques initiés étaient : le gué Roger et  le gué Urtebize. Heurtebise, ce nom est attesté dès 1185 Hurtebize ; on le trouve dans un acte du Prieuré Saint-Pierre-Parigné  daté de 1465, Hurleuse.

C’est précisément dans le voisinage du gué d’Urtebize, qu’une dérivation du ruisseau des Fillières s’embranche sur sa gauche - Cne d’Yvré-le-Polin. Ils font leur jonction après un parcours quelque peu parallèle de 3007 mètres, finissant, en délimitant la Cne de Guécélard de celle de Parigné-le-Polin. 

Véritable tronc collecteur des  rilles  - rigoles peu profondes , ruisselets captant l’eau affleurente des gâtines du bas-Polinois - landes du Grand Bourray, cette dérivation est appelée par certains :  bras du Gué d’Heurtebise  ( plan de la Direction départementale de l’Agriculture 1/25000, daté du 18/05-1983 : bras du Gué d’Urtebise ) - profil mouillé 1,5 m .L’hydrographie y est indécise, elle est typique des régions «  arénacées » - consistance du sable. Le véritable niveau d’eau est constitué par la couche d’argile glauconnieuse, grâce à quoi les ruisseaux se traînent « à plat bord ». 

Le bras du Gué d’Urtebise recueille successivement sur sa gauche, 

- le ruisseau de la Noirie : 

long. 2698 mètres - profil mouillé 1,6 m - versant 615 hectares - alt.+47 à sa source, Cne d’Yvré-le-Polin . Au château de La Noirie, il se réunit avec : l’affluent de la Noirie ,

puis sur sa gauche, 

- le ruisseau de Saint-Hubert : 

long. 473 mètres - profil mouillé 1,3 m - pente totale 0,478 cm/m - alt.+44 à sa source, Cne d’Yvré-le-Polin - versant 25 hectares,    

- le ruisseau des Fontaines de Parigné : 

long. 3279 mètres -profil mouillé 1,6 m - pente totale 0,295 cm/m - alt.+45 à sa source , Cne de Parigné-le-Polin - versant 763 hectares,

son affluent droit, 

- le ruisseau de la Sauvagére : 

long. 2322 mètres - profil mouillé 1,2 m - pente totale 0,441 cm/m - alt.+49 à sa source , Cne d’Yvré-le-Polin - versant 441 hectares,

- le ruisseau du Pré des Fontaines : 

long. 1217 mètres - profil mouillé 1,2 m - pente totale 0,295 cm/m - alt.+43 à sa source , Cne de Parigné-le-Polin - versant 34 hectares,

- le ruisseau du Crapaud : 

long. 3040 mètres - profil mouillé 1,3 m - pente totale 0,669 cm/m - alt. +46 à sa source , Cne de Parigné-le-Polin - versant 53 hectares,

- le ruisseau des Minières,

conflue au raccordement  du  : bras du Gué d’Urtebise avec le ruisseau des Fillières, long. 1719 mètres - profil mouillé 1,3 m - pente totale 0,464 cm/m - alt.+44 ,Cne de Guécélard - versant 140 hectares,

il est formé sur sa droite par

- le ruisseau du Hallier :

long. 746 mètres - profil mouillé 0,70 m - pente totale 0,320 - alt.+44 à sa source , Cne de Guécélard - versant 32 hectares,

- le ruisseau de Terre Châtain : 

long. 1912 mètres - profil mouillé 0,80 - pente totale 0,592 - alt.+46 0 sa source , Cne de Parigné-le-Polin - versant 44 hectares. 

Tous ces chemins d’eau qui sillonnent le Pays de Belin et le Grand Bourray, avaient jadis autant d’utilité que les chemins de terre, et sur leurs rives où à leur source s’établirent les premiers hommes. Non seulement ces cours d’eau faisaient tourner de nombreux moulins, mais ils contribuaient à graisser les champs, à nourrir les populations riveraines et, dans ce pays de bois, à favoriser le développement de l’arbre.

On ne rencontrera plus, sur nos petites routes poussiéreuses, se faufilant entre des haies  somptueuses par les chemins creux, les « chartes remplies de biès murs ».

Il faut patiemment chercher, compulser les archives pour entrevoir l’importance oubliée, du moindre de nos cours d’eau. En dépit des clauses de vente ou d’héritage, ils donnèrent lieu en effet à de nombreux procès.


Le  Rhonne,  au  Vieux-Bourg  de  Guécélard


Au « Vieux-Gué », situé au  Vieux-Bourg de Guécélard ,  le courant du Rhonne s’affirme, nul part ailleurs, il ne devient plus émouvant après avoir reçu son tout dernier affluent et non des moindres :

- le «  défunt » ruisseau le Guécélard, 

sa longueur était de 875 mètres - son profil mouillé 1 m - sa pente totale 0,683 cm/m - alt.+45 , Cne de Guécélard, sa source est alimentée par des résurgences du bois des Loups . Son débit était de 0,020 m3/jour. On peut se demander où est passée toute cette eau ?

Avec lui a irrémédiablement disparu : une portion du patrimoine historique de Guécélard, il en fut de même  des vestiges de l’emplacement de l’église du XVIème siècle , ceux du four à ban seigneurial du XVème siècle, des sarcophages mérovingiens. 

Notre petite rivière arrive au terme de son long périple, un dernier gué « le gué de Mondan » - du Vieux chemin du Mans - La Suze - Malicorne , qui pourrait s’appeler le  Chemin de Madame de Sévigné. Après un dernier méandre, et un ultime  adieu à ses fidèles peupliers, il s’unit à la grande rivière qui goulûment l’absorbe.


























Le Rhonne approximativement à quelques dizaines de mètres du lieu qui donna le nom à Guécélard .


Communes traversées 


Le Rhonne traverse successivement les communes de Saint-Mars-d'Outillé, Teloché, Mulsanne, Moncé-en-Belin et Guécélard, toutes situées dans le département de la Sarthe.


Hydrologie


Le Rhonne est une rivière peu régulière. Son débit a été observé durant une période de 21 ans (1988-2008), à Guécélard, localité du département de la Sarthe située au niveau de son confluent avec la Sarthe. La surface prise en compte est de 77 km², soit la totalité du bassin versant du cours d'eau. Le débit moyen interannuel ou module de la rivière à Guécélard est de 0,187 m³ par seconde.

Le Rhonne présente des fluctuations saisonnières de débit très marquées, comme bien des cours d'eau du bassin de la Loire. Les hautes eaux se déroulent en hiver et se caractérisent par des débits mensuels moyens allant de 0,288 à 0,437 m³ par seconde, de décembre à mars inclus ( avec un maximum très net en janvier ). À  partir du mois d'avril, le débit diminue doucement jusqu'aux basses eaux d'été qui ont lieu de juin à octobre, entraînant une baisse du débit mensuel moyen jusqu'au plancher de 0,029 m³ au mois d'août. Mais ces moyennes mensuelles ne sont que des moyennes et cachent des fluctuations plus prononcées sur de courtes périodes ou selon les années.

Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusque 0,00 m³ par seconde en cas de période quinquennale sèche, c'est à dire que le cours d'eau peut tomber à sec .

Quant aux crues, elles ne sont pas très importantes, étant données notamment la petitesse de la rivière et l'exigüité de son bassin versant. Les QIX 2 et QIX 5, ou débits instantanés calculés pour une crue biennale et quinquennale, valent respectivement 1,1 et 1,5 m³ par seconde. Le QIX 10 ou débit instantané calculé de crue décennale est de 1,8 m³ par seconde, le QIX 20 de 2,1 m³, tandis que le QIX 50 n'a pas encore été calculé. Le débit instantané maximal enregistré à Guécélard a été de 1,66 m³ par seconde le 28 décembre 1999, tandis que la valeur journalière maximale était de 1,64 m³ par seconde le même jour. Si l'on compare la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, l'on constate que cette crue n'était même pas d'ordre décennal, et donc destinée à se reproduire fréquemment.

Le Rhonne est une rivière fort peu abondante. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 80 millimètres annuellement, ce qui constitue seulement le quart de la moyenne d'ensemble de la France (plus ou moins 320 millimètres). C'est largement inférieur à la moyenne du bassin de la Loire (245 millimètres) et de la Sarthe (201 millimètres). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint le chiffre fort médiocre de 2,6 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.


Notes et références 


↑ Banque Hydro - Station : M0514010 - Le Rhonne à Guécélard     ( option Synthèse  rapports hydroloques) [ archives A.D.72 - D.D.A.F. - C.N.R.I. ].
↑ Le VCN3 est une mesure de l'étiage et correspond à la quantité minimale écoulée ou débit minimal sur trois jours consécutifs.
↑ Le QIX 20 ou débit instantané calculé pour une crue vicennale, est la valeur du débit instantané calculé pour une crue n'ayant statistiquement lieu que tous les 20 ans.
On calcule aussi le QIX 50, c'est-à-dire la valeur du débit instantané calculé pour une crue cinquantennale, n'ayant statistiquement lieu que tous les 50 ans.
Enfin le QIX 2 et le QIX 5 sont les débits instantanés calculés pour une crue biennale et quinquennale, c'est-à-dire une crue qui doit se produire en moyenne tous les deux ou cinq ans. Ils permettent d'apprécier les risques à plus court terme. 


Schéma géologique et hydrographique du Rhonne, joint au rapport .



Un  Nom….venu  des  brumes  lointaines du  Passé !


« Certaines particularités grammaticales et surtout les noms  de lieux, et tout particulièrement les 
« dénominations des montagnes et des fleuves survivent aux peuples qui les ont fixés. Ils se 
« perpétuent d’âge en âge,  incompris mais impérissables, conservant le souvenir des hommes 
« disparus qui, jadis, les ont imaginés, et les ont définis dans leur langue ».                                                                                                                                                            Henri d’Arbois de Jubainville

Le nom du « Rhonne », apparaît pour la 1ère fois dans des textes anciens à la Médiathèque du Mans ,

832 - 857, «  Fluviolus Rodani » - Gesta - p.7

si « Rodani » est assimilé à « Rhodanus », il est possible d’envisager, mais il faut être prudent dans l’interprétation paléographique : pour le cas précis où Rhodanus désignerait le Rhonne, donc se rapporterait à un cours d’eau ; on est fortement tenté par l’analogie de la phonétique du nom , à franchir allègrement le pas, et à identifier le « Rhonne » à la même étymologie.

Selon Albert Grenier, une tradition antique rapportée par Pline signale des Rhodiens dans l’embouchure du Rhône. Ce sont les  Rhodiens qui auraient donné au fleuve son nom de « Rhodanos ».

Albert Grenier écrit : Est-ce là un mythe étymologique ?

Rattacher le nom du Rhône à celui des Rhodiens - habitants l’île de Rhodes  située dans la mer Égée « célèbre dans la mythologie de la Grèce Antique », est certainement faux, car on rencontre des cours d’eau du même nom en des régions où n’ont jamais pu paraître des Rhodiens.

Des historiens ont exercé leur fantaisie, selon François de Izarra, sur le Rhône , le nom de celui-ci résulterait des Rhodiens marseillais qui y pratiquaient leur négoce. Toutefois, il faut admettre : «  rhô » - ro, est une lettre de l’alphabet grec correspondant à «  r ».


Hérodote, au Vème siècle avant Jésus-Christ, a rapproché le latin  « Rhodanus »,  du nom de plusieurs cours d’eau de la Gaule, d’origine Ligure - Indo-européenne.

* « Rodanus » , le texte du manuscrit du Glossaire de Vienne est plus étendu,
« roth violentum, dan et in Gallico et in Hebraeo iudicem ; ideo Hrodanus  index  violentus  ».
Ro, variantes de Hro - Rho

« Rhodanus », est mentionné d’abord dans le  « Périple d’Aviénus en 626 », peut-être aussi par Eschylle, d’après Camille Jullian. Le même auteur écrit, une erreur partagée par certains auteurs anciens, aurait pour origine la parenté des noms du Rhône - Rhodanus  - et du Pô - Eridanus.

Gallia christiana - Parisis : vers 1286, « apus Castrum Novum ad Rhodanum ».

L’éminent linguiste Henri d’Arbois de Jubainville, considère dans « Les Premiers Habitants de L’Europe - t. II » - Rhodanus comme une formation anté-celtique, toutefois indo-européenne,

* racine : «  Rot ou Rod », signifie : courir
       hydronyme préceltique  + suffixe Gaulois :
      non accentué : «  -ano » définit l’adjectif : rapide

 Ernest Nègre dans son Dictionnaire sur la Toponymie générale en France, donne :

* hydronyme : «  Rod » , signifiant : couler, humidité,
     par analogie : eau, dans le sens de rivière.

     suffixe - Celte : Dan - rapide.

      par analogie : eau, dans le sens de rivière
      suffixe - Celte : Dan - rapide
                   Gaulois : Ano    -   ‘’
      devenant : Rodan….Rodano….Rodanus….Rhodanos

André Cherpillot dans son Dictionnaire Etymologique des Noms Géographiques, précise :

* racine pré. ou indo-européenne : «  Rod ou Rot », signifie : courir
     ou ( possible) du Celtique : «  Rho - Hro » précisant « rivière »
     suffixe : « dan » désigne l’adjectif : rapide
     ou encore du Celtique : «  Rhuit-an » définissant avec précision « eau  rapide ».


Le Rhonne au début de son périple, dans sa traversée du " Pays d'Outillé " marque dans son cours un courant manifeste .


Xavier Delamarre, approche le vieux-Celtique continental dans son Dictionnaire de la langue gauloise, désigne :

* « Ro », préfixe et préverbe à fonction intensive qui, comme le montre le celtique insulaire, signifie «  très- ou trop- », avec des adjectifs - «  danus »  - Rodanus  : nom hydronyme ( p.261)

Pierre-Yves Lambert  dans La langue gauloise écrit :

Les noms de rivières sont souvent tirés d’adjectifs descriptifs :

Ro-danus  ( Rhône ) et Danuuios  ( Danube ) contiennent tous les deux  l’élément danu- probablement parent de l’adjectif irlandais dànae  qui spécifie : audacieux - hardi-violent

* Le Glossaire d’Endlicher ( p.206 )
4 - Roth violentum ( nam rho nimium) dan et in Gallico et in Hebraeo iudicem : ideo Hrodanus  iudex violentus

Georges Dottin dans  La Langue Gauloise, Grammaire, Textes et Glossaire a écrit,
p.212-213 - 62 -Le Glossaire de Vienne, conservé en tout ou en partie dans plusieurs manuscrits dont les principaux sont :

- 1° - un manuscrit de Vienne, du VIIIème siècle, découvert par Endlicher  (V) ; «  De nominibus gallicis ».
5 - roth violentum, dan et Gallico et in Hebraeo iudicem ; ideo Hrodanus index violentus…..

p.214 - rhodanum uiolentum nam hro nimbus dan iudicem hoc et gallice hoc et hebraice dixit

L’auteur développe, la composition des noms gaulois est caractérisée, comme dans les autres langues indi-européennes, par la combinaison de deux termes dont le premier détermine le second,

« Cette question est traitée plus à fond dans les volumes de la collection  des Antiquités nationales 
« consacrés aux noms propres de personnes et de lieux »

Ce premier terme est soit un nom ( substantif ou adjectif ), soit une particule( préposition ou adverbe ).

«  ro - rod  hanum » est un composé à particules ( intensif  - celte irlandais )
Variantes : «  Hro » - Hrodanus ; « Rho » - Rhodanus  et ses dérivés  Rhodano - ( Silius Italicus, XV, 722 )  - Rodanus  ( h) - ( semble être un affaiblissement intervocalique )

Georges Dottin nous apprend, p.49 - Grammaire Gauloise :

« la lettre ( H ) qui est rare dans les mots et les noms gaulois, semble y « avoir été ajouté sous l’influence latine

Le nom de RHONNE  est un nom d’origine pré-celtique, très certainement indo-européen, « Rhonne » avant d’être un nom propre, a été un nom commun devant signifier :

« EAU  RAPIDE  donc  RIVIÈRE  RAPIDE »
« EAU  QUI  COURT  donc  RIVIÈRE QUI COURT »

En ces temps lointains, les flots du Rhonne étaient, comme nous l’avons écrit précédemment, indubitablement plus importants, ayant nettement et progressivement diminué pendant le Moyen Age, pour se stabiliser vers le XIème siècle tel que nous le connaissons à peu prés de nos jours. Incapable de concevoir autre chose que l’unité : la seule que l’homme indo-européen connaisse est la famille - sa famille. Les familles vivaient isolées ou en petits groupes, constituant un clan qui formait un village. Formation d’une structure sociale, d’une hiérarchie derrière des fossés et des palissades : réflexe défensif du clan, souci de la protection des biens et des personnes, mais aussi volonté de borner, de conforter son identité dans l’espace.

La parenté onomastique entre des peuples, des clans et des cours d’eau indiquerait, outre des mouvements migratoires en ces époques reculées lorsqu’ils sont géographiquement séparés, et à plus forte raison éloignés ; mais également d’anciennes appropriations territoriales. Plus d’un clan organisa son espace en fonction d’une voie d’eau, à une source. Le clan, la famille prend le nom de la source, de la rivière et inversement.

Si l’on prend en considération ce fait, il devient possible d’émettre l’hypothèse d’un clan, d’une famille ayant séjourné à la source du Rhône ( ayant pris sa dénomination ) - « la colonne du Soleil » - Avienus en 644-650  «  sans doute un des sommets que l’on aperçoit au nord qui se dorent au soleil couchant, dans le Haut Valais - Suisse »,
puis immigré et venu s’installer à proximité d’une source, communiquant à l’environnement :

«  la Lande de Rhonne », au lieu-dit « la Fontaine de Rhonne »  et au « cours d’eau : son nom.

Dans sa  Préhistoire du Haut Maine, Roger Verdier écrit,


« …..peut-on appeler mégalithes des pierres éparses, mais  vraisemblablement rapprochées de main 
« d’homme sur ce point de séparation des eaux du Loir et de la Sarthe. Connues localement sous  le 
« nom de « Pierres Tournantes ». Ces pierres sont entourées de légendes qui semblent confirmer leur 
« vocation préhistorique ». 

Craquelées, maculées, déformées par des millénaires d’intempéries, fantomatiques, irréelles ces pierres émergent au détour du sentier, des vapeurs de la brume matinale .

Figées, sont-elles un témoignage, un symbole ?

Ne mémorisent-t-elles pas le souvenir lointain du point de séparation du Rhin et du Rhône, lieu d’origine de ces aïeux de nos Ancêtres ? Un fait transmis de bouche à oreille, aménagé par l’imagination traverse l’espace temps, sacralisé, il devient une merveilleuse histoire .Qu’elle est la part du vrai du faux ? Peu importe, devenue légende , elle transpose petits et grands.

« Non loin de la ferme : du Bois de la Lande, trois pierres levées sont  fichées dans la 
« végétation…….».

On  les appelle localement les : Pierres qui poussent ; et si vous interrogez des anciens du Pays d’Outillé, ils vous affirmeront avec maintes détails, maintes témoignages - il est fortement conseillé de ne pas sourire, que « ……ces pierres poussent chaque année de quelques…..millimètres ».

autre singularité,

« Quand minuit sonne, la plus grosse des pierres levées tourne sur elle même, et quand le coq du :
« Bois des Landes, chante à l’heure de midi, elle se soulève deux fois ».


Un ancien du Pays d’Outillé, bien informé par son grand père, tenant lui-même l’authenticité de ce récit de la bouche de son grand père, nous a conté,
« dans le temps….il n’y a pas si longtemps….mon grand père….dans la  lande de Rhonne, il y avait 
« cinq pierres levées, un coq chanta à minuit tapant,  deux des pierres s’ébranlèrent et descendirent 
« se baigner dans la Fontaine de Rhonne, et cela malgré une interdiction formelle….elles 
« remontèrent, et furent condamnées à rester allongées dans la mousse, la bruyère, la 
« broussaille…..pendant mille ans. Elles y sont toujours ».

une autre version, nous a été révélée,

« il était une fois…. un soir de la Saint Jean…. cinq jeunes et jolies jeunes filles - fées, dansaient la 
« farandole autour d’un feu, sur la lande de Rhonne . Malgré l’interdiction formelle…. deux entre 
« elles allèrent se baigner dans l’une des sources-fontaines, qui son paraît-il magiques, puis elles 
« remontèrent, et furent changés en pierres couchées, les trois autres furent transformées en pierres 
« levées . Elles y sont toujours toutes les cinq, un chevalier blanc doit  venir les délivrer. Sur la lande 
« de Rhonne, la nuit de la Saint Jean, lorsque qu’un orage se déchaîne, on entend le galop de son 
« cheval .  A ce jour il ne les toujours pas trouvées….. ».

Ces pierres dont vraisemblablement, la destination première est religieuse, étaient regardées comme plus pures, parce que à l’état brut, non souillées par le ciseau . Le culte des pierres a laissé des traces sous forme de légendes,

« Ne craignons pas d’être obligé de trop nous baisser pourrelever les contes de fées, car la place 
« qu’ils occupent n’est  pas sans dignité ; considérons-les au contraire comme une mythologie 
« nationale ».
                                                                                                               Jean Reynaud

Au XVème siècle, on parle exactement comme le faisait Strabon, et le « Rhône » - « Rhonne », s’orthographiait « Rosne »,

«  …..pour monstrer que ladite ville de Lion est ville propice et convenable à tenir foyres que autre 
« ville que soit oudit royaume ( ils remarquent qu’elle est assise sur et entre deux ) grans  rivières 
« navigables, c’est assavoir le Rosne et la Saonne….item par ladite rivière de Rosne vient du lac de 
« Genève et icelluy en ladite rivière du Rosne….les Allemans….. ».

vers 1407, la « rivière de Rosne », il s’agit du Rhonne.


























Escapade magique….. œil éclaboussé,
…….sont proposés à tout promeneur curieux : après une chaude journée d’été, humer à plein poumon dans un coin d’une pinède guécélardaise les effluves ambiantes, où il est possible de discerner les senteurs épicées de la résine, du parfum subtil de la terre sableuse tiède.
Les senteurs ne son-elles pas un cadeau généreux que dame nature nous offre ?
Dans le silence des hommes et les bruits de la nature, la lumière diffuse, est vaporeuse à l’entour de la cime des résineux, sur un moignon de branche morte, il sera possible au promeneur discret d’apercevoir perché et immobile un  rapace nocturne.
Dans le sous-bois, les rayons filtrés sont striés d’argent, ils irradient d’une brillance particulière les buissons d’ajoncs et de fougères. Un peu plus tard, il lui sera permis d’entrevoir à travers les hauts fûts des pins « bons garçons », sagement alignés, les splendeurs féeriques des éclats flamboyants du soleil couchant.                    

                                                                                                                 Agé    


Le Moulin de Guécékard appelé…..
Le «  Bas Mondan », ou  le Moulin de Ronneau.



Pendant longtemps les pêcheries furent indissociables des moulins.


Les pêcheries étaient liées aux moulins, on pense que les toutes premières furent confectionnées avec des branchages entrelacés, lestées de pierres, dressées en barrage au travers de la rivière ou du cours d’eau, dans l’intention évidente de capturer des poissons. Avec le temps, l’accumulation des terres et de matériaux charriés par le courant de la grande rivière lors de ses crues, aussi importantes qu’imprévisibles, ces barrages furent transformés en chaussées empierrées et quelquefois dallées.  

Il est donc concevable, que l’on ait ensuite édifié un moulin sur cette chaussée du XVème siècle, XVIème avec une écluse, pour rehausser le niveau du plan d’eau ainsi créé, améliorant la puissance de la force motrice et en prolongeant la durée.

En parallèle, l’augmentation non négligeable des revenus par le maintient de la pêcherie.

Un rapport daté d’Angers le 17 octobre 1868 de A. Mauny, ingénieur ordinaire du service spécial de la navigation sur la Sarthe, vu et adopté le 22 octobre 1868 par l’ingénieur en Chef Dujardin, nous apprend que du fait de l’ouverture en 1862 du canal de Fillé à Roeze …….. la navigation sur la Sarthe n’utiliserait plus la retenue d’eau de La Beunèche, et que par conséquent l’État cesserait d’entretenir la partie qu’il avait prise à sa charge dans l’intérêt de cette navigation……..Ce travail de réparation aurait été fait pour la branche de barrage dont l’entretien incombait antérieurement à l’État, mais n’aurait jamais été fait pour la porte marinière………


























Droit de pêche accordé au meunier de Ronneau en 1370..


Il reconnaît qu’en 1862, l’État n’a pas respecté ses engagements, à savoir  ….doit faire les réparations dont le coût total peut être évalué à 500 frs, suivant le détail ci-joint :……insistant sur le caractère d’urgence.

L’analyse de différents documents aux Archives Départementales de la Sarthe, nous confortent dans cette opinion.  

Selon le dictionnaire de Pesche, Jehan Prel, sire de Mondan aurait rendu un aveu en 1342, pour le fief de « Quesellart ».





Liasse de 8 papiers après le décès du meunier .

Nous avons trouvé aux Archives départementales de la Sarthe dans deux liasses séparées, n’ayant pas la même référence  : dans l’une huit documents papier, un inventaire après décès daté du 14 juin 1718, établit par maître René Bellanger, notaire royal au Mayne, demeurant à Roizé, Commissaire, délégué par le bailly au siège du comté de La Suze, suite au décès de Nicollas Niepceron, meunier, veuf en premier mariage avec contrat daté du 8 avril 1687, d’Anne Brounnèau, décédée, des biens dépendants de cette communauté, estimés lors d’un précédent inventaire après décès le 16 avril 1701, dans l’autre rédigé par le même notaire en présence de François Niepceron, frère , paroissien de Fillé ; René Du Chemin, journalier à Fillé ; René Odillaud, maistre chirurgien au hameau du Qusellard ;quatre pièces papier daté du 15 juin 1712

- dans la maison, pièce chaude ( pièce avec cheminée ), deux lits dans la longueur sur le côté sans ouverture, séparés en leur pied par une armoire garnie. Et dans la …pièce froide à costé….deux lits, un grand vieil coffre en chesne, une austre armoire….

et en deuxième mariage, sa veuve et femme Marye Magdelainne Poussin, en son nom et de tutrice naturelle des sept enfants,

- un moulin dénommé «  Moulin de Ronneau », comportant « ….des meules à grains, et un grenier à céréales, contenant deux charge et demie de froment……,
- une maison avec une pièce chauffante ( possédant une cheminée ), et une autre chambre dite «  froide » ( sans cheminée ), « …..renfermant des meubles, et  un grenier renfermant six charges de bled et seigle, et neuf boisseaux de méteil ( mélange de blé et d’orge ), …..dans un grenier à costé quatre charges et quatre boisseaux de froment…..,
- dans une autre dépendance, contigüe à la maison « ….six charges et demie de bled, et six charges de méteil… »
- il est cité une cave « …..deux pipes de vieil vin, et deux busses de vin blanc nouveau….. »,
- dans une maison sise dans le bourg de Fillé « …..deux busses de vin blanc, et une pipe de vieil vin rouge… »,   

Nous constatons ainsi, dans un acte authentifié ( aux A.D. de la Sarthe ),

- 1° : l’existence d’un moulin  placé sur un bras de dérivation, formant bief de la petite rivière le Rhonne, dénommé « le Moulin de Ronneau », . Il est également question du « …..chasteau de Mondan…. », très certainement un logis seigneurial, dont le seigneur détenait pour moitié le vin, les récoltes et les bestiaux, ce qui donne à penser que le meunier de Ronneau était également métayer du seigneur de Mondan.

- 2° : existence confirmait par un plan de 1654, dressé par Trudaine, directeur des Ponts et des Chaussées du roi Louis XIV (selon ce plan le moulin de Ronneau se situait là où se trouve la Station d’épuration, il est regrettable qu’une municipalité ait pu, une nouvelle fois éliminer tous les vestiges appartenant à notre patrimoine ).

- 3° : l’analyse des documents de ces deux liasses, nous apprend que ce meunier disposait d’une certaine opulence.

- 4° : la présence de vignes, aux alentours de Mondan, produisant un vin rouge apprécié, fait que nous avions déjà découvert dans nos investigations sur le «  fief  ecclésiastique de La Prieulerie ».


























Photo gros plan sur le Moulin de Ronneau, au XVIème siècle et au XVIIème. On remarque la présence de la Chapelle, entourée de quelques chaumines, sitituées sur la bord gauche du " Grand chemin du Mans à Angers, via Cérans et La Flèche.




























Le Moulin de Ronneau était situé en aval du Grand gué, et du Bourg de Guécélard, approximativement où se plaçait l'ancienne station d'épuration .


De la même source, dans une troisième liasse de 5 feuilles papier, un acte rédigé le dimanche 14 juillet 1782 par Jean-Joseph Raguideau, notaire et tabellion royal à Roeze,

«  …..a comparu Joseph Froger, métayer, paroissien de Fillé, curateur des  enfants héritiers de 
« défunt Pierre Donnet, métayer-meunier à la métairie de Mondan et dame……pour mesurer le 
« grain et l’ensemencement adjugé à Joseph Froger aux profit des héritiers  ».

Le plus ancien pont connu dans notre région, est sans aucun doute le Pont Perrin sur la rivière Sarthe dans la cité Mancelle. On le trouve cité en 994 dans le Cartulaire du Prieuré Saint-Victeur, dépendant de la très puissante Abbaye du Mont-Saint-Michel. Non loin sur la même rivière le pont Ysoard, est désigné dans un acte en 1067, aux Archives départementales 72.

Entre 1125 et 1450, les ponts étaient pratiquement une exclusivité urbaine.

Dans une liasse de documents authentifiés, il est question en 1078 du «  pont de La Suze……..pons Secuse », il s’agit le croquis joint le donne à penser du pont du Château de La Suze : d’un pont seigneuriale. En 1380, lors de la fameuse chevauchée de la cavalerie anglaise en garnison à Pontvallain, fuyant à l’annonce de l’arrivée de Du Guesclin, et cherchant à rejoindre le gros de l’armée anglaise dans la région de Fresnay-le-Vicomte ( sur-Sarthe ). Chevauchée abondamment décrite par Froisseur, chroniqueur royal.

Jusqu’au XVème siècle , il n’était possible de franchir la rivière Sarthe qu’au Mans, à Noyen, et à Sablé. Le pont de Sablé, tout comme celui de Noyen étaient en bois, étroits, et ne permettaient le passage que d’un véhicule hippomobile dans un sens à la fois.

En 1453, seuls les piles étaient quelquefois en maçonnerie, le tablier était constitué de madriers, supportant des planches, sans rambardes. Dans le Maine, et plus spécialement notre département les ponts furent seigneuriaux, ou féodaux à péages. Ainsi, au Vieux -Bourg de Guécélard, c’est-à-dire au « hameau  du Gué de Coelhard », à défaut de pont, le seigneur de Château du Loir, par l’intermédiaire de son vassal de Mondan, encaissé un  « droit de passage », dénommé «  Billette ».





Texte imprimé, du Cartulaire de Château-du-Loir  comprenant 41 chartes de 1145 à 1397,  paléographié et édité par Eugène Vallée en 1905.


La rivière un obstacle très ancien pour l’homme,

Un passage d’eau nommé dans les actes……Bel-Air


























La Sarthe au " Passage d'eau de Bel Air" ..


Contrairement au « gué » qui est un point fixe et permanent du paysage, le lieu de franchissement incontournable d’un cours d’eau par des gens circulant à pied, à cheval ou en voiture, la traversée doit se faire «  à pieds secs » . Le gué a été depuis les temps les plus reculés un endroit où non seulement les animaux sauvages s’abreuvaient aisément, et que les troupeaux en migration passaient. C’est également parmi l’abondante végétation subaquatique que les chasseurs du Paléolithique et leurs successeurs s’embusquaient pour valoriser leurs talents et leur adresse pour surprendre le gibier.

Le «  passage d’eau », par contre était un lieu où il n’était possible à une personne à pied de traverser. L’endroit était réservé aux cavaliers, hors périodes d’eaux dites « fortes » du cours d’eau en question. Le passage d’eau est un endroit où le tirant d’eau en périodes normales varie entre 1 et 1,2 m., c’est à-dire que le niveau de l’eau ne doit aucun cas dépasser la hauteur du poitrail d’un cheval monté ou non. Quant aux véhicules, le plateau doit être toujours impérativement « hors d’eau »

Le «  Passage d’eau de Bel-Air / Fillé » est situé sur un « haut fond » de la rivière Sarthe, précisé sur les hydrogéologiques de l’I.N.G., et sur certaines cartes de navigation fluviale. Ce haut fond tout comme ceux s’échelonnant entre Spay et Noyen-sur-Sarthe,  ont été mis en évidence par le flot puissant de la Sarthe du périglaciaire final. Ces eaux devenues beaucoup moins impétueuses, après de multiples reptations horizontales, décrivant de vastes méandres en cherchant désespérément une pente découlement vers le sud-Ouest, dans les sables du Cénomanien. 

C’est après avoir décapé, rongé, enlevé successivement  les couches du Tertiaire, du Crétacé , du Jurassique, du Trias, qu’elles mirent en relief les proéminences de la base Hercynienne - ultimes prolongement orientaux du Massif Armoricain.

Ce haut fond se situe approximativement vers les deux tiers de la largeur côté Fillé, pratiquement  perpendiculaire à la rive. Lorsque le niveau des eaux de la Sarthe se situe à la  1,20, le haut fond est à 0,90/0,80 ( offrant une surface mamelonnée ), entre cette proéminence et la rive on retombe à environ 2 mètres. C’est la passe connue des mariniers, mais réservée à un type d’embarcations très limités.

Le 27 août 1860, Monsieur Moreau, Ingénieur en Chef, expose que la navigation entre Le Mans et Malicorne, ne peut se faire qu’en réduisant la charge des bateaux, en raison des quatre hauts fonds : celui de Roëze, celui de La Touche Luère, celui de Mondan et celui de Fillé. C’est pourquoi la Commissio et le Conseil Général se sont penchés sur l’étude d’un canal de dérivation Fillé - Roëze, par La Fuie.

Dans le Cartulaire du Prieuré Saint-Victeur *, dépendant de l’Abbaye du Mont-Saint-Michel, tout comme dans celui de Marmoutier *, il est question de moulins, de bacs, et de droits de pêche sur la Sarthe en aval de la cité du Mans.

* Cartulaire de Saint-Victeur du Mans, est véritable recueil de 230 actes authentiques, traduit par Bertrand de Broussillon . Ce prieuré a été fondé vers 950, par des moines bénédictins issus de l’Abbaye mère du Mont-Sain-Michel.

* Marmoutier, fut une très importante abbaye bénédictine de Tours, dont les dépendances s’étendirent sur la totlité de la France médievale. Elle fut fondée à la fin du Ivème siècle par Saint-Martin, qui participa activement à la christianisation du haut Maine / Sarthe. En 410, Saint-Sevère en fait une description assez précise; En 852, l’abbaye est attaquée et pillée par le chef Vicking Hasring, 119 moines religieux sont massacrés selon Michel Dillange.

Bas du recto 4 d'un acte de 995, signé par le Comte du Maine Hugue III, instaurant un droit d'eau.





Cartlaire de Marmoutier .


Digues et droit d’eau à Fillé,


Un acte du Cartulaire de Saint-Victeur, confirmé par un acte du Cartulaire de Marmoutier, l’un est l’autre maunscrit en bas latin de 1207, accorde le droit d’eau sur la rivière Sarthe au vicomte du Maine, Raoul *, à égalité et en commun avec le Prieuré Saint-Victeur, et l’Abbaye du Pré.

En 1218, dans une Charte manuscrite, en bas latin sur parchemin original, les moines de l’Abbaye de Champagne relatent les conditions de vente, faite par eux au Prieuré de Saint-Victeur d’un moulin sur la Sarthe ( en aval des Bouches de l’Huisne selon le traducteur )  qu’ils tenaient de la libéralité de Raoul de Beaumont, vicomte du Maine *.

Matrice de 1818, situant la rivière Sarthe délimitant la commune de Fillé.

Carte situant le 3 Passage d'eau de Bel Air " Commune de Guécélard ' .

Vue du Moulin et du barrage de Fillé, à l'aplomb des arbres sur la droite ( marquant ce qui fut dénommé dans de nombreux actes et textes " chemin ou route de Fillé " ) .


La partie en mauvais état du barrage de Fillé, comprise entre la porte marinière et la rive gauche de la Sarthe, territoire de la section  de Guécélard,  a été consolidé en 1871. En 1872, les fondations du pertuis à établir en remplacement de la viennent d’être faites, en septembre 1872. 

Le pertuis sera terminé prochainement, et on pourra, pendant les écourues, boucher la porte qui tombe presqu’en ruine. On ne pourra finir complètement le barrage qu’en 1873. Coût total 20.000 fr.

Le pont de La Suze, gêne en septembre 1872, beaucoup la batellerie, il est privé de chemin de hallage et l’arche la plus élevée, celle du milieu ne présente pas la hauteur sous clef suffisante. Monsieur M.C. Tassin, Préfet de la Sarthe, déclare le 28 septembre 1872, qu’il est urgent d’améliorer ce passage. 


Demande d'autorisation de " Prise d'eau" par la constructuion d'un barrage sur la rivière Sarthe .


Les mariniers réclament avec insistance l’exécution de travaux de dragages, indispensables pour améliorer le chenal navigable de la Sarthe entre Le Mans et Noyen. Un projet dressé à cet effet, et devant procurer partout un tirant d’eau de 1 mètre 50, a été soumis, le 8 juillet dernier, à Monsieur le Ministre des Travaux Publics. La dépense s’élève à 30.000 fr. 

* Raoul VIII de Beaumont au Maine, a succédé à son père en 1197 ; mort vers 1238.
La famille des de Beaumont, devenue plus tard Beaumont-Brienne a dominé le Maine ( Mayenne-Sarthe ) du Xème siècle au XIVème siècle.
Dans un acte de l’Abbaye de la Charnie, il porte ce titre comme témoin dans un échange entre Étival-en-Charnie et Robert de Chemillé.
Marié à Agnés de La Flèche vers 1212
Il est le constructeur d’une ligne de défense englobant les châteaux-forts de Fresnay, Bourg-le-Roi, Beaumont, Sillé, Courtalieru, Évron, Sainte-Suzanne et Thorigné-en-Charnie. Il a été le fidèle allié du comte d’Anjou, il s’attacha à lui lorsqu’il devint comte du Maine, et à ses descebdants Plantagenêts, jusqu’à Jean sans Terre. La fine diplomatie de Philippe Auguste, roi de France, le rattache à  la couronne de France qu’il servit avec loyauté.

* En 1218, Raoul VIII, apparaît toujours comme vicomte du Maine. Son fils Richard II épousa Mahaut d’Amboise, fille de Sulpice IV d’Amboise et de Isabelle de Blois.

Nova Integra 1519 .


3° - Un passage d’eau du Cénozoïque, et un bac médieval !

Point crucial d’ achoppement   dans l’union de Guécélard à Fille en 1792.  


Le « Passage d’eau de Bel-Air »……
…..n’est pas un  gué !


























Rive guécélardaise vue de la rive droite de Fillé .


le bac de Bel-Air, également dénommé le bac de Buffe,


La partie en mauvais état du barrage de Fillé, comprise entre la porte marinière et la rive gauche de la Sarthe, territoire de la section  de Guécélard,  a été consolidé en 1871. En 1872, les fondations du pertuis à établir en remplacement de la viennent d’être faites, en septembre 1872. Le pertuis sera terminé prochainement, et on pourra, pendant les écourues, boucher la porte qui tombe presqu’en ruine. On ne pourra finir complètement le barrage qu’en 1873. Coût total 20.000 fr.

Le pont de La Suze, gêne en septembre 1872, beaucoup la batellerie, il est privé de chemin de hallage et l’arche la plus élevée, celle du milieu ne présente pas la hauteur sous clef suffisante. Monsieur M.C. Tassin, Préfet de la Sarthe, déclare le 28 septembre 1872, qu’il est urgent d’améliorer ce passage. 

Les mariniers réclament avec insistance l’exécution de travaux de dragages, indispensables pour améliorer le chenal navigable de la Sarthe entre Le Mans et Noyen. Un projet dressé à cet effet, et devant procurer partout un tirant d’eau de 1 mètre 50, a été soumis, le 8 juillet dernier, à Monsieur le Ministre des Travaux Publics. La dépense s’élève à 30.000 fr. 


Entre Le Mans et Sablé……les ponts étaient encore rares en 1840, et  dans tout le département également !


Le Préfet de la Sarthe, le 26 août 1839, dans son rapport  au Conseil Général de la Sarthe réuni à l’Hôtel de la Préfecture sous la présidence de Monsieur de Talhouet, informe cette Assemblée que la construction du Pont suspendu de Noyen est retardé du fait du rachat du Pont à péage de Parcé, par le département. Ce pont de Parcé avait été livré au trafic le 27 février 1839 - B.N.F. liasses de 110 documents archives. - p.27.

Le 4 septembre 1839, finition des travaux pour la construction du pont du Gué Lian sur la Sarthe, financé par le département en coopération avec les communes de Moitron et de Saint-Germain-sur-Sarthe.

La suppression du Pont à péage de Coëmont, permettant à la route royale n°158 de Tours à Caen de franchir le Loir. La société qui a baillé les fonds pour la construction de cet ouvrage ne sera intégralement remboursée que le 7 juillet 1847. Le bail actuel affermé par l’État expire le 31 décembre 1844 - B.N.F. liasses de 208 documents archives - p.101-82.

Reconstruction et élargissement du pont en bois, par un pont en pierre à Sablé, pour faciliter le passage de la route royale n°159, Tours - Rennes, par Laval ; le 24 août 1840 - B.N.F. liasses de 146 documents archives - p.14.

Reconstruction du pont en bois d’Yvré-L’Évêque, par un pont en pierre le 24 août 1841, pour le passage de la route royale n°23 - coût total 20,000 fr. - B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.15.

Constructions et réparation des ponceaux de Noyen, de Verdelle et de l’Arche pour un coût de 8,000 fr. - B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.19.

Le Conseil Général de la Sarthe, vote le 31 août 1841, le budget indispensable pour la réfection du pont de Connerré en ruine, pour faciliter le passage de la route royale n°23 - B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.80.

Déblocage du financement pour le début de la construction  du pont du Greffier au Mans - B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.61-87. Le 6 septembre 1847, le Conseil Général de la Sarthe alloue sur la subvention de 40.000 fr. accordée par l’État, une somme de 24.000 fr. pour le terrassement et le commencement des travaux du pont du Greffier -B.N.F. liasses de 252 documents archives - p.128-152.

Le Conseil d’Arrondissement, demande l’établissement d’un pont suspendu à Port Gauthier, en remplacement du bac existant.  Une suite logique le projet de 1835 - B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.89-155.

Les travaux du pont de Beaumont-sur(Sarthe ont été adjugés le 2 mars 1844, la pose du tablier est prévue pour octobre, au plus tard novembre 1844 - B.N.F. liasses de 208 documents archives - p.42.

Le Conseil Municipal de Saint-Paul-le-Vicomte ( le-Gaultier ), appuyé par le Conseil d’Arrondissement demande au Conseil Général de la Sarthe le 9 septembre 1847, la construction d’un pont - B.N.F. liasses de 252 documents archives - p.193-159.

Le 9 septembre 1847, le Conseil Municipal de Malicorne, et celui de Noyen, appuyés par le Conseil d’ Arrondissement de La Flèche, demande le classement de moyenne communication reliant les deux bourgs, et la construction d’un pont suspendu, permettant une meilleure liaison entre les deux localités - B.N.F. liasses de 252 documents archives - p.194-171.

Pont de La Chartre a été livré le 31 juillet 1852.

Le pont de Pontlieue sera reconstruit en 1855 - B.N.F. liasses de 314 documents archives - p.19-8.

Le 1er septembre 1855, le Conseil Général de la Sarthe décide la reconstruction et la mise en deux voies du pont de Juillé - B.N.F. liasses de 314 documents archives - p.43-28.

Le Conseil Général de la Sarthe, dans sa séance du 26 août 1857, décide de reconstruire le pont en bois de La Ferté Bernard,  par un pont en pierre, beaucoup plus large. La construction d‘un pont sur la Sarthe à Saint-Aubin-de-Locquenay est voté . 

La décision de la reconstruction complète du pont de La Suze, avec la rectification de deux arches de droite lesquelles seront réunies en une seule et même arche dite « arche de navigation », entrainant  l‘élargissement pour le passage de deux voies ; est adoptée et le budget voté - B.N.F. liasses de 338 documents archives - p.49-45.

19 août 1894, études préliminaires pour le construction d’un pont sur la Sarthe à Roëze, décidées par le Conseil Général de la Sarthe.

Le 31 août 1861, le Conseil Général de la Sarthe, sous la présidence de Monsieur Le Prince Marc de Bauveau, et en en présence de Monsieur d’Andigné, décide de construire un pont sur la Sarthe à Neuville.

Décision de construire un pont sur l’Huisne au Gué de Maulny le 27 août 1864 - B.N.F. - 411 pièces archives - p.86. 

Les travaux du pont de Beaumont-sur(Sarthe ont été adjugés le 2 mars 1844, la pose du tablier est prévue pour octobre, au plus tard novembre 1844 - B.N.F. liasses de 208 documents archives - p.42.

Le Conseil Municipal de Saint-Paul-le-Vicomte ( le-Gaultier ), appuyé par le Conseil d’Arrondissement demande au Conseil Général de la Sarthe le 9 septembre 1847, la construction d’un pont - B.N.F. liasses de 252 documents archives - p.193-159.

Le 9 septembre 1847, le Conseil Municipal de Malicorne, et celui de Noyen, appuyés par le Conseil d’ Arrondissement de La Flèche, demande le classement de moyenne communication reliant les deux bourgs, et la construction d’un pont suspendu, permettant une meilleure liaison entre les deux localités - B.N.F. liasses de 252 documents archives - p.194-171.

Pont de La Chartre a été livré le 31 juillet 1852.

Le pont de Pontlieue sera reconstruit en 1855 - B.N.F. liasses de 314 documents archives - p.19-8.

Le 1er septembre 1855, le Conseil Général de la Sarthe décide la reconstruction et la mise en deux voies du pont de Juillé - B.N.F. liasses de 314 documents archives - p.43-28.

Le Conseil Général de la Sarthe, dans sa séance du 26 août 1857, décide de reconstruire le pont en bois de La Ferté Bernard,  par un pont en pierre, beaucoup plus large. La construction d‘un pont sur la Sarthe à Saint-Aubin-de-Locquenay est voté . La décision de la reconstruction complète du pont de La Suze, avec la rectification de deux arches de droite lesquelles seront réunies en une seule et même arche dite « arche de navigation », entrainant  l‘élargissement pour le passage de deux voies ; est adoptée et le budget voté - B.N.F. liasses de 338 documents archives - p.49-45.

19 août 1894, études préliminaires pour le construction d’un pont sur la Sarthe à Roëze, décidées par le Conseil Général de la Sarthe.

Le 31 août 1861, le Conseil Général de la Sarthe, sous la présidence de Monsieur Le Prince Marc de Bauveau, et en en présence de Monsieur d’Andigné, décide de construire un pont sur la Sarthe à Neuville. Décision de construire un pont sur l’Huisne au Gué de Maulny le 27 août 1864 - B.N.F. - 411 pièces archives - p.86. 

Proposition du rachat du pont à péage sur la Sarthe de Vivoin le 24 août 1868, par le Conseil Général de la Sarthe - B.N.F. - 554 pièces archives - p.106.

Le 25 août 1869, le Conseil d’Arrondissement de La Flèche, demande au Conseil Général de la Sarthe la construction d’un pont sur la Sarthe à Fercé, pour remplacer le bac vétuste devenu trop dangereux -B.N.F. - 679 pièces archives - p.37.La consolidation du barrage de Fillé  a coûté 34.000 fr. en 14 octobre 1871.

Monsieur d’Andigné, Préfet de la Sarthe dans son rapport au Conseil Général de la Sarthe, page 114, expose aux Membres réunis en leur salle des sessions ordinaires à l’Hotel de la Préfecture le lundi 25 août 1862, sous la présidence de Monsieur le Prince Marc de Beauveau, le remplacement des porte des écluses des Planches et celles de Spay, qui étaient  « en ruines », le remplacement du grand bac de Fercé, par un neuf, par décision ministérielle en date du 4 novembre  1861, et la construction d’un port à Noyen. Il espère que la concurrence salutaire entre les transports par eau, par terre et par voies ferrées, mettra un  terme à la hausse exagérée des matières premières et des produits manufacturés - B.N.F. - 344 pièces archives - p.114. 

Dans sa séance du 29 août 1862, le Conseil général de la Sarthe vote à l’unanimité le rachat du péage, du pont suspendu de Noyen - B.N.F. - 344 pièces archives - p.88. 

Destruction du barrage sur la Sarthe à  Roëze le 24 août 1863.

Le 31 août 1866, les Conseils Municipaux de Beaumont-sur-Sarthe, Vivoin , Dangeul, Chérancé, Meurcé demande au Conseil Général de la Sarthe de racheter le pont à péage permettant aux chemins de grande communication n°14 et 15 de franchir la Sarthe, et d’avoir un débouché vers la gare et la ville de Beaumont. Les habitants des cantons de Mamers, de Marolles et une partie de ceux de celui de Beaumont sont concernés - B.N.F. - 448 pièces archives - p.75. 

Le Conseil Général de la Sarthe réuni dans la salle de ses séances ordinaires à l’Hotel de la Préfecture, sous la présidence de Monsieur le Prince Marc de Bauveau  , en présence de Monsieur le Vicomte de Malher a alloué une somme de 445 fr. 50 c. pour la destruction d’animaux nuisibles pendant la saison 1866/1867, à savoir : 120 fr. pour 12 loups tués ; 325 ft. 50 c. pour 1302 vipères détruites. C’est dans les communes de Vibraye, Valennes, Vaas, Vacé et Courdemanche qu’il y a eu le plus de vipères détruites.

Le chanvre intéressait au plus haut degré nos paysans guécélardais, il a représenté jusqu’à 30% de notre surface agricole, et il occupait environ 25% de notre population. Deux opération sont indispensables avant de livrer les bottes de chanvre, pour la fabrication du textile : le rouissage et le broyage ou teillage.

Chaque année de nombreuses plaintes contre les producteurs de chanvre, qui rouissaient leur chanvre dans la Sarthe, cela souillait et polluait l’eau, outre l’odeur, les poissons mouraient. 

En 1868,  de nombreux cultivateurs faisaient rouir leur chanvre dans des fosses, et récupéraient les dépôts après avoir utilisaient l’eau en arrosage sur les tas de fumier Les boues récupéraient servaient d’engrais , pouvant être évaluait à 3 fr. le journal - B.N.F. - 553 pièces archives - p.159. 


Où se trouvait le  : Passage d’eau de « Bel-air » ?


De nos jours, le " Carrefour de Bel Air " avec la route de Fillé  - Guécélard - Sur le document Google eath, on remarque l'ancienne voie d'accès au " bac de Bel Air ".


Monsieur A. Dumonteil, préfet de la Sarthe lors de la session extraordinaire du lundi 4 janvier 1883, annonce au Conseil Général de la Sarthe, dans son rapport daté du 30 décembre 1882, page 219, la réception définitive du pont de Spay.

Ebauche et rectifications du projet de construction d'un pont métallique enjambant la Sarthe, et reliant la rive droite à la rive gauche,  les communes de Fillé et Guécélard, supprimant le " bac de Bel Air " .


Le lieu-dit de Bel-Air, sa signification est dans son nom,


Bel-Air, nom attesté en 1248. Cité dans de nombreux documents, et plus particulièrement dans les Cartulaires de Saint-Victeur, Marmoutier et Saint-Mesmin. Orthographié : Belair, Bellair, Beler…..Dans le cas présent , il apparaît que Bel soit l’abréviation de Belenos - Belinus.
Incontestablement ce lieu est marqué, d’une empreinte étymologique qui nous conduit au qualificatif : 
- Bel. Il semble être un dérivé de Belenos ou Belinus - dieu gaulois signifiant : le tout puissant, l’éblouissant, l’éclatant, le rayonnant, le lumineux,  assimilé à Apollon ….au Soleil - l‘astre suprême…..au Dieu des Dieux. Dans notre proche région, de nombreux indices, vestiges, découvertes archéologiques validés, témoignent de l’importance que ce culte a eu. 
- Air, par principe désigne un espace dégagé, très ouvert. Il s’est orthographié : , haire, eire, heire, eyre…….

Cette thèse semble affirmé par un plan simpliste joint à un acte de 1337, du Fond ancien de Vaux. Ce croquis précise le croisement de trois chemins, c’est-à-dire le «  chemin Mansais » et un troisième voies en direction de Moncé, et les «  …boys marmentueux de Buff… ». Ce carrefour apparaît dégagé, il est agrémenté d’un  Soleil rayonnant vers l’Est, le couchant de l’ouest.

Dans plusieurs annuaires et almanachs Sarthois du XVIIIème et du XIXème siècles, et  dans des chroniques locales ont trouve commenté les célèbres «  feux de la Saint-Jean ». 

Il faut se rappeler, que les feux de la Saint-Jean, ne sont en fait que la christianisation des «  feux dédiés à Belenos », que les gaulois allumaient un peu partout dans un endroit très dégagé, exempt de végétation, souvent sur une surélévation, pour célébrer le solstice d’été - Holder . I . 370 et 385.

De la même source, nous avons appris que lorsque les feux s’éteignaient, les partisans avant de se disperser récoltaient au moins deux des tisons éteints. Puis nantis ils regagnaient chacun dans des directions opposées leurs différentes  habitations, après avoir trempé les tisons dan l’eau de la rivière toute proche .
 
Le tout premier geste du chef de famille, en rentrant au logis familial, était de  placer l’un des tisons au centre du rebord de la grande cheminée  qui ornait l’un des côtés de la grande pièce commune, souvent derrière le crucifix qui trônait en son centre et qui veillait sur le sommeil des gens qui dormaient. L’autre était placé au-dessus de l’entrée à l’intérieur de l’étable. Le but invoqué, était la protection des biens, des personnes et des animaux contre le feux du ciel.

Croyances,….superstitions…..traditions……coutumes ancestrales ?

Réminiscence des nos origines gauloises ? 

Nous avons cherché, et  un « nota bene », au bas d’un texte a retenu tout particulièrement notre attention. Ce document décrit et commente abondamment le processus de ces feux, et nous éclaire sur cette pratique qui semble apparaître dans le très haut Moyen Âge - Schulze, 430, 477- Ann. Norm. VI, 134.

Depuis, le Moyen Âge, ces «  feux », marquent la fin des fenaisons - la récolte des foins. 


Bac et……droit de pontenage…!


Pour suppléer au manque de ponts, de nombreux passages sur la Sarthe entre Le Mans et Sablé furent très tôt, dès le Moyen Âge pourvues de bacs. Ces bacs, nécessaires aux activités locales, devinrent un apanage seigneurial.

Cette activité sous la tutelle féodale, fut assortie d’un péage découlant du droit de pontage ou de pontenage.


Adjudication du " Fermage d'un bac " .


Souvent, comme entre Buffe / Bel-Air et Fillé, il existaient plusieurs types d’embarcations / bacs  l’un exclusivement réservé pour les gens à pied, et un animal ( le plus souvent un ane ou un cheval pour un cavalier), un autre pour plusieurs animaux, et quelquefois un troisième destiné à un véhicule hippomobile important.

L’âne ou le cheval payait le même tarif si il portait ou pas une charge, le péage pour un véhicule charrette ou tombereau attelé de bœufs ou de chevaux étaient identiques.

Le droit d’exploiter un bac entre Bel-Air et Fillé, la rive droite et la rive gauche, à l’aplomb du bourg de Fillé semble très ancien. Un Historien Sarthois parle du XIème siècle, il semblerait qu’à la fin du XIIème siècle, le « bac de Fillé » se trouvait sous la tutelle du seigneur de La Suze.

Vue prise de la rive droite de la Sarthe, parmi les branches on aperçoit l’embarcadère de Bel-Air, côté Guécélard .



Les conditions de la navigation sur la Sarthe sont bien connues, ayant fait l’objet de nombreuses études importantes qui restent autant de références. Il est cependant un point qui retient l’attention, car il a valeur d’exemple significatif et apparaît comme riche d’enseignements sur cette question. Il met en évidence les rapports, plutôt mauvais, entre les bénéficiaires des péages et les usagers de la rivière. Il témoigne si besoin est, des relations qui s’instaurèrent par la force des choses, entre le pouvoir féodal détenu par le seigneur du lieu, et le pouvoir économique incarné par les associations de marchands. Dans notre région il concerne les péages imposés par le seigneur de La Suze.

Cette situation a été renforcée, par l’affaiblissement temporaire de l’autorité royale au XVème siècle, consécutive à la guerre de Cent ans, et de toutes les circonstances pénibles qui en découlèrent.

Le seigneur de La Suze, propriétaire terrien, dans sa toute puissance, abrité dans sa  massive et sombre forteresse, concentrait sur lui les regards du voyageur qui circulaient tant sur le «  grand » chemin du Mans - La Flèche - Angers, que sur celui du Mans - Sablé - Laval ; aussi bien du marinier, qui se déplaçait au fil du courant dans son bateau chargé sur la Sarthe.

En effet, les exigences du seigneur de La Suze étaient devenues exorbitantes à cette époque.
C’est dans un acte du  Cartulaire de Saint-Serge, que nous apprenons que lors du mariage de Guillaume des Roches avec Marguerite de Sablé, fille de Raoul IV de Sablé et de Clémence de Mayenne, fin juillet 1190, que par sa dot il recevait les seigneuries et terres de Sablé, Louplande et La Suze au Maine, plus Précigné, Briolé et Brion en Anjou. Nous apprenons que Robert IV, pour le salut de son âme et celle de sa femme, de ses père et mère, puis sa fille Marguerite avaient exonérés les moines de Parigné et ceux de La Coulture de tout tonlieu, droit de passage et droit de pontage sur la Sarthe entre Le Mans et Sablé.

Nous savons par Dom Housseau t. 7, que Hersende de La Suze, fille de d’Herbert ou Hubert de La Suze né vers 1050, et d’Erembourg, avait épousé avant 1120, Robert II Vestrob de Sablé, né vers 1090. Suite a sa dissidence contre Geoffroy V d‘Anjou, comte d‘Anjou et du Maine, dit le Bel, dit Plantagenêt,  celui-ci s’empara de La Suze et de toutes ses prérogatives, et les garda jusqu’en 1130.

C’est vraisemblablement pour cette raison, que l’on trouve dans des actes et des textes anciens, des « droits de pontenage », concernant les bacs de La Beunêche, et de Fillé / Bel-Air, la navigation entre Le Mans et Malicorne /Sablé aux Archives départementales du Maine-et-Loire et de la Loire-Atlantique.

Au Archives départementales de la Sarthe, un texte nous apprend qu’en 1489, le seigneur de La Suze avait déposé une plainte auprès du lieutenant-général du Mans contre l’exploitant du bac dont il est question .

Le rapport de l’enquête avec un croquis font état d’un chemin désigné de « ….très vieille charrière », assortie « ……d’antique tolérance de passage…. » : qu’on peut assimiler à véritable droit ! Le seigneur de La Suze s’est vu confirmer l’exclusivité des droits de passage et pontage sur l’étendue de sa seigneurie.


Dès le XIème siècle la châtellenie de Château-du-Loir s’est étendue, et a été limitée au nord, par la rive gauche de la petite rivière du Rhonne, la rive droite délimitant et la séparant de celle de Sablé. Le seigneur de La Suze, vassal de fait et en titre de Sablé, avait dans un esprit pratique fait acte de vassalité, en rendant foi et hommages au seigneur de Sablé. Ce qui semble avoir évité toute forme de conflit.


Un passage d’eau……nécessite un bac.


Le Conseil Général  de la Sarthe dans sa session du 25 août 1881, a résilié le bail de passage de Fillé-Guécélard. Pour obtenir cette résiliation le fermier se basait sur la perte que lui fait subir, pour la première localité, l’érection de Guécélard en commune distincte. L’ancien fermier assure le service jusqu’à sa réadjudication. Un crédit de 250 fr. a été inscrit au budget de 1880, pour l’entretien dudit passage.

Monsieur A. Dumonteil, Préfet de la Sarthe, dans son rapport  pour l’année 1882, reconnaît que pour le passage d’eau de Guécélard à Fillé, la situation est identique à celle de l’année précédente, la réadjudication a été faite au prix de 205 fr. - liasses de 895 pièces ( documents, comptes rendus, rapports, procès verbaux ).

Un haut fond de la rivière Sarthe permettait de franchir ce grand cours d’eau de Bel-Air, rive gauche, commune de Guécélard, au bourg de Fillé, rive droite, à un cavalier. Le cheval monté n’ayant en niveau normal de la rivière Sarthe, de l’eau que jusqu’au étriers..

Un inventaire après décès, précise que le franchissement de la rivière la Sarthe était assujetti, à un droit, dénommée «  la glane », que le bac était guidé à la perche, et animé par traction des bras du passeur sur un câble goudronné , tendu d’une rive à l’autre.

En 1794, le montant du fermage était de 130 livres,
En 1768, il s’élevait à 100 livres,
En 1760, de 90 livres,
En 1759, de 65 livres, ( 45 ? )
En 1748, de 80 livres,
En 1744, de 55 livres, ( 45 ? )
En 1739, de 41 livres, ( 44 ? )
En 1692, de 32 livres, ( 25 ? )
En 1686, de 25 livres.

Quelques noms de passeurs-fermiers, conducteurs du bac, reliant la rive droite de la Sarthe, c’est-à-dire le bourg de Fillé, à la rive gauche, la cale de Bel-Air, paroisse de Guécélard,, comme le précise, des procès verbaux de sessions du Conseil Général de la Sarthe, et des actes et documents aux Archives départementales de la Sarthe,

Dans le Registre de l’État Civil de 1873-1882, de la commune de Fillé-Guécélard, nous lisons,





Tarif applicable aux différents bacs et bateaux en service sur la rivière Sarthe, en vigueur en 1790
Daté du 8 Prairial an XI.


Les Archives Diocésaines nous apprennent que le 9 novembre 1784, Michel Peslier, paroissien de Fillé, a épousé Marie Darage, paroissienne de Guécélard, que la bénédiction nuptiale a eu lieu en l’église et par le curé de Guécélard, que la traversée de la Sarthe s’est bien  déroulée, malgré un fort courant, de la même source le 3 février 1784, René Guibrunet, paroissien de Fillé, a épousé Marie Gourdon, paroissienne, et née à Guéclard, au Grand Bourg, que les mariés et les invités on traversé la Sarthe, en deux fois.

Selon le Registre paroissial de Fillé-Guécélard, le bac a été utilisé au mois de mars 1793, an second de la République Française, pour des déclarations d’état civil  par des guécélardais pour trois naissances et de deux décès. C’est Jacques-Vincent Arnoult, Officier public ( maire ), qui a procédé à l’enregistrement dans la Salle publique de la Maison  commune de Fillé.

- en 1768 : René Vigneron, pontonnier, et sa femme Fournigault Marguerite, paroissienne de Fillé,

- en 1760 : René Vigneron, garçon tisserand et paroissien de Cérans,

- en 1759 : Jean Letourmy, garçon meunier de Foulletourte, et Fougerard Marie, paroissienne de Fillé,

- en 1748 : Joseph Perrière, marchand, et Marie Chaussumier, sa femme, paroissiens de Fillé,


- en 1744 : Joseph Perrière, marchand, et Marie Chaussumier, sa femme, paroissiens de Fillé,

- en 1739 : Joseph Perrière, marchand, paroissien de Fillé, et Marie Chaussumie, paroissienne de Spay,

- en 1692 : René Chemin, tisserand, paroissien de Fillé,

- en 1686 : René, Chemin, paroissien de Fillé, dans le registre paroissial de Fillé, en 1685, il est cité comme cocher du seigneur du Groschesnay,


- en 1684 : Nicolas Loriot, paroissien de Fillé,


Débarcadère de Fillé, et maison du passeur .



























Plan du modèle homologué du bac de Fillé, destiné aux transports de piétons .

Présentation de quelques pièces du volumineux dossier du «  Passage d’eau de Fillé-Bel Air », qui ont été la base de ce texte,


Plainte d'un passeur de 1818 .

Cahier des charges incombant au passeur, signé et accepté par lui .


Rapport de Cessation d'activité et de remise du matériel .


Déjà au Moyen Âge, le droit de passage était associé à un droit  de pêche….


Traduction : Acte 11 septembre 1160 - Quant à l’accusation que nous avions porté contre le procureur ( représentant du couvent de Parigné ), d’avoir interpellé à tort Colin du Pont et Jehan Le Peintre, d’avoir péché et pris du poisson avec un filet à mailles, au lieu que Colin et Jehan ont montré à ce procureur…………donne aux religieux liberté et franchise de pécher en eau de Sarte 36 pieds au-dessus des moulins et 36 pieds au-dessous de la chaussées……….. Fond ancien de Saint-Mesmin Pièce n° 39 .

* au Moyen Âge le poisson entrait pour part très importante dans l’alimentation, aussi la pêche était-elle réglementé et très encadrée,

À La Suze et les riverains en amont, utilisaient énormément l’eau de la rivière Sarthe, les lavandières ne pouvaient exercer leur profession qu’avec une autorisation seigneuriale.
























Feuille des comptes d'un passeur, au XIVème siècle . 


4° - Un pont tardif, et un canal indispensable.


























Incontestablement élégant, impressionnant, il a la particularité d'être le pont de deux communes. La limite séparative de la commune de Fillé , de celle de Guécélard, étant l'axe médian du lit de la rivière Sarthe, chacune de ces deux communes ne peut rvendiquer que la moitié du pont.

Du «  Passage d’eau »…..à un Pont, le pas est étroit……


À la séance ordinaire du Conseil Général de la Sarthe le 19 août 1889, Monsieur le marquis de Juigné, maire de Juigné, Conseiller Général du canton de Sablé-sur-Sarthe, attire l’attention de Monsieur Ch. Lutaud, le Préfet de la Sarthe, du  Monsieur Le Monnier, député-maire et Conseille Général de Château-du-Loir, Président du Conseil Général de la Sarthe et de ses Collègues présent : « …..malgré l’atribution d’une somme de 50.000 à100.000 fr. par pour les réparations du pont suspendu de Parcé celui-ci menace ruine. Il y a urgence de construire un nouveau pont…. ». Un arrêté préfectoral pour limiter le passage de charges utiles à 2.000 kg.

Un projet de construction de ponts à Champagné, à Fercé, Teillé, et à Solesmes est décidé.

Le Conseil d’Arrondissement de La Flèche, décide le 22 août 1889, de remplacer le bac de Fercé par un pont. Ce pont construit en 1892, a coûté : 19.997, 76 fr. La mise en service de ce pont entraîne pour 7.192 fr. la réfection du chemin d’intérêt commun N°61, de Chanteany à La Suze.





























Plans des projets d'aménagements et des impératifs d'expropriations pour d'accès au futur pont de Fillé .

Le 6 décembre 1892, dans son rapport l’ Ingénieur en Chef du Service de la navigation aux Ponts et Chaussées de la Sarthe, précise que le bail de l’exploitation du bac dit de « Fillé » affermé pour trois années à Monsieur Hatton, fermier-passeur, prend fin le 31 décembre 1892, et qu’il y a lieu de procéder à son renouvellement. Il suggère au Conseil général de la Sarthe à la séance ordinaire du lundi 22 août 1892, présidé par Monsieur Le Monnier, doyen d‘âge, sénateur - maire de Château-du-Loir, en présence de Monsieur Ch. Lutaud, préfet de la Sarthe.


























Plan d'implantation définitif du " Pont de Fillé ", et les quelques retouches du raccordement .


En 1892, 4 bacs subsistaient sur la rivière Sarthe,

- le bac de Fillé affermé en 1891 pour 110 fr.
- le bac de Fercé……….’’………’’……..pour 125 fr.
- le bac de Solesmes..’’……..’’…….........pour  355, 83 fr.
- le bac de Pincé……….’’……..’’……....pour    30 fr.

Lors de la séance ordinaire à l’Hôtel de la Préfecture du Conseil Général de la Sarthe le 10 avril 1899, Monsieur Legludic, docteur en médecine, Conseiller Général du canton de Sablé-sur-Sarthe émet le vœu de la construction d’un pont sur la Sarthe à Solesmes. Au cours d’une autre session du Conseil Général de la Sarthe du 21 août 1902, le Conseil Général de la Sarthe donne son accord pour le passage de la ligne des tramways de la Sarthe - ligne Foulletourte à Sablé, la largeur passe de 4,50 m. à 5,10 m., l’élévation de la dépense de 110.000 fr. à 114.500 fr. Monsieur d’Aubigny, le 23 avril 1903 de porter l’emprunt octroyé pour la construction du pont, de 228.000 fr. à 232.500 fr.

Le 28 février 1936, la commune de Solesmes prend définitivement l’appellation de «  Solesmes-l’Abbaye », et le 19 juin 1936, la commune de Roëzé, prend le nom officiel de «  Roëzé-sur-Sarthe. À la page 385, chapitre II de la troisième partie du rapport du Conseil d’Arrondissement ;e 14 mai 1897, les travaux du grand pont en maçonnerie de Roëzé-su-Sarthe étaient en pleine activité en août 1897.

En août 1899, le Conseil Général de la Sarthe, prend note que le pont de Roëzé est mis en service.

Monsieur de Marthes, Préfet de la Sarthe, à la session d’août 1898 du Conseil Général de la Sarthe, dans son rapport page 324 - chapitre II de la IIIème partie informe :

- « ……..Le pont de Fillé devait recevoir le chemin de fer seul. Il a été établi pour recevoir une 
« chaussée à double voie charretière. Non seulement il rend de grands services aux communes de 
« Fillé et de Guécélard, mais il a été à l’origine des ponts routiers à double voie pour les chemins 
« vicinaux ordinaires. Si les populations riveraines des fleuves échappent désormais à la sujétion des 
« grands ponts à voie unique, c’est à l’exemple décisif du pont de Fillé qu ‘ils devront ce bienfait.
« Il faut rattacher à ce pont les travaux considérables de terrassement qui ont achevé le chemin de 
« Fillé à Guécélard, et supprimé le gué du Rhonne par la construction d’un ouvrage assez important 
« dont le service de la construction a fait tous les frais  ».



























Plan de masse des travaux de maçonnerie, indispensables pour soutenir le tablier aux deux extrémités sur les deux rives.


En annexe du chapitre II, page 348, nous trouvons :

- Pont de Fillé et abords,

Construit sur la Sarthe, pour recevoir la ligne Le Mans à Mayet, et en outre une double voie charretière. Le tablier est soutenu par deux grands arcs métalliques ayant 56,33 mètres de portée, entre les rotules des retombées et 5 m. de flèche seulement. Le tablier à 8 mètres de largeur entre garde-corps. La longueur totale de l’ouvrage est de 70 mètres.

La superficie totale du tablier est de 560 m2, et la surface de la partie suspendue est de 464 m2. Les arcs se composent de deux volées, avec articulations aux naissances et à la clef. Chaque volée se compose d’un triangle mixtiligne dont la forme favorise la répartition du métal dans les sections proportionnellement aux efforts maxima maximorum.

Ces dispositions sont originales et ont été imaginées pour le pont de Fillé.

La dépense totale s’établit comme suit :

- fondations en béton de ciment, y compris batardeaux et épuisements…...........................16.850 fr.
- maçonnerie en élévation…………………………………………………......................  4.223 fr.
- fers ( payés 39 fr. les 100 kilos)………………………………………………..............35.982 fr.
- plancher en briques, pavage en asphalte comprimé, divers…………………....................  5.145 fr.
                                                                   Total……………………............................. .62.200 fr.

Il faut rattacher au pont de Fillé les dépenses accessoires suivantes motivées par la mise en état du chemin vicinal n°5 reliant Fillé à Guécélard,

- terrassements affectés au chemin vicinal dans la vallée de la Sarthe,
6.200 m3.……………………………………………….................................................   6.026 fr.
- élargissement du pont de Villette…………………………………………………..........   2.100 fr.
- élargissement du pont des Martrais…………………………………………………......      940 fr.
- élargissement du remblai dans la vallée du Rhonne, 4.200 m3…………….......................   4.082 fr.
- implantation du pont sur le Rhonne…………………………………………………......    1.280 fr.
- pont sur le Rhonne…………………………………………………...............................   2.390 fr.
                                                                    Total…………………...............................…16.818 fr.

Le total des dépenses entre Fillé et Guécélard  s’élèvent à 79.018 fr.


























Plan  de l’aqueduc de Villette, dénommé « pont vouté » de 3 m., pour soutenir la voie ferré, avant le «  Carrefour de Bel-Air ».


Un haut fond de la rivière Sarthe permettait de franchir ce grand cours d’eau de Bel-Air, rive gauche,  commune de Guécélard, au bourg de Fillé, rive droite, à un cavalier. Le cheval n’ayant en niveau normal de l’eau que jusqu’au poitrail. Ce passage. Un inventaire après décès, précise que le franchissement de la rivière la Sarthe était assujetti, à un droit, dénommée «  la glane », que le bac était guidé à la perche, et animé par traction des bras du passeur sur un câble goudronné , tendu d’une rive à l’autre.

En 1794, le montant du fermage était de 130 livres,
En 1768, il s’élevait à 100 livres,
En 1760, de 90 livres,
En 1759, de 65 livres, ( 45 ? )
En 1748, de 80 livres,
En 1744, de 55 livres, ( 45 ? )
En 1739, de 41 livres, ( 44 ? )
En 1692, de 32 livres, ( 25 ? )
En 1686, de 25 livres.

Quelques noms de passeurs-fermiers, conducteurs du bac, reliant la rive droite de la Sarthe, c’est-à-dire le bourg de Fillé, à la rive gauche, la cale de Bel-Air, paroisse de Guécélard,, comme le précise, des procès verbaux de sessions du Conseil Général de la Sarthe, et des actes et documents aux Archives départementales de la Sarthe,

Le Conseil Général  de la Sarthe dans sa session du 25 août 1881, a résilié le bail de passage de Fillé-Guécélard. Pour obtenir cette résiliation le fermier se basait sur la perte que lui fait subir, pour la première localité, l’érection de Guécélard en commune distincte. L’ancien fermier assure le service jusqu’à sa réadjudication.

Un crédit de 250 fr. a été inscrit au budget de 1880, pour l’entretien dudit passage. Monsieur A. Dumonteil, Préfet de la Sarthe, dans son rapport  pour l’année 1882, reconnaît que pour le passage d’eau de Guécélard à Fillé, la situation est identique à celle de l’année précédente, la réadjudication a été faite au prix de 205 fr. - liasses de 895 pièces ( documents, comptes rendus, rapports, procès verbaux ).

Dans le Registre de l’État Civil de 1873-1882, de la commune de Fillé-Guécélard, nous lisons,

- « l’an mille huit cent soixante treize, ce dix-neuf janvier, par  devant Charles Carteret, maire et 
« officier d’état-civil en la commune de Fillé-Guécélard, arrondissement du Mans, département de la 
« Sarthe, étant en la maison commune, est comparu Granval Charles, âgé de vingt neuf ans, 
« journalier, domicilié aux Géleries………….a déclaré qu’hier à 10 heures du soir, Marie 
« Fournigault, âgée de trente cinq ans, sa femme, avec lui domiciliée est accouchée à son domicile 
« d’un enfant de sexe masculin……………….. ».

- en 1794 : René Vigneron et Marguerite Fournigault, sa femme,


























Plan des fondations du « Pont Fillé-Guécélard » .


Les Archives Diocésaines nous apprennent que le 9 novembre 1784, Michel Peslier, paroissien de Fillé, a épousé Marie Darage, paroissienne de Guécélard, que la bénédiction nuptiale a eu lieu en l’église et par le curé de Guécélard, que la traversée de la Sarthe s’est bien  déroulée, malgré un fort courant, de la même source le 3 février 1784, René Guibrunet, paroissien de Fillé, a épousé Marie Gourdon, paroissienne, et née à Guéclard, au Grand Bourg, que les mariés et les invités on traversé la Sarthe, en deux fois.

Il faut savoir que le pont d’Allonnes est analogue à celui de Fillé, ainsi que le pont Louis-Blanc qui ne diffère des deux précédents que par ses dimensions.

Il faut savoir que le pont d’Allonnes est analogue à celui de Fillé, ainsi que le pont Louis-Blanc qui ne diffère des deux précédents que par ses dimensions. Lors de la réception de l’ouvrage sur la Sarthe Messieurs Thomas, docteur en médecine, maire de Louplande, Conseiller Général du canton de La Suze et Bouttié, ébéniste au Mans, Conseiller Général du 2ème canton du Mans, ont fait remarquer le 22 août 1898, que pour éviter de graves accidents, il était indispensable de poser des rembardes , des « gardes-corps » sur le pont de Fillé et ceux de Villette ( cité dans denombreux actes et textes anciens Villenette ), et du Rhonne.

Dans son n°41 du 9 octobre 1897, le Journal des Transports «  Revue Internationale des Chemins de fer et de la Navigation », page 517, nous lisons :

« Ouverture de lignes.Chemins de fer de la Sarthe - Par un arrêté en date du 11 septembre 1897, le 
« préfet de la Sarthe a autorisé l’ouverture à l’exploitation provisoire des chemins de fer d’intérêt 
« local du Mans à Foulletourte à Mayet.
« La longueur totale de ces deux lignes est de 48,600 km.
«  Indépendamment  des gares terminus du Mans et de Mayet, elles comprennent les stations 
« d’Allonnes, Spay, Fillé, Guécélard, Parigné-le-« Polin, Cérans-Foulletourte, Oizé, Yvré-le-Polin, 
« Requeil, Mansigné, et Pontvallain, ainsi que leq arrêts de l’Épine, Saint-Georges, les Brosses, les 
« Fourneaux, la Cave, Marolles et Les Lustières ».

Le lundi  21 août 1899, Monsieur de Marthes, Préfet de la Sarthe informe page 359 de son rapport l‘assemblée du Conseil Général de la Sarthe réunie en session ordinaire , que le grand pont en pierre de Roëzé sur la Sarthe est terminé,  ouvre de nouveaux débouchés et modifie avantageusement les courants locaux de la circulation.



Plan d'élévation du " Pont de Fillé " .


























Perspective du pont sur la Sarthe, e dessus du tablier .


Si les bacs étaient indispensables pour les passages d’eau, pour des rivières importantes, comme : la Sarthe, le gué était un point fixe, immuable dans le paysage d’une voie franchissant une cours d’eau secondaire, comme : le Rhonne.


Aussi, si le gué a représenté dès le Néolithique, un point de franchissement fixe et essentiel, le passage d’eau l’a été également. La batellerie jouait un rôle non négligeable dans l’économie générale de la Gaule indépendante, elle participait également, plus modestement, en fournissant le personnel et le matériel pour le franchissement de certains fleuves et rivières aux endroits franchissables. Les ponts étaient rares en Gaule, et les gués nombreux. Lors de l’invasion romaine, deux ponts existaient sur la Loire. L’un à Orléans, l’autre à Angers, aux Ponts de Cé.

Le passage des cours d’eau s’effectuait au moyen de gués ou de bacs. Le voisinage des points de passages où d’une façon permanente on pouvait traverser une rivière importante a été marqué par l’édification d’une maison forte, qui devint à l’époque de la féodalité : un château, sur une rive, tandis que sur la rive opposée naissait un groupement d’habitations évoluant avec le temps vers un village, quelquefois une agglomération importante.

Nous avons un exemple : Buffe, point fortifié de la rive gauche de la Sarthe, élément important du dispositif septentrional protégeant, la châtellenie de Château-du-Loir, devenant château vers le XIème siècle, tandis que sur la rive droite, s’édifiait et croisait le bourg de Fillé. Cette affirmation est validée par les mots « ritum » et « vadum »,  termes celtiques, devenant romains, que l’on trouve cités dans les textes anciens concernant l’un et l’autre de ces deux noms.

Aux points de passage fréquentés, lorsque le niveau de l’eau de la rivière le permettait pendant une large période de l’année, les gaulois lorsque la stabilité du fond l’autorisait, renforçait celui-ci avec des pavés, établissait un plancher moyé en madriers, maintenu par des pieux. Des vestiges ont été découverts d’in  gué pavé sur le Loir «  le gué pavé de Cré-sur-Loir ». Il a été découvert dans la Sarthe, lors de dragage entre Le Mans et le confluent du Loir et de la Mayenne de véritables « trésors »  en monnaies anciennes des objets votifs que des voyageurs pour se concéder un appui divin ou une protection, avaient coutume de jeter par-dessus bord ( 2 ).

Lorsque le cours d’eau n’était pas guéable, aux points de franchissements par une voie terrestre, ou lorsqu’en temps de crues la hauteur de l’eau rendait le passage impraticable, la traversée s’accomplissait avec de larges barques à fond plat, que les gaulois dénommaient « pontones » ou « rates » maneuvrées à la perche ou à la traille.

Des bateliers spéciaux se tenaient à poste fixe dans le voisinage des passages d’eau, de façon à assurer un service continu. Il semble que le nom de « ratiarii », que l’on retrouve dans quelques textes, soit attribué au service des bateaux à usage de bacs….?


(1)- C. Jullian - Histoire de la Gaule - t.II
(2)- Izarra - Navigation intérieure en Gaule 
Quant au tarif, il semblerait qu’il soit proportionnel au nombre, à l’importance et au poids des personnes, ou du bien transporté.


Les marchandises transportées.


À l’époque gauloise, et jusqu’à l’instauration de la Gaule romaine, les marchandises transportées étaient de toute espèce, mais plus particulièrement les articles lourds et encombrants comme les bois, les pierres dont les meules de moulins venant directement d’auvergne, les marbres, les briques, les tuiles, en témoignent, les meules, les briques, les tuiles trouvées lors des travaux de dragages de la rivière entre Angers et Le Mans. Le transport de marchandises plus légères et plus fragiles, comme les poteries, validées par les amphores grecques pour le convoyage de l’huile découvertes enfouies dans la vase. Les poteries ne pouvant supporter les heurts, les cahots des charrois par voies terrestres. Le vin en tonneaux, les métaux en lingots….etc.

C’est par la rivière, que nos populations riveraines s’approvisionnaient en produits de toutes sortes. Les stations où s’arrêtaient les bateaux servaient concurremment avec les relais de chevaux sur les voies terrestres. Pour tous les besoins d’ordre public, les bateaux appartenaient à des particuliers, et pouvaient-être employés pour les besoins de la collectivité. Dans la Gaule indépendante, puis plus tard, sous la domination romaine, le transport fluviale connaissait un rôle considérable, non seulement pour les marchandises , mais également pour celui des personnes de ville à ville,, par exemple du Mans à Angers, ou pour de plus longs voyages, Le Mans-Nantes , ou Le Mans-Orléans.

Dans les barques dont parle Horace, ont s’entassé, l’embarcation était tiré par une mule sur un chemin contigüe au cours d’eau *, prélude aux chemins de hallage. Il est à noter une concordance entre les documents que nous avons compulsé, la circulation fluviale augmentait d’intensité à mesure que la sécurité des voies terrestres diminuée - * Horace -Satire V

Le comble fut atteint au IIIème siècle de notre ère avec les invasions germaniques. Les mauvaises rencontres étaient moins redoutées sur les voies d’eau que sur les voies de terre. À la fin du IVème siècle, comme l’a écrit Camille Jullian : « ….il apparaît, soit par goût, soit par économie ou par commodité, soit parce 
« que la navigation fluviale est plus sûre que les grands chemins, on utilisait ces derniers qu’en cas 
« d’absolue nécessité…… ( 1 )» 


Autrefois  ,  la  navigation  sur  la  Sarthe…..


liasse , 2 pièces, parchemin , cote G. 664.
Registre du lieutenant du Mans, du 24 Août 1426,
XXIIIe jour d’aoust mil IIII c XXVI , signé de Constance,
« A la requeste du procureur du Chappitre, ledit lieutenant saisit la  somme de deux cens écus d’or 
« que les bourgeoys du Mans devoient à Jehan Lefèvre a cause de vendissions de sel  descendu au 
« port de Malicorne, au temps que les doyen et Chappitre tenoient la Prévousté  du Mans jusques au 
« vaillant de la coustume  telle qu’elle appartenait aux-dits doyen et Chapitre à cause du sel ».

Le manque d’entretien a rendu l’utilisation de la rivière difficile de Malicorne à Arnage, et plus particulièrement d’Arnage au Mans. Des projets naissent, et ils seront nombreux, malheureusement sans aucune suite pendant à peu près trois siècles ; pour aménager, ou tout au moins rendre possible la navigation entre Malicorne et Le Mans.  Le premier semble être daté du 4 mars 1540.

La famine qui sévit dans la région en 1739, s’ajoutait aux pluies continuelles et au débordement de la rivière. La terre gorgée d’eau, les voies submergées, la route ordinaire de Malicorne, La Suze, Guécélard, Le Mans était devenue impraticable, rendant impossible le transfert par charrois des  céréales arrivées par bateaux jusqu’à Malicorne. L’urgence de la situation obligea les autorités à envisager le rétablissement de la navigation par priorité.

Le bureau d’Agriculture établi au Mans par arrêt du Conseil, le 24 février 1761, a toujours fait de la navigation de la Sarthe, l’objet de ses travaux.

Ducluzel, intendant de Tours en 1768, reprit l’utile projet de ses prédécesseurs. Le citoyen Limay, inspecteur général de différents départements, conjointement avec le citoyen Chaubry, ingénieur en Chef, et Deshourmeaux, sous-ingénieur de la Sarthe, reprirent en l’an III de l’ère Française ( 1794 ), cette opération. Après avoir parcouru la rivière de la Sarthe jusqu’à Malicorne, ils dressèrent un devis détaillé, dont nous en avons prélevé un paragraphe :

« …du moulin de Spay à celui de la Suze sur 15 844 mètres 32 centimètres, des atterrissements à 
« déblayer à la sortie des portes de Fillé , la Beunêche, Roëze et en  différentes autres parties de cette 
« longueur, avec des réparations aus chaussées desdits moulins, 30 000 frs….. ».

Dans ce rapport nous avons glané quelques chiffres :

« la distance entre L’hôpital du Mans ( vraisemblablement le Sanitas ) et le port  de la Vestière près 
« de Malicorne, où les bateaux mouillent en tout temps est de 47,155 km, la pente totale est de 14,77 
« mètres, ce qui fait à peu près,0,00031 de pente par mètre de longueur ».

Un document des Archives départementales de la Sarthe, nous dévoile que les bateaux n’étaient  pas seuls à circuler sur la rivière. Il y avaient également quelques « trains de bois », venant de la Forêt de Bonnétable par l’Huisne, en témoigne une

lettre datée du Mans, le 19 avril 1778 -
« les sieurs Haisneau et Bottereau ayant acheté en 1745 , 301 arpents de bois de futaye dans la forêt 
« de Bonnétable firent le 24 octobre de l’année un traité avec le ministre de la marine de fournir tous 
« les bois pour le service de « la « marine……le flottage se fit pendant plusieurs années…… ».

Sous l’Ancien Régime, la navigation ne se faisait pas librement, les seigneurs dont les terres étaient riveraines, y percevaient un  droit de épage , source de revenus non négligeables. Avant l’arrivée du Chemin de Fer, la navigation sur la Sarthe profite de l’état lamentable des routes, plus spécialement dans la première moitié du XIXème siècle. En 1816, 36% du réseau routier sarthois est en terrain naturel et le restant est soit encaissé, soit à construire.


Volumineux dossier définitif du projet de construction de «  dérivation de la Fuye », qui prendra le nom de « canal de Fillé à Roëze » .


En 1822, sans  Mémoires sur la navigation de la Sarthe, M. Lebourg - négociant en vins au Mans  , habitait dans sa maison de l’Arche, sur le chemin du Petit-Saint-Georges, a été un fervent défenseur de la navigation sur la Sarthe jusqu’au Mans, a écrit,

« La Sarthe, communique à la mer, par la Loire et, par le même fleuve, à  la capitale, ainsi qu’à 
« toutes les parties du royaume, qui jouissent de « l’avantage d’une navigation intérieure ».

L’avant-projet d’amélioration de la navigation en aval de Fillé, est divisé en trois sections :

Lors de la session ordinaire du Conseil Général de la Sarthe, Monsieur le Préfet de la Sarthe le 30 août 1840, dans la lecture de son rapport informe les 22 membre présents de cette Assemblée, qu’une partie des 700.000 fr. allouée par l’ État, sera attribué à l’amélioration de de la navigation sur la rivière Sarthe, entre Malicorne et Spay, section particulièrement difficile du parcours entre Le Mans et Sablé.

Il évoque également la construction d’un canal de dérivation à «  La Fuie », qui devrait entrer dans l’ensemble du projet d’une liaison par voie fluviale de Nantes/ Saint-Nazaire à Caen, par Angers, Châteauneuf-sur-Sarthe, Sablé-sur-Sarthe, La Suze, Le Mans, Beaumont-sur-Sarthe, Alençon, Argentan : reliant l’Océan Atlantique à la Manche.

Ce projet n’est pas nouveau il a été étudié pour la 1ère fois en 1539, et appuyé par François Ier lui-même. Il a été reprit par Vauban, puis en 1679 et 1740. Une nouvelle fois remisé, et oublié, il ressort en 1839, mais concurrencé par le projet de la liaison d’Angers à Caen par la Mayenne. Celui par la Sarthe offre l’avantage d’avoir 26 écluses de moins.

En 1853, la Compagnie des Chemins de Fer de l’Ouest propose à l’État Impérial Français un prêt de 1.800.000 fr. sans intérêt, remboursable en 10 mensualités annuelles, pour la mise aux normes nationales de la navigation, de la rivière Sarthe entre Angers et Le Mans.

En novembre 1853, une délégation sarthoise composée des députés du département, des Présidents du Conseil Général de la Sarthe, de la Chambre de Commerce et d’Industrie, de la Chambre Consultative de l’Agriculture, du Tribunal de Commerce, le Maire du Mans, ils ne furent pas reçus par l’Empereur, mais par le Ministre des Travaux publics, qui les informa que la proposition de la Compagnie de l’Ouest avait « ….rejetée…. ».

Dans son rapport l’Ingénieur en Chef de Coulaines fait remarquer que la somme allouée pour les travaux d’entretien courant est de 14.700 fr., or que ses différents rapports font état d’un minimum de 16.500fr. pour palier aux urgences. De ce fait les dragages en vue de restituer un tirant d’eau nécessaire au chenal de navigation, sont interrompus en plusieurs endroits.

Monsieur le Préfet informe le Conseil Général de la Sarthe, que le projet du Canal de « dérivation » de Fillé à Roëze, et l’écluse de La Fuye, a été approuvé par l’Autorité Supérieure le 18 février 1854, le coût s’élève à 242.979,fr. 56 cts. Mais selon l’Ingénieur en Chef, il devra être revu, et augmenté. Dans le budget 1854, 20.000 fr. sont attribués pour la finition de l’écluse de Beffes.

Messieurs les Ingénieurs espèrent pouvoir améliorer la navigation sur 22 km. D’ici la fin de l’année.


Quand l’indécision prévaut,
un canal qui aurait pu s’appeler : Désiré…….


Monsieur A. Pron, Préfet de la Sarthe, lors de la session ordinaire du Conseil Général de la Sarthe, présidé par Monsieur le député Langlais, le 30 août 1855, selon le Procès verbal de séance de ladite assemblée, expose aux membres présents, que la Sarthe est navigable dans le département du même nom sur un parcours de 75,348 km. Que sa largeur moyenne au Mans est de 60 m. pour 80 m. à la limite avec le Maine-et-Loire. Sa pente de 21,40 est compensée par 24 barrages.

Le trafic est réalisé entre Angers et Le Mans par des bateaux à vapeur et des gabarres. Le passage des portes marinières constitue le principal obstacle à la navigation et est responsable d’une très grosse perte de temps. Elles provoquent quelquefois des accidents, dont quelques uns furent graves. La largeur des portes d’écluses étant de 4,70 m., elles interdisent le passage des bateaux de la Loire nécessitant au minimum une largeur de 5 à 5,10 m. Le transbordement se faisant à Angers.

Jusqu’à Malicorne le tirant d’eau est de 1,50 m., mais en amont de cette localité les mariniers ne peuvent compter que sur 1,20 m. et en trois endroits moins. Les bateaux sont dans l’obligation de décharger à Malicorne une partie de leur cargaison, qui est ensuite acheminer par voie terrestre. Les bateaux à vapeur effectue la remonte d’Angers au Mans en 2 jours ½, et la descente en 1 journée ½ ; et le voyage complet aller-retour Le Mans-Nantes en une semaine. La durée du voyage ordinaire, en fonction du type de bateaux, du chargement, du vent varie énormément : par exemple, la remonte entre onze et quinze jours ; la descente de quatre à huit/dix jours.

Le prix du fret est immuablement fixé pour un bateau à vapeur est de 0,12 fr. , par tonne, et par kilomètre. Pour un bateau d’un autre type : pour la remonte à 0,06 pour des marchandises de Ière classe ; 0,045 pour la 2ème classe ; à la descente 0,04 et 0,025. Si en 1848 on a enregistré au bureau d’Allonnes le passage de 182 bateau, dont 91 à la remonte  pour 7.118 tonnes et 91 à la descente pour 3.434 tonnes ; en 1854, 302 bateaux à la remonte pour 14.638 tonnes, à la descente 291 bateaux 3.589 tonnes. Le constat est sans appel. La partie de la rivière entre Le Mans et le barrage de Fillé, avait été amélioré avant la loi du 21 mai 1846, par la construction d’un quai et d’un port dans la traversée du Mans, et quatre écluses : au Greffier, au Gué d’Enfer, à Chahoué et à Spay.

L’avant projet d’amélioration au-dessous de Fillé, a été divisé en trois sections. - dossier archives  de 354 pages. La session ordinaire du 25 août 1856, du Conseil Général nous apprend que le ôût des travaux pour le canal de Fillé à Roëze s’éleve à cette date à 330.000 fr., soit une augmentation de 102.000 fr. sur le précédent devis - dossier archives 338 pages. Dans la IIème section du budget 1857? Page 27 du rapport du Préfet de la Sarthe , on remarque : une somme de 166.000 fr. allouée pour la finition du canal de Fillé à Roizé.

Page 28, un paragraphe nous éclaire:

                                                         
- La décision approbative de la dérivation de Fillé, rendue le 31 août 1856, et l’ouverture de nouveaux crédits, ont permis de faire marcher cette entreprise avec une très-grande activité ( 500 ouvriers y ont travaillé journellement ), et de terminer, pour ainsi dire, ce canal qui a 4.500 m. de développement. Au 30 juin dernier la masse des dépenses excédait de 200.000 fr. Le reste de la campagne sera employé à effectuer les fondations de l’écluse et de la porte de garde,, et à élever divers ponts et aqueducs traversant le canal.  L’ensemble de l’entreprise est évalué à 330.000 fr. Les travaux seront achev »s et livré à la navigation en 1858.


Première section ,de Fillé à Malicorne,  


Les travaux à exécuter ont pour objet l’augmentation du tirant d’eau, trop souvent limité à 1,2 mètres, et le remplacement par des écluses, des portes marinières existantes, principal obstacle, faisant perdre  beaucoup de temps et entraînant souvent de graves accidents. Ils intègrent  la réalisation d’un canal éclusé de Fillé à Roëze, et la construction d’écluses à La Suze, à Fercé et à Noyen.

L’annuaire de la Sarthe 1856, nous apprend :

« ……à ce jour un seul travail a été terminé, celui de Fercé. Les travaux ont  été adjugés et 
« commencés au canal de Fillé à Roëze et à l’écluse de La Suze ; rien n’a été entrepris à Noyen ».

























Plan initial ayant été utilisé pour les travaux de construction du « canal de la Fuye », également dénommé «  canal de Fillé à Roëze » ..


C’est de 1827, que datent les premiers travaux d’aménagement de la « basse-Sarthe  «  - la rivière en aval du Mans. De cette époque à I835, il a été construit en dessous du Mans…..le canal de Fillé-Roëze

La dérivation de Fillé est terminée, et a été livrée à la navigation en 1860, elle a une longueur de 4,5 km, et abrège le parcours de 4 km.

- rive droite

l’Eglise de Fillé est à 119,4 km de la Maine, son altitude 41,18
la Mairie à 119,3, face à la rivière son altitude est de 40,825
le Moulin de Fillé est situé à 119,2 km de sa confluence, son altitude est de 37,915
le sommet du barrage à une altitude de 37,125,

l’écluse de Roëze est à 110,6 km de la Maine, le chemin de hallage et de servitude de marchepied à une longueur de ( R.D. + R.G. ) 9 000 mètres linéaires

- altitude de la porte-amont : 38,48 , tr. niveau 2,00 mètres,
- altitude de la porte-aval : 38,65 ; tr. niveau  4,65 mètres,
- altitude de la maison éclusière est à 39,48
- altitude du niveau de l’eau dans le canal 36,4 ;


celle de la rivière au raccordement est de 34,00,














Plan de masse définitif du «  canal de Fillé - Roëze ».


le pont de Roëze ( route D.251 ) est à 109,3 km de sa confluence,

- altitude de la rive droite 41,355,
- altitude de la rive gauche 36,36,
- altitude du trait repère du niveau de la Sarthe - novembre 1930 , 37,505

le pont de la Suze ( route D.11 ) est à 105,8 ;

- altitude du trait repère du niveau de la Sarthe - novembre 1930 , 37,62

La mise en service effectif du canal de Fillé-Roëze a transformé le méandre, cours majeure de la rivière Sarthe, en un « bras mort », devenant progressivement un « bras fossile ».

À la fin du XVIIIème siècle, la Sarthe apparaît navigable de Malicorne à son confluent avec la Mayenne, de celui-ci à Angers par la Maine, puis par la Loire vers Nantes et l’Océan la navigation n’offrait pas de difficultés. Elle l’était encore au XIVème siècle jusqu’au Mans.

L’Annuaire de la Sarthe pour 1841 - p. 8 , nous apprend :
« Différentes ordonnances de Philippe de Valois, depuis 1317 jusqu’en 1328, établissant des droits de 
« péage et d’entrée, tant par terre que par « eau, en charrette ou en chalan, -  constatent que la 
« ( évolution ) à cette époque du Mans à  l’embouchure ».  

navigation était en  pleine vigueur

- 1856  - navigation de la Sarthe - p. 295-297.


Page 17, de l’Annuaire de la Sarthe 1872;
Tableaux comparatif de la navigation sur la rivière Sarthe pour les années 1856 et 1871 .


Le 23 août 1852, Monsieur Ate Plon, Préfet de la Sarthe, annonce à l’assemblée du Conseil Générale de la Sarthe, réunie sous la présidence de Monsieur M. Langlais, député, que des Compagnie, sont en mesure d’établir un service régulier de bateaux à vapeur entre Angers et Le Mans, avec prolongement de la ligne jusqu’à Nantes, avec escale à Ancenis ; pour le transport de voyageurs et marchandises. - dossier de 292 pages.


























Vue en perspective du canal de «  Fillé à Roëze », avec dans le fond les portes de l’écluse de Fillé..


























Deux vues différentes du «  Canal de Fillé à Roëze », on remarque le fond en maçonnerie en forme de coque de bateau . 



























C'était.....il y a longtemps.....très longtemps, c'était avant 1940, une des rares automotrice remontant ver Le Mans, négociant son entrée dans l'écluse .





Entrée du " Canal de La Fuye" également dénommé " Canal de Fillé ". 



























Plan du tracé définitif du " Canal de Fillé " .



























De nos jours le " Canal de Fillé " en pleine eau .


La Sarthe navigable a, dans le département, un parcours de 75 km. 348 m. , une pente de 21 m. 40 c. rachetée par 24 barrages, une largeur moyenne de 60 m. au Mans, et de 80 m. à la limite du Maine-et-Loire, un tirant d’eau généralement suffisant à partir de Malicorne en descendant, mais très-restreint, et très -fréquemment de 1 m. 20 c. seulement entre Le Mans et Malicorne.



État définitif chiffré de l’état final de la construction du «  Canal de Fillé à Roëze, par la Fuie », joint au Rapport de fin de chantier .


Bilan des travaux effectués pour améliorer la navigation sur la Sarthe

Le département de la Sarthe est traversé par deux rivières navigables à savoir :

- la Sarthe sur longueur de 86,800 km.
- le Loir sur une longueur de 83 km.

En août 1892, la rivière Sarthe était classée navigable depuis le barrage d’Enfer, également dénommé Saint-Gervais au Mans, jusqu’à son embouchure avec la Mayenne, soit sur une longueur totale de 134 kilomètres.

La pente totale est de 27,99 mètres, est rachetée par 20 barrages, le passage des bateaux se fait dans des écluses d’une longueur utile minima de 33 mètres, et d’une largeur de 5,20. Le tirant d’eau est au minimum de 1,60 m.

Les barrages sont entretenus à frais communs entre l’État et les usiniers qui se servent des retenues d’eau pour produire la force motrice de leurs ateliers, de leurs usines. Les crédits d’entretien ont subi depuis 1885, une réduction progressive, à cette époque il s’élevait à 23. 135 fr., en 1892 il n’atteint que 13.656,63, qui se décompose :

- bacs…..638,83 fr.
- locations de pêche…..7.380 fr.
- francs bords…..860 fr.
- plantations…..1.255 fr.
- redevances d’usines, prises d’eau…..2.721,60 fr.
- occupations temporaires……667,92 fr.

- divers…..133,2 fr.

soit un total de 13.656,63 fr.

Le trafic total pendant l’année 1891 du Mans à l’embouchure de la Sarthe a atteint le chiffre de 62.634 tonnes, dont la moitié environ : 32.049 tonnes est constituée de matériaux de construction pierres de Sablé, ardoises d’Angers, puis pour un quart du trafic : les produits agricoles ( blé, fèves, etc….), les bois, les combustibles minéraux.

L’examen des mouvements de la navigation,

- 1890 : tonnage absolu - 55.243 tonnes ; ramené à la distance entière - 17.811 tonnes ; parcours moyen d’une tonne  - 43 km.

- 1891 : tonnage absolu - 62.634 tonnes ; ramené à la distance entière - 20.346 tonnes ; parcours moyen d’une tonne - 44 km.

Une remarque s’impose, la ligne de chemin de fer Angers - Le Mans, dessert les mêmes villes que la rivière Sarthe, ce qui a incontestablement une incidence sur le développement du trafic fluvial.

- en 1890 : le bureau d’Allonnes ( haute Sarthe ) a enregistré 7.341 tonnes ; Sablé ( moyenne Sarthe ) = 28.408 tonnes ; Cheffes ( basse Sarthe ) = 27.577 ;

- en 1891 : le bureau d’Allonnes ( haute Sarthe ) a enregistré 6.259 tonnes ; Sablé ( moyenne Sarthe ) = 32.641 ; Cheffes ( basse Sarthe ) = 31.396.

La durée du parcours d’Angers - Le Mans est de 6 jours halage par hommes ; 4 jours halage par chevaux.




Fin du 2ème volume - 175 pages -  le 10 juillet 2014 - A.G.

Table des matières


- page    2 - G U E C E L A R D
                      EST NÉ  DU FRANCHISSEMENT D’UNE PETITE RIVI7RE : LE   
                      RHONNE, PAR UN ANTIQUE CHEMIN du BRONZE MOYEN.

                   Guécélard : Pays des deux rivières…..

- page    3 -  Préface 

- page    4 - G U E C E L A R D
                       NE  SE  PRESENTE  PAS …………IL  SE  DECOUVRE !
                        Le cœur  du  territoire,

- page    9 - Notre département, est une charnière géologique ?

- page  10 - Où il est question des failles…… 

- page  11 - Nos cours d’eau , beauté du paysage.

- page  13 - Modification du cours de la Sarthe entre Spay et La Suze, 

- page  16 - Masses indépendantes, disséminées parmi les strates de sables du 
                      cénomanien moyen.

- page  16 - Les eaux souterraines, et les écosystèmes,

- page  17 - Le sous-sol de Guécélard est formé de sables du cénomanien, 1er étage   
                      du Crétacé supérieur - de 100,5 à 93,9 M.a. définit en 1847, par Alcide 
                      d’Orbigny.


1° - En premier, une grande rivière : la SARTHE.


- page  18 - Une  grande  rivière  : la  Sarthe.

- page  18 - Dans les brumes du passé…..un nom apparaît,
                      Une étymologie simple et validée !

- page  19 - La  Sarthe  domaniale  en  aval  du  Mans,

- page  22 - Fondements  historiques  de  la  navigation  sur  la  Sarthe,

- page  24 - On constate alors, l’excellente complémentarité de la voie d’eau : la 
                      Sarthe, avec la voie de terre : le Grand Chemin Mansais.

- page  26 - Le commerce de la pierre 
- page  27 - Autrefois  ,  la  navigation  sur  la  Sarthe.

- page  35 - La navigation par paquebots ? 
                   Oui, il y a eu des paquebots sur la Sarthe, qui assurait la   
                   liaison Le Mans - Nantes,

- page  41 - Traits  généraux  de  l’hydrographie  Guécélardaise

- page  43 - Bordé par la Sarthe….
                   Baigné par le Rhonne….
                   Drainé par ses affluents….Guécélard !

                   Physionomie  d’une  grande  rivière  ,  la  Sarthe;

2° - Deuxièmement, un affluent célébrant son union et sa mort à Guécélard….. 


- page  45 -  la  petite  rivière :  le  Rhonne,

- page  49 - Le  Petit  Bourray,

- page  53 - La  Gastine  du  Bas-Poslinois ou landes du Grand Bourray.

- page  61 - Le  Rhonne,  au  Vieux-Bourg  de  Guécélard.

- page  62 - Hydrologie.

- page  64 - Un  Nom….venu  des  brumes  lointaines du  Passé !

- page  69 - Le Moulin de Guécékard appelé….. 
                   Le «  Bas Mondan », ou  le Moulin de Ronneau.

- page  73 - La rivière un obstacle très ancien pour l’homme,

- page  75 - Un passage d’eau nommé dans les actes……Bel-Air.

- page  77 - Où se trouvait le  : Passage d’eau de « Bel-air » ?

- page  78 - Digues et droit d’eau à Fillé,


3° - Un passage d’eau du Cénozoïque, et un bac médiéval !


- page  81 - Point crucial d’ achoppement   dans l’union de Génelard à Fille en 
                     1792.  

                  Le « Passage d’eau de Bel-Air »……
                  …..n’est pas un  gué !

- page  82 - Entre Le Mans et Sablé……les ponts étaient encore rares en 1840, et   
                      dans tout le département également !

- page  84 - Où se trouvait le  : Passage d’eau de « Bel-air » ?

- page  87 - Le lieu-dit de Bel-Air, sa signification est dans son nom,

- page  88 - Bac et……droit de pontenage…!

- page  90 - Un passage d’eau……nécessite un bac.

- page  93 - Présentation de quelques pièces du volumineux dossier du 
                   «  Passage d’eau de Fillé-Bel Air », qui ont été la base de ce
                   texte,

- page 103 - Extrait authentique du Registre Pariossial de 1873, page 3,
                    de la commune de Fillé-Guécélard.

- page 104 - Analyse d’un fait divers parmi tannt d’autres, constaté dans l’examen   
                       des archives de la commune de Fillé-Guécélard de 1795 à 1879.

- page 106 - Déjà au Moyen Âge, le droit de passage était associé à un droit  de 
                       pêche….


4° - Un pont tardif, et un canal indispensable.


- page 108 - Du «  Passage d’eau »…..à un Pont, le pas est étroit……

- page 118 - Si les bacs étaient indispensables pour les passages d’eau,    
                    pour des rivières importantes, comme : la Sarthe,
                    le gué était un point fixe, immuable dans le paysage d’une 
                    voie franchissant une cours d’eau secondaire, comme : le 
                    Rhonne.

- page 119 - Les marchandises transportées.

- page 120 - Autrefois  ,  la  navigation  sur  la  Sarthe…..

- page 123 - Quand l’indécision prévaut, 
                    un canal qui aurait pu s’appeler : Désiré…….

- page 135 - Table des Matières.




Dépôt légal 3ème trimestre 2009
tiré sur 90 grammes, satiné

Toute reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon  sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Code de la propriété intellectuelle ( partie législative )
Première partie : La propriété littéraire et artistique
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Titre II - Droits de auteurs
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Le document initial  Gué-Seelard , a été tiré le 20 décembre 1999, et a fait l’objet d’un dépôt légal daté du 5 mai 2000, à la Préfecture de la Sarthe.
Le dépôt légal à la Bibliothèque Municipale d’Angers a été enregistré sous le n°  ANG  00-2 - 002365, le 25 mai 2000.
Conformément à la loi n° 92-546 du 20 juin 1992, une déclaration a été faite à la  Bibliothèque Nationale de France à Paris le 9 mai 2000, répertorié le 12 mai 2000 - n° 024686.


Du même auteur,

- Féodalité à Guécélard,

* seigneurie de Buffe

* seigneurie de Mondan

* seigneurie de Villette

* un chemin médieval nommé Mansais

- Histoire de Guécélard - 1er volume

* son nom a une histoire, et l’Histoire est dans son Nom !

- Histoire de Guécélard - 2ème volume

* Pays des deux rivières……,

- Histoire de Guécélard - 3ème volume

* Terre de passage, terre de tradition du passage.

- Histoire de Guécélard - 4ème volume

* son Passé commence longtemps avant que son nom n’apparaisse

- Histoire des Marais de Meuvaines - 1er volume

- Histoire des Marais de Meuvaines - 2ème  volume

* pourquoi, comment et quand ce Passé d’Asnelles, de Meuvaines et de Vers-sur-Mer.

- Cabourg……son Passé…..son Histoire

* Histoire de Cabourg - 1er volume

* Histoire de Cabourg - 2ème volume

* Histoire de Cabourg - 3ème volume

- Histoire de la Sarthe

* Les Comtes dans le comté du Maine.


- GEOLOGIE DE LA SARTHE - LE MASSIF ARMORICAIN - 1 volume

le 23 août 2015 visible : www.gbcx27.blogspot.com


* du Précambrien au Paléogène, des Alpes Mancelle au Massif de La Charnie.

En préparation,

- Périglaciaire et préhistoire dans la Sarthe-aval
























Guécélard, la Sarthe, les îles......




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