samedi 21 juin 2014

HISTOIRE de GUECELARD - 1er volume - SON NOM A UNE HISTOIRE & L'HISTOIRE EST DANS SON NOM





C'est dans ce très vieil ouvrage que l'on a découvert, et que l'on découvre toujours les signes les plus fiables sur lles origines de Guécélard - Document de la Bibliothèque Nationale de France à Paris


Document du VIII ème siècle de la Bibliothèque Nationale de France à Paris.


  HISTOIRE

   DE

  GUECELARD   

( 1er volume )



INTRODUCTION,

Au Sud de la cité du Mans, en direction d'Angers, existait depuis la nuit des temps une immense forêt qui se développait sur la rive gauche de la rivière Sarthe. Cette forêt dénommée dans des textes anciens Forêt du Mans " forest dou Man " , elle-même prolongée sur plus de 17.000 hect.  par la Forêt de Longaulnay ; traversait sur toute sa longueur par un authentique chemin antique.                                         Point précis, où depuis des millénaires.....une voie de terre franchit le cours d'eau du Rône, entre Le Mans et La Flèche

L'Histoire de Guécélard est intégralement celle de son passé. Ce passé commence hors de la mémoire humaine. C'est à dire, longtemps, très longtemps avant qu'un point fixe et permanent du paysage, celui du franchissement d'un cours d'eau ; ne devienne un site géographique incontournable....puis un lieu-dit parfaitement anonyme. 



Carte de l'évêché du Mans, XVIIème siècle - Collection privée.


Un lieu-dit habité......devenu un village !




























L'un des plus vieux plans connus du bourg de Guécélard, issu d''un plan terrier daté du 15 mars 1635 On remarquera  la grande route n'existe évidemment pas ; la voie vers Fillé est brunie ; à l'embranchement la voie de droite dessert le moulin de Mondan,, le châeau de Mondan, est recouvre la voie antique de La Suze...Sablé sur Sarthe, par la rive gauche de la Sarthe - Document de la Bibliothèque Nationale de France.




Le nom de Guécélard est incontestablement marquée par son histoire,

Son Histoire est celle de l'intégralté de son Passé;

PREAMBULE, 


A l'exception de quelques articles affublés d'une auréole plus ou moins romaine, aucun ouvrage de synthèse n'a jamais été réalisé sur notre localité. 

Il semblerait que le passé, c'est-à-dire l'Histoire de Guécélard,  celle avec un " H majuscule évidemment ", soit purement et simplement occulté, au profit d'un mythe. Pourtant la parfaite et véritable connaissance du passé permet de mieux assimiler le présent, et de préparer l'avenir. 

Certaines de nos vieilles pierres nous parlent, certains de nos sites nous racontent, et ils sont tout particulièrement bavards pour qui veut les écouter.

C'est pourquoi, nous dédions cet ouvrage de 562 pages format A4, aux Guécélardaises et au Guécélardais qui, au fil des siècles passés, ont tissé au prix de sacrifices insoupçonnés, de souffrances inénarrables l'Histoire de notre commune. C'est aussi pour cette raison que nous nous sommes attachés à retracer l'intégralité de l'Histoire de Guécélard.

Après un peu plus de vingt ans d'investigations, tout azimuts, nous avons tenté de montrer que notre commune avait une, avait son Histoire. Il s'agissait de découvrir à travers des masses de documents éparses, disparates, inexplorés des Archives départementales de la Sarthe, mais également de l'Indre-et-Loire, du Maine et Loire, du Calvados, du Loiret, de l'Ille-et-Vilaine, sans oublier celles du Rhône ( n'oublions pas que Guécélard était placé dans la troisème lyonnaise - Gallia lugdunensis ), et évidemment les Archives Nationales et la Bibliothèque Nationales de France à Paris, sans omettre le Fond des Archives anciennes de l'Ordre bénédictin.

Il en ressort, que l'Histoire de Guécélard est tout particulièrement imbriquée à toutes les époques dans l'Histoire de France, que chaque événement national jusqu'au XIXème siècle a eu un retentissement plus ou moins proportionnel au plan local.

De nombreux documents restent à découvrir, nous restons persuadés que beaucoup d'informations restent à exploiter. 

Nous nous devons de citer, et de très sincèrement remercier,

- Madame Mirouse, professeur de Paléographie médiévale à l‘Université du Maine, qui a accepté que je suive ces cours pendant deux années, 1997 et 1998, où j’ai appris à déchiffrer et à interpréter les très vieux textes, à découvrir et à aimer l’histoire médiévale,

- Madame Anne Fillon, professeur  2mérite et Monsieur Emmanuel Lecomte du CUEP de l’Université du Maine, qui m’ont éduquer pendant 100 heures, puis aider le novice que j’étais à  devenir le 23 avril 1999 - Guide-habitant,

- Monsieur l’abbé Dubois, 

- Monsieur l’abbé Moulin, 

- Monsieur Denis Herbreteau, maire de Guécélard, du 23 juin 1995 au 16 mars 2001, spécialement pour l’intérêt particulier qu’il a manifesté pour mes recherches, et son soutient,

- Monsieur Christian Poussin, Premier adjoint au maire de Guécélard, du 23/06-95 au 16/0362001

- Le conservateur de la Bibliothèque de l’Abbaye de Solesmes,

- L’Association des Amis de la Bibliothèque du Prytanée National miliaire de La Flèche,

- L’Association des Amis des Archives Historiques  du diocèse de Rennes, 

- Les Centres de documentation du Musée de l’Homme à Paris, du Musée de la Préhistoire de Saint Germain-en-Laye, du Museum Nationale d’Histoire Naturelle de Paris

- Le personnel de la salle de lecture du  « Fond Ancien » de la Médiathèque du Mans.

- L’ensemble du personnel  des Archives Nationales de Paris, des Archives Départementales du Calvados, de l’Eure, de l’Ille-et-Vilaine, de l’Indre-et-Loire, de la Loire-Atlantique, du Loiret,  Maine-et-Loire, de la Mayenne, de l’Orne, de l’Oise, de la Sarthe et du Rhône,

- Les services hydrauliques des Directions de l’Agriculture, de l’Equipement, et de la Météorologie des départements de l’Orne et de la Sarthe.

- Madame et Monsieur Paul Gleizes de Guécélard.

Pour le soutien qu’ils m’ont apporté tout au long de mes recherches.

Un travail de recherches comme celui entrepris en juin 1988, n'est à proprement parlé, jamais terminé. Ce dernier ouvrage, n'est que la résultante d'un enième remaniement. Nous nous y sommes tout spécialement attachés à valider nos assertions soit d'une référence authentifiée, soit d'un vestige archéologique dûment daté. 

Ce livre, puisqu'il s'agit réellement d'un livre de 696/709 pages en format in-8°, en fonction de la richesse des illustrations, a été par souci d'allègement subdivisé en 4 volumes d'environ 144 à 159, restant bien entendu qu'un cinquième volume est en cours. 



  Il  est  uniquement axé sur la féodalité guécélardaise : 
- le fief de Buffe - seigneurie communautaire ; le fief de Mondan - seigneurie féodale ; le fief de La Prieulerie - seigneurie monacale ; fief de Villette - seigneurie de la magistrature.


                             G U E C E L A R D


NE  SE  PRESENTE  PAS …………IL  SE  DECOUVRE !

Du printemps de la nature aux féeries rougeoyantes de l’été de la Saint-Martin, des brumes feutrées et des rosées matinales au feu du couchant, tout est possible, tout sera chaque fois différent, et n’appelle   vraiment pas à la description, mais à une dégustation chaque fois instantanée et unique.
                                                                                                       Agé











































Guécélard, vue aérienne du bourg et de l‘ex-R.N.23, en juin 2009 - 
Photo Philippe Aizier - Collection Aizair : Guécélard vu du ciel.



Guécélard aurait pu s’appeler……..,………..« Les Gués »....?

mais pour faire simple, et être précis , son nom aurait dû……..se dénommer : « Les Trois Gués ». En effet, sur des documents antérieurs au XVIème, le gué que nous connaissons bien est cité « le Grand Gué », ensuite vers les XVIIème et XVIIIème, le terme  « Vieux Gué » est employé.Il faut également prendre en considération, qu’à environ 500 mètres en amont sur le même cours d’eau existe «  le Gué de La Ronceraie », également appelé «  Gué de Buffard », très connu et utilisé par les fraudeurs à «  la Billette », et enfin le « Gué de Mondan », qui dans ses nombreux souvenirs, peut inscrire les passages de Madame de Sévigné.

























Un petit coin privilégié d’une pinède guécélardaise, l’œil ébloui de couleurs, les narines titillées par une senteur de sable tiède, assorti d’un parfum de résine, sous les éclats bleutés des aiguilles de pins, étincelantes au soleil - Document personnel.


Ou Guécélard-les-Pins, demandé par ses habitants en 1795, lors du rattachement à la commune de Fillé, ou encore Guécélard-Sainte-Marie, réclamé par la majorité des signataires de la pétition demandant l’élévation de Guécélard en commjune distincte, lors de la session du Conseil Général de la Sarthe le 1er septembre 1866.
Quoiqu’il en soit, le passé, c’est-à-dire l’Histoire de Guécélard, commence longtemps avant que le nom n’apparaisse dans un acte.


                                                                                       Agé


1° - Guécélard, d’un lieu de franchissement d’un cours d’eau à un lieu-dit habité.


Tel  un  grand  destin  figé……..,

l’Histoire  est  incrustée  dans  son  nom.


Aucune autre localité française ne  porte le même nom, ou un nom s’en rapprochant.

Pourquoi, le nom de Guécélard ?

La réponse à cette question, est dans une autre question : d’où vient le nom de Guécélard ? 

Ce nom semble apparaître pour la première fois au travers d’un document nominatif, manuscrit en bas-latin, sans datation, estimé au IXème siècle, aux Archives Nationales de Paris, «  …..vado nomino Coelhardi…. ( gué dénommé Coelhard ) », il s’agit manifestement d’un lieu-dit, d’un habitat ancien. 

Nos références : 
Veterum analectorum - t. III - les Annales de Saint Bertin - t. VII, p. 94-97 -  les Annales de l’Ordre de Saint Benoît - liv. XXXVII, n° 55-56
«  ….en 866, c’est à environ quatre lieues de la cité du Mans, que le  comte  du Maine  Geoffroy,
« orthographié  dans certains textes Gozfrid, « dans un  autre document Gauzfrid, ou encore 
« Godfridum, se serait arrêté, accompagné du corps  de son frère, l’infortuné Hervé, de quelques 
« hommes d’armes, à son retour victorieux de la bataille de Brissarthe, contre les Normands…... ».




Mandement comtal attribué à 7445/750, au Comte du Maine Hugue II - Document de la Bibliothèque Nationale de Frrance à Paris.





La famille de ces comtes du Maine est citée dans les Chartes de l’abbaye de Sainte Scholastique de Juvigny. C’est à la mort du comte Roricon II ( Roger ), en décembre 865, que le roi Charles II dit le Chauve plaça Gauzfrid aux responsabilités du comté du Maine, avec mission de le gouverner et  de le défendre. 

Lorsqu’en 1051, Geoffroy II dit Martel, comte d’Anjou, profitant de la mort d’Herbert II, comte du Maine, envahit et occupe Le Mans soumettant sur son passage, et à son autorité les paroisses limitrophes  au  Grand Chemin médiéval reliant Le Mans à La Flèche. 

Cette localité se situant  alors à la  limite du comté d’Anjou ; le lieu-dit du Gué de Coelhard, bien que la documentation soit d’une désespérante pauvreté « …..possède quelques feux…. »  la notion de «  feux » la maison qui fume entourée d’un champ exploité, semble déjà à cette époque se substituer à celle de «  manse ».

L’évolution chronologique du nom est particulièrement intéressante pour en suivre le développement,

- au IXème siècle - le Gué-Coelhard
- au XIIème siècle - le Gué-Seelard ou Seelhard
- au XIVème siècle - le Guecellard ( t ) - le Guessellard - 
       Gueisseillard
- au XVème siècle - le Guécellard  ( t ) - le Guesallard
- au XVIème siècle - le Gues-Ceslard 
- au XVIIème siècle - le Guesellart - le Gueceslard - le Guescelard
- au XIXème siècle - le Grand-Bourg c’est à-dire  le Vieux-Guécélard
- au XXème siècle - le Vieux-Bourg

C’est parce que voulu par la « Mère nature » que Guécélard, ou plus exactement le nom initial qui perdura pendant des centaines d’années «  le Gué de Coelhard » ; est né dans un environnement ingrat quasi-désertique. 



Son origine découle de l’union d’une adorable petite rivière et d’un chemin authentique chemin antique, à cet effet nous citerons une pensée d’Olivier de Messiaen

«  Il n’y a pas de faute de goût dans la nature »

L’existence de Guécélard est étroitement et uniquement liée à la présence de ce point de passage obligé et incontournable pour le franchissement de la petite rivière : le Rhonne. 

Le gué, représente le point fixe et permanent du paysage, il est associé au nom d’un homme :  Coelhard qui devait devenir par la loi de la phonétique : Seelhard, qui fut cité dans un  texte, ou Seelard dans plusieurs actes des XIIème et XIIIème siècles, puis de déformation en déformation : célard..

Il est indispensable de se rappeler : 

« …..pour nos ancêtres les Gaulois, le « Gué », était un lieu divin, il se classait aussitôt après le 
« chêne dans le cycle de l’initiation du  (  voyage « druidique…. ). Il donnait lieu à un acte rituel 
« l’extase par le jeûne, la  traversée d’un cours d’eau était assimilée à :  une mue de l’individu ! ».


















Carte de la Gaule romaine - Document de la Biblliothèque Nationale de France à Paris.



















Carte précisant l'implantation des différents clans du peuple Celte des Aulerques - Document de la Bibliothèque Nationale de France à Paris.


* Dans les religions gauloises, le « gué » était un  « pont sous l’eau », il était habité par la  déesse du passage - Ritona, y résidait également la déesse spécifique aux cours d’eau - Divona, la divine, cohabitation  délicate et même quelquefois particulièrement difficile qui se manifestait par des remous dans le courant. L’endroit était sacré, et constituait un «  nomans land », tout combat en ce lieu ne pouvait être que mythique.




Recueil d'actes  de 765 à 801 - 2 recto - Bibliothèque Nationale de France à Paris.


















Gros plan sur le haut  4 verso d'un acte de  attribué au roi des Francs CHILDERIC II  ( mort vers 675 - Bibliothèque Nationale de France.


Chronique de CLOTAIRE II, document inestimable pour une rétrospective fiable de cette époque opaque, qui a été incontestablement celle de la naissance d'un lieu-dit habité, en ce lieu d'un " Grand-gué", précédemment désigné sous la dénomination de " Vieil-gué " - Document de la Bibliothèque Nationale de France à Paris.

Le sol garde en mémoire,

le nom de celui qui l’a conquis….!   


Coelhard ou Seelard sont cités dans des textes aux A.D.72 et aux A.N. de Paris, ce nom  a évolué, comme nous l’avons déjà écrit, en fonction de la loi de la phonétique. Pour être précis, la forme la plus ancienne  remonte au IXème siècle elle est révélatrice : Coelhard  est tout simplement le nom du premier occupant du lieu. Uni à la racine : gué, cela a défini un lieu topographique .

L’analyse étymologique que nous avons effectué , en utilisant le glossaire de vieux haut-Allemand de E. Schwarz, nous dévoile : Coelhard, la racine est « Coel », qui se prononce :  Sail, qui signifie dans ce dialecte : compagnon, pris dans le sens noble par analogie : Chef . Le suffixe « hard » est un qualificatif signifiant : fort, robuste, puissant dans le sens de supérieur, donc de chef. Les chef francs étaient des hommes de très fortes statures, ils devenaient chef, de par leur courage au combat, de par leur habileté dans les tournois, de par leur sang froid.

COELHARD : peut signifier : chef fort.

selon le poète anglais Henry W. Longfellow,
«  Le sol garde en mémoire, le nom de celui qui l’a conquis, ceux qui ont  fait l’histoire ont  laissé 
« leurs empreintes dans le sable du temps les empreintes pourront s’effacer leur signification n’en
« sera pas pour autant balayée ».

Dans la toponymie des noms de nombreux villages et de villes en France, le nom d’homme d’origine française ou étrangères a souvent présidé à la formation initiale du nom définitif. Selon toute évidence, le tableau préliminaire réalisé avec plusieurs documents des A.D.-72, nous oblige à reconnaître que le «   chemin reliant Le Mans à Angers via La Flèche » a joué un rôle fondamental dans l’historiographie de Guécélard, pendant des siècles et des siècles. En effet, cet axe Nord-nord-est / Sud-sud-ouest qui trace une diagonale dans notre département, dénommé dans les textes anciens «  haut-Mayne »,  n’est qu’une section du chemin antique qui reliait port Corbilo ( rive droite de la Loire ) à Vieil-Rouen  ( rive gauche de la Seine ).

L’examen étymologique approfondi nous révèle que l’origine du nom de Coelhard n’est ni indo-européenne, c’est à-dire pré-celtique, ni celtique, ni latine, ni grecque, elle est germanique, selon le même glossaire de vieux-haut-Allemand à la B.N.F.de Paris. La  valeur probatoire de ce témoignage a fait l’objet d’une vérification avec la réalité de l’ histoire. Rappelons simplement, un fait historique : le destin de l’Empire Romain d’Occident fut scellé, à partir du moment où les Germains : Francs et Saxons, parvinrent à se fixer dans les interstices de la force d’inertie de l’énorme machine administrative romaine. Cette implantation sporadique, plus insidieuse va miner de l’intérieur l’édifice impérial romain. Infiltrations perfides, de petits groupuscules de quelques individus sous l’égide d’un chef qui prenait systématiquement le pouvoir par la base, c’est à-dire par le sol.

Ces éléments enracinés, dispersés, formeront de « petits îlots d’intelligences » qui faciliteront le moment venu,  la conquête Franque. Venues des sombres et hostiles forêts de Germanie, sans esprit de retour, ces « paysans-guerriers » se sont installés dans « l’agri deserti », que représentait les friches qui couvraient alors notre commune.

La tradition historique tient à qualifier d’ « invasions  barbares…. »  ces migrations diffuses de groupes humains d’agriculteurs-guerriers, plus qu’à demi-celtisés, venus des régions forestières et froides de la  rive droite du Rhin ;  s’établir dans des contrées désertes plus clémentes, lointaines, à l’ouest de ce fleuve. La Bibliothèque Nationale de France nous dévoile que des Francs étaient légalement installés avec un statut juridique dès 358 ( vraisemblablement celui de  «  fédérés - laeti » ) disséminés dans des régions de terres incultes, abandonnées par ses habitants, depuis le IVème siècle, éloignées des frontières. Les Francs ont recueilli l’héritage antique de nos Ancêtres les Gaulois, qui a été progressivement transformé par l’apport barbare et la christianisation.

Strabon, dans un passage fameux - liv. VII, 1, 2, : 
admet qu’entre les Gaulois et les Germains, il n’existe que des nuances.


Pièces en bronze d'un équipement calte -Collection privée.


La toponymie, en l’absence de traces archéologiques, constitue à coup sûr pour Guécélard le meilleur moyen d’approche pour évaluer la profondeur du peuplement germanique, les lieux-dits :

- le Bordage, 
attesté en 927 - Bord ; dérive du vieux-Français : Bore qui émane du vieux-Saxon : Bord, se prononçait Boord,  a débouché sur Borde, désignant au Moyen Age une petite maison en bois au bord d’un chemin, donnée à bail contre certaines corvées, servitudes. A évolué vers la désignation d’une petite fermette. On le trouve cité dans des actes médiévaux : bordagium. 

L’ouche, unité inférieure est désignée : osca - olca
C’est la pièce de terre voisine de l’habitation « …..concedo habitationem…Joffridi Rufi…ego 
« quoque…..do eis oscham que est juxta…… », elle confine au jardin « …..unum ortum cum olca ei 
« pertinente… », close d’une haie vive « ….oscam de la sauvagère sicut continentur infra sepe….. ».

- les Brosses, 
alt. +45, dans un acte de 1170 - Brocea , en vieux-Français : Broce, du vieux-haut-Allemand :  Bosk , désigne un terrain inculte couvert de taillis touffus - nom attesté en 1350 - Brocia. 

Buffard, 
apparition du nom vers 875, dérivé vraisemblablement de Buffe - Buff. En 1150,il a désigné une maison  en bois, permanente, plus robuste, plus solidement construite que celles des alentours, on peut supposer pour contrôler, protéger le passage du gué de cet endroit.




   - Buffe, 
attesté au IXème siècle a évolué Buffve, Buf, Buff, Bufe, la Bibliothèque Nationale de France nous apprend : découle du vieux-Saxon Budf, désignant un baraquement, un logement reposant sur une assise permanente  « briques » extraites d’une terre molle puis séchée.

- Gastine, 
mot attesté en 1225 - Gastinae  ; en vieux-Français : Gastina, dérive directement de Vast, du roman Wast, synonyme d’étendue inculte, stérile,  de lande humide ; du vieux-haut-Allemand Wost ou Vast . Les Francs affectionnaient  les « Wost ». 

- Thibault ( pont ), 
forme altérée de Thibeau, dérive du vieux-haut-Allemand : Thiebald, puis Thidbald, qui signifie - Thie ou Thio = peuple ; bald = audacieux.

La vigueur du fond rural communal de Guécélard se manifeste dans la richesse de la toponymie, qui définit d’une façon frappante et surprenante, la diversité des types de peuplement. Les Francs et les Saxons ( dénommés dans nos régions : hommes aux longs couteaux ), avaient en commun la langue : le dialecte Westique, dont dérive le vieux-haut-Allemand, selon E. Schwarz. Lucien Musset écrit : « …des colons barbares désignés « Lètes » attachés à leur terre et fixés à l’intérieur de la Gaule….. ».


                                          Deniers Francs saliens - VIème siècle.


Les sources narratives nous expliquent : Les invasions, les vagues germaniques les décèlent depuis 287-288. L’implantation germanique devient pour notre territoire un fait économique, un fait démographique, la ruralisation va modeler le visage médiéval de cette terre, de notre terre, et au premier chef le caractère social de l’endroit. À partir de 464, un fait apparaît, pour les populations gallo-romaines de notre région, les Francs sont considérés comme des protecteurs, et non comme des conquérants.

          Selon Marc Bloch,
« L’action d’une civilisation sur une autre ne se mesure pas nécessairement à la balance  
«  des nombres en  présence » .

Notre source fondamentale est un recueil de documents aux A.N. Paris : la Notitia Dignitatum de 428-430. Il faut se rappeler que l’occupation germanique avait été réglée : par l’ Édit d’Honorius vers 420-423, et il est donc  possible d’en suivre les effets dans la donation effectuée en 572 par l’évêque du Mans Domnole ; que des documents des A.D.-72 nous renseignent :

« vers 594-95, les clercs et les laïques ne possèdent plus le latin correct….Les documents, lois et
« diplômes se formulent en bas-latin ou en germanique ( vieux-haut-Allemand - Grammaire
« historique de la langue « française ) . Le Concile de Tours en 813 .…ordonne aux clercs et aux
« religieux ne se faisant plus comprendre par des fidèles de s’exprimer en roman ou en germanique ».

Il faut mémoriser le principal problème, et non des moindre pour cette époque : les nouveaux arrivants Francs, avaient conservé leur langue, et il se pose avec acuité dans les noms dont l’origine est germanique,

Christian J. Guyonvarc’h a écrit :

« La langue reste néanmoins en dépit de certaines difficultés de détails, l’indispensable, sinon 
« l’unique référence dont nous disposons pour fixer  avec précision la nationalité ».




















Authentique maison franque du Vème siècle - VIème : reconstituée en 1966 à l’occasion du  1500ème anniversaire de la victoire de Clovis sur Syagirius à Soissons ( O2 )  - Document personnel.

* De nombreux éléments d’archives, laissent supposer que le tout premier habitat construit près du Gué sur le Rhône,  soit semblable à celui-ci.


En 456-457, Guécélard se trouve positionné dans le royaume indépendant de Aegidius ou Egidius, dit comte Gilles, chef de la milice romaine ( Magister Militium », né à Lyon, après ses victoires sur les Burgondes et les Visigoths, remplacé à sa mort en 464 par le comte Paul, qui avec Childéric et ses francs venus du Mans, expulsent les Saxons de l’Anjou - liv. II, chapitre XVIII,

Aegidius ou Egidius, dit comte Gilles, chef de la milice romaine ( Magister Militium », né à Lyon, après ses victoires sur les Burgondes et les Visigoths, remplacé à sa mort en 464 par le comte Paul, qui avec Childéric et ses francs venus du Mans, expulsent les Saxons de l’Anjou - liv. II, chapitre XVIII,

HISTORIA  FRANCORUM de Grégoire de Tours - liv. II, chapitre XLII,
«…..Childéric, n’était pas le seul roi Franc, on en signale un au Mans, vers 486,  cousin de Clovis, 
« qui fut tué par celui-ci…. ».

























Carte de Cassini de 1767, situant Guéceslard sur la rive gauche d’un méandre de la rivière Sarthe, à proximité de la grande route royale n°26, reliant Paris à Paimboeuf, au centre des Landes du Bouray - Document personnel.


La France vue par Pirro Ligrio, cartographe en 1494 / 1512,


























gros plan sur le Maine à cette même époque.


















.Document de la Bibliothèque Nationale de France à Paris.


Loi en vigueur au VIème siècle

Pour ce faire une idée de l’ignorance et de la barbarie de ce siècle , mais également des suivants, il est indispensable de jeter un coup d’œil sur le code des Francs,

- si l’on blessait un homme Franc à la tête, il en coûtait 15 sols or.

- si l’on dépouillait un cadavre, on était condamné à 62 sols or.

- si l’on volait dans un lieu saint, on avait la main droite ou gauche coupée.

- l’assassinat d’un homme Franc coûtait beaucoup plus cher que celui d’un Gallo-Romain.

- le crime d’un guerrier Franc, pouvait entraîner la décapitation.
Il était possible de s’acquitter d’une calomnie, d’injures en rachetant sa peine.

- certaines violences, entraînaient la mise à mort, pratiquement sans procès.

L’or, effaçait tout, permettait tout, c’était un pouvoir absolu.
Ce ne sont que quelques exemples…..

Le Maine se retrouve dans la part de Chilpéric 1er, petit fils de Clovis, fils de Clotaire 1er et de sa dernière épouse Aregonde, reçoit en héritage la plus petite part ( le nord de la Gaule avec Soissons ), qui prend le nom de Neustrie.

Loi en vigueur au VIème siècle

Pour ce faire une idée de l’ignorance et de la barbarie de ce siècle , mais également des suivants, il est indispensable de jeter un coup d’œil sur le code des Francs,

- si l’on blessait un homme Franc à la tête, il en coûtait 15 sols or.

- si l’on dépouillait un cadavre, on était condamné à 62 sols or.

- si l’on volait dans un lieu saint, on avait la main droite ou gauche coupée.

- l’assassinat d’un homme Franc coûtait beaucoup plus cher que celui d’un Gallo-Romain.

- le crime d’un guerrier Franc, pouvait entraîner la décapitation.
Il était possible de s’acquitter d’une calomnie, d’injures en rachetant sa peine.

- certaines violences, entraînaient la mise à mort, pratiquement sans procès.

L’or, effaçait tout, permettait tout, c’était un pouvoir absolu.
Ce ne sont que quelques exemples…..

Le Maine se retrouve dans la part de Chilpéric 1er, petit fils de Clovis, fils de Clotaire 1er et de sa dernière épouse Aregonde, reçoit en héritage la plus petite part ( le nord de la Gaule avec Soissons ), qui prend le nom de Neustrie.



3 verso - haut - d'un Mandement de CHILPERIC 1er, estimé de 459 - Document de la Bibliothèque Nationale de Paris.


La Gaule vue par Caude Ptolémée, géographe grec né vers 100, mort vers 170 après J.C. 



Le Maine dans la carte de Ptolémée.....




















.Document de la Bibliothèque Nationale de France à Paris.

Tiers de sou émis par Childebert 695 et 711, trouvé à Guécélard en 1974 - Collection privée.
( grossissement 3 ½ )






La  nécropole  de  La  Martinière  témoigne


Lorsque l’Archéologie confirme, authentifie les analyses étymologiques et les textes,

Sur le terroir de la commune de Guécélard,  une petite nécropole antique a été découverte en 1954, au lieu-dit : la Croix de La Martinière, composée d’un cimetière comprenant cinq sarcophages. Une importante érosion, l’éventualité d’un pillage antérieur sont peut-être à l’origine du mauvais état des coffres. Trois catégories de tombes ressortent de l’inventaire.

























Plan de la « Petite nécropole de la Croix de la Martinière », communiqué par la Direction de l’Archéologie des Pays de Loire - Document personnel.


Bien qu’aucune étude géologique n’ait pu être entreprise à partir de l’examen d’échantillons  des matériaux composant les sarcophages, plusieurs spécialistes proposent de situer leur provenance, en précisant les carrières du Val de Loire-Touraine du IVème siècle. En l’absence d’état civil et de registres paroissiaux qui ne se généralisent qu’à partir du XVIème siècle, l’étude d’une population ancienne doit faire appel aux données fournies par le matériel osseux exhumé lors de fouilles de nécropoles.

L’examen  des documents fournis par la Direction régionale de l’Archéologie, laisse à penser qu’il s’agit d’un cimetière mérovingien : on constate une organisation - une tombe décalée par rapport aux autres plus ou moins alignées, l’orientation sud-sud-ouest / nord-nord-est, des cuves monolithiques, la présence de pierres plates ayant servies à édifier une bordure ou de dalles de recouvrement ( tombe n°1 ), suffisamment séparées les unes des autres pour qu’on puisse envisager des allées de circulation.

Le tome XIII - 1955 de GALLIA ( fouilles et monuments archéologiques en France métropolitaines ) et la Carte Archéologique de la Gaule - p.238 , rubrique 146 - AH, réalisée sous la responsabilité du professeur Michel Provost, nous apprennent qu'à Guécélard, existe des vestiges du passé.



Site d’extraction de sable cénomanien moyen à Guécélard. 
C’est dans ce site que fut découvert la nécropole - Document photo personnel.


C'est d'un site similaire, qu'en 2010 il a été extrait en 2010, deux ammonites probablement des Watinoceras de belles tailles, mais en très très mauvais état.........prouvant.....si besoin est la présence d'une mer au Crétacé ; de 93, 6 à 99,8 M.a. définit par Alcide d'Orbigny en 1847.




« En bordure de la R.N.23, près du carrefour du V.O. de  Moncé-en-Belin à Fillé, au milieu d’une 
« pinière, l’ouverture d’une carrière de sable en juin et août 1954 a fait découvrir cinq sarcophages , 
« orienté « N.N.E.-S.S.O, l’un en calcaire coquillier, les autres en «  crouas » - ( falun « aggloméré ).
« Au lieu-dit : la Croix de La Martinière - Cne de Guécélard on découvrit en juin 1954 dans une 
« carrière de sable à la Sapinière du Grand Chemin, un sarcophage  en pierre friable avec un 
« fragment de couvercle qui fut immédiatement détruit par l’inventeur. Quatre autres sarcophages 
« trapézoïdaux (  l’un en calcaire coquillier, les autres en falun ) furent fouillés en août. Disposés  en 
« rangs parallèles, la tête orientée nord / nord-est, ils contenaient des squelettes  «  usés » , un seul a 
« livré du mobilier 2 perles en terre cuite vernissée, 1 perle en verre  bleu translucide les autres étant 
« mal conservés. La présence de nombreux tombeaux mérovingiens * des VIème et VIIème avaient 
« déjà été signalés par F. Liger-1903, A. Ledru-1911, F. Lemeunier-1954 ».


























Schéma dede quatre des sarcophages mérovingiens, découverts au lieu-dit ' La Croix de la Martinière " Cne de Guécélard - Document D.R.A.C.


























Croquis joint au compte rendu" Procé verbal " de la découverte. En 1 :   perle en pâte de verre ; 2 et 3 : perles en terre cuite vernissée - Dossier de la D.R.A.C.

Au stade final, nous superposons la dispersion des références recueillies en essayant d’isoler un critère  fondamental.

En conclusion de ce chapitre : l’archéologie par la découverte de la nécropole de  la Croix de La Martinière - cadastré : section C, parcelle 155, Cne de Guécélard, valide les textes d’Archives et l’étymologie du nom, authentifiant un fait,

«  Vers le Vème siècle, un homme d’origine germanique, probablement un chef Franc, est  venu 
« s’installer dans une boucle de la petite rivière dénommée Rhonne, en un point naturel de 
« franchissement  inoccupé, en un  endroit semble-t-il désertique. Il y fit souche,  et conquit le sol   
« avoisinant, communiquant à l’endroit son  nom. L’archéologie nous  permet de penser, que ce site 
« été habité  en continu au moins jusqu’au IXème siècle, par un groupe ayant  gardé la même         « appellation ».



La présence de mérovingiens sur le territoire communal de l’actuel Guécélard est amplement confirmé. Outre le nom de « Coelhard », la petite nécropole de la « Croix de La Martinière », au moins un acte….. 

















Il n'a été possible de reproduire que le haut de ce document Mérovingien, authentifié de 601 - Document de la Bibliothèque Natinale de France à Paris.


* De nombreux éléments d’archives, laissent supposer que le tout premier habitat construit près du Gué sur le Rhône,  soit semblable à celui-ci.

* Les Mérovingiens tiennent leur nom de Mérovée, roi légendaire franc salien, père de Childéric I er et grand-père de Clovis, et constituent la première dynastie royale de France, qui régna pendant trois siècles (du milieu du Ve siècle à 751). 


* Les Francs apparaissent au début du premier millénaire dans les sources latines : dès les IIème siècle et IIIèmesiècle. les Romains avaient déjà des contacts avec les Francs, qu'ils enrôlaient comme mercenaires dans leur armée, et ce bien avant les invasions germaniques proprement dites. Francia est d'ailleurs une adaptation latine du IIIe siècle du terme Franko(n), nom que donnaient les Francs à leur domaine. "Francia" n’a alors pas une connotation politique mais plutôt géographique ou sociologique. Aux IIème siècle et IIIème siècle "Franci" désignait alors une ligue ou confédération de peuples germaniques installés sur la rive inférieure droite du Rhin ( c'est-à-dire au Nord-Est du Rhin ), au-delà des frontières de l'Empire romain. Les Francs n'étaient assujettis ni à l'Empire ni à un autre peuple, comme les Alamans, autre regroupement d'ethnies établies plus au sud sur la rive droite du Rhin ( du germanique « All- et Mann- », regroupement de « tous les hommes » ) . Ainsi "frank" ou francus signifierait "libre" (libre de la domination romaine, mais pourrait être une interprétation postérieure, un adjectif tiré du nom propre en langue germanique. La racine frank n'appartenant pas au germain primitif, l'étymologie frie-rancken ( libere vacantes ) pourrait aussi signifier libres voyageurs. On peut aussi retrouver l'origine du mot Franc dans le mot Frekkr, signifiant hardi, courageux, intrépide, vaillant en vieux norrois . Le peuple franc est avant tout un peuple de guerriers qui élisait un chef de guerre, nommé roi des Francs, qui exerçait son autorité dans son gau ou pagus ( pays ), et se plaçait librement sous son autorité pour les affaires militaires.



Comment poursuivre les investigations ?


La « romania », n’avait pas ou peu touchée notre terroir. On peut en se plaçant au début du XIIème siècle, et dans la perspective de l’héritage du Vème établir un bilan fort limité. Dans des documents dispersés, quelquefois abâtardis par l’interprétation, on trouve aux A.D.-72, un passage dans un texte « ….in terrae sit…..homines vado in coelhard…. », la terre de l’homme Franc * de Coelhard . Le cliché  du « barbare » qui apporte le désordre, la ruine et incapable de construire ; est à gommer. Il apparaît clairement que la coexistence des races, des dialectes et des genres de vie différents est évoluée après une forme d’intégration, vers une fusion.

Et si besoin est….. Voici quelques mots que le français, a emprunté à l’ancien francique, la langue des francs que nous utilisons au quotidien,


* - ban et ses dérivés (bannir, banal) < ban, territoire soumis à une autorité, interdiction, déclaration publique

* - éperon < sporo ( westique ou ancien francique, l'allemand Sporn) 

* - hêtre < haistr (ancien francique) 

* - fauteuil < faldistôl ( westique ou ancien francique,  l'allemand falten « plier » et Stuhl « chaise ») 

* - jardin < gart ou gardo (westique ancien francique, l'allemand Garten et l'anglais garden),           

* -    clôture », mais aussi « épine »… 

* - heaume < helm ( westique ou ancien francique casque, l'anglais helmet et l'allemand Helm) 

* - marais < marisk (westique ancien francique, l'anglais marsh et l'allemand Marsch (land)) 

* - marque ( de marquer ) & marche ( frontière ) < marka (westique ou ancien francique, l'anglais mark) 

* - rang < hring « anneau, cercle, assemblée militaire » ( westique ou  ancien francique, l'allemand Ring ) 

* - 
harangue < harihring littéralement « troupe, armée ( hari ) & assemblée (hring) » 

* - trêve < treuwa « contrat, convention » ( westique ou ancien francique, l'allemand Treue) 

* - haubert < halsberg littéralement « cou (hals) & protection (berg) » 

* - beffroi < bergfrid littéralement « veille, protection (berg) & paix (frid) » 

* - bleu < blao (cf. l'allemand blau).


Le francique moderne a un autre nom: le néerlandais. NL = mot moderne en néerlandais, D = mot moderne en allemand. ( liste non exhaustive )

* - abandonner ( de bannjan = bannir ) NL, D = bannen, verbannen 
* - astiquer ( de steken = pousser, utiliser un bâton pointu, relaté à stakka ) NL = poetsen (faire      - briller) mais aussi steken, D = putzen (briquer) 
* - bâtir, bastille ( de bast = écorce, écorce de bouleau en lamelle, ficelle, matériel de construction ) NL = bast ( écorce ) bouwen ( bâtir ), D = Bast (écorce) bauen (bâtir) 
* - bière (de bera) NL, D = bier 
* - blanc ( de blinken = briller ) NL = blink ( cirage ) blinken, D = blinken ( luire ) 
* - bleu (de blao ) NL = blauw, D = blau 
* - bordure ( de boord = bord ) NL = boord 
* - brun ( de bruin ) NL = bruin, D = braun 
* - chic ( de schikken = bien ranger, donc être valable ) NL = schikken, D = sc cken ( adresser qc. ) schicklich ( bienséant ) 
* - choc, choquer ( de scoc, schok = secousse ) NL = schok, D = Schock 
* - cresson ( de kresso = plante signifiant nourriture ) NL = waterkers, D = Kresse 
* - dard ( de darod = lance à jeter ) NL = (mot disparu, l'anglais Darts)) 
* - détacher, attacher, tailler, étal ( de stakka = pieu, bâton pointu ) NL = stok, D = Stock 
* - écran ( de scherm = protection ) NL = scherm, D = Schirm 
* - épieu, pieu ( de speut = pointu ) NL = spie, D = spitz 
* - épier ( de spieden ) NL = spieden, D = spähen 
* - escarmouche, escrime ( de skirmjan = défence limitée ) NL = schermen, D = schirmen 
* - étale, étalage, ( étable  de stal = construction où l'on « case » un animal ) NL = stal, D = Stall 
* - fief ( de fehu, vee = troupeau de bovins ) NL = vee 
* - fouquet ( de fulko = écureuil ) NL = eekhoorn ( de eik = chêne, donc qui mange des glands de chêne /en anglais: acorn ), D = Ecker 
* - frais ( de frisk, fris ) Nl = fris, D = frisch 
* - framboise ( de braam bes = mûre + baie ) NL = framboos ( mot réintroduit ) distôl = chaise stôl   * - pliable faldi ) NL = vouwstoel 
* - galop(er) ( de walalaupan, wel lopen = bien courir ) NL = gallopperen ( mot réintroduit ), D = galoppieren 
* - gant ( de want ) NL = want 
* - garant ( de warand, ware hand = vrai ( et en ) main ) NL, D = garant ( mot réintroduit ) 
*- garçon ( de wrakjo = diminutif de wraker = tueur, donc: petit guerrier ) NL = jongen, D = Junge(n) 
* - garde, gardien ( de warding, dérivé de wachten = attendre, observer, surveiller, se tenir prêt ) NL = wachter, D = Wächter 
* - gaspiller, gaspillage ( de wostjan, woest = rendre sauvage , sauvage ) NL = woest ( sauvage ) verspillen ( gaspiller ), D = Wurst ( sauvage ) verspielen ( gaspiller, perdre au jeu/la partie ) 
grappe ( de greip, greep, grip = prise par une main, poignée ) NL = greep ( d'une main ), tros ( de raisins ) 
* - fauteuil ( de fal )
* - gris ( de grîs, grau = brillant mais foncé ) NL = grauw, grijs, D = grau 
* - guerre ( de werra, war = confusion ) NL = oorlog (le mot war n'est qu'utilisé dans l'expression in de war = être confus), D = Wehr ( barrage, défense ) 
* - haïr ( de hatjan ) NL = haten, D = hassen 
* - hardi ( de hard = dur, solide ) NL = hard - le surnom de Charles, duc de Bourgogne, n'était pas "le téméraire" mais "le hardi" 
* - honnir ( de haunjan ) NL = honen * - jardin ( de gaarden, dérivé de wachten ( surveiller ) = ( plur. ) les parcelles gardées, entourées d'une protection ) NL = gaard, tuin, D = Garten 
* - landes ( de land= terre sableuse ) NL, D = land  ( pays ) 
* - loge(r) ( de laubja ) NL = loge ( mot disparu, mais réintroduit ) 
* - marche(r) ( de marka = frontière, marque, marquer d'un pas ) NL = merk, marcheren ( mot réintroduit ), D = marschieren (marcher )
* - marque ( de marka = signe, signe d'une délimitation, frontière ) NL = merk, D = Marke (marque)

* - marquis ( de marka = région frontalière ) NL = markgraaf ( graaf = comte ), D = Markgraf 

* - maréchal ( de marhskalk = gardien skalk des juments maren royales ) NL = maarschalk ( rang militaire ), merrie ( jument ), D = Marschall 
* - randonnée ( de rant, rand = coté ) NL = rand, trek ( le voyage ), D = Rand ( coté ) 
rang ( de hring = chaînon, anneau ) NL = rang ( mot réintroduit ), NL, D = ring (anneau, route périférique) 
* - saisir ( de sakjan = revendiquer ) ; NL = zaken ( affaires ) ; verzaken       ( renoncer ), D = Sachen ( affaires ) entsagen ( renoncer ) 
* - standard ( de stand-hard = tenir debout fermement ) NL, D = standard     ( mot réintroduit ), stand, hard ( dur ) 
* - trot(ter) ( de trotton = mouvement de haut en bas ) NL, D = trotter

Les mots réintroduits diffèrent des originaux parce que leur signification est plus spécifique et limitée. L'origine purement francique de certains mots est parfois discutée. Elle pourrait être germanique, bien que la différence n'est pas grande.

Néanmoins, le néerlandais moderne compte pas mal de mots originaux qu'on ne retrouve pas en allemand. Pour le détail : on a compté plus de 750.000 mots en néerlandais, non compris les mots apparus depuis 1920. Ainsi le néerlandais compterait plus de mots que l'anglais.

Pourtant, le nombre de mots d'origine étrangère est nettement plus limité qu'en anglais. Il est probable que les Francs avaient déjà une grande richesse de vocabulaire.

* Les Francs apparaissent au début du premier millénaire dans les sources latines : dès les IIème siècle et IIIème siècle. les Romains avaient déjà des contacts avec les Francs, qu'ils enrôlaient comme mercenaires dans leur armée, et ce bien avant les invasions germaniques proprement dites. Francia est d'ailleurs une adaptation latine du IIIe siècle du terme Franko(n), nom que donnaient les Francs à leur domaine. "Francia" n’a alors pas une connotation politique mais plutôt géographique ou sociologique.

Aux IIème siècle et IIIème siècle "Franci" désignait alors une ligue ou confédération de peuples germaniques installés sur la rive inférieure droite du Rhin ( c'est-à-dire au Nord-Est du Rhin ), au-delà des frontières de l'Empire romain.

Les Francs n'étaient assujettis ni à l'Empire ni à un autre peuple, comme les Alamans, autre regroupement d'ethnies établies plus au sud sur la rive droite du Rhin ( du germanique « All- et Mann- », regroupement de « tous les hommes » ) .

Ainsi "frank" ou francus signifierait "libre" (libre de la domination romaine, mais pourrait être une interprétation postérieure, un adjectif tiré du nom propre en langue germanique.

La racine frank n'appartenant pas au germain primitif, l'étymologie frie-rancken ( libere vacantes ) pourrait aussi signifier libres voyageurs.

On peut aussi retrouver l'origine du mot Franc dans le mot Frekkr, signifiant hardi, courageux, intrépide, vaillant en vieux norrois .

Le peuple franc est avant tout un peuple de guerriers qui élisait un chef de guerre, nommé roi des Francs, qui exerçait son autorité dans son gau ou pagus ( pays ), et se plaçait librement sous son autorité pour les affaires militaires.


Origine et originalités……

Dans une enclave, au milieu des bois…….un hameau s’éveille. 



La substitution de la culture au revêtement végétal s’est amorcée au néolithique, comme en témoigne les nombreux mégalithes disséminés dans notre proche région. L’évolution  et la progression se sont amplifiée avec les agriculteurs gaulois. C’est l’habitat gaulois qui a donné certaines caractéristiques à quelques-uns de nos lieux-dits.

Vercingetorix - 1er siècle avant notre ère ; Parisii - IIème siècle avant notre ère - Collection privée.



Pendentif Aulerque Cenomans, estimé au IVème siècle avant notre ère - Collection privée.


Les crises successives des IIIéme siècle et IVéme, qui entraînèrent inéluctablement en 476, l’effondrement de la puissance romaine, ont eu pour conséquences  la désertification de notre territoire, l’abandon du chemin. La seule voie utilisable et utilisée, devient la rivière Sarthe.

Au Haut Moyen Âge, c’est à-dire vers le V-VIème siècles, passées les exactions de ce qui fut appelé les « invasions germaniques », qui eurent raison de l’empire romain, « le Pays de Bourray », donc le territoire communal Guécélardais, n’était qu’un territoire boisé, pratiquement désertique.

Non pas notre vision actuelle des pinèdes, mais un univers de taillis vigoureux,  garnies de ronciers épais, enchevêtrés de broussailles, végétations spontanées qui  s’étaient développées sans contrainte sur les portions défrichées puis cultivées , mais abandonnées progressivement depuis les IIIème et IVème siècles ; dont les profondeurs insondables étaient imprégnées de mystères, et de frayeurs.

Cette friche « en vieux haut-Allemand - vrisch » s’étendait des abords du Gué-de-Maulny ( château royal détruit par les Anglais en 1359 ), vers le Sud-ouest pour rejoindre la célèbre Forêt de Longaulany « Longus Alnetus en 1044 », dont une partie au XIIème siècle, portait le nom de  Berzil. La dite friche était connue, dans la littérature médiévale sous l‘appellation de « forest dou Man »,  dont une partie est dénommée dans un texte  « Gastines du Bélinois ». Environnement austère au faciès désertique, au sol humide dans certains endroits. Cet environnement austère au faciès désertique, submergeait le plat pays jusqu’au pied de la Butte de Bruon - alt. +86, juxtaposée à la Butte de l’Aubépine - alt. + 82 ( I.G.N.1997 ). À l’époque elle couvrait 2882 arpents et semblait ne commencer nul part ni ne finir nul part. « Pays des horizons noirs »  écrit par le Docteur Paul Delaunay », nature typée et contrastée où selon de nombreux textes l’histoire du sol se confond avec celle des hommes.

Dans un texte du XIVème siècle aux Archives de la Sarthe, on trouve « ….pais du deser, en brieres, frous et terres servan au pasthurage seulement…. ». C’est dans cet univers insolite et sauvage, discrètement lové dans le méandre d’un cours d’eau, au cœur de ce Pays de Bourray si décrié, que s’est développé discrètement le hameau de Seelard. Tonsure, calotte chauve de la légendaire Forest dou Mans , célèbre dans de nombreux actes et textes médiévaux, que prolongeait vers le Sud-ouest sur la rive gauche de la Sarthe la prestigieuse  Forêt de Long Aulnay .

La forêt de Longaulnay, qui, se développait dit-on, sur 16000 à 17000 hectares recouvrant douze paroisses, s’était progressivement muée en landes . Là où la forêt disparaît, souvent la lande apparaît. Un arpentage effectuait en septembre-octobre 1550, l’a évalué à 3600 hectares Un plan des landes du Bourray - A.1 et A.2, nous apprend qu’elles se divisaient en deux parties principales : le Petit Bourray et le Grand Bourray. que la plus importante est la  Lande du Grand Bourray. Sa superficie était estimé à 2275 arpents.

L’arpent en usage à cette époque pour évaluer la superficie des champs, des bois, etc, était celui de cent perches carrées, la perche de vingt-cinq pieds de côté, équivalait à 65 ares 95 centiares.

Les légendes transmises par la mémoire, de bouche à oreilles ont une curieuse destinée : on les cerne sans cesse et on ne les découvre jamais dans leur contexte primitif, elles restent en suspens dans le domaine des probabilités. Or la mémoire, tout le monde en est persuadé, est très utile, mais, car il y a un mais : particulièrement infidèle, et enjolivée.
« ….c’était dans le temps jadis…..il y a longtemps….à dame oui, très  longtemps…..deux mille ans 
«  peut-être, et plus……il existait quelque part dans le coin….un pays merveilleux couvert d’une 
« opulente forêt, dont l’ondulation des frondaisons était semblable à la houle légère d’une mer de 
« verdure. Une petite rivière, répondant au nom charmant de Eau « qui court » y déroulait  son 
« scintillant ruban. Glanys, la pure, déesse aux yeux verts dans la chevelure ondoyante brillait aux 
« rayons de Belen, le roi   soleil, et scintillait aux éclats de la Lune, sœur-mère et amante de « Belen : 
« y séjournait. Des cerfs, des biches, des daims y folâtraient en toute  quiétude, de nombreux oiseaux 
« gazouillaient parmi des buissons de fleurs aux coloris chatoyants.
« Le roi Burrius, régnait sur ce pays idyllique où de très lolies jeunes filles, vertueuses, évoluaient. 
« Elles guidaient les voyageurs égarés ou errants dans le vieux chemin, faisaient franchir le « pont 
« sous l’eau », et leurs offraient des collations et le breuvage divin.
« Mais Burrius , enfreint la « Geisa * » - c’est à-dire l’interdit absolu, il fit « violence à l’une de ces 
« fées, et, immédiatement celles-ci disparurent, abandonnant irrémédiablement ce royaume, qui se 
« transforma en une contrée désolée, stérile, et désertique : un « gastes pays » - un pays de gastines, 
« et de landes.
« Le petit cours d’eau s’appela alors « Rivière qui coule », qui se « latinisa « en Rodanus ».

Conte librement inspiré d’un texte manuscrit en français roman du XIIème siècle : l’Élucidation, qui est un préambule à l’Épopée du Graal.

* Geis, au pluriel Geisa - en gaulois, signifie redoutable interdiction magique ( X. Delamare ).

* «Gast », en vieux français, et son dérivé : gastine ( gastina - vastina - gâtine ) est synonyme de lande, friche, brousse, maquis - étendue inculte dans le sens de vide solitaire, abandonnée, désertique , en vieux haut-Allemand : Vast -Vastus - La Forêt du Mans était une « Gaste Forêt ».

Bourray ou Bouray -
de nombreux actes d’Archives départementales de la Sarthe, de l‘Indre-et-Loire, du Maine-et-Loire et même du Loiret, permettent de constater que ce nom a subit de nombreuses variations au cours des siècles écoulés :


























Plan des «  Landes du Bourray » et de la situation de «  Guécélard » », « n 1767 - Document privé.


vers 1025, dans un acte ( H.577-Prieuré de Fessard ) Benregium -  au XIIIème siècle, Bourrei - selon Georges Dottin, dans son Précis - Glossaire de la Langue Gauloise, définit : Bourray émane directement de Burus, son dérivé Burrius, nom d’un homme d’origine gauloise avec le suffixe « -acus », qui a dû être sous la forme gauloise « -acos » l’évolution du suffixe : -e , -ei , -ey , dans le Nord-ouest de la France a donné vers le XIVème siècle et au XVéme -ai et -ay.

Burrius :
désigne en langue gauloise ( table de Veleia ), non un nom de lieu,  mais un nom d’une étendue de terrain

Les documents écrits de cette période sont rares, et souvent en mauvais état, leur transcription en est d’autant plus difficile qu’ils se trouvent dispersés dans différents centres d’archives départementales. Le Haut Moyen-Âge est une période de l’histoire qui est tout particulièrement nébuleuse.


Un hameau dans l’espace d’un terroir défriché, 


Un constat s’impose : la rareté des documents. C’est un signe tangible de la déficience dans le peuplement non seulement de notre terroir communal, mais également de sa bordure périphérique. Les quelques textes que nous avons trouvé antérieurs au XIIème siècle, laissent entrevoir que le modeste lieu-dit : du Gué de Coelhard, ou Seelhard, ou Saalhart, ou Ceslhard, ( en fonction de la prononciation, elle même évoluant du Xème siècle au XIVème, donc de ce que le scribe entendait, percevait ), se transforma graduellement vers la formation d’un hameau, d’un habitat groupé pour se sécuriser, essentiellement à caractère familial : la famille « la cellule maîtresse, la réserve de main-d’œuvre », pratiquement sacrée aux yeux de nos Ancêtres les gaulois, très exactement comme à ceux des Francs.


















Chaumines et enclos du hameau du Gué Coelhard : dessin librement  réalisé à la plume iet à l’encre de chine ; intégralement inspiré de textes des A.N. Paris et de l’Histoire de la France rurale du Moyen Âge à 1914 de Georges Duby - Dessin par A.G.


En recoupant de nombreux passages de textes, d’actes dispersés, nous avons acquit la conviction que le hameau du Gué Seelhard ( orthographe du XIIème siècle ), formait une enclave dans un univers végétal qui le cernait, où des bouquets d’arbres émergeait de l’ensemble ; son importance était subordonnée par la qualité de son sol.

Kierkegaard a exprimé,
On ne peut comprendre l’existence qu’en regardant en arrière….

Le paysage arrangé par l’homme tributaire de cette terre, est constitué par une juxtaposition de parcelles cultivées - là où la terre est la meilleure, que la plupart des textes Carolingiens désignent par un mot spécifique : mansus = manses. Vivant au cœur des bois, ce lointain Guécélardais, avait comme arrière-plan l’incertitude de ne jamais pouvoir améliorer sa condition, harassé parce que pauvrement équipé, obsédé par la faim : bien que moins affamé qu’au XIème siècle.

« ….la grande famine avait durée trois ans de 1030 à 1033 - Charles le  Bon, roi de France, en 1120, 
« prend des mesures dirigistes : il prescrit pour prévenir la famine que la moitié des terres mises en 
« culture seront « réservées aux pois et aux fèves ».


Canon 1 recto - abbaye de la Coulture sur la " forest dou Man" - 501-600 - Fond ancien de la Bibliothèque Nationale de Paris.


L’homme du Gué Seelhard, se rassure en vivant au sein de sa famille : plus large que le ménage au sens étroit : descendants - ascendants - frères - sœurs - etc.. , vivaient sous le même toit et participaient directement au travail de l’exploitation. Ce paysan habite une chaumine, implantée dans un enclos ceinturé d’une haie vive soigneusement entretenue, asile protégé, dont les occupants se considéraient comme les seuls : maîtres ; aux limites desquelles s’arrêtaient les servitudes. Ces clôtures qui offraient un refuge aux richesses : bétails, les très précieuses réserves de provisions, au sommeil des hommes qui les protégeaient  contre les dangers naturels et « …surnaturels… ».

Le mot Paysan et le mot Païen, ont étymologiquement une origine identique Paganus.

Les terres qui avoisinaient immédiatement les habitations et les étables étaient spécialement inestimables et fécondes ; cette présence était particulièrement fertilisante : les déchets de la famille, les allées et venues des animaux entretenaient une amélioration continu du sol. En outre, ces mêmes terres toutes porches de la demeure, pouvaient être assidûment travaillées. Le milieu naturel s’en trouvait donc profondément modifié.

Chaque enclos enfermait et protégeait les courtils ( jardins ), les vachères ( pâtures ), les clos ( terrains bêchés ), c’est à-dire des parcelles régulièrement cultivées où la glèbe n’était jamais laissée en repos et où, à l’abri, poussaient les plantes et les racines indispensables à la nourriture quotidienne : le chanvre, la treille de vigne.

On le voit, tout au fond de son « petit domaine » bien à lui, caché, préservé, l’habitant du Gué Seelhard était un peu  « roi ». Le regroupement de quelques enclos  contigus, constitua à n’en pas douter, l’embryon du hameau du Gué de Seelhard.

Au XIIème siècle, le hameau du Gué Seelhard, orthographié par certains textes de la seconde moitié du XIIème - Saalhard, se composait de quelques «  chaumines ».

La chaumine en général était de forme rectangulaire de 4 mètres sur 3, quelquefois et dans des cas bien particuliers elle pouvait atteindre 6 mètres. Construite et reposant sur des poteaux en bois, troncs d’arbres mal équarris, d’un diamètre permettant à deux hommes de les manipuler et de les placer. Des claies de branchages entrelacés, enduite d’un mélange de sable et de glaise figuraient les murs et formaient une isolation thermique appréciable.

Le soubassement parfois réalisé de pierres sèches ( roussard ) non jointes, lorsque le matériau était disponible sur place.

La couverture en chaume de provenance très diversifiée, dans notre région souvent des bottes de genêts serrés reposant sur des perches longitudinales, avec un orifice au centre protégé par un garnissage d’argile, permettant à la fumée du foyer central de s’évacuer.

Le sol en terre battue, une petite fenêtre ventilait l’espace exigu, que l’on obstruait, avec un bouchon de paille ou d’herbes séchées .

L’accès intérieur se faisait par une porte étroite, fermée par un cadre matelassé de genêts et de fougères.

Le mobilier très rudimentaire, témoignait d’un niveau de vie assez bas. L’espace environnant ce groupe d’habitations, était aménagé par les habitants, une « campagne » peuplée par une paysannerie stabilisée, enracinée. 

Cette forme ancienne et parcellaire des terres cultivées, s’est perpétuée il est possible d’en suivre l’évolution dans les plans terriers, les plans joints aux actes de donations, et de successions, palliant l’insuffisance de données écrites.

Au Moyen Âge, le pain était l’aliment de base de Aïeux, un mauvais pain noir, fabriqué avec des farines de graines différentes : de l’orge mélangé avec du seigle céréales de gros rendement. Il consommaient également de la bouillie d’avoine. L’unité de grandeur  le « manse » correspondait en principe à  l’exploitation susceptible d’assurer la substance d’un ménage.



Croyances venues……du fond  des âges,


on ne se mariait pas le mercredi - pour nos Ancêtres les Gaulois et pour les Francs, c’est un jour  « néfaste »

Ainsi  qu’au mois de Mai : des séances sabbatiques se pratiquaient pendant ce mois dans «  la Basse Judée » , tout le terroir des Buttes de Monnoyer et des mamelons de  la Chouanne.


Un regard sur……
le Prieuré Saint-Pierre-de-Parigné au Xème siècle et….. sur le hameau dénommé : Coelhard,


An  début du IXème siècle, sous le pontificat de Jonas, évêque d’Orléans,  des moines d’ l’Abbaye bénédictine de Saint-Mesmin de Micy près d’Orléans, fervents admirateurs des rudes pénitents de l’Orient des premiers siècles, fuyant le monde, quittèrent le monastère se dirigeant vers le couchant.

Émules des Pères du désert* , ces quelques religieux munis de la permission de leur Abbé, partirent vers les immenses solitudes du Maine, en quête de l’absolu dans l‘isolement *.

*( Liber Miraculorum - tome I, page 599 )


Le Prieuré Saint-Pierre-de-Parigné : un phare dans l’obscurité médievale………

Dans les hauteurs boisées et désertes de la bordure septentrionale, d’un plateau géologique séparant le bassin de la Sarthe de celui du Loir, s’étendait encore en ce Xème siècle une vaste forêt de hautes futaies s’étendant sur environ 17.000 hectares, qui se prolongeait vers le nord, jusqu’aux abords de la cité du Mans, par un vaste terroir de taillis, et de broussailles, pays humide, pays de gastines.

C’est en un lieu surplombant une vaste platitude d’une dépression, bordée par la rivière Sarthe, traversée par un cours d’eau dénommé « Rosne : eau qui court »; sur ce point surélevé que trois des moines s’arrêtèrent, et décidèrent de s’y installer. Ils construisirent trois huttes pour cellules, la terre pour lit, les fruits et les racines sauvages pour nourriture.

Dans le silence des hommes, et les bruits de la nature, priant dans le plus complet dénuement. Rivalisant dans la contemplation divine par une mutuelle émulation. Les trois autres religieux continuèrent leur route, s’enfonçant dans l’univers végétal, de la forêt qui portait le nom de Longaulany, vers un lieu qui porte de nos jours l’appellation de Saint-Jean-de-la-Motte.

Ces cénobites d’Occident unissaient ainsi, dans une juste mesure, l’ascétisme des Chrétiens de  l’Orient à la vie active du travailleur libre par une existence rustique. S’efforçant de devenir le type du religieux pionnier, qui en se sanctifiant lui-même procure à ses semblables et à ceux qui le côtoie d’ inappréciables bienfaits.

Des bâtiments en pierres progressivement s’élevèrent, et remplacèrent les cabanes, ce fut par priorité l’oratoire, appelé à devenir la chapelle, puis les cellules, des bâtiments à usage agricoles et artisanaux. Au prieuré Saint-Pierre-de -Parigné on vivait en complète autarcie *.

* ( pièces justificatives VII 41 - Les noms des bourgs et des villages fondés par les    moines de Micy )

Les friches alentours, celles au plus près du prieuré furent mises en valeur et produisirent des céréales, des légumes, des arbres fruitiers furent plantés et  constituèrent de beaux vergers. Les terres humides devinrent de gras pâturages où bovins et ovins assurés la production de lait,  de beurre, de fromages, de laine.

Nul doute que pour les habitants du petit hameau voisin, connu sous la dénomination du Gué de Coelhard, encerclés par un environnement de brousses incultes et pratiquement sauvages, attachés à leur terre, la cultivant ensemble, tout en s’efforçant de la défendre ensemble ; l’exemple de ces religieux, qui alliaient la foi à leurs connaissances de la nature, a été un  modèle à imiter, une façon de travailler ouvrant des perspectives jusqu’alors inconnues.

Ces Aïeux guécélardais d’une époque lointaine et révolue, subissant l’émulation de ces religieux venus d’ailleurs….les petits et les adultes bénéficiant de leur savoir dans de très nombreux domaines, tour à tour éducateurs, conseillers agronomiques, soigneurs des plaies physiques et morales, dispensant sans compter leurs efforts à la petite communauté rurale de ce hameau perdu au milieu de nulle part.

Une certitude apparaît systématiquement dans tous les textes concernant les relations entre le hameau de Guécélard et le Prieuré Saint-Pierre-de-Parigné des liens imperceptibles et indestructibles se créèrent et perdurèrent de générations en générations, aux travers les siècles qui allaient suivre.

Cette affirmation est évidente lorsque la soldatesque française ou étrangère transforme la platitude de notre territoire communal en champ de bataille, ou en terrain de manœuvres délirantes, saccageant maisons, église, récoltes. Nos petits paysans, leurs familles, leurs biens les plus précieux et leurs animaux, ce réfugiés alors dans l’enceinte sacrée du Prieuré, où régnait de Dieu «  la paix sacrée, que nul mécréant n’osait enfreindre ».Ils y trouvaient protection et réconfort.

Toutes les traces invisibles de ces empreintes accumulées, jouèrent un rôle prépondérant dans l’hostilité caractérisée des Guécélardais, lorsque la Convention décida unilatéralement l’union de Guécélard avec Fillé, en 1792.

Les efforts, du tout premier Maire, s’ils atténuèrent les effets du début , n’éliminèrent pas pour autant l’opposition qui devait réapparaître une décennie plus tard.

Dans un diplôme de Louis le Débonnaire, fils et successeur de Charlemagne, le XIV des Calendes de mars ( 19 février ), de l’année 836 de l’Incarnation de Notre Seigneur, dans son palais d’Aix-la-Chapelle, Durand, diacre, remplissant les fonctions de chancelier en la place de Fridugise…..*, l’empereur des Francs accordaient aux moines de Micy la libre circulation de trois bateaux sur la Loire et ses affluents dont le Loir, la Sarthe, et la Mayenne *.
Cet acte est également considéré comme certificat d’authenticité de l’antiquité de la fondation du village de Parigné, qui devenir Parigné-le-Polin. Ce diplôme fut confirmé par son fils quatrième fils Charles le Chauve dans une Charte le 13 septembre 851 *.

Ces grands bateaux d’une excellente flottabilité, d’une très grande maniabilité, étaient adaptés à la navigation en rivière. Dignes héritiers, descendants directs des « Knorr » saxons, injustement dénommés « drakkars ».

Ces bateaux étaient appelés « Drodéman ».

* ( B.N.F. manuscrit latin 12739 ; page 217 )
   ( l’appellation « port » à Guécélard date de cette époque )
   ( Gallia Christiana - Ecclesia Aurelis , tome XXIII, page 1529 )


Feuillet manuscrit  2 verso, du XIIème siècle de l’Abbaye de Saint-Mesmin-de-Micy - Bibliothèque Nationale de France à  Paris.


2° -  Guécélard, d’un hameau cerné par les bois à une paroisse,


D'un lieu-dit millénaire.......à la naissance d'un bourg, 


Il faut se rappeler que toute la partie du territoire de ce qui n'était alors en cette première moitié du XIIème siècle qu'un petit hameau dénommé Gué de Ceelard, cernait par un environnement particulièrement boisé, s'étendait sur la rive droite d'un petit cours d'eau dénommé Rhonne ( là encore l'ortographie  a énormément évoluée au cours des siècles ).  Quant à la partie  se développant sur la rive gauche du Rhonne dépendait du Prieuré Saint-Pierre-de-Parigné, dépendant lui-même de l’abbaye bénédictine de Saint-Mesmin-de-Micy près d’Orléans ( clergé régulier ), fondée vers 508 ( B.N.F. ) . Tandis que la portion se développant sur la rive droite, était sous l’autorité de l’évêché du Mans ( la Quinte du Mans clergé séculier ), dépendant de l’archevêché de Tours lui-même dans ma Troisième Lyonnaise.



La cité de Tours fut longtemps sous la dépendance de la métropole de Rouen. Elle fut érigée en métropole civile du temps de l’empereur Honorius vers le début du cinquième siècle. Certains Historiens et non des moindres, insistent sur la date de 358, se référant à la date par laquelle, la Gaule Celtique  ou Lyonnaise, fut divisée en cinq provinces : la Touraine, le Maine, l’Anjou et toute la Bretagne.

L’archevêque de Tours avait pour suffragants les évêques du Mans, d’Angers, de Rennes, de Nantes, de Cornouailles, de Vannes, de Saint-Malo, de Saint-Brieuc, de Tréguier, de Léon et de Dol.

Lyon garda la primatie jusqu’en 1312.


Une chapelle, des églises, un bourg,
De Guesselart ……… à Gué Cellard….


La question qui se pose à de nombreux habitants de Guécélard, est de savoir avec le plus de précisions possible à quel moment s’est réalisé la concentration d’habitats qui a formé le noyau proprement dit de ce que nous appelons de nos jours : le Boug de Guécélard. Vision particulière, et qui le restera encore longtemps à travers,

- L’acte des Évêques du Mans , rédigé en deux périodes : de 832 à 840 et de 857 à 863.

- Gestes d’Aldric  ( Gesta Aldrici ) de 832 à 841.

- Les Cartulaires de Saint-Calais, de Saint-Vincent, les Annales de Saint-Bertin, d’autres éléments ont été puisés dans le Capitulaire de Villis rédigé vers 779 et 813.

Les approches qui  ont été effectuées, font apparaître une timide dynamique de constructions sur la rive gauche du Rhonne vers le tout début du XIIème siècle, alternant avec des destructions. C’est ainsi qu’il est possible d’affirmer qu’il n’existe pas de continuité systématique entre le XIIème siècle et le XVIème.

Dans une période que l’on pourrait dénommer le Moyen Âge classique : le nom de village que l’on dénomme : «  bourg », qui contrairement à son étymologie germanique « burg », n’est pas un espace fortifié, à connotation militaire ; est purement symbolique.

Le village-bourg constitue dan la première partie du XIVème siècle, la cellule sociale de base, se caractéristique est l’église. Son édification dénote une fragmentation de la vie rurale, indice possible d’un semis de peuplement moins lâche ; et des difficultés de communications.

Mauvais et peu sûrs : les chemins médiévaux, qualifiés de routes, n’étaient pas pour autant déserts. Une Chronique nous dévoile : « …..dès l’heure des premiers offices matinaux au prieuré Saint-Pierre, le grand chemin voit apparaître une foule hétéroclite, une masse humaine bigarrée, errante…. ». Là où les transports sont difficiles, l’homme se déplace vers la chose plus facilement qu’il ne la fait venir à lui.

Le IVème Concile du Latran en 1215, invite les ecclésiastiques à l’évangélisation rurale, par voie de conséquence à la sédentarisation des errants.

À l’aube du XIIIème siècle, vers 1230 - Cartulaire de la Couture, se lève sur l’existence de l’Ecclésia du Gué Seelart. Un siècle s’est écoulé depuis l’accord et la régularisation du document entre les deux monastères : la chapelle est devenue église.

À cette époque, l’accent est mis sur la vie évangélique et l’adaptation aux besoins nouveaux de la pastorale. Il n’est pas encore question de paroisse : parochia dont le sens religieux est synonyme de « troupeau ».

La présence de l’édifice religieux rassure la population environnante, et nous permet après avoir compulsé de nombreux documents, de supposer l’existence très modeste d’une coagulation d’habitations à proximité.

La mise en place de cet embryon paroissial, est indissociable de l’encellulement des hommes, étroitement liée à l’essor de peuplement, à l’extension du défrichement par grignotage progressif et continu sur la friche, et surtout à la croissance économique locale.

Le point de fixation est indiscutablement : l’église - du grec Ecclesia signifiant assemblée du peuple, et son aître - le cimetière. L’Atrium, autrefois extérieur à l’espace habité par les vivants, n’accueillait pas seulement les défunts, il offrait la sécurité. On dressait des croix qui délimitaient un  sauvete ou bourg, c’est à-dire une étendue protégée par la « Paix de Dieu ».

Cet endroit, placé sous la protection de la « Paix renforcée », où toute forme de violence était strictement exclue, interdite, était jugé comme sacré, nul n’osait y dérogeait.

Sur certains vieux plans terriers de 1752, il est possible de remarquer les calvaires : de la Croix Blanche, de la Cure ( route d’Oizé ), de la Prieulerie ( actuel chemin du Dauphin ), celui du Jarrier ( angle RN.23 ). L’un des derniers a été détruit en 1973

« …en 1184.…( cruce de Jarriaco…)… crier…- croix du Jarrier ».  

lieu-dit : le Carrefour - Carroi - Quairoi,
ne signifie pas nécessairement un croisement, au Moyen-âge, les carrefours champêtres, c’est à-dire tout terrain désert où se croisent des  « sentes, des chemins creux, des passages…. », ils étaient balisaient d’un calvaire. L’endroit était suspect, il jouissait d’une réputation inquiétante…? Aux Archives départementales ont trouve dans des textes anciens le mot : Carroirs, Carrois, c’était un lieu suspect, un endroit où flottait encore vers la fin du XIXème siècle des superstitions - y résidait la fée aux serpents - Trivae.

Croyances venues du fond des temps :
«  ….dans le temps….les paroissiens se rendant à un office avant le lever  du soleil, traversaient 
« l’endroit en se  signant à trois reprises et en « pressant le pas… ».

« La nuit de Noël, est une nuit pleine de merveilles, de mystères et  d’embûches. Il semble que Satan, 
« exaspéré par l’échec que ce divin anniversaire lui remet en mémoire, éprouvait à chaque retour de 
« cette grande fête un débordement de sa haine et de sa rage contre les hommes. C’est alors qu’il 
« dispose dans les carrefours, au pied des calvaires, des trésors, et au moment de l’élévation de la 
« messe de minuit, le sol s’entrouvre et engloutit vers l’enfer les imprudents cupides… ».

- lieu-dit : la Croix Blanche
en  1199, vers 775 - Cruce tire son nom d’une croix érigée par les moines du prieuré Saint-Pierre de Parigné, pour christianiser l’endroit, où un chêne était l’objet d’un culte païen.

En 789, Charlemagne sévit contre les insensés qui pratiquent des superstitions. En 567, Concile de Tours - en 568, Concile de Nantes.

C’était également un  important lieu de convivialité villageoise, où les habitants se réunissaient comme dans un forum.

Selon le Sydonal de l’Ouest, composé entre 1216 et 1219, sur les injonctions de l’évêque d’Angers, Guillaume de Beaumont et qui se diffusa de la Normandie au Poitou - XXIX :

« ….les prêtres doivent interdire sous peine d’excommunication qu’on mène la danse dans les 
« cimetières et dans l’église, et avertir même qu’on s’en dispense ailleurs, car comme le dit Saint-
« Augustin : mieux vaut encore les jours de fêtes, bêcher et labourer, que danser ».

« La farandole  était considérée comme une danse ».

La gravité du péché ? - le droit Canon dans sa rigueur en détermine l’importance :

« si quelqu’un a exécuté des danses ou des farandoles en ce Saint lieu, et qu’après avoir promis de 
« s’amender, il devra faire pénitence pendant trois ans ».

L’édifice religieux était véritablement le centre de la communauté, le pool d’attraction : dans la monotonie quotidienne, comme dans les jours d’allégresse et de réjouissances. Vers 1200, Jean de Gardanne, rappelait que la cloche sonnait les heures, rythmait les tâches, les événements heureux et malheureux des habitants.

Dans l’église, seule construction solide et protégée, lors d’un danger on s’y réfugiait avec ses animaux, ses sacs et ses coffres. Des réserves de nourritures y séjournaient en permanence. Strictement délimité, le cimetière était un lieu de sauvegarde vers quoi les paysans des écarts voisins et du hameau de Seelard, confluaient pour échapper aux agressions.


Particularités  de l’acte de naissance de Guécélard !


L’acte de naissance de Guécélard est un parchemin manuscrit en bas-latin, confirmé par Guy d’Étampes, évêque du Mans, malheureusement sans date, le sceau perdu.

L’analyse de ce document nécessite une transposition pour se replacer dans le contexte de ce temps. Les moines de l’abbaye bénédictine de La Couture, par un effort patient et méthodique, veulent reconstituer leur temporel très fortement entamé, au cours des siècles troublés ( les raids destructeurs  occasionnés par les Normands-Vickings ), qui ont précédé. Ils concluent un accord avec les moines du Prieuré Saint-Pierre de Parigné, dépendant de l’abbaye bénédictine de Saint-Mesmin de Micy près d’Orléans.

Abbaye bénédictine de Saint-Mesmin de Micy
fondation en 501
« Euspicius et son neveu fondent au tout début du VIème siècle à Micacé - Sanctus Maximus 
« Miciacensis, à deux lieues d’Orléans, une abbaye qui rapidement devient une véritable pépinière de 
« missionnaire et d’éducateurs. En quelques années, le monastère de Micy, rayonne, amenant un 
« nombre croissant de disciples à se joindre à la tâche initiale de son fondateur.
« Les moines s’isolent dans des lieux déserts comme Parigné-le-Poslin, créent des prieurés, 
« défrichent, drainent, remblaient, assainissent, « améliorent, cultivent, convertissent, soignent, 
« éduquent les populations rurales avoisinantes »   .
( Gallia Christiana  - t.VIII ),

« Accord entre Foulques, abbé du monastère de la Couture, et les religieux  de ( Sancti-Maximini 
« Aurelianensis….) Saint Mesmin d’Orléans, au sujet  de ( édificatione cusdam capelle, comcimiteio 
« et burgo…) de la  construction d’une chapelle et de l‘établissement d‘un cimetière et d‘un  
« bourg…… ».

contrairement à la coutume de ce temps, le scribe religieux n’a pas utilisé la formule ….aedificare burgum…. ( édification d’un bourg ), ce qui laisse supposer que l’établissement du dit  bourg, est reporté,  fixé à une date ultérieure, la priorité semblant être la prise de possession du terroir par l’élévation d’une chapelle,

« …..dans un lieu dépendant ( de parrochia Sancti-Petri-Parinniaco….) de la paroisse de Saint-
« Pierre-de-Parigné….. »

ce lieu se situe incontestablement sur la rive gauche du cours d’eau le Rhonne,

« ….Les religieux de Saint-Mesmin, après avoir pris l‘avis de leur Abbé et « du chapitre de leur abbaye, conviennent avec les religieux de la « Couture…… ».

ce qui atteste d’un arrangement amiable, entre les deux monastères d’un même ordre,

«….( in spacio duorum arpennorum….) que le cimetière dont il s’agit aura « deux arpents d’étendue, qu’il sera consacré… »

Un plan du Prieuré de Saint-Pierre de Parigné, joint à une liasse de documents épars des XIème au XIVème siècles, nous dévoile un bâtiment assez important comprenant un logis d’habitation avec cellules et réfectoire, en prolongement un pressoir, adossé à un vaste jardin au « midy », entouré sur deux côté par « le champ de la Coudraye » appartenant au prieuré, en retour d’équerre au précédent un autre corps de bâtiments à usage de granges, d’étables, bordé à l’orient, au septentrion et au couchant par de grands jardins, jouxtant un cimetière. Un croquis détaché  nous décrit  deux clos « de vignes de Moondan » et de l’existence d’un pressoir à proximité d’un lieu dénommé « le Carrefour », dont les noms de chemins sont raturés, illisibles, où les noms seuls de « …Bouréet  Ancien… » apparaissent clairement.


Cyrographe original en bas-latin, sans date, scellé sur simple queue de parchemin,  sceau perdu ( Parchemin - « sans scellé » :  H.2, n.1  ) de 0,63 x 0,48 ). 
À cette époque l’unité de superficie pour la vigne était le : Carreau.


Il semblerait, selon toute probabilité que vers 1075, le prieuré Saint Pierre de Parigné-le-Pôslin soit suffisamment pourvu de terres en plein rapport dans la réserve ( aux abords immédiats des bâtiments ), pour n’avoir nul besoin de créer des champs nouveaux au dépens des friches.

Un acte des Archives Nationales, désigne en « 1106, Poolinus et Sevinus filius Poollini….( Pôlin et son fils ), comme possesseur des terres de Parigné « …..villam vero Patriliaco quae est secus…… », et d’Yvré.

Dans un autre, de la même source,

« 1146, Poolinus de Yvreo……
« Pôlin d’Yvré est cité comme témoin dans un acte confirmé par  Guillaume, évêque du  Mans, pour 
« la possession de biens aux moines de « Château l’Hermitage…(  énumération d’une longue  liste ) ».

Vers la moitié du XIIème siècle, la population de notre région apparaît christianisée, mais sous la mince couche de vernis de la religion, se trouvait un niveau spirituel bien plus puissant, proche du paganisme, et du magique. Au VIème siècle, le culte de Mithra-Soleil : le Mithraïsme faillit l’emporter sur le Christianisme, longtemps  des séquelles subsistèrent.  Au plus profond  des campagnes, des croyances devenues des superstitions tenaces se sont transmises de générations en générations, à travers les siècles.


























* Acte paléographié et analysé, puis retranscrit - Document privé..


Les hommes du prieuré Saint Pierre de Parigné, par leur savoir, leur action sociale et économique ont été des phares qui éclairèrent la nuit médiévale de nos Aïeux Guécélardais.

Les religieux des deux abbayes définissent clairement les obligations des futurs habitants du « bourg », que nous appellerons neuf - nouveau.
si « quelqu’un a exécuté des danses ou des farandoles en ce Saint lieu, et qu’après avoir promis 
« de s’amender, il devra faire pénitence pendant trois ans ». L’édifice religieux était véritablement le centre de la communauté, le pool d’attraction : dans la monotonie quotidienne, comme dans les jours

d’allégresse et de réjouissances. Vers 1200, Jean de Gardanne, rappelait que la cloche sonnait les heures, rythmait les tâches, les événements heureux et malheureux des habitants.

Dans l’église, seule construction solide et protégée, lors d’un danger on s’y réfugiait avec ses animaux, ses sacs et ses coffres. Des réserves de nourritures y séjournaient en permanence. Strictement délimité, le cimetière était un lieu de sauvegarde vers quoi les paysans des écarts voisins et du hameau de Seelard, confluaient pour échapper aux agressions.

« ….et un hébergement o ses appartenances, qui sont sises, partie en la «paroisse du Gué-Séelard et 
« partie en la paroisse de Fillié, ou fié monsieur Hugues Sorel *, chevalier, et ce que le dit Juliain 
« avoit ou pouvoit avoir ès paroisses dessus dites, pour le pris de VII sols mançois - t ( sic ) de 
« l’annuel et perpétuel rente, lesquels deniers le dit Regnaud sont tenuz  rendre au jour de Toussains, 
« etc…. Et doivent rendre les devoirs deuz au seigneur du fié…. ».

La paléographie de ce document manuscrit nous révèle : l’existence d’une paroisse de Guécélard, vraisemblablement délimitée et séparée de celle de Fillé  par le Rhonne ; que le fief de Mondan était « à cheval » sur les deux paroisses, que ces terres étaient pour partie la propriété de l’abbaye de Beaulieu près du Mans.

* Ce fief, c’est à-dire : la seigneurie de Mondan était encore aux mains de la même famille en 1323, quand, en cette dernière année, Hugues Sorel fit son testament. On peut le lire dans l’analyse de Billard  : Analyse des documents historiques - t.II, p.113, n°1014.

Les parties intactes d’un document manuscrit en très mauvais état , du fond ancien de la Châtellenie de Château du Loir à la B.N.F de Paris, nous  instruisent : il est question du « …gué de Saalard…. ». L’examen étymologique de ce nom dévoile une particularité intéressante - saal ou sal en vieux haut Allemand précise une construction plus soignée, comportant une grande pièce ; hard ou hart est  un suffixe qualitatif signifiant fort, résistant, robuste. Pris dans le sens ancien, on peut envisager : une demeure de chef, robuste, possédant une salle suffisamment grande pour tenir une assemblée.

L’église paroissiale devait impérativement : l’autel - le baptistère - le patrimoine ( c’est à-dire «  son terroir mis en valeur - le manse »,

En 816, le Concile d’Aix-la-Chapelle : « …..les moindres églises des campagnes devaient posséder au moins - ( l’équivalent de l’époque : 141 frs ).

Capitulaire de l’Église Notre-Dame de Paris - Un autre Capitulaire de 818-819 et des Annexes postérieures, précises une donation de 12 bonniers, soit près de 15 hectares.

ses ressources, ses revenus « la dîme - représentait la partie la plus importante, redevance à payer par les paroissiens sur les récoltes et  le croît du bétail - son taux variait de 7 à 9% du total ». Il était exceptionnel, lorsque la totalité était perçue, de plus elle était souvent confisquée par l’évêque.

Le Cartulaire de Château du Loir ( p.168 ), et le Cartulaire de Baulieu ( p.232 ), mentionne « …..Feodum du Gué Saalart…. », l’analyse des textes nous incite à interpréter : feodum dans le sens intégral des documents, comme une inféodation - une paroisse affiliée, rattachée, dépendante d’une autre paroisse, c’est à-dire inféodée à une église-mère : celle-ci prélevant la moitié du casuel, qui était constitué par les oblations, qui avec la dîme représentait la moitié de la Dotation Presbytérale.

Il en découle l‘existence vraisemblablement modeste d‘une coagulation d‘habitations et de dépendances, à proximité du sanctuaire..

Étaient-elles nombreuses ?

Il faut se résoudre à l’ignorer. Toute estimation numérique, même approximative, s’avère impossible.
De la même source que la précédente : l’Inventaire des titres de l’Abbaye de Baulieu - XCV,

( 1289, 14 juin ). -
« Une autre lettre de la court de l’official, donnée le mardi des octaves de  la Trinité M CC IIIIxx IX, 
« comment Hamelot Le Barbier, gendre de feu Yugues Le Barbier, et Jehanne femme du dit Hamelot, 
« fille jadis du dit deffunt, paroissiains de la Coulture, donnèrent à Dieu et au monastère de Notre-
« Dame de Beaulieu, près le Mans, en pure et perpétuel aulmoune, eulx et touz leurs biens présens et 
« futurs, en quelcunques lieux, etc., c’est assavoir une pièce de vigne contenant sept quartiers, 
« appelée Douczamye, ou féage du seigneur de Tacé, en la paroisse de Sainte-Croez, jouste les vignes 
« des religieux de Châteaux, et la moitié d’un pressouer, assis audit lieu, o ses appartenances et o 
« cinq cup., et une pièce de vigne, sise près Maupalu, et une meson sise en la paroisse de la Coulture, 
« et IX sols VI deniers tournois, sis sur la terre de la Loerie, et tout le droit, propriété,etc., qu’ils 
« avoient et pourvoint avoir ès dictes chouses et en terres, prez, vignes, mesons et boys sis en la 
« paroisse de Notre-Dame-du-Gué-Saalard, c’est assavoir en la métairie de la Rouessolerie et en 
« quatre mesons, sis en la dite paroisse, et en une vigne, contenant demy-arpent de vigne, à en 
« faire,etc…. ».

Dans cet acte de donation, le copiste qui avait d’abord écrit : de la Coulture, a barré ensuite ces mots : il est question de Guécélard. Ce texte  semble indiqué que l’église est dédiée au vocable de la Vierge Marie. La petite église édifiée dans la première moitié du XIIème siècle avait subi pendant trois siècles bien des avatars et des vicissitudes : foudre, fanatisme, inondations, guerres, est incendiée par les anglais dans la première moitié du XVème siècle ( Chroniques royales ).

L’image que nous pourrions avoir du nouveau-bourg, appelé le « Petit Guesselard » de cette époque : n’offre pas l’aspect d’un groupement de « maisons-jointives », disposées se part et d’autre du grand chemin, s’alignant le long d’une seule rue : non. Cela ressemblait selon les plans terriers consultés, à un « puzzle » désordonné d’unités agricoles comprenant des éléments rectangulaires bâtis, séparés les uns des autres par des vides : les courtils - jardins, et des annexes : appendicia - étables, remises, etc, formant des ceintures avec une multitudes de chemins d’accès. Selon d’autres croquis, nos Aïeux ne vivaient pas au coude à coude.

Un texte du cartulaire de La Couture daté de 1455, dresse un constat alarmant,

« …ecclésia du Guessellard.notre terre est toute dépouillée de nulle valeur  et inhabitée  par 
« défaut de peuple…. ».

En 1405, puis en 1410, et en 1412, notre plat pays est au cœur  des fréquents affrontements entre les troupes Françaises et celles d’Outre-Manche, les incursions de la cavalerie Anglaise sont synonymes de destructions, de désolation et de terreur. Au XIVème siècle et au XVème, notre territoire communal présentait une fois de plus le spectacle d’un terroir ruiné, dévasté, déserté : 65% de la population était partie entre 1392 et 1415 , deux importantes périodes de famines avaient précédé :  1339 à  1341 et 1343 à 1346. Le printemps 1374 est si pluvieux, les inondations si catastrophiques, qu’une Chronique écrit  :           « …..lez bleds sont gastés en terre…. ».

Dans ce pays exsangue, dont la population était fléchissante : le nombre de feux pour le hameau du Guécellard ( Vieux-Guépard ) en 1442, selon un registre paroissial est de six . En 1468, la paroisse de Fillé-Guescellard comptait 520 habitants, ce qui donnait toujours selon la même source, le chiffre approximatif de 39 adultes et 158 enfants.

Selon les Archives Diocésaines il est enregistré sur la paroisse de Guéceslard :

- en 1783 : 3 mariages ; 2 baptêmes ; 3 inhumations,
- en 1784 : 4 mariages ; 4 baptêmes ; 3 inhumations,
- en 1785 : 4 mariages ; 5 baptêmes ; 5 inhumations,

une analyse de ces chiffres nous dévoilent, que 48% des décès, sont des enfants de moins d’un  an.



























Le plus ancien " Cahier paroissial" que nous ayons trouvé, la toute première date - 16 octobre 1594 - Document de Bibliothèque Nationale de France à Paris.


Un recoupage entre la page 3, du Registre de l’État Civil de 1873-1882, de la commune de Fillé-Guécélard, et des documents des Archives Diocésaines, nous autorise à,

« - l’an mille huit cent soixante treize, ce dix-huit mars, par devant Charles Carteret, maire et 
« officier d’état-civil en la commune de Fillé-Guécélard, arrondissement du Mans, département de la 
« Sarthe, étant en la maison commune, est comparu Robin René-Désiré, âgé de trente-six ans, 
« cultivateur à la Croix du Jarrié, paroisse de Guécélard, lequel nous a déclaré qu’aujourd’hui à 
« midi, Magdeleine Bauché, âgée de vingt-cinq ans, sa femme avec lui domiciliée, est accouchée d’un 
« enfant de sexe féminin, qu’il nous a présenté et à laquelle il a déclaré donner les prénoms de 
« Juliette-Madeleine, les dites déclarations et présentation faites en présence de Piron Alexis, âgé de 
« cinquante huit ans, tonnelier, et de Cesereau Charles, âgé de vingt six ans, instituteur, dans cette 
« même paroisse…….. ».

Trois jours plus tard, c’est-à-dire le 31 mars 1873, Robin René-Désiré, effectué à nouveau à pied, les six kilomètres aller-retour qui séparait son domicile de la mairie du chef-lieu de la commune  Fillé-Guécélard, pour déclarer le décès de sa petite fille Juliette-Madeleine.

Nous avons affiné notre recherche en consultant des Almanachs locaux et des Chroniques de l‘époque, la neige tomba en telle abondance de décembre à fin février, que la circulation fut à plusieurs reprises interrompue sur la grand route, puis la pluie fit fondre toute cette neige, ce qui eu pour conséquence el renforcement des courants, et un très large débordement. La température s’abaissa jusqu’à -23° C. et la terre fut gelée jusqu’à 59 cm de profondeurs. C’est vers cette époque que deux très graves accidents se produisirent totalisant trois morts, et un cheval qu’il fallut abattre. Accidents qui se sont produits au passage d’eau de Bel-Air, rive gauche commune de Guécélard, et le bourg de Fillé, rive droite.

Utilisant toujours les mêmes sources, nous avons également trouvé page 4,

« - l’an mille huit cent soixante treize, ce vingt deux mars à sept heures du  matin, par devant nous 
« Charles Carteret, maire et officier d’état-civil en la commune de Fillé-Guécélard, arrondissement 
«  du Mans, département de la Sarthe, étant en la maison commune, est comparu Fournigault Elie, 
« âgée de vingt sept ans, sabotier, domicilié à Guécélard en cette commune, nous a déclaré 
« qu’aujourd’hui à deux heures du matin, Anne Bobet, âgée de vingt ans, sa femme, avec lui 
« domiciliée, est accouchée à son domicile en cette commune un enfant de sexe féminin qu’il nous a 
«  présenté et qu’il nous a déclaré vouloir donné le prénom de Juliette
«……… ».























Le " Grand chemin Mansais" dessine une courbe dans le " Vieux bourg de Guécélard" . La vue présentée nous dévoile la direction de Fillé, sur la gauche en bas, on devine un embranchement, celui de la route antique du Mans à Sablé sur Sarthe, via La Suze et Malicorne - Collection privée.


Requiem…….pour la forêt,


La fuite, pour ne pas dire l’exode de la majorité de  la population guécélardaise,  à l’exemple de toutes celles des campagnes du haut-Maine ; provoquée par les fréquentes et dévastatrices incursions bretonnes, puis celles des  « hommes du Nord - les Norman’s », participa incontestablement à briser l’unité des domaines carolingiens. Plus tard  au XIème siècle et au XIIème les expéditions angevines dans le Maine prirent le relais. Elles furent suivies de la Guerre dite « Cent ans » , qui dura en réalité avec les trêves, cent seize ans , de 1337 à 1453.

C’est-à-dire, que pour être précis avec notre Histoire, celle avec un (H) majuscule : que du Vème siècle au début du XVIème siècle, notre terroir guécélardais ne connu qu’une alternance de répits plus ou moins brefs.

Notre commune a été pendant environ huit cents ans dans l’un des principaux «  couloirs d’invasions » de la cité Mancelle. ; par voie terrestre, comme par voie fluviale.

Au IVème siècle, la mise en valeur de notre terre commença à être abandonnée faute de bras pour la travailler, le besoin en hommes susceptibles de combattre, dans les célèbres légions romaines qui guerroyaient un peu partout ; se faisant de plus en plus sentir. Notre territoire inéluctablement se vida d’hommes, l’environnement se désertifia, le sol fragile retourna progressivement à la friche.

Succéda alors en fonction des aléas de l’Histoire, un processus alterné de peuplement, suivit de mise en culture, et de dépeuplement de notre territoire, avec l’abandon total des terres. Notre sol, fait d’une terre n’ayant aucune consistance, acide, parce que ne possédant aucun des éléments fondamentaux indispensables, se transforma en landes

Les défrichements du XIIème et XIIIème siècles furent conjointement entrepris pat nos petits seigneurs locaux de Buffes et de Mondan, et par des paysans dont quelques noms sont imprégnés dans notre toponymie, et l’on découvre dans des actes de très vieux Cartulaires ou Obituaires comme Musard, Guyon, Martin, Grosbois…..que l’on retrouve précédés de « villanus, rusticus ».

La concession  de friches au Gué de Seelard, par l’abbaye de La Coulture se fit dans l’exemption de la dîme, l’octroi d’une superficie susceptible de nourrir un couple et ses enfants. A charge d’édifier une habitation et des bâtiments annexes.

Les religieux voulaient fixer les « errants » : les hôtes « hospites » pour qu’ils y créent leurs foyers et ry demeurent « manere ». La perspective de créer un bourg, et en arrière-plan reconstituer leur patrimoine détruit les siècles précédents.

Le défrichement de ce qui subsistait de la forêt du Mans, et des landes qui s’étaient développées, lors de la reconquête par la nature des portions cultivées, puis  abandonnées.

Le retour à l’expansion se manifeste, puis s’affirme vers 1500-1520, par la reconquête des terres marginales. Avec le repeuplement le paysage se transforme, la lande environnante prend l’aspect de chantiers « disséminés ». Des textes, décrivent  des brûlis dans les «….breuils du bas-Poslinois… », l’essarteur défonce le sol, déracine les arbustes  avec un outil de conception locale « la boelle - sorte de grosse houe, dont la forme varie au gré de l’utilisateur, puis met le feu : c’est l’écobuage, travail harassant , où toute la famille y participait - femmes et enfants. C’était un jour d’ivresse et de liesse populaire,

« Défricher la lande,
« le laboureur a une vie dure…..
« il faut battre la lande, piler la lande verte, piler la lande avec les pieds nus
« nous défrichions ce matin là le champ nouveau…..
                                                            Hersant de La Villemarque

L’étendue cultivée s’étend, l’unité de l’exploitation rurale doit-être ajustée aux forces et aux besoins de la famille. La petite tenure d’un seul tenant, protégée par une haie vive, que l’on détecte aux Archives Départementales dans l’examen des baux à cens qui portent souvent sur une parcelle unique : véritable loyer de la terre, redevance récognitive - obligatoire où deux appellations émergent,

-  bordage, désigné dans les textes : bordagium, 
-  ouche, unité inférieure révélée dans des actes : osaca,

L’ouche est la pièce de terre voisine de l’habitation : « ….concedo habitationem….Joffridi Rufi….ego quoque….do eis oscar que est juxta…. » -elle confine au jardin « ……unum ortum cum olca et pertinente…… » - close d’une haie vive « ….oscar de la sauvagère sicut continentur infra sepe…. ».

Cette petite portion de terrain est l’annexe fondamentale de la chaumine et du jardin, identifiée par le demi-arpent octroyé au paysan, pour l’inciter à s’établir dans les possessions de l’Abbaye de la Coulture. Il est vraisemblable que les seigneurs de Mondan ont joints leurs efforts à ceux des religieux pour augmenter le nombre de leurs dépendants, en un lieu qui devait s’appeler au XVIIème siècle, le Petit Gué Ceslard.

Le groupe familial vivant sous le même toit sera dénommé plus tard : feu, et servira d’assiette à l’impôt à partir du XIVème siècle. Les démographes estiment le feu dans une fourchette de 4 à 6 adultes en moyenne.

Les  coutures ,pour utiliser un vieux terme, ne donnaient des épis ni bien lourds, ni bien épais.

Un document du XIVème siècle, fait état du rendement, d’une bonne année : quatre muids de froment, par Bonnier, soit à peine deux hectolitres par hectares   ( de nos jours approximativement 50 quintaux et même plus ) . Le bétail joue un rôle de premier plan, cependant avant le XVème siècle, la combinaison  agro-storale  n’était pas assez  étroite pour que l’apport de l’engrais animal pût beaucoup compter. La glèbe conquise sur la nature, n’était qu’une conquête provisoire, parfois éphémère, en tout état de cause exigeante.

L’environnement tendait sans cesse  à reprendre ses droits. Les champs exploités sont progressivement ordonnés sur la trame des chemins par la judicieuse répartition des parcelles cultivées, des prés, les terrains abandonnés devenaient collectifs - le droit d’usage - communalis.

La  1ére réglementation sur le défrichement est l’Édit donné à Rouen en 1597, par Henri IV, révoquant le droit d’Usage accordé par François 1er .


Du   Petit-Guessellard   à   la   Paroisse,


L’examen de nombreuses pièces d’archives démontre que l’évangélisation de notre contrée sera lente et fort longue : …le Pays du Bourray étant une terre de mission… ».


Au XIIème et XIIIème siècle, l’habitat dans notre campagne des landes du Bourray, est très exceptionnellement solitaire. Les habitations apparaissent à la lumière des textes et des rares croquis qui y sont joints, assez proches les unes des autres. Au hameau du Gué-Seelard sur la rive droite du Rhonne, la règle était au regroupement familial. La famille a été, est, et restera encore longtemps la base indispensable comme unité de fixation, le « noyau- villageois », principe fondamental cher à nos ancêtres : les Gaulois.
























Tout autorise à penser qu’à  la lueur des documents consultés, qu’entre les moines du  prieuré de Parigné et les habitants du Gué-Seelard les rapports sont étroits, privilégiés, et le resteront.

Les textes anciens qui nous sont parvenus, si ils sont parfois difficiles à déchiffrer, à cause de leur mauvais état de conservation, de la pâleur de leur encre, du manque de soin du rédacteur, ils nous offrent une source d’informations exceptionnels.

Le tableau est sombre, inquiétant pour les moines de La Couture, il faut de nouveau attirer des exploitants.

Dans un acte daté du 6 mars 1507,  Jacques de Buffes rend aveu à son suzerain de Château-du-Loir, pour son four à ban au Petit-Guescellard : il est possible de penser, que ce bourg s’était repeuplé. Ce four à ban se trouvait un peu avant l’ancienne station Shell.
Un fait se manifeste, la population s’accroît, parce qu’elle est mieux nourrit.

De la sylve primitive qui couvrait notre territoire communale, il nous reste qu’un vague souvenir, transmis par la toponymie.


Les noms des lieux-dits, sont les feuillets du journal intime de  l’Histoire !


La toponymie et l’anthropologie attestent l’ancienneté et la variété du peuplement de Guécélard. L’importance de la densité rurale, ont longtemps caractérisé son paysage.

- Ecobué,
vers 1160 « Ecos », en 1492, dans un cartulaire de Saint-Mesmin associé au défrichement. Système de défrichement par le feu, et d’amendement par les cendres. En 1539, cité dans les Coutumes Générales du Maine.

La terre cultivée, désignée dans les actes « culturae - ager », dont le bourg tirait son alimentation, il la fallait proportionnelle au nombre de bouches à nourrir, donc d’une surface plus importante que de nos jours.


Sur ce plan de la D.D.A.F. dressé en 1982, on distingue une partie des nombreux lieux-dits de Guécélard - Document privé.


À cette époque l’agriculture était dévoratrice d’espace. Dans ces terroirs, le paysan pratiquait la « céréaliculture », en fonction de ses capacités techniques. Le sol faute d’amendements s’épuisait rapidement ; l’homme devait gagner en permanence sur la friche : par  brulis, et pratiquait  l’écobuage - la culture sur les cendres,

- le Bouleau,
vestige de la forêt primitive. Appelé «  Beth » chez les gaulois il est l’arbre des impatiences funéraires et tutélaires, transcendant la vie et la mort, il est en liaison avec les divinités gauloises « Sukellos », le dieu de la bonté - le protecteur des défunts, et « Ogmios », le dieu de la justice - celui qui guide. Beth est la première lettre de l’alphabet oghamique ( sacré ) gaulois.

- le Cormier,
en 1562 «  Cormier », nom usuel de cet arbre « Sorbier », arbre magique pour les gaulois, il brûle avec une grande facilité, nos Ancêtres provoquaient « le feu druidique » avec une branche de cet arbre. Il est « Luis » la deuxième lettre, la troisième étant « Nion » le Frêne.

- le Chêne- Vert,
a été beaucoup utilisé aux XIIIème et au XIVème siècles pour préciser un lieu topographique spécifique, en vieux-Français « chasne », est issu du  gaulois «  cassanos ».

- la Genettière,
nom très ancien, probablement vers le Xème siècle, endroit où poussait des genêts.
Genêt, est un nom émanant du gaulois Gennos, qui est celui d’un homme d’origine gauloise.

* Légende : Balan chez les Celtes - le genêt, avait une fille « blonde » aux cheveux d’or, son Floripar - qui signifie née de fleurs

- le Patis,
nous trouvons dans des actes vers 1119 «  Pastis », en 1239, est cité « Paisterie » désignant dans des cartulaires, pour désigner un endroit de libre pâturage, une terre non cultivée.

- la Ronceraie,
vers 1175, dans différends cartulaires «  Ronceray » et « Ronçois », semble attesté en 1286. En 1547, « Ronciers », désigne un amas de ronces volontairement entretenu d’abord au temps des Gaulois, puis à celui des Francs-Mérovingiens et même au début du Moyen Age comme protection, moyen de défense contre les dangers naturels et surnaturels.

- le Taillis,
dans un acte du XVème siècle, a longtemps désigné un petit bois non défriché gardé en réserve.

Au XVIème siècle, les bois cernaient toujours le hameau Gué Ceslard, une Charte de 1207, oppose les deux formations boisées,

- forêt : foresta ; bois : boscus
- breuil - taillis : breil ou brogiilus

En parlant des mots,
On parle aussi des choses désignées par ces mots,

En compulsant des actes des XIVème siècle et du Xvème, des noms apparaissent, répétitifs « ce sont des pionniers du défrichement » : Bigot, Blin, Grosbois, Martin, Morel, Musard, Pelouse, Robin, Soufflard…..cette liste n’est pas exhaustive, nos archives en témoignent.

- les Galopières,
nom attesté vers 1138, dès le XIIème siècle nom propre d’une personne, vraisemblablement de celui qui a le premier défriché l’endroit.

- les Martinières,
apparu vers la VIIème siècle, s’est rapidement popularisé. Comme pour le précédent, nom propre du premier possesseur de cette terre, domaine d’un homme nommé « Martin ».

- les Musardières,
nom d’origine obscur selon le C.N.R.S, est mentionné la première fois vers 1086; Tardivement, vers le XVème, est devenu le nom d’un homme « Musard », peut-être issu  d’un sobriquet désignant un « irréfléchi ».

La Lande Mortier de la Ville ( Mortié de la Vilele en 1150 et en 1195 - B.N.F. à Paris ), terroir du Petit Bourray, située entre la Butte de Monnoyer, Château Gaillard, formant une point vers Les Musardières.


























Photo de Château-Gaillard - Collection privée.


- les Soufflardières,
vers 1160, cité dans un acte « Soffler »,  a pu donner au Moyen Age «  Sofflet » pour désigner un endroit où souffle le vend. Est devenu le nom d’un homme «  Soufflard », qui semble avoir défricher  ce lieu.

l’examen de plans de 1787, 1810 et 1844, nous révèle une indication «  l’Arche de la Soufflardière ».

- la Vaugyonnière,
au XIVème siècle «  Vauguion » a désigné un bois, peut être issu du vieux-haut-Allemand « Wido », désignant un endroit boisé. Guyon est un nom d’homme que l’on a dans des textes du XVème.

Vers 1100-1200, les défricheurs qui vinrent s’installer dans les gastines du Bélinos ( landes du  Petit Bourray ), furent soumis aux décimateurs (  les terres fraîchement défrichées et nouvellement mises en valeur étaient désignées sous le terme de : novales ,  passibles  de la dîme ) des paroisses limitrophes, ainsi

- les Toucheries,
nom attesté au XIIème siècle, en 1160, est apparu dans un acte en 1080, a désigné une « tosche » - réserve de bois. En 1210, une métairie faisant alternativement partie,
-  une année de la paroisse de Moncé-en-Belin,
- l’année suivante de la paroisse de Spay, suivant le système de la « tournes »

le métayage était une autre forme d’exploitation à régime spécial,

- la Petite Métairie,
origine médiévale « médietas » qui signifie moitié. Le métayage a été supprimé en 1790.

Ce nom désigne une petite exploitation agricole dont le fermage représente la moitié des produits du sol, où le propriétaire possède la moitié du cheptel vif, le locataire-exploitant est tenu aux subsides- aux avantages en nature ( fourniture de lait, d’ œufs, de volailles, de légumes, de bois,  1 charroi et 1 journée de travail en supplément du loyer  annuel ) - Charroi = 1 journée ( homme ) + cheval attelé + voiture

Il ne faut pas perdre de vue , que si la guerre et son lot inévitable de calamités incita le paysan Guécélardais à fuir, ou pour être plus précis à se réfugier en un lieu sécurisé, pour protéger sa famille, le refroidissement du climat ne fut également pas étranger à ce phénomène. En effet, des hivers tout particulièrement  rigoureux se succédèrent en :

- 1303 - 1317 - 1323 - 1326 - 1329 - 1354 - 1361 - 1364 et 1408, périodes qualifiée par les Historiens et les Scientifiques de Petit âge glaciaire. Dans la première moitié du XVème siècle, un bourgeois écrivait « …..la rivière Sarte charriait des glaçons…. ». Une Chronique de Cérans rapporte que les loups affamés déterraient les morts pour  se nourrir, et  s’attaquaient aux vivants isolés.
























Guécélard, centre de pèlerinages……depuis le XIème siècle, Nonimoë, et Saint-Maclow,

Le Haut Moyen-Âge est une période de l’histoire qui est tout particulièrement nébuleuse.
                                
La mort du fils de Charlemagne, Louis 1er dit le Pieux ou le Débonnaire, entraîna pour notre terroir qui se trouvait traversé par la voie principale qui reliait l’Anjou au Maine, mais également et surtout Paris à l’Océan  Atlantique : véritable couloir d’invasions, une succession de conflits entre le roi Charles II dit le Chauve, quatrième fils de Louis 1er , et le virtuel « roi de Bretagne », Nominoë, puis son fils Érispoë et enfin Salomon dit Salaün.



                     


C’est en 844 que tout commença, après s’être emparé d’Angers, Nominoë remonte à la tête de sa célèbre cavalerie vers le Haut-Maine, il s’empare de La Flèche, puis du Mans. Pendant plus de 25 ans, Guécélard eut sporadiquement à supporter la présence bretonne, de cette époque des vestiges témoignent ( Cartulaire de Redon ).

- le Carreau,
dans un acte de 833 - Caro. Selon le cartulaire de l’abbaye  bénédictine de Redon , un moine du nom de Caroth, se trouvait dans la suite de Erispoë.


  Ancienne église de Guécélard -  Reliquaire XVème-XVIème siècle : Relique de Saint-Maclow 
  Photo Paul Gleize.


Selon des  documents ecclésiastiques des Archives de l’Indre-et-Loire et de la Sarthe, et le Cartulaire de Redon

« ……un important pèlerinage, en hommage à Saint-Maclou existait au Guesellard depuis  le Moyen 
«  Age. Chaque année, le lundi de Pâques, les  fidèles venus  de plusieurs lieues à  la ronde, toujours 
« plus nombreux à venir prier……,  et la dévotion à Saint-Maclow s’est  perpétuée au Guescelerd 
« jusqu’en 1790.….. ».

Saint-Maclou ou Saint-Maclow, était un saint très vénéré par les bretons, et tout particulièrement par Nominoë, qui emportait avec lui dans ses expéditions une effigie de ce saint homme, puis par son fils Erispoë. En 857, Erispoë est assassiné par son cousin Salaün / Salomon.


L’église du Guésselard  au XIIIème siècle,  selon  un plan du bourg de Guécélard et du Chemin Mansais - A.N. de Paris  - Document personnel.


La deuxième église du Gué-Ceslard……       


La création de la paroisse de Guécélard vers la seconde moitié du XVIème siècle devient concomitante à l’accroissement de la population, son évolution est restituée dans le Selon des  documents ecclésiastiques des Archives de l’Indre-et-Loire et de la Sarthe, et le « Cartulaire de Redon », l’expansion du « Petit-Guécélard », dans le sens du terme au  XVIIIème siècle.

Il ne s’agit pas encore d’un village proprement dit, mais d’un resserrement de la communauté d’habitations s’agrippant au sol vierge, et devant conduire progressivement à une cristallisation d’un habitat jointif. Des documents citent de petites unités agricoles au Châtaigner, le Cormier, le Jarrier, les Grandes Maisons, le Jarrier.

Cette paroisse est le lieu de la christianisation en profondeur et contribue largement à développer le modèle de la famille étroite, de type nucléaire. Les landes, les terrains incultes ne faisaient partie d’aucune paroisse, mais lorsqu’ils étaient défrichés, mis en cultures, que des habitations s’y édifiaient,  ils étaient dénommés : novales ; et cette indifférence se transformait en une sollicitude appuyée, des décimateurs des paroisses limitrophes.

Il était alors signifié aux paysans dans qu’elle église ils auraient à s’adresser pour les recevoir les sacrements.

Novale : terrains nouvellement défrichés et mis  en culture et soumis à la dîme.

Lors d’un différent entre deux paroisses, l’autorité épiscopale, optait pour une solution intermédiaire, un compromis, c’est à-dire le régime : de la  tourne.  Ainsi,

La Métairie des Toucheries, faisait-elle partie une année de la paroisse de Moncé,
L’année suivante de celle de Spay.

La paroisse de Guécélard, a été le catalyseur du regroupement des paroissiens - du troupeau de chrétiens. Les cloches, en sont le symbole : baptisées, elles rythment les étapes de la vie chrétienne, et de la vie tout court de tout individu,

- le tocsin signale, alerte d’un danger, d’un sinistre,

- l’angelus intègre le déroulement de la journée tout en incitant à la prière.

L’église, subit une élévation « juridique », lorsqu’elle devient paroissiale, c’est une réalité spatiale. Elle ne détient pas seulement : l’autel, les Fonds Baptismaux ou Baptistère, l’un des fondements du statut paroissial, mais également le patrimoine. Il est indispensable, pour garantir à celle-ci son existence, que son revenu soit dissocié de celui de l’évêché, ce qui peut expliquer l’érection tardive de Guécélard, en paroisse autonome.

Vers 1508, la « ….paroisse du Gué Ceslard… », figure dans les Droits Synodaux du Doyenné de Oysseyo - Oisé sous la présentation de l’Abbaye de la Couture - « …Patroni Abbas de Cultura… .». Il en existe deux exemplaires, rédigés au début du XVIème siècle,

l’un à Paris, fonds latins de la Bibliothèque Nationale de France ( sur parchemin manuscrit ),

l’autre aux Archives de l’Église  Cathédrale du Mans.

La reconstruction d’un lieu de culte au cœur des solitudes des landes du Grand Bourray ( citées sous l’appellation Gastines du Bas-Poslinois ), dans un environnement dévasté, impose une remarque : c’est avant tout une histoire humaine, la reconquête du sol. Elle correspond à des phases de défrichements sporadiques, guidées exclusivement par la nécessité. Bien sûr, ces hommes devaient se contenter d’une soupe claire, de pain de seigle, de laitage et de fruits.

Bien sûr, ils connaissaient l’ingratitude de cette terre, qui tout ensemble soumise au soleil et au vent, au caprice de l’humidité spongieuse, à la végétation hirsute et spontanée qui assaille les petits bordages isolés….pourtant, jamais ils n’ont hésité à contraindre cette nature à quelques concessions.

Quelle énergie, il a fallu à ces hommes pour extraire la pierre là où ils la trouvaient , la tailler et la transporter…..ils l’ont pensé, ils l’ont réalisé, l’église a été érigée, immergée dans un univers végétal, inquiétant mais pas hostile. Elle représentait sans aucun doute un repère, un signal, un abri, voir un refuge pour qui circulait esseulé, égaré sur le grand chemin qui conduisait du Mans à Angers, ou de Paris à Nantes via La Flèche.

On découvre , en regroupant les informations dispersées, que la construction de cet édifice religieux s’est effectuée en une seule campagne, en un seul chantier. Pour des raisons d’économies essentiellement, on a privilégié la solidité.

L’architecture s’inspirait de la rusticité du site, et de la sobriété du roman. La conception apparaît simple : une nef massive, rectangulaire, un chœur plus bas, plus étroit, une poutre de gloire séparative barrée la voûte intérieure. A la séparation des deux, au décrochement des toitures, s’élevait un clocheton effilé, couvrant le support  de l’unique cloche apparente. Un seule porte sur la façade surmontée d’un gâble saillant, dont la pointe s’ornait d’une croix de pierre.

Les poids des masses limitent les ouvertures  a deux par côté. Elles diffusaient à l’intérieur un clair-obscur. Le matin, et le soir devait apparaître le cheminement symbolique et esthétique de la clarté du jour « ….. de l’obscurité jusqu’à la lumière du jour…. » - A.N.Paris. Au XVIème siècle, notre église à ses fidèles, son clergé et son culte. Ses ressources : la dîme, dont la moitié est confisquée par l’autorité ecclésiastique, et les oblations presbytérales. La paroisse - parochia, dont le sens religieux, est synonyme  de troupeau, elle est la base spirituelle et sociale de la population Guécélardaise.

Un document aux Archives Diocésaines rapporte,

- ….le XXIème jour du mois de juing oud, an M CCCC L X II, pouyé à monsieur le doyen du Mans pour une visitation, cinq soulz XII deniers d’avoine pris à Gué Ceslard….

Les Archives Nationales nous apprennent : après la destruction de l’église dans la première moitié du XVème siècle, un second édifice religieux fut élevé en 1531, c’est à-dire un siècle plus tard, à proximité de l‘emplacement du précédent, sur la partie gauche en bordure du Grand Chemin du Mans à Angers, via La Flèche         ( actuellement connu sous le nom de : Chemin du Dauphin ).

Par recoupement avec des documents aux Archives de l’Évêché, nous savons qu’elle était construite en pierres de roussard, que la forte pente de la toiture impliquée une couverture en chaume de seigle, remplacée par des bardeaux en châtaigner et  vers le début du XVIIIème siècle par des tuiles. Ce qui  caractérisait le nouvel édifice, c’est son aspect massif, rustique.

La façade se  termine au-dessus du porche d’entrée par une croix en pierre, à l’autre extrémité, dans l’axe du chœur un bâti de bois supporte l’unique cloche, coiffé d’un clocheton effilé. La nef est éclairée par deux ouverture de chaque côté. À l’intérieur une «  Poutre de Gloire » était l’élément remarquable ( de nos jours seules sont visibles « …la vierge de douleur et un ange  ( attesté par l’emplacement des ailes).

Dans un document du Cartulaire de l’Abbaye de La Coulture,

« En 1532, …..la mise à disposition du curé du Guesseillard, d’une « chambre comportant un  lit et sa  literie, une simple table, un ébanc et « une escabelle, des chenets et une  marmite pendue à la crémaillère, « deux pintes et six écuelles en étain…. ».

Le Registre des Églises paroissiales et leurs fabriques, nous apprend : en 1532, l’existence d’une rente à la fabrique paroissiale de Fillé-Guécélard de 3  charges de mouture pour aumônes aux pauvres de la paroisse assise sur la métairie de Bur.

Le Répertoire Historique et Bibliographique indique en 1573, Michel Oudineau comme prêtre, curé officiant en la paroisse de Notre-Dame-du-Guesselard. L’étendue de la paroisse, le mauvais état des chemins intermédiaires, obligeaient le curé a avoir un cheval. Ce modeste prêtre vivait exactement comme les paysans, ses paroissien, il avait souvent une «....vache en gouverne…. », en pension, dont il profitait du produit.

Le Dix-septième livre du greffe des insinuations ecclésiastiques - 408 feuillets - grand in-folio,  indique la prise de possession de la cure de Guécélard en 1583,

L’étendue de la paroisse, le mauvais état des chemins intermédiaires, obligeait le curé  à avoir un cheval. Le presbytère possédait des communs en annexe. Ce modeste prêtre appartenait au bas-clergé et possédait quelquefois une ou plusieurs vaches, cochons ou chèvres. Il vivait très exactement comme les paysans , ses paroissiens qui ‘environnaient.

Le Vingt-huitième - 496 feuillets - grand in-folio, précise des provisions pour le curé Nicolas Marescot en 1652. Ainsi, nous apprenons qu’en 1625, Louis Livré, maître chirurgien demeurait à Guécélard.

À l’église, les fidèles se plaçaient pêle-mêle au hasard, s’asseyaient sur des coffres qu’ils apportaient, d’autres se tenaient debout ou même se couchaient. Avant ou après le sermon, des annonces de toutes sortes se criaient, tandis que les ventes aux enchères s’effectuaient à la porte, à l‘extérieur. Des réunions s’y tenaient libres, quelquefois très animées Le sol, en terre battue, était recouvert de paille, la tâche de changer cette paille incombait au  sacristain, cette formalité était accomplie aux fêtes de Noël, de la Chandeleur et de Pâques.

Le sol , en terre battue, était recouvert de paille, la tâche de changer cette paille incombait au  sacristain, cette formalité était accomplie aux fêtes de Noël, de la Chandeleur et de Pâques. Les femmes demeuraient encore au XVIème siècle à la porte, et à l’extérieur du sanctuaire, en raison de leur impureté. Au XIXème siècle, les femmes de nos campagnes considéraient comme incorrect de laisser voir leur chevelure, d’où l’apparition de la coiffe, variant d’un terroir à l’autre, d’une province à l’autre.

Une note manuscrite de François Hervé, prêtre-curé de Guécélard nous apprend, qu’en 1644, la fête de la Nativité de la Vierge Marie avait été célébrée avec une grande solennité et une très grande ferveur.

Selon le Registre paroissial , le 26 juillet 1673, baptême de René Gouault, qui eut pour marraine Marie Trouillard, femme de l’honneste chirurgien, de la paroisse du Gué Célard….

De la même source, Registre de 1705-1710, le 7 août 1708, mariage à Gué Cellard de l’honnête homme Marc Bellanger, notaire royal à Fillé, avec l’honorable demoiselle Louise de Jacob, fille de défunt Claude de Jacob et de dame Louise-Catherine de Brossard, de la paroisse du Grand Saint-Pierre.

























Sur ce gros plan, on remarque sur la rive droite du Rhonne ( orthographié Rône ), le Grand Bourg, que nous appelons le «  Vieux Bourg », et sur la rive gauche Gué Ceslard, signalé par un clocher, précisant la situation de l’église - Document de la B.N.F. de Paris - Photo personnelle
Apposition de scellés et inventaire au presbytère, après le décès en 1720, de Laurent Poussin, curé dudit lieu. 


« Pièce principale de la maison : une crémaillère, un landier garni de cuivre, une pale, une paire de 
« pinces, un brocq de fert, un vieux fauteuil couvert de drap vert, trois chaises enfoncés de paille, un « guéridon de bois noyer, avec un tiroir dans lequel est trouvé une écritoire de table, une table 
« ployant sans soubastement, un « dressoir à cinq planches, garni de dix volumes reliés en veau, et 
« plusieurs vieux  bouquins un rideau d’étamines vert, un bois de lit de noyer composé de ses  fonds, 
« paillasse carie, un lit de plume, un traversier, un oreiller dont les taves  sont de couette, deux 
« couvertures, l’une en laine blanche et l’autre en laine jaune, my usées, deux draps de toiles de brin « quatre rideaux, une autre oreiller,  trois portraits de familles… »

Jean Leboucq, prêtre-curé de Guéceslard de 1739 à 1754, fit construire la sacristie qui fut bénite le 20 décembre 1756 par Pierre-François Ménard, prêtre-curé de 1755 à 1766, qui fut particulièrement actif pour l’entretien et les transformations de l’église.

Sénéchaussée du Maine et Siège du Présidial du Mans

- 1757, acte de réception des réparations faites au temporel de la cure de Guéceslard.

- 1761, acte d’enquête de commodo et incommodo sur la démolition de la petite maison sise au du Petit Guéceslard et, dépendant de la cure.

- Élie Pichon, prêtre-curé de Guécélard de 1767 à 1781, fit refondre la grosse cloche de l’église, nommée Charlotte-Madeleine, par haut et puissant seigneur Charles-Éléonor, comte de Broc, lieutenant-colonel de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, et par haute et puissante dame Madeleine-Gabrielle-Renée de Menon, son épouse, seigneur et dame de Gueuserie . La bénédiction se fit le 16 septembre 1777 par le curé de Spay.

En 1790, il y avait à l’Église de Gué Ceslard une grosse cloche, selon un document aux Archives Diocésaines, et sur le collier de celle-ci on pouvait  lire :

« Je m’appelle  Charlotte--Madeleinne et j’ai été baptisé le 16 septembre  1777 »

il y avait également gravé,

« vivos voco - mortos plango - fulgura frango »
- je convoque les vivants, je pleure les morts, je brise les foudres

À cette époque, l’autorité ecclésiastique disait positivement que leur son avait la faculté :

« Procul recedat……percussio fulminum, lœsio tonitrum, calamitas  tempestatum omnisque spiritus 
« procellarum…… »

que l’on peut traduire,

«….. d’éloigner la foudre et de tous les désastres générés par la tempête…. »

Dans une chronologie manuscrite : des baptêmes - mariages - enterrements, contenue dans les 1554 feuillets épars qui composent les registres paroissiaux de 1669 à 1790, une annotation manuscrite du desservant de Guécélard, retient notre attention,

« ….vers cinq du matin, par une glaciale matinée la procession  psalmoniante menée par la bannière, 
« les tintenelles…..? Que suivent de nombreux paroissiens, quitte l’église….. la procession s‘ébranle, 
« formée de nombreux paroissiens…..».



Et si la Révolution…….m’était contée….!

Et si la Révolution…….m’était contée….!

La cloche, seule voix du passé qui restait, présente en ces temps tumultueux de la dernière décennie du XVIIIème, c’est elle que les paroissiens disséminés, isolés dans les bois des landes du Bourray entendirent ébranler l’air de ce plat pays. C’est ainsi, toujours émanant de la même source, que le Père N. Rousseau, prêtre-curé du Gué Ceslard fit sonner le tocsin aux heures graves de juillet 1789.

Extrait d’un feuillet du Registre Paroissial  de 1790,
« ….les habitants du Guescelard se sont réunis à l’église ( maison  commune ) à l’appel 
« inaccoutumée de la cloche, afin de se conformer à « l’instruction de l’Assemblée Nationale du 14 
« décembre précédent et aux  lettres patentes du roi Louis XVI qui l’a approuvée sur la formation des « nouvelles municipalités….. ».

une annotation manuscrite jointe,

« ….les citoyens du Guescellard…..rempli de religion et de vray civisme….convoqués au son de la 
« cloche….à l’issu de la grant messe, dans l’église, lieu ordinaire pour ces sortes d’assemblées….. ».

La révolution au village…..on ne peut parler de la révolution à Guécélard ! Se serait un bien grand mot dans un petit cadre, si l’on prend en considération l’importance numérique de la population de cette époque.

Néanmoins, il nous est apparu très instructif, de consulter attentivement les feuillets épars et dispersés ( documents privés et A.D.72 ) des Comptes rendus et des Registres des délibérations et arrêtés municipaux : infinitésimal reflet de la population de notre terroir en marche sur des voies nouvelles. Ils nous éclairent en nous fournissant de nombreux détails : c’est émouvant, c’est parfois cocasse, mais toujours plus touchant que risible. La lecture de ces vieux documents, pas toujours en bon état, fait ressortir un fait : ils ont été écrits par des mains appliquées, mais plus faites pour manier la gouge, la charrue ou la cognée. 

On  y sent naître, dans les premiers paragraphes une grande espérance dans les destins nouveaux de la communauté Française rénovée et surtout du « ….p’tit peuple, celui de nos campagnes, obscur, effacé, inconnu….parce qu’ignoré ! », puis, peu à peu, sous l’accumulation de petits détails précisés,  insensiblement mais souvent mal formulés : les lois, les arrêtés, les ordres et les contre-ordres, les difficultés, les commandements et les menaces mal expliqués ou pas expliqués du tout, une certaine lassitude semble poindre, progressivement un désintérêt se manifeste, frisant quelquefois une hostilité latente : « …..rien n’a changé, et ne changera jamais…. » que l’on retrouve fréquemment dans les notes de 1793 à 1798, devenant un véritable leitmotiv.

Les édiles du Guesceslard se livrèrent à une contestation d’importance écrivant au district pour se plaindre : « ……que deviendrait, Messieurs, le corps municipal, à quoi servirait le rang qu’il occupe, s’il était à 
« l’arbitraire d’un simple collecteur…. » ( document déchiré, en très mauvais  état  ). On constate dans les documents qu’il nous a été possible de compulser, des déchirures, des trous, de nombreuses tâches dont certaines d’encre, se pourrait laisser supposer des séances…..mouvementées. Un fait également apparaît : des séances de plus e plus espacées, de moins en moins suivies.

Dans un folio-municipal, une main qui semble décidée et fière a écrit,

- « Acte de délibération de touz les sitoïens qui s’enrôlent volontairement  pour voller au secour de la 
« patrie en dangée, le 3 septembre 1792, l’an quatrième de la liberté et le premier de l’égalité. Ces 
« sitoïens ne seront pas tenus de demeurer au service aucun tems fixe. La liberté une fois assurée, 
« touz ces sitoyens seront libres de rentrer chez eulx, couverts de gloire, et seront regardés comme 
« des libérateurs et les arbitres de la  liberté ».
Fait à Guessellard, le 3 septembre 1792 l’an IV de la liberté et le premier de l’égalité, suivent les signatures dans l’ordre, 
Estienne Caffin - Ambroise Prévost - deux autres franchement illisibles

une croix entourée d’un cercle, précise,

Victor Blanc

Le Registre municipal ayant été ouvert le 16 mars, pour recevoir l’enrôlement des citoyens désireux de « voller volontairement au secours de la patrie », les édiles municipaux de Guécélard eurent le regret de n’y inscrire…..constat peu édifiant :

« ……lequel registre a été ouvert pendant trois jours et à la fin desquels, ne s’étant présenté 
« personne, nous avons fait battre la caisse dans toutes rue et tous les carrefours de ladite commune 
« pour avertir que l’assemblée commencerait le lendemain à huit heures du matin pour suivre le 
« mode qui sera adopté pour compléter le contingent de quatre hommes, fixé par la direction du 
« district…… ». 

À la lueur des différentes informations que nous avons collecté sur plusieurs de ces registres, force est de constater,

- que dans la dernière décennie du XVIIIème siècle, le territoire communal était très faiblement peuplé,

- que depuis le 5 septembre 1792, les assemblées ne se tenaient plus dans l’église, mais aux abords de celle-ci,

- que les habitants n’étaient plus réunis par le son de la cloche, mais par le tambour municipal, ce qui laisse supposer que l’église n’était déjà plus un lieu de culte et subissait déjà des déprédations,

- que devant le peu d’empressement de la population, l’assemblée dite municipale décida de s’en remettre aux directives des autorités supérieures.

Utilisant toujours les mêmes sources, nous apprenons que le dernier prêtre officiant à Guécélard avant la fermeture et l‘abandon de l‘église, était un certain Pierre Fréart, ancien bénédictin défroqué, plus tard  desservant de Saint Pavace, et termina comme directeur de la poste du Mans. Il est indispensable de préciser qu’il occupait déjà ce poste avant de desservir notre commune. Les documents que nous avons examiné, signés de sa main, portaient la mention manuscrite de : vicaire épiscopal ayant prêté serment à la Constitution civile du clergé, membre du conseil épiscopal sous la présidence d’un nommé Prud’homme.


Ancienne paroisse du diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir, doyenné d’Oizé, dans les textes : Oyzaeio - Charte épiscopale du 3 octobre du 3 octobre 1230, comprenant à la fin du Moyen Âge : Laigné-en-Belin - Latiniacus ; Mayet - Magittum ; Saint-Mars d’Outillé - Austiliacus ; Vaas - Vedatium ; peut-être aussi Parigné-le-Polin - Padichas . Présentateur : l’Abbé de la Couture ; collateur l’Évêque du Mans.



L’église de Guécélard édifiée au XVIème siècle, pendant la tourmente révolutionnaire, fut pillée, dépouillée de tous ses objets servant au culte, mais également de remarquables statues en bois vernissées dont  on a tout récemment découvert dans des textes, l’existence. 



Elle fut  vendue 300 livres au marquis de Samson qui la rétrocéda pour la même somme aux paroissiens. Après 1791, démantelée pierre par pierre, elle servit de carrière de matériaux., le bulldozer dans les années 1955-60 eut raison des derniers vestiges. 



Vers la même époque le presbytère et le cimetière avaient été également cédés.



Ne subsiste de la remarquable «  poutre de gloire «  qui ornait magnifiquement la nef, deux statues en bois, visibles dans l’actuelle église de Guécélard.





Vente du mobilier de la ci-devant église de Guécélard……

.Aux Archives diocésaines, dans une liasses de 253 documents nous avons trouvé :

Le 27 prairial de l’An II, qui sauf erreur doit être le 27 juin 1794, se situant dans la période révolutionnaire de ladite «  Grande Terreur », vente aux enchères des biens subsistant en l’église du XVIème siècle, sise Ancien grand chemin d’ Angers, de nos jours le Chemin du Dauphin,

-  un voile, un devant d’autel, plusieurs chiffons, un ornement de dais, une chasuble, une étole adjugés à Morillon, citoyen de Guécélard pour 13 livres,

- un devant d’autel, une chasuble adjugés à la Veuve Papillon de Guécélard adjugés pour 1 livre  12 sous,

- une chasuble, une étole, un devant d’autel, adjugés au citoyen Pottier de Guécélard adjugés pour 4 livres 5 sous,

- deux chasubles, deux étoles, un voile adjugés au citoyen René Marchand pour 8 livres 5 sous,

- une chasuble, une étole adjugés au citoyen Bouhoux de Guécélard pour 3 livres,

- un devant d’autel adjugés au citoyen Gaupuceau de Guécélard pour 5 livres 5 sous. Ce citoyen avait déjà acheté la veille lors de la vente du mobilier de l’église de Fillé : une chasuble, une étole pour 3 livres 5 sous ; 2 bouquets et le bâton de Saint-Martin adjugés pour 18 sous 6 deniers ; une chape noire pour 25 livres,

- une chape adjugée au citoyen Julien Sallé pour 10 livres 10 sous,

- une chasuble, une étole, un voile adjugés au citoyen Loiré du Mans pour 4 livres 5 sous,

- une chasuble et une étole adjugées au citoyen François Trouvé pour 6 livres 5 sous.


Location de la ci-devant église de Guécélard……


Montrée et visitation du 18 floréaal de l’An III ( sauf erreur 7 mai 1795 ),

Le citoyen Jean Froger est adjudicataire de l’église de Guécélard, située sur le bord de l’Ancien grand chemin qui va du Mans à La Flèche - Angers. Il manque des pavés, les enduits sont tombés et par endroits on voit les pierres ;des trous ont été faits par les soldats qui l’ont occupé *. Plusieurs carreaux des fenêtres sont cassés ainsi que les vitres de la sacristie. Les enduits du plafond sont également tombés et il y a des trous dans la toiture, et de grandes lézardes dans le fronton.

* - Il faut se rappeler, que de nombreuses attaques de diligences et de convois militaires avaient eu lieu entre Foulletourte et Guécélard, et entre Guécélard et Arnage, de 1791 à 1793.

- que l’union de Fillé et de Guécélard avait été faite sans aucune consultation , et contre l’avis la totalité des habitants de Guécélard. Elle avait été décidée arbitrairement, et imposée. 

En 1792 et 1793, les guécélardais qui avaient accepté la Révolution, mais ne l’avait pas faite ; avaient refusé de remplir, d’annoter et de signer les cahiers de doléances, ils étaient demeurées fidèles aux moines du Prieuré Saint-Pierre-de-Parigné-le-Poslin, et à leur seigneur de Broc des Perrais de Parigné. Aucun Procés Verbal ne mentionne Guécélard dans la sérié L aux Archives Départementales de la Sarthe.  C’est semble-t-il, la raison  principale pour laquelle les Guécélardais avaient demandé  a être unis à Parigné plutôt qu’à Fillé. Et ils le firent, par la suite, peut être trop clairement et trop bruyamment savoir. Car le citoyen maratiste Paul-Isaïe Valframbert dit H. Chardon, figurant dans plusieurs actes peu glorieux, dont le sinistre 19 septembre 1792 ; solutionna ce problème, en faisant envoyer un  demi-bataillon,  environ 250 à 300 soldats en stationnement dans l’église désaffectée de Guécélard pendant un peu plus d’un an à la charge de l’habitant évidemment. Ce qui n’arrangea pas les choses.

Ces événements navrants marquèrent pour des générations, l’esprit de nos Aïeux, et ne furent certainement pas étranger aux pétitions qui apparurent vers les années 1866.




















Assignat de 25 sols, monnaie fiduciaire mise en place par la Révolution française, source de l’inflation financière et supprimé en 1797 - Document personnel.


Le dernier prêtre desservant à Guécélard en 1792,



Dom Pierre-Bertrand Fréart, né le 15 avril 1758 au Mans. Professe à  Saint-Gerber 10 septembre 1779. Il a été sous-prieur à Saint-Florent de Saumur en 1790. Sa déclaration au Comité Révolutionnaire le 27 avril 1791 : « ….je suis indécis sur le parti à prendre….. ». Il est membre du Conseil Episcopal de Prud’homme, premier évêque constitutionnel de la Sarthe. Il devient desservant constitutionnel à Guécélard en 1792 , puis de Saint-Pavace après le retrait du culte de l’église de Guécélard. Il abdique de ses fonctions sacerdotales le 14 janvier 1794.



Entré dans l’Administration des postes, il en fut le directoire au Mans. Après le Concordat, il fut nommé chanoine honoraire de l’église-cathédrale Saint-Julien du Mans en 1803. Il mourut le 6 décembre 1835. Il manifesta unanimement sa satisfaction de la restauration de l’activité bénédictine à l’abbaye de Solesmes.

Ré.:  Mabillon : Archives de la France Monastique , p.153 - Sifflet : Le Chapitre du Mans après le Concordat , p.17-56 - dom Paul Piolin : L’église du Mans durant la Révolution , T.1 , p.191-199..


Vieux dictons,  de notre terroir,




Entre la Passion et les Rameaux, soufflent : « les grands vents de la Passion…. »,aussi en sortant de la messe le jour des Rameaux, tous les regards se tournaient vers le coq du clocher,



- en cas de pluie : « il a le pec dans la baratte…. » = il y aura beaucoup d’herbe,



- si le vent d’amont soufflait : «  il a le pec dans le boissiau… » = il y aura beaucoup de grains,



les rameaux bénis, on se hâtait d’aller en planter quelques brins dans les champs et les jardins, afin de bénir les moissons et les fruits à venir.



« la buée ( lessive ),  faite aux Rogations,

« amène une chasse ( cercueil ) avant la moisson ».



c’est à dire, que si l’on fait la lessive pendant les Rogations, on doit s’attendre à un deuil dans la famille avant la moisson.






















Collection privée.

La troisième église de Guécélard.......en réalité une chapelle,


En 1815, Monseigneur de Pidoll, évêque du Mans, nomma un prêtre espagnol, du nom de Camoens, qui ne demeura que quelques mois, les ressources étant insuffisantes. C’est en 1839, après de nombreuses doléances, que les habitants de Guécélard obtinrent de l’évêché partiellement satisfaction : N. Choplin fut prêtre-curé de 1839 à 1845.

Joseph-Augustin-Emmanuel Rottier de Madrelle, comte de Belin, abbé-curé de Moncé-en-Belin, reconstruisit les églises de Saint Gervais, de Mulsanne, et de Guécélard. 

La première pierre de la nouvelle église de Guécélard fut posée au mois de juin 1841, Monseigneur Bouvier avait acquiescé aux désirs manifestés par la communauté des fidèles de la paroisse. 

Le 22 décembre 1841, procès verbal de la bénédiction solennel d’une chapelle dans le bourg de Guécélard. 

Deux cloches furent également données ainsi que des vêtements religieux, une bannière, des vases sacrés, des chandeliers en argent et deux statues en bois, ultimes vestiges de « la Poutre de Gloire » de l’ancienne église démolie.

Paul Célier, a été prêtre-curé de 1845 à 1857, par ordonnance royale le 18 août 1845, Guécélard était érigée en paroisse distincte, et lui en attribue ses limites. Ce nouveau curé né le 26 juin 1815, fit installer une troisième cloche, des vitraux, un lambris neuf et installa une école.  

En 1855, achat d’un terrain par souscriptions, pour le transformer en nouveau cimetière.

Jules-François Moussay, ancien curé de Lavernat, exerça de 1863 à 1867. Sous son administration, la maison d’école fut édifiée par le moyen d’une souscription, et dirigée par deux sœurs religieuses de Briouze.

Le 27 août 1891, la tour du clocher penche de plus en plus, des chutes de pierres sont signalées, les murs se lézardent d’une façon inquiétante.Le 27 août 1891, la tour du clocher penche de plus en plus, des chutes de pierres sont signalées, les murs se lézardent d’une façon inquiétante.

Le 22 décembre 1891, lettre du curé de Guécélard à l’évêque du Mans, suite au rapport de l’architecte, il y a nécessité à abandonner la chapelle devenue très dangereuse, celle-ci est destinée à la démolition, un projet de la construction. 

d’une nouvelle église est envisagé.

Le 26 mai 1892, le maire de Guécélard et le conseil municipal, le curé de la paroisse et sa fabrique, sont d’accord pour la réalisation du projet de construction d’une nouvelle église à Guécélard.


L’église paroissiale de Guécélard……la quatrième,




L’origine du terrain où fut érigé l’édifice religieux,



- selon un acte enregistré le 5 mai 1841, ont comparu Joseph-Auguste-Emmanuel Rottier de Moncé, chanoine honoraire de la Cathédrale du Mans, Louis Livache, meunier à La Beunêche, Cne de Roëze, et sa femme, Eugéne Grassin, maître de poste à Guécélard, devant maître Th. Meslin, notaire à Laigné-en- Belin.



«  … 1° - Monsieur de Moncé échange à Monsieur Grassin et aux époux Livache un morceau de   

« terre contenant environ vingt quatre ares, joignant vers le levant le sieur Livache, au midi le 

« chemin de la route à la Chapelle, vers le couchant la route du Mans à Angers et au nord ledit  sieur 

« Livache ; ce accepté par les époux Livache et Monsieur Grassin.


« 2° - En contre échange Monsieur Grassin et les époux Livache cèdent à Monsieur de  Moncé, ce 

« acceptant la ci-devant église de Guécélard, telle « qu’elle se poursuit et comporte actuellement.

« ………….

« Conditions,

« ………….



« 5° - Dans le cas où Monsieur de Moncé viendrait à faire construire une église et un presbytère, 

«ainsi qu’il se la propose sur le terrain…….



Fait et arrêté au Château du Plessis, commune de Saint Gervais, demeure de Monsieur  de Moncé sus indiquée. L’an mil huit cent quarante et un, le cinq Mai en présence de Louis Loiseau, sabotier et  Frédéric Boigard, cordonnier, tous deux domiciliés à Laigné-en-Belin, témoins, qui ont signé avec les parties et le notaire lecture faite.



Le 4 novembre 1893, le préfet de la Sarthe approuve les travaux. 


























Collection privée.


Une église neuve est mise en construction,  sous la direction de Monsieur Vérité, architecte, par Monsieur Coulommier, entrepreneur. Les travaux dureront de 1893 à 1897,  le style est fortement inspiré du gothique du XIIIème siècle. Consacrée par Monseigneur de Bonfils, évêque du Mans le 2 octobre 1900, sous le vocable : de la Nativité de la Vierge. L’église paroissiale de Guécélard est élevée en plein cœur du bourg actuel, et se détache des vénérables maisons qui l’entourent,  créant aussitôt l’événement pour qui s’en approche .

C’est tout le talent des bâtisseurs qui  s’est exprimé, ils ont su donner à cet édifice une authentique monumentalité. Sa  situation permet une lecture en détail de tous ses volumes géométriques et de leur harmonieuse imbrication. L’architecture est toujours un livre ouvert, témoin inconditionnel du temps. Sans susciter une attention artistique manifeste, elle est tout de même attachante et constitue un repère dans le paysage.

Collection privée.


Au premier plan de l’axe routier Paris-Nantes, répertorié R.N.23, ex-voie royale au XVIIIème siècle, dans le flot puissant de la circulation, non loin du discret et paisible Vieux-Bourg, appellation suffisante à authentifier le site. C’est probablement la présence de cette grande route, qui a nécessité l’orientation inhabituelle de l’édifice. En général, les églises  sont orientées vers la lueur du soleil levant : symbole de la splendeur divine. Flanquée de deux chapelles latérales en guise de  transept : dérivé du plan basilical, le plan de l’église de Guécélard est cruciforme : symbolisme de la Croix du Christ.

Les angles sont épaulés de contreforts à glacis éclairés par des fenêtres géminées, ayant chacune une double arcature soulignée par un larmier à « coupe-larme » que l’on retrouve à toutes les ouvertures de l’édifice religieux. Les bras du transept ont une particularité, la présence d’un gable dont l’arête faîtière se prolonge de part et d’autre, percé en son centre d’une meurtrière romane. La nef s’élève en façade sur un remarquable appareil  en granit gris, qui fait place et se prolonge sous l’ensemble par du grès de roussard bien appareillé, délimité en hauteur par un rebord. Il est difficile de dire, si cela relève de la décoration, ou d’un procédé de construction.

Couverte en ardoise, la toiture s’allonge pentue, bordée par un cordon de billettes d’un très joli effet, qui court en-dessous du toit, et le souligne. Cette toiture se termine par trois pans coupés sur un chevet. Ce chevet polygonal est contrebuté par quatre contreforts alternés de baies rayonnantes. Vu des jardins le coup d’œil est réellement plaisant. L’église se nimbe d’une luminosité particulière aux premiers rayons du soleil matinal . Elle se pare d’ombres furtives sous la lumière pastel d’un ciel pommelé.

Sur chacun des deux flancs de la nef, quatre contreforts à glacis et à une retraite, sont appuyés régulièrement espacés, déterminant des panneaux égaux, frappés de fenêtres également ogivales intercalées, donnant à l’église une élégante sobriété.

La tour clochère se dresse dominante en façade, scandée à sa base par une corniche prolongée par une ligne de faîte saillante. On ne sait pas très bien le style que l’on a voulu lui donner, on ne peut dire si ce clocher là, appartient à la terre plus qu’au ciel. Coiffée d’une insolite calotte d’ardoises dont la forme pyramidale fortement écrasée, surprend. On assiste ici, selon toute vraisemblance à une réalisation étroitement liée à un souci d’économie. Ce toit repose sur une frise de modillons taillés dans la pierre, huit lucarnes équipées en abat-son, surmontées d’arceaux jumelés, se répartissant sur chacun des côtés : halte et refuge appréciés des pigeons de passage.

Aux angles de la façade sobre et symétrique, un tantinet austère, deux contreforts apportent au porche peu proéminent une touche d’esthétique architecturale. Les retours d’angles sont farouchement aveugles au rez-de-chaussée, des ouvertures ébrasées, rectangulaires sont disposées au niveau du premier étage, des autres polylobées au second. Ce porche dont l’archivolte ogivale torique à une seule voussure simple, retombe sur deux colonnettes dont le tailloir carré se prolonge dans le mur au-dessus des piédroits.

Collection privée..


Collection privée.


On remarquera que le flanc gauche de l’édifice est joliment enfoncé dans une végétation buissonneuse dont la variété apporte une perspective fort séduisante. Inévitablement appelé à pousser la grande porte d’entrée, le visiteur peu pressé remarquera d’autres détails. Comme pour l’extérieur, l’intérieur surprend instantanément par sa belle unité. Le visiteur curieux se trouve immergé tout à coup dans un univers de spiritualité, indifférent à l’animation pourtant si proche.

L’impression ressentie est étonnante depuis le fond de la nef : la douce lumière diffusée par les vitraux, déconcerte. Cette lumière fait partie intégrante de l’ensemble architecturale. C’est dans la matinée que l’intérieur du sanctuaire exhale toute sa beauté. C’est aussi le moment qu’apparaît cet éclairage oblique et mouvant au travers des vitraux, repoussant l’obscurité…….Ces vitraux ne présente pas un intérêt artistique de tout premier plan, mais ils n’en sont pas moins intéressant à examiner, ne serait-ce que par leur facture inusité.

La nef quoique aseptisée est incontestablement élégante, et peut retenir une attention soutenue selon la marche logique pour l’analyser, qui conduit invariablement la visite du portail au chœur de l’édifice. 

Aussi peut-on se mettre à rêver en pensant que nos propres pas empruntent par superposition ceux de nos Aïeux. Cette nef se compose de trois travées. Chaque travée est définie par un arc transversal en ogive à double rouleaux toriques retombant sur une colonnette semi-cylindrique accolée à deux autres engagées. 

Ces colonnettes latérales  soutiennent des arceaux qui se croisent en  diagonales à un claveau central délicatement ouvragé. 

Une armoiries * par claveau. La voûte d’arête obtenue par le croisement des deux voûtes en berceau brisé couvre la travée - ( employée dans la réalisation de bas-côtés de grands édifices religieux et certaines cryptes ).

Collection privée.


Ces colonnettes tréflées sont surmontées de chapiteaux ciselés : de crossettes et de feuilles d’une grande variété ( feuilles de marronnier - de vigne….). À la fin du XIème et surtout du XIIème siècle, les chapiteaux remplaçaient les livres. Ici le sculpteur a fait en sorte d’évoquer l’environnement boisé de Guécélard.

* ces armoiries ont une histoire , et ont fait l’objet de monographies indépendantes.

Elles sont chapeautées d’un abaque mouluré qui s’encastre dans la paroi murale, soutenues par une console appelé « cul de lampe », également très finement travaillée et portant écus à initiales :

pour le côté gauche - P . B . Abbé Praslon - Bazoge
                                - A . B . Antin - Brière

pour le côté droit  - G . P . Guet - Pivron
                           - M . D . Monick - Daudibon

tous bienfaiteurs, généreux donateurs pour  la réalisation de ce lieu de culte.

* - Le décor aux feuillages gras, les arceaux en biseau pourraient laisser une influence poitevine.

Les culots de base sculptés de visages poupards d’angelots, de séraphins, de celui d’un homme  serein, d’autres symbolise des évangélistes :

- Saint Jean : la tête de l’aigle,
- Saint Luc : la tête du bœuf,
- Saint Marc : la tête de lion,
- Saint Mathieu : la tête d’un ange. 




Collection privée.


Il est rare que l’on s’entende  sur un chemin de croix, en général  ce sont des horreurs sulpiciennes de plâtre peint, sans le moindre intérêt. Or ici, il s’agit de quatorze tableaux non dénués de style, ils sont frappants, les scènes évoquées sont très explicites, si on s’offre le temps de les examiner ; en ces cadres de fort belle exécution.

La croix, était un instrument de torture et de mort qui suscitait l’horreur et le dégoût chez tous les peuples de l’Antiquité. Elle est progressivement devenue dans le monde chrétien un objet  de culte, de dévotion et un symbole. Le chemin de croix commémore la méditation de la Passion de Jésus, il s’élabore très lentement pour trouver sa forme définitive de quatorze stations à la fin du Moyen Âge. Depuis le XVIIIème siècle, chaque station du chemin de croix s’ouvre sur un thème biblique qui décrit ou éclaire l’événement relaté.

Le incontestable joyau de ce sanctuaire réside est une Vierge à l’Enfant Jésus en terre cuite du XVIIème siècle, inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques le 16 janvier 1987. Placée sur une consonne, à gauche dans la croisée du transept. 

Le véritable génie de l’artiste, se manifeste dans l’art de l’utilisation des tons chauds de la pierre calcaire. La tribune malheureusement murée, est logée dans le caisson de l’avant-nef. 

La croisée du transept est dans le même esprit. 

Les arcs doubleaux latéraux sont légèrement brisés, et les arcas transversaux reposent sur un faisceau de trois colonnettes engagées dans un méplat, et une colonne dont le fût est semi-cylindrique. 

Elles reposent sur stylobates, base accentuant la verticalité de l’édifice.

En ce qui concerne le croisillon du sommet - la clef de voûte est constituée par le monogramme : L.H.S. - Jésus homninum salvator, sur une couronne de feuillage. 

Au travers cette décoration agreste, l’artiste a témoigné une touchante attention.

Le chœur est plein de charme, son envoûtement par arêtes ogivales, rayonne de la clef de voûte dont l’agneau mystique symbolise : Dieu est mon berger.

Cette croisée du transept, qui élance l’ensemble est d’une noble sobriété, d’une simplicité purement élégante, elle est tournée délibérément vers le gothique. 

De ce point précis de convergence, le regard peut balayer l’espace, il est immédiatement attiré par la remarquable balustrade, œuvre d’une gracile harmonie, parachevant les armoiries,

                                               
  


                                                         Dessin à la plume -  Agé


des Bonfils de Forcalquier
« de gueules à la patte d’ours d’or, onglée et armée de sable et posée en  barre, au chef cousu d’azur 
« chargé de trois fleurs de lys d’or »

devise : « Filii Déi nominemur et simus ».

Les arceaux toriques et les arcs formerets prennent appui sur les tailloirs de fines colonnes engagées qui encadrent les cinq fenêtres hautes, déjà vues de l’extérieur.

Lorsque les rayons du soleil, dardent leur puissance sur les vitraux éblouissants de couleurs, on assiste alors à une véritable apothéose. 

Le visiteur, frappé par l’apologie du silence, quittera les lieux, serein.



Vierge éplorée, et Saint Jean l’apôtre fidèle  en bois polychrome du XVème siècle, seul s et uniques vestiges de la «  Poutre de Gloire », en latin «   trabes doxalis » qui barrait la nef de la deuxième église de Guécélard - Documents et Photo A.G.

* - la «  Poutre de Gloire », était une poutre qui barrait transversalement, séparant le chœur de la nef. À l’honneur dès le XIIème siècle.


- GUE COELHARD…….- GUE SEELARD……….- GUE SEILLARD………- GUE CESLHARD……..

peu importe son orthographe, puisqu’il est devenu au cours du dernier millénaire …….GUECELARD.



La Paroisse de Guécélard en 1789, et pendant la Révolution


Une lettre du Maire du Mans, aux Archives départementales de la Mayenne ( réf. Bulletin Historique et Archéologique de la Mayenne - 1914 - T.30 ; p.70 nous informe :

« Lettre du Maire de la commune du Mans au citoyen Chef de Brigade,  Préfet de la Sarthe,
« Le Mans, ce 28 nivôse an X de la République Française une, et indivisible,
« Citoyen Préfet,
« Au désir de votre lettre du 23 courant, j’ai l’honneur de vous « transmettre çay-joint l’état de tous 
« les prêtres qui sont dans cette commune constitutionnels soumis ou insoumis, et même ceux qui sont « mariés. J’ai rempli sur le compte d’un chacun la colonne d’observations d’après mes connaissances 
« particulières. Je désirerais néanmoins bien « que cela fut de vous à moi, car il est difficile de se 
« faire des ennemis.
« Salut et respect,
«  signé : Négrier de La Crochardière

État des prêtres, qui sont dans la commune du Mans, arrêté le 28 nivôse de l’an X
( cet état se présente sous forme de tableau avec plusieurs colonnes : noms - qualité….).

p.75
- Rottier de Moncé : ex-chanoine de Saint-Pierre - habite rue Saint-Vincent - a fait le serment à Paris de l’égalité et l’a renouvelé à la municipalité du Mans ; homme infiniment estimable ; il n’a qu’un reproche à se faire, c’est d’avoir refusé les places qui lui ont été présentées parce qu’il était dans le cas d’y faire le bien.

Tableau des ecclésiastiques du département de la Sarthe, avec des notes insérées conformément aux demandes du citoyen Auvray, Préfet du département.
Observations générales. À l’époque où la nation française a demandé aux ministres du culte catholique le serment de fidélité aux lois, il y a eu une division publique dans les opinions : les uns se sont conformés purement et simplement, les autres ont refusé le serment prescrit.


p.89
- Fréard * : prêtre conformiste à Gécélard - estimable actuellement résidant au Mans - ex-bénédictin - contrôleur à la poste aux lettres paraît tenir à son emploi .
Nota :  Guécélard serait une annexe de Fillé. 

* - selon MABILLON - 10/1966 - p. 153 : FREARD, dom Pierre-Bertrand, né le 15 avril 1758 au Mans ; professe à Saint-Germer le 10 septembre 1779. Ol était sous-prieur à Saint-Florent à Saumur. Sa déclaration fut «  je suis indécis sur le parti à prendre  ». Il fit parti du Conseil épiscopal de Prud’homme, évêque constitutionnel de la Sarthe. Desservant constitutionel de Génelard, puis de Saint-Pavace dans la Sarthe, il abdique de ses fonctions sacerdotales le 14 janvier 1794. Entré dans l’administration des postes , il en fut le directeur au Mans. Après le Concordat, il fut nommé chanoine honoraire de la Cathédrale du Mans en 1803, et mourut le 6 décembre 1835. Il applaudit chaleureusement à la restauration de la vie bénédictine à Solesmes.

Réf.  : Sifflet - La chapitre du Mans depuis le Concordat , p.17-56.
Dom Paul Piolin - L’église du Mans durant la Révolution - t.I , p.191-199.


Feuille d’État Civil de Guécélard de 1792 à 1796 - Document de la Bibliothèque Nationale de France de  Paris.


3° - Guécélard, du Bourg annexé à la l’érection en Commune autonome et distincte.


Une commune née de deux entités séparées par une grande rivière.

Un état de fait…..sévère, mais rigoureusement exact.


Le 20 septembre 1792, lorsque la Convention, instaura le registre des naissances, des mariages, et des décès, jusqu’alors tenu par le curé desservant la paroisse, dorénavant sous la responsabilité du maire également officier de l’État Civil. Cee registre placé en la « Maison commune ». Plus connue sous l’appellation «  Mairie », cette édifice concentre toute la vie administrative de la commune, une salle de délibération du Conseil Municipale, c’est le lieu où l’on célèbre les mariages, c’est également le lieu où l’on enregistre toutes les déclarations de naissances et de décès, c’est l’endroit où est gardé le cadastre et tout ce qui concerne l’urbanisme de la commune.

Or, si de 1875 à 1880, la population de la commune de Fillé-Guécélard s’élevait à 1184 habitants la répartition s’établissait ainsi :

- population totale pour Fillé : 585 habitants,

- population totale pour Guécélard : 579 habitants.

Ces chiffres, ont été relevés dans différents Procès Verbaux de différentes sessions ordinaires du Conseil Général de la Sarthe.

Plan de le commune de Fillé-Guécélard en 1812 - Document privé.


Un premier constat s’impose : le Conseil Municipal de la commune de Fillé-Guécélard comportait douze membres, c’est à-dire le maire, un adjoint et dix conseillers.

- la section de Fillé qui avait 6 habitants de plus que la section de Guécélard, bénéficiait de sept ( 7 ) conseillers dont le maire et l’adjoint,

- la section de Guécélard, n’avait donc que cinq ( 5 )conseillers, et aucun adjoint.

Pour chaque déclaration de naissance, de décès, pour chaque célébration  de mariage faite en l’église de Guécélard, un déplacement obligatoire s'imposait au bourg de Fillé.

Ces deux cartes anciennes, démontrent si besoin est, l'importance de l'obstacle incontournable et imposé, que représentait la grande rivière Sarthe, aux habitants de Guécélard, étant dans l'obligation administrative de se rendre à la mairie de Fillé .


- Monsieur Tancheau - maire de la commune de Fillé-Guécélard vers les années 1800 /1801.

Adjoint Monsieur Héron

- Monsieur Héron

- Monsieur Ouvrard de Linières - maire de la commune de Fillé-Guécélard de 1860 à 1870,

Adjoints 1er et 2ème : Monsieur Ory de 1860 à 1862 - Monsieur Delaroche de 1860 à 1870 - Monsieur Bellanger de 1865 à 1870 - Monsieur Fagault de ( 1866 ) 1867 à 1870 - Monsieur Métivier de 1863 à 1870.

- Monsieur Carteret - maire de la commune de Fillé-Guécélard de 1871 à 1877,

Adjoints 1er et 2ème : Monsieur Métivier de 1871 à 1880 - Monsieur Pivron de 1871 à 1880  - Monsieur Lavollée  de 1875 à 1880 - Monsieur Quéru ( Guécélard, sur les Directives du Ministre de l’Intérieur pour tenter de calmer les esprits ) de 1879 à 1880.

- Monsieur Garnier - maire de la commune de Fillé Guécélard de 1877 à 1880, puis maire de Fillé de 1881 à 1883,

Adjoints : Monsieur Quéru de 1881 à 1883Guécélard au bourg de Fillé devenu le Chef lieu de la commune ; s’imposait, soit :

- soit  au minimum 3 kilomètres à pied pour aller, et autant pour revenir. À  cela, il faut y ajouter la traversée de la rivière Sarthe, et le paiement d’un redevance de 0,20 c. dans un sens et autant dans l’autre.

Un déplacement à la Maison de la commune de Fillé-Guécélard se soldait invariablement, par la perte d’une journée de travail. Le salaire d’un ouvrier, d’un employé, c’est-à-dire le gain d’un homme non compris la nourriture était à Guécélard de 0,50 fr. par jour, 0,60 à La Flèche, et 0,90 au Mans.

Succession d’erreurs : 


- Guécélard uni arbitrairement contre l’avis de la totalité de sa population, à Fillé.

- Union, non suivie d’une élection municipale, équilibrant le Conseil Municipal, et permettant à Guécélard d’avoir au moins un adjoint.

- Économie déséquilibrée, Guécélard, trois hostelleries, un Relais de poste, trois poteries, une scierie…..la grande  route Paris-Nantes, puis une gendarmerie.

Tèrs vieille photo de l'atelier du voiturier de Guécélard - Collection privée.



Dès 1792, la scission de la section de Guécélard, de celle de Fillé, était prévisible
Un non sens de la Convention,  un acte arbitraire, un dictat imposé……


Il  était  une  fois….. une commune : Guécélard,


Dans le milieu physique ( géographique ) que nous venons d’aborder s’est formée une commune, la commune de Guécélard, dont nous allons tenter de dégager les traits fondamentaux et dresser une forme de bilan, sans  apriori. Notre commune a une croissance numérique de la population constante, partagée entre le bourg et la campagne mais inégalement répartie à travers le territoire.

Guécélard - 72 230,  code INSEE - 72 146, est actuellement ( 1999 ), par sa population la 23éme commune du département de la Sarthe sur 375 ( selon Wikipédia - 10/2007 ).

Mais, elle n’a été pendant presque un millénaire qu’un lieu-dit, puis un modeste hameau du diocèse du Mans et de la généralité de Tours, dans la province du Maine . Un annuaire de la Sarthe définit : Guécélard - province du Maine, généralité de Tours, élection du Mans uni à Fillé sur les listes de district en 1787, sur celles de district et de canton en 1790, sur celles d’arrondissement et de canton en l’an III - 1794, jusqu’au 31 juillet 1880 date à laquelle Guécélard fut érigé en commune distinct.

- 3éme paragraphe  
« de 179I à 1793, lors de la division de la France, en communes,  Guécélard, qui possédait alors 
« cinquante feux et quatre vingt dix habitants, fut réuni à Fillé comme bourg le plus proche ayant 
« déjà son administration complète et indépendante ».

Dans ce dossier, de la scission de la commune de Fillé-Guécélard, en deux communes distinctes, nous nous sommes bornés, à compulser les dossiers archives des délibérations du Conseil Général de la Sarthe, en reproduisant intégralement ce que nous lisions, en nous abstenant implicitement de toute interprétation personnel. Cette affaire est remarquable, dans le sens où elle démontre la pugnacité, la persévérance, l’intelligence, la maîtrise des habitants de la section de Guécélard ; et la présentation d’un dossier impeccable. 

D’un exemple, quelquefois peu naître une idée…….


Le 5 septembre 1839, 78 habitants des communes de Pontlieue, Moncé-en-Belin et Spay, demande, que le hameau d’Arnage soit érigé en commune distincte. 490 étaient farouchement opposés. Par la loi du 1er juin 1853, le hameau d’ Arnage était érigé en commune distincte.

Selon les Registres Paroissiaux, nous savons que le premier Maire de la commune de Fillé-Guécélard était un certain : Jacques-Vincent Arnoult, ont ne disait pas : Maire, mais  : Officier public de la commune de ……. ; ont ne disait la Mairie, mais la Salle publique de la Maison commune de…….

Le 29 août 1840, le Conseil Général de la Sarthe, réuni dans la salle de ses séances ordinaire à l’Hôtel de la Préfecture, sous la présidence de Monsieur Basse, doyen d’âge et en présence de Monsieur le Préfet de la Sarthe, celui-ci informe l’assemblée qu’en date du 15 juillet 1840 les habitants de Foulletourte demandent majoritairement que le chef-lieu de la commune soit transféré de Cérans à Foulletourte. Les habitants de cette localité sont opposés à ce projet. Une commission d’enquête est constituée, par l’Assemblée - liasses de 146 documents archives - p.84 . Foulletourtes : 1.756 habitants et Céransérans : 780 - B.N.F. liasses de 296 documents archives - p.29 à 40..

Le 18 septembre 1842, la commune de Cérans-Foulletourte est divisée en trois sections électorales - B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.93-150.  Le 21 août 1854, avis favorable de la Commission d’enquête, du Conseil d’Arrondissement, du Conseil Général pour que Cérans et Foulletourte soit constituées en deux communes distinctes. Le 29 août 1854, le Ministre de l’Intérieur, fait connaître son refus catégorique et définitif, par l’intémédiaire du Préfet de la Sarthe Monsieur A. Pron - B.N.F. liasses de 456 documents archives - p.3.


Il n’en fallait pas plus…….

Session ordinaire du 18 août 1866, du Conseil général de la Sarthe

( dossier archives de 448 pages )

La lecture du Procès verbal des délibérations de ma session ordinaire du Conseil Général de la Sarthe de 1866, nous apprend :

- Monsieur O. d‘Andigné- Préfet de la Sarthe

Le bureau est constitué de,

- Monsieur le Prince Marc de Beauvau - Président
- Monsieur de Longueval - Vice-Président
- Monsieur Charlot-Pasquer - Secrétaire

Dans le rapport de Monsieur le Préfet, à la rubrique : Circonscriptions Territoriales, à la page 145, nous lisons,

« Par une pétition, en date du 22 mai 1866, 173 habitants de Fillé-Guécélard, section de Guécélard, 
« sollicitent la distraction de la portion de territoire qu’ils habitent de l’ensemble de la commune, et 
« son érection en commune distincte.
« Cette demande est fondée principalement  sur ces considérations : que la section de Guécélard 
« possède déjà une église et un presbytère et qu’elle est érigée en succursale ; que quelques personnes 
« y ont fait construire une maison d’école où la mairie pourrait être facilement installée, qu’elles se 
« proposent de donner à la nouvelle commune, si sa formation vient à être autorisée ; que la section 
« de Guécélard est séparée du chef-lieu de la commune, par la rivière Sarthe, ce qui rend les 
« communications difficiles et parfois dangereuses ; qu’enfin la population de Guécélard qui est de 
« 600 habitants environ, égale à peu près celle de la section de Fillé ; de sorte que les deux 
« communes, après la séparation opérée, posséderaient encore chacune un nombre d’habitants et un 
« chiffre de ressources qui leur permettait de subvenir à leurs charges.
« Ce projet a été régulièrement instruit.
« Lors de l’enquête, 177 déclarations favorables, dont 150 verbales et 27 écrites, ont été recueillies ; 
« et 194 protestations , dont 190 verbalement et 4 par écrit. Les adhésions, qui paraissent émaner 
« des habitants de la section de Guécélard, sont motivés sur les inconvénients qui résultent de la 
« difficulté des communications entre Guécélard et Fillé, sur les intérêts différents des deux sections 
« et sur la séparation de fait qui existe aujourd’hui. Les opposants qui, d’un autre côté, semblent 
« appartenir à la section de Fillé, objectent que la division réclamée aurait des conséquences 
« regrettables, surtout en ce qui touche les intérêts financiers de Fillé et de Guécélard, et que ces 
« sections érigées en communes ne pourraient suffire à leurs besoins, ils contestent la valeur des 
« raisons alléguées par les pétitionnaires, à l’appui de leur demande ».

- Monsieur le Commissaire enquêteur a exprimé l’avis si après :

« Considérant que divers intérêts pécuniaires existent entre les sections de la commune de Fillé - 
« Guécélard ; que si la distraction de la section de Guécélard avait lieu aujourd’hui, les intérêts de 
« celle de Fillé auraient à en souffrir ; que les grandes eaux soit du Rhonne, soit de la Sarthe, ne       « sont que très rarement un empêchement à la communication facile entre les habitants desdites 
« sections ; que les frais d’administration d’une petite commune sont toujours plus onéreux pour les 
« contribuables que ceux d’une commune d’une certaine importance, est d’avis que la distraction 
« demandée n’ait pas lieu quant à présent ».

- Le Conseil Municipal de Fillé-Guécélard, assisté des plus imposés, s’est prononcé contre le projet dont il s’agit, le 18 juin 1866. La délibération de cette assemblée expose que la mesure réclamée serait des plus fâcheuses pour les finances de la commune et particulièrement préjudiciable à Fillé, l’administration, ayant depuis d’assez longues années, consacré la plus fort partie des ressources communales à l’entretien et à la construction de chemins sur le territoire de Guécélard. Les arguments présentés par les sécessionnistes sont considérés, dans cette délibération, comme n’étant réellement pas sérieux.

- La Commission Syndicale, élue par les électeurs municipaux domiciliés dans la section de Guécélard, a été unanime pour reconnaître les avantages qui résulteraient de l’adoption du projet. Elle a, en outre, émis l’avis que la commune dont la création est sollicitée, prît le nom de Guécélard-Sainte-Marie.

- Monsieur le Directeur des Contributions Directes, se plaçant au point de vue de la conservation des documents cadastraux qui devraient être nécessairement modifiés, si la section de Guécélard était érigée en commune, a exprimé un avis défavorable, le dossier de l’affaire ne lui ayant paru révéler aucune considération importante établissant la nécessité de la distraction sollicitée.

- Le Conseil d’Arrondissement du Mans, appelé à son tour à examiner la question a donné son adhésion au projet dans les termes suivants : 

« Le Conseil considérant que le ruisseau Rhonne et la rivière Sarthe qui  séparent en deux la 
« commune de Fillé-Guécélard, sont un obstacle à la communication facile entre les habitants de ces 
« deux sections ; que les habitants de Guécélard sont obligés de payer un droit de passage pour venir 
« à Fillé  ; que Guécélard possède une église, un presbytère, et qu’’une maison d’école y a été 
« construite 
« que les ressources des deux sections seront suffisantes pour que chacune d’elles puissent être érigée 
« en communes distincte, est d’avis, à l’unanimité, que la section de Guécélard soit érigée en 
« commune d’après le plan annexé au projet, sous la condition expresse que les intérêts pécuniaires 
« qui peuvent exister entre les deux sections et qui avaient motivé de la part de Monsieur le 
« Commissaire enquêteur un avis d’ajournement de la séparation, soient sauvegardés lors de la 
« division ».

Les habitants de la section de Guécélard sont, d’après le dénombrement de la population de 1866, au nombre de 595. La section de Fillé en compte 694.

D’après un tableau statistique dressé par Monsieur le Maire de Fillé-Guécélard joint au dossier, les revenus ordinaires de cette commune sont actuellement de 4,196 fr 86 c. , et les dépenses ordinaires de 5,177 fr 90 c. Ces deux chiffres se divisent ainsi entre les deux sections :

- Fillé : Revenus ordinaires…………………..2,573 fr 28 c. 

          Recettes ordinaires………..3,123 fr 21 c.

- Guécélard : Revenus ordinaires………….1,623 fr 58 c.
                    Recettes ordinaires………….2,054 fr 69 c.

Le déficit, soit 981 fr 04 c., est couvert par une imposition extraordinaire de 500 fr, un produit éventuel de 66 fr, et pour le surplus par les subventions de l’État et le département.

Le territoire de Fillé-Guécélard se compose de 2,225 hectares,

Savoir : section de Fillé…………….. 1,007 hectares
            section de Guécélard……..1,218 hectares

J’aurai l’honneur Messieurs, de vous soumettre les pièces de cette affaire sur laquelle vous êtes appelés à vous prononcer, aux termes des dispositions de la loi du 18 juillet 1837.

Analyse des vœux et avis exprimés par le Conseil d’Arrondissement de la Sarthe , pendant la première partie de leur session 1866.

« Fillé-Guécélard - Projet de distraction de la section de Guécélard de la  commune de Fillé et 
« d’érection en commune de cette section, sous le nom de Sainte-Marie-Guécélard ».

Le Conseil, après avoir pris communication des pièces relatives au projet de distraction de la section de Guécélard de la commune de Fillé et d’érection de cette section en commune, sous le nom de Sainte-Marie-Guécélard, considérant que le ruisseau du Rhonne et la rivière qui sépare en deux parties la commune de Fillé-Guécélard sont un obstacle à la communication facile entre les habitants de ces deux sections ; que les habitants de Guécélard sont obligé de payer un droit de péage pour venir à Fillé ; que Génelard à une église, un presbytère, et qu’une maison d’école y a été construite ; que les ressources des deux sections seront suffisantes pour que chacune d’elles puisse être érigée en commune distincte, est d’avis, à l’unanimité que la section de Guécélard soit érigée en commune d’après le plan annexé au projet, sous la condition expresse que les intérêts pécuniaires qui peuvent exister entre les deux sections et qui avaient motivé de la part de Monsieur le Commissaire enquêteur un avis d’ajournement de la séparation, soient sauvegardés lors de la division.

Plan du Bourg de Fillé dans les années 1820 /1840.


Session  ordinaire du 1er septembre 1866, du Conseil Général de la Sarthe.
( dossiers archives 622 pièces )


Un rapporteur de la Commission des Objets divers, expose à ces collègues, des réflexions concernant le projet de dividion de la commune de Fillé-Guécélard,

« La demande des habitants de la paroisse de Fillé-Génelard a vivement  attiré l’attention de votre 
« Commission des Objets divers cette demande a, en effet, pour but de provoquer de votre part une 
« décision qui distrairait cette section de la commune de Fillé-Guécélard et l’érigerait en commune 
« distincte sous le nom de Guécélard-Sainte-Marie.
« Les motifs invoqués par les séparatistes sont exposés dans le mémoire qu’ils ont adressé à M. le 
« Préfet. Ils font valoir que la paroisse de Guécélard est séparée de celle de Fillé par la rivière de la 
« Sarthe et par un ruisseau dont les eaux gonflées, à certaines époques de l’année, interdissent toute 
« communication entre les deux sections, de telle sorte que le service des dépêches s’est trouvé 
« plusieurs fois momentanément suspendu.
« La commune de Fillé-Guécélard est aujourd’hui divisée en deux  paroisses qui ont une population 
« totale de 1,280 habitants, qui se « décompose comme suit :

- Paroisse de Fillé…………………730 habitants

- Paroisse de Guécélard……….650 habitants

Nous ajoutons que cette dernière section possède :

- une église neuve et un presbytère,


- une maison d’école, qui pourrait recevoir les bureaux d’une mairie.   

« Tous ces faits qui vous sont présentés par les habitants de la section Guécélard sont de la plus 
« scrupuleuse exactitude et méritent une sérieuse considération, car ils démontrent que les édifices 
« principaux et indispensable à l’existence d’une commune, se trouvent dans la fraction qui voudrait 
« renoncer à la vie commune.
« M. le maire de Fillé fait connaître par la communication d’une délibération du Conseil Municipale 
« de sa commune, les raisons de l’opposition faite par la majorité de ses Membres, au projet de 
« distraction qui nous est soumis. M. le maire prétend que pendant les années à Guécélard n’avait ni 
« prêtre, ni cimetière, aucun enterrement, ni baptême n’ont été rendus impossibles, ni même retardés 
« par les grandes eaux.
« Il fait observer que si la Sarthe devait servir de limites à toutes les communes situées sur ses rives, 
« il faudrait modifier le territoire de toutes les communes environnantes qui sont dans la même 
« situation que Fillé.
« Il ajoute que la propriété de l’église et du presbytère n’est pas notoirement déterminée.
« Il résulte de renseignements qui nous sont parvenus que ce dernier immeuble, par suite de 
« l’abandon authentique des héritiers de M. de Moncé, appartient exclusivement à la section de 
« Guécélard.
« Les motifs présentés par la section de Guécélard nous ont paru concluants contre ceux 
« communiqués par ses adversaires, et bien probablement votre Commission vous eût proposé la 
« distraction « proposée, si la situation financière de la commune de Fillé-Guécélard, dont un déficit 
« considérable est l’état chronique, ne fût venue nous démontrer que cette séparation aurait pour 
« conséquence inévitable de faire d’une commune pauvre, deux communes misérables ne pouvant, ni 
« l’une ni l’autre, suffire à leurs besoins ordinaires.
«  Voici Messieurs, la situation de la commune de Fillé-Guécélard, « les « deux sections réunis :

« Dépenses ordinaires………………..5,177 fr 50 c.
« Recette ordinaires……………………4,196 fr 86 c.
«  déficit ……………………………………..  981 fr 40 c.

Celle de Fillé, après la séparation se trouverait ainsi modifiée :

- Dépenses…………………….3,540 fr 50 c.
- Recettes………………………2,602 fr 63 c.
- déficit…………………………..  937 fr 97 c.

Celle de Guécélard, après la séparation serait celle-ci :

- Dépenses…………………….2,735 fr
- Recettes………………………1,862 fr 33 c.
- déficit…………………………..  872 fr 67 c.

Le principal des quatre contributions directes, pour Fillé seul, est de 3,635 fr ; et le produit des 20 centimes extraordinaires serait donc de 723 fr, somme insuffisante pour couvrir son déficit prévu qui est de 981 fr 40 c.

Le principal des quatre contributions directes, pour Guécélard seul est de 3,228 fr ; et le produit des 20 centimes extraordinaires étant de 645 fr, cette section ne pourrait, non plus, couvrir son déficit qui est de 872 fr.

« Les principes d’une bonne administration, suivant cotre commission  s’opposent absolument à ce 
« que vous donniez votre concours à une situation aussi anormale que celle où se trouveraient ces 
« deux communes, réduites à l’impuissance de couvrir leurs dépenses ordinaires, avec le produit de 
« tous les centimes additionnels et extraordinaires que la loi met à leur disposition.
« En vertu de ces considération, votre Commission vous propose de maintenir l’union civile et 
« communale des deux paroisses de Fillé et de Guécélard ».

Un membre du Conseil serait d’avis d’ajourner la solution de cette affaire à l’année prochaine, pour l’étude de la situation financière de la commune de Fille-Guécélard. 

Il déclare, d’ailleurs, être partisan du projet de division soumis  aux délibérations de l’assemblée.

Le Conseil Général, adoptant les conclusions de la Commission de Objets divers, émet l’avis qu’il n’y a pas lieu de donner suite au projet de séparation des sections de Fillé et de Guécélard.

Rapport présenté par Monsieur le Vicomte Malher, Préfet de la Sarthe, à la session ordinaire  du 20 mars 1867, du Conseil Général de la Sarthe.


Session ordinaire du 28 mars 1867, du Conseil Général de la Sarthe
( dossiers archives 622 pièces )


Projet de division de la commune de Fillé-Guécélard.

Le Conseil Général émet l’avis qu’il n’y a pas lieu de donner suite au projet de division de la commune de Fillé-Guécélard.

Dans sa session du 28 août 1868, le Conseil Général vote à l’unanimité l’ouverture d’une école à Guécélard. Bénéficiant de la loi du 10 août 1871, la section de Guécélard perçoit pour son école une subvention de 200 fr.

Le prix moyen de la journée de travail est dans notre région de 0,50 c.

Dans sa séance du 6 novembre 1871, sur un rapport présenté M. de La Suze au Conseil Général de la Sarthe décide que la commune de Fillé-Guécélard sera divisée en deux sections électorales, que la section de Fillé nommera sept conseillers municipaux, que celle de Guécélard Cinq.

«  La séance est levée à cinq heures trois quarts.
«  signé : l’un des Secrétaires - Cordelet      le Président : Grollier

Dans sa première session ordinaire du 20 janvier 1872 le Conseil Général de la Sarthe, réclame le prompt achèvement des travaux entrepris pour la consolidation du barrage de Fillé, et l’amélioration du bac Fillé-Bel-Air (  section Guécélard, les abords étant dangereux ).


Session ordinaire du Conseil Général de la Sarthe, le 11 avril 1872,
( dossiers archives 309 pièces )


ouverture déclarée ouverte à 5 heures.

- Monsieur Galpin, a attiré l’attention de Monsieur le Président sur la distribution faite aux membres du Conseil de pièces relatives à la séparation, en deux communes, des sections de Fillé et de Guécélard. Monsieur le Président estiment que l’instruction de cette affaire appartient à Monsieur le Préfet, à qui il faut purement et simplement la renvoyer.

- Monsieur M.G. Tassin, Préfet de la Sarthe, annonce qu’il est saisi déjà de cette affaire, et va procéder à son instruction ; mais in ne peut assurer qu’elle sera prête pour la session d’août, en raison de la longueur des formalités.

Un instituteur en 1871 avait un traitement annuel moyen de 935 fr 69, contre 720 fr 44 pour une institutrice. Dans le département de la Sarthe : au 1er janvier 1872 sur 43.154 enfants de 6 à 14 ans, 2.204 savaient lire, écrire et calculer ; 630 lisaient correctement seulement. La création d’une Maison d’école peut être évaluée en moyenne  10.000 à 12.000 fr, les communes pouvaient emprunter à un taux de 5%.




Collection privée.

Deuxième session ordinaire du Conseil Général du 24 août 1872
( dossiers archives 730 pièces )


- Monsieur le marquis de La Suze donne lecture du rapport suivent:

« Messieurs,
« Selon l’article 50 de la loi organique départementale de 1871, le Conseil Général donne son avis 
« sur les changements proposés à la circonscription du territoire du département, des 
« l’arrondissements, des cantons, des communes.
« Vous donc, en vertu de cette loi, appelés à donner votre avis sur la demande de séparation de 
« Guécélard avec Fillé.
« Si nous examinons la position territoriale, nous trouvons d’abord que la rivière Sarthe forme une 
« séparation toute naturelle ; elle partage les deux sections au point de vue territorial en deux parties 
« presque égales,

- Fillé a ………………………….1,015 hectares
- Guécélard a…………………1,210 hectares
- Fillé a…………………………..   700 habitants
- Guécélard a…………………   595 habitants

« On ne pas nier que, pour Guécélard, le communications avec Fillé, chef lieu des deux communes
« paroisses ), sont lointaines, et très difficiles, surtout en temps d’hiver ; il n’y a pas à Guécélard 
« d’adjoint spécial, et les actes d’administration, les déclarations de naissance…etc….doivent se 
« faire à Fillé : il faut traverser alors le Rhonne, petit cours d’eau, parfois torrent, et la rivière la 
« Sarthe, où un bac s’offre seulement aux passagers. Il est donc notoire et palpable que les 
« communications et les transports d’un point à un autre sont très difficiles et entraînent une  
« séparation, si faire se peut, pour obvier à ces difficultés de voyages à Fillé et de passage de bac. 
« Monsieur Malher, Préfet du département de la Sarthe, offrit à Guécélard un adjoint spécial ; cette 
« mission fut proposée à Monsieur de Monthulé ; il refusa et l’affaire en resta là.
« En 1866, une commission d’enquête fut nommée pour examiner la demande de séparation des deux 
« sections. Le commissaire enquêteur concluait en un statu quo. En mai 1872, demande nouvelle, 
« enquête.
« Vous trouverez, au rapport de Monsieur le Préfet, l’avis du Commissaire enquêteur ainsi que celui 
« du Conseil d’Arrondissement du Mans qui a l’unanimité, a donné un avis favorable à la séparation.
« Mais maintenant cette séparation prononcée amène à former deux communes dont la vie sera peut-
« être difficile. Fillé prétend que oui Guécélard dit que non pour son compte.
« Guécélard présente à cette heure : une école mixte, érigée par souscriptions volontaires ; une 
« grande maison avec dépendance achetée par un habitant, pour former une école de garçons, et 
« dans laquelle serait la mairie, maison achetée il y a un mois, au décès de Monsieur Lemore, ancien 
« maître de poste. L’église lui appartient puisque Guécélard, érigé en paroisse, l’a obtenu par la 
« raison donnée à l’enquête et qui est celle-ci : bâtie par Monsieur de Moncé, elle fut donnée à la 
« section comme le prouve une pièce annexée à ces observations, Monsieur de Monthulé, 
« Mesdemoiselles Lepaige et autres héritiers ayant par acte authentique à toute prétention sur cet 
« édifice. Génelard a un presbytère qui lui a coûté 5,000 fr., et un cimetière.
« Voilà donc de quoi constituer l’autonomie civile et religieuse.
« On a objecté et on objectera avec Fillé : que Guécélard ne pourra pas vivre ; qu’il aura 
« perpétuellement à demander des secours et des subventions ; que, par suite de règlements de 
« comptes demandés par Fillé, la section de Guécélard sera trop pauvre ; que le budget de 
« Guécélard, d’après les comptes de la mairie de Fillé, se solder par un déficit de 1,620 fr. , les 
« revenus étant de 2,080 fr., et les dépenses de 3,700 fr. ; que de concert, les deux sections ont fait un 
« emprunt qui grève les sections réunis de 3 centimes extraordinaires pendant 10 ans pour 
« l’achèvement des chemins vicinaux, et de 17 centimes pendant 4 ans à partir de 1873.
« Guécélard répond : Nous e contestons pas ; qu’il soit nommé des experts de part et d’autre, que 
« des comptes financiers soient établis, qu’il y ait exament du passé , du présent, et de l’avenir par 
« une Commission. Il peut se faire que nous devions à Fillé, nous ne le croyons pas ; nous 
« discuterons, nous défendrons nos droits et nous soumettrons au jugement d la Commission.
« Il faut l’avouer, Messieurs, cette proposition est grande ; elle vous fait voir, la volonté énergique de 
« la section de Guécélard, sa confiance dans votre appréciation sage, et modérée. En plus, qu’il soit 
« permis à votre Rapporteur qu’il a vu de près, senti et compris la position respective. La période de 
« 1866 à 1872 était de transition ; elle est à cette heure à l’état aigu.
« Nous lisons encore, dans une délibération  dernière, n°14 : Nous maintenons que l’importance de 
« nos souscriptions sera en rapport avec nos besoins et la réalité sera garantie par nos signatures ; 
« en plus, nous acceptons le jugement des experts quant à la position territoriale et financière.
« D’un autre côté, Fillé dit que si la séparation était admise, pour sauvegarder les intérêts de la 
« section de Fillé, il demanderait que le compte des chemins fût étable par la Commission d’expertise.
« Ce que Guécélard admet.
« Votre Commission vous propose alors les conclusions suivantes :
« Le Conseil Général donne un avis favorable à la division de Fillé-« Guécélard en deux communes, 
« division justifiée par l’enquête, l’avis du « Commissaire enquêteur et l’avis de la Commission 
« d’Arrondissement à « l’unanimité.
« Il prie Monsieur le Préfet de nommer trois experts pris dans la section de Fillé, et trois dans la 
« section de Guécélard, deux membres du Conseil Général et un fonctionnaire du département de 
« l’ordre financier.
« Cette Commission fixera la position financière et territoriale des deux « sections séparées ».

- Monsieur Terrien appuie les conclusions du rapport.

- Monsieur le Préfet : «  le Conseil n’a à se prononcer que sur le principe « de la séparation. Une Commission d’arbitrage sera instituée pour en « régler les conditions ».



Lorsque la rivière Sarthe, et son affluent le Rhonne sortent de leurs lits.......! .

Troisième session du Conseil Général du 30 août 1872.
( dossiers archives 730 pièces )


- Monsieur Drouin lit le rapport suivant sur la division des communes en sections électorales :

« Messieurs,
« Conformément à l’article 43 de la loi du 10 août 1871, chaque année,  dans la session d’août, le 
« Conseil Général, par un travail d’ensemble comprenant toutes les communes du département, doit 
« procéder à la révision des sections électorales et en dresser un tableau.
« Tous les maires ont été consultés à ce sujet par Monsieur le Préfet, et celui de la commune de 
« Cérans-Foulletourte, a été le seul à demander la division de sa commune en sections électorales. 
« Cette division ayant été précédemment établie, étant d’ailleurs justifiée par des nécessités locales, 
« nous vous prions de bien vouloir la maintenir.
« Quand à ce qui concerne la commune de Fillé-Guécélard, le Conseil ayant émis un avis favorable à 
« la séparation, il y aura nécessairement deux sections distinctes ; mais des élections pouvant 
« survenir avant que la volonté du Conseil ait reçu son exécution, il est nécessaire de maintenir 
« provisoirement les deux sections, l’une à Fillé, l’autre à Guécélard ».

- Conclusions adoptées.

La Commission a été nommée et a réglé la question par une délibération en date du 29 novembre 1872.

L’affaire est en ce moment soumise à Monsieur le Ministre de l’Intérieur.


Session ordinaire du 28 septembre 1872, du Conseil Général de la Sarthe.
( dossiers archives 730 pièces )


Le 28 septembre 1872 : par une nouvelle pétition en date du 18 février 1872, adressée au Préfet de la Sarthe, 144 habitants de la commune de Fillé-Guécéalrd demandent de nouveau la distraction du territoire de la section de Guécélard, et son érection en commune séparée.

Le principal motif invoqué par les pétitionnaires est la séparation de la section de Guécélard du chef-lieu de la commune, par la rivière Sarthe et le ruisseau le Rhonne, ce qui rend les communications difficiles. Outre cette considération, les pétionnaires font valoir que la section de Guécélard est érigée en succursales et possède une église et un presbytère ; qu’elle possède également une maison d’école où la mairie pourrait être facilement installée ; que la section de Guécélard, si la demande est admise, n’aura pas de dépenses appréciables à faire que la séparation n’entrainera aucune augmentation de dépenses ; que la population de Guécélard est de 595 habitants et celle de la section de Fillé près de  700 ; que les deux communes auraient encore chacune un nombre suffisant d’habitants et un chiffre de ressources qui leurs permettraient de subvenir à leurs charges ; qu’il y a cinq conseillers municipaux à Guécélard, et qu’il y en a sept pour la section de Fillé ; que Guécélard n’a pas d’adjoint spécial chargé de l’état civil ; enfin, que la situation actuel entretient entre la population des deux sections une grande irritation.

Cette demande a été soumise aux formalités prescrites par la loi du 18 juillet 1837.

Le procès verbal d’enquête constate que 144 déclarations écrites sont favorables à la séparation, et que 203 protestations écrites ont été formulées. Parmi les auteurs de ces protestations, on compte 16 habitants ou propriétaires de Guécélard. Les adhésions sont motivées sur les considérations exposées dans la demande de séparation. Les opposants se fondent sur ce que la division réclamée aurait des résultats  fâcheux, surtout en ce qui touche les intérêts financiers de Fillé et de Guécélard, et que ces sections qui peuvent à peine aujourd’hui faire face à leurs charges ne pourraient plus suffire à leurs besoins.


- Monsieur de La Suze, Commissaire enquêteur, a exprimé l’avis ci-après :

« C’est en 1795 que Guécélard fut réuni à Fillé. Depuis cette époque bien de changements sont 
« intervenus dans les deux sections. 
« En 1866, une demande de séparation fut présentée au vote du Conseil Général après enquête, la 
« section de Guécélard voulant, comme aujourd’hui, être érigée en commune.
« Le Commissaire enquêteur demandait, par son rapport, le statu quo.
« Le Conseil d’Arrondissement approuva la séparation de Guécélard d’avec Fillé, à condition de 
« sauvegarder les intérêts financiers de Fillé. Le Conseil Général dit qu’il n’y avait pas lieu de 
« donner suite au vote.
« En 1872, nouvelle demande de Guécélard. Je ne parlerai des demandes et de l’exagération 
« apportée dans quelques-uns des documents.
« Les deux Conseils appelés à décider la question trouveront au dossier les pièces propres à les 
« éclairer à ce sujet.
« Mais ce qu’il faut constater, c’est qu’à l’heure présente il y a  une irritation croissante, une 
« fermentation qui laisse craindre pour l’avenir.
« Au point de vue de la convenance, il faut l’avouer, tout plaide en faveur de Guécélard. La Sarthe 
« et le Rhonne sont assez hauts  parfois. Les crues sont un assez fort obstacle aux communications. 
« La distance des deux bourgs, l’un de l’autre, prête à de grandes fatigues, soit pour les enfants, soit 
« pour les pères et mères de famille allant à la mairie. Le passage du bac est parfois chose peu sûre.
« La rivière la Sarthe partagerait parfaitement les deux sections agissant  à chacune un nombre à 
« peu près égal d’habitants, une  égale étendue de territoire.
« La section de Guécélard possède une école mixte, un cimetière, une église, un presbytère. La 
« position des trois dernier objets n’est encore pas régularisée, mais elle peut l’être en peu de temps.
« Il ne manquerait plus à Guécélard qu’une maison d’écoles et une mairie, chose que les notables 
« m’ont affirmé pouvoir être faite en peu de temps, et pour laquelle il offrirait des garanties.
« Mais il y a une autre question que les habitants de Guécélard n’ont passez mûrie. Le jour où la 
« section deviendra commune, pourra-t-elle se suffire et s’imposer autant qu’il le faudra, et voler de 
« ses propres ailes ?
« J’ai lu attentivement le rapport fait à ce sujet et les budgets communaux présentés par l’honorable 
« M. Carteret, maire de Fillé-Guécélard, à qui je rends le plus juste hommage d’impartialité et de 
« droiture.
« Le Conseil Général et le Conseil d’Arrondissement examineront les budgets, les pièces du dossier, 
« et ils constateront la position qui me semble difficile à prendre pour Guécélard.
« Guécélard répond à cela que Monsieur le Préfet nommera des juges, qu’on examinera les comptes, 
« qu’on fera une balance, et qu’étant établie une dette pour l’une ou pour l’autre des sections, celle 
« des deux qui aura un report à faire s’y soumettra, et alors les sections seront séparées.
« Pour moi, je proposerai à Guécélard ceci, et je me suis rencontré d’idée avec notre honorable 
« Préfet :
« Ayez un adjoint spécial, possédez des archives, et la chambre au-dessus de la maison d’école mixte 
« sera suffisante ; pas de dépenses, et alors une certaine sorte d’autonomie.
« Les notables m’ont répondu qu’accédant à l’idée de Monsieur le Préfet, ils avaient réuni les 
« habitants et leur avaient fait la proposition, et tous avaient répondu : tout ou rien.
« En face de cette situation, je retirai ma proposition et je reviens à celle-ci qui mon avis à la suite de 
« l’enquête à laquelle je me suis livré.
« Soit : que Guécélard soit commune ; mais qu’auparavant la position de ses édifices soit 
« régularisée, que les compte financiers soient examinés ; que Guécélard rende à Fillé, après 
« preuves, ce que cette dernière dit lui appartenir ; que la position des deux communes, des chemins 
« soient constatée et régularisée ; que Guécélard affirme qu’elle peut établir maison d’école de 
« garçons avec mobilier et salle de mairie ; qu’elle garantisse un traitement de 700 fr pour 
« l’instituteur, et de ce jour, les Conseils peuvent admettre de déclarer que la section de Guécélard 
« peut devenir une commune.

Le Conseil Municipal de Guécélard de Fillé-Guécélard, assisté des plus imposés, a, dans sa réunion du 13 juin 1872, émis l’avis suivant :

« Considérant que si la situation géographique de la section de  Guécélard est intéressante, la 
« situation générale de la commune et ses intérêts financiers ne le sont pas moins ;
« Considérant que les intérêts pécuniaires lient intimement les deux sections de la commune de Fillé-
« Guécélard ;
« Considérant que les frais d’administration de deux petites communes sont toujours bien plus 
« onéreux pour les contribuables que ceux d’une commune d’une certaine importance ;
« Considérant que la distraction de la section de Guécélard ne peut avoir « lieu sans porter un grave 
« préjudice aux intérêts pécuniaires de la section de Fillé ;
« Considérant que les charges financières de la section de Guécélard deviendraient plus lourdes par 
« le fait même de la séparation ; 
« Considérant que la séparation des deux sections en deux communes distinctes serait un 
« accroissement de dépenses de 872 fr 44 c. ;
« Considérant que les centimes additionnels déjà chargés outre mesure (  plus de 28 centimes pour 
« 1872, plus de 38 centimes pour 1873 et  années suivantes ), fussent-ils encore augmentés, ne 
« pourraient faire face à ce surcroît de charges ; 
« Considérant que le compte des chemins exécutés su Guécélard se solde au profit de Fillé par 6,000 
« fr environ dont les prestataires et les plus imposés de Fillé réclament la restitution et dont 
« Guécélard ne peut justifier un prochain remboursement ;
« Est d’avis à la majorité que la séparation demandée n’ait pas lieu.
« Si contre toute attente, l’avis du Conseil n’était pas partagé par les assemblées chargées de se 
« prononcer sur cette affaire, le Conseil espère dans la justice de ces assemblées ;
« 1°- Pour sauvegarder les intérêts de la section de Fillé en ordonnant que le compte des chemins 
« soit établi et que le solde en soit remis à la section de Fillé avant la séparation de fait ;
« 2°- Pour faire droit à la pétition figurant au dossier de l’enquête sous le  n° 9 pétition par laquelle 
« un certain nombre d’habitants de la rive gauche de la Sarthe demandent à rester partie intégrante 
« de la section de Fillé, le Conseil propose alors de limiter la commune par l’ancien chemin d’Arnage 
« et le chemin de Buffe. La limite des deux communes suivrait ensuite et à partir du Gué de Buffe le 
« cours de la rivière ». 

Dans cette même réunion les Conseillers Municipaux de la section de Guécélard ont consigné au procès-verbal de cette délibération les observations qui suivent :

« Les membres du Conseil Municipal de la section de Guécélard, au nombre de 5 contre 7 pour la 
« section de Fillé, exposent que si ils sont en minorité dans le Conseil Municipal des deux sections 
« réunies, ils n’en persistent pas moins à réclamer la séparation ; ils  s’en référent à l’exposé des faits 
« et produits à l’appui de leur demande. Ils exposent encore que, en supposant, dans l’état actuel des 
« choses, la mairie établie à Guécélard ( ce qui aurait sa raison d’être ), les habitants de Fillé se 
« trouveraient placés en face de toutes les difficultés qui existent pour les habitants de Guécélard ; 
« ceux-là viendraient nécessairement solliciter la légitime mesure que Guécélard réclame pour les 
« mêmes causes que celles qui militeraient en faveur de la demande de la section de Fillé. Ces faits 
« ne sont pas contestables.
« Quant au règlement des comptes, les Conseillers Municipaux et les plus imposés de la section de 
« Guécélard acceptent par avance la situation qui sera dressé par qui de droit, sur ordre de M. le 
« Préfet ou de toute administration compétente.
« Les soussignés s’engagent personnellement, à défaut de la section de Guécélard, à rembourser à la 
« section de Fillé le solde de ce compte si la séparation avait lieu et dans un délai de dix-huit mois, 
« commençant le jour de l’installation du Conseil Municipal de la section de Guécélard ».

Les membres du Conseil Municipal

     Signé  : Pivron , Brador , Cordier , Loyer J. , Livache

Les plus imposés

Signé : Moreau , Guet , P. Loyer

La Commission Syndicale élue par les électeurs municipaux appartenant à la section de Guécélard, dans sa réunion du 15 juin 1872 cherche à réfuter les observations du Conseil Municipal de Fillé et persiste à demander la séparation . Elle déclare, en outre, que pour les questions pécuniaires, elle s’en rapporte aux expertises qui pourraient être ordonnées.

- M. le Directeur  des Contributions directes, consulté, a fait observé que si la distraction de Guécélard est prononcée, il sera indispensable de créer pour chaque commune une matrice cadastrale, des états de sections, un atlas ; que les matrices générales des quatre contributions indirectes et des prestations devront être refaites ; qu’il en résultera une dépense assez considérable et que cette dépense ne fera qu’accroître le déficit du budget M. le Directeur ajoute :

« En outre, l’établissement des diverses pièces dont il s’agit peut être nuisible à la conservation des 
« documents cadastraux ; il serait donc préférable d’ajourner la division demandée jusqu’à l’époque 
« où le renouvellement du cadastre permettrait d’exécuter la mesure à moins de frais et de répartir 
« plus équitablement la contribution foncière par un nouveau classement des propriétés opération à 
« laquelle il ne peut être procédé aujourd’hui.
« En résumé, l’examen de la question au point de vue exclusif des impôts directes ne permet pas de 
« méconnaître que pour le Trésor, de même que pour les contribuables intéressés, il y aurait profit à 
« maintenir l’état de choses actuel afin d’éviter en même temps des difficultés et des dépenses ;
« Cette considération, je le répète, est toute particulière et n’a pas été introduite dans le débat ; je 
« pense, toutefois, qu’elle mérite attention au moment surtout où l’augmentation des charges de 
« toutes natures, incombant aux commune, est devenue inévitable et excessive ».

- Le Conseil d’Arrondissement du Mans, appelé à son tour à examiner la question a donné son adhésion au projet dans les termes suivants : 

« Le Conseil considérant que le ruisseau Rhonne et la rivière Sarthe qui séparent en deux la 
« commune de Fillé-Guécélard, sont un obstacle à la communication facile entre les habitants de ces 
« deux sections ; que les habitants de Guécélard, distant de Fillés de trois kilomètres, ont obligés de 
« payer un droit de passage pour venir à Fillé ; que Guécélard possède une église, un presbytère, et 
« une maison d’école où l’on peut établi la mairie ; que les notables habitants de Guécélard ont 
« engagé leur signature pour l’acquittement des sommes qui seraient mises à la charge de leur 
« section par expertise ; que la question des ressources financières des deux communes après leur 
« séparation a été examinée et qu’il appert de documents officiels que les budgets proposés et admis 
« par le Conseil Municipal de Fillé-Guécélard ( dont la majorité appartenant à Fillé avait intérêt à 
« grossir les chiffres ) se soldaient, par prévision avec un déficit considérable, et que ces mêmes 
« budgets, se soldaient, avec des excédents. 
« Le Conseil Municipal, à l’unanimité, émet l’avis que la séparation des sections de Fillé et de 
« Guécélard, et l’érection de Guécélard en commune distincte, doivent être prononcées, sous réserve 
« du règlement, après séparation, des comptes pécuniaires entre les deux communes ».

D ‘après le dénombrement de 1872, les habitants de la section de Guécélard sont au nombre de 572, et la section de Fillé en compte 659 ; soit, au total de 1231 habitants.

Un tableau statistique dressé par Monsieur le Maire de Fillé-Guécélard, et joint au dossier fait connaître que les revenus ordinaires de cette commune sont actuellement de 5,175 fr 62 c., et les dépenses ordinaires de 6,630 fr 82 c.

Ces deux chiffres se divisent ainsi entre les deux sections :

- Fillé : Revenus ordinaires……………………3,095 fr. 29 c.
           Dépenses ordinaires………………….3,781 fr. 75 c.

- Guécélard : Revenus ordinaires……………2,080 fr. 33 c.
                   Dépenses ordinaires…………2,849 fr. 75 c.

Le déficit de 1,455 fr. 20 c. est couvert par une imposition extraordinaire de 1,360 fr. et le surplus par les subventions de l’État et du département.

D’après ledit tableau, la séparation prononcée , la situation financière serait la suivante :

- Fillé : Revenus ordinaires………………..…3,095 fr. 29 c.
           Dépenses ordinaires………………….3,802 fr. 33 c. 
           déficit………………………………………….  707 fr. 04 c.

- Guécélard : Revenus ordinaires…………..2,080 fr. 33 c.
                   Dépenses ordinaires…………3,700 fr. 93 c.
                                        Déficit……………………………… 1,620 fr. 33 c.

Le déficit serait donc augmentée, par la division sollicitée d 872 fr.

La commune de Filllé-Guécélard est actuellement grevée de 3 centimes extraordinaires pendant 10 ans pour l’achèvement des chemins vicinaux et de 17 centimes pendant 4 ans, à partir de 1873, pour le remboursement d’un emprunt.

Le territoire de Fillé-Guécélard se compose de 2,225 hectares, savoir :

- Fillé : …………………….1,015 hectares,

- Guécélard…………… ..1,210 hectares.

Analyse des vœux et avis émis lors de la session de 1872, pendant la première partie

Le Conseil considérant que le ruisseau Rhonne et la rivière Sarthe qui séparent en deux la commune de Fillé-Guécélard, sont un obstacle à la communication facile entre les habitants de ces deux sections ; que les habitants de Guécélard, distant de Fillés de trois kilomètres, ont obligés de payer un droit de passage pour venir à Fillé ; que Guécélard possède une église, un presbytère, et une maison d’école où l’on peut établi la mairie ; que les notables habitants de Guécélard ont engagé leur signature pour l’acquittement des sommes qui seraient mises à la charge de leur section par expertise ; que la question des ressources financières des deux communes après leur séparation a été examinée et qu’il appert de documents officiels que les budgets proposés et admis par le Conseil Municipal de Fillé-Guécélard ( dont la majorité appartenant à Fillé avait intérêt à grossir les chiffres ) se soldaient, par prévision avec un déficit considérable, et que ces mêmes budgets, se soldaient, avec des excédents. 

- Le Conseil Municipal, à l’unanimité, émet l’avis que la séparation des sections de Fillé et de Guécélard, et l’érection de Guécélard en commune distincte, doivent être prononcées, sous réserve du règlement, après séparation, des comptes pécuniaires entre les deux communes.


Deuxième session du Conseil Général de la Sarthe en date du 19 août 1873.
( dossiers archives 937 pièces )


- Monsieur Galpin, donne lecture du rapport ci-après :

« Messieurs,
« Parmi des dossiers confiés à la Commission des Objets divers, figurent  plusieurs vœux du Conseil 
« d’Arrondissement du Mans, extraits du procès verbal de la première partie de la session de 1873. 
« L’un est ainsi conçu.
« Le Conseil exprime l’avis qu’il y a lieu de prononcer la séparation de la « communes de Fillé-
« Guécélard, est d’ériger la section de Guécélard en commune distincte, sous la réserve du règlement 
« des comptes.
« Le Conseil insiste, en 1873, avec d’autant plus d’insistance, que les événements arrivés au cours de 
« l’hiver derniers confirment tout ce qu’il y a de fondé dans la demande des habitants de Guécélard, 
« au sujet de l’interruption du passage par l’élévation des eaux.
« Vous connaissez, Messieurs, cette question qui a donné lieu déjà à de longues discussions, et 
« passionne vivement les sections intéressées. Guécélard séparé de Fillé par le Rhonne, cours d’eau 
« qui  devient parfois un torrent, et par la Sarthe qu’on ne traverse qu’à l’aide d’un bac, offrant à 
« l’époque des crues un moyen de communication peu sûr, comme l’a prouvé cet hiver encore 
« l’accident qui a causé la mort de deux prêtres, et que rappelle le Conseil d’Arrondissement ; 
« Guécélard possédant dès aujourd’hui une école mixte, une grande maison où l’on peut installer une « mairie et une école de garçons, une église, un presbytère, et un cimetière ; Guécélard répondant 
« aux réclamations à Fillé, qu’il accepte vis-à-vis de cette section les règlements de compte 
« qu’établirait une commission d’arbitrage nommée par l’autorité administrative, Guécélard, 
« a dans ces motifs, de trop sérieux arguments à faire valoir, pour que  nous soyons surpris de voir 
« cette section persister dans une demande de séparation qui, on l’avouera, se montre rarement aussi 
« bien justifiée.
« Notre honorable collègue, Monsieur de La Suze, a fait valoir, l’année dernière, toutes ces raisons, 
« dans son rapport, en vous présentant les conclusions favorables que avez adopté. Nous ne ferons 
« que maintenir l’avis que nous avons exprimé, en nous associant au vœu à nouveau émis par le 
« Conseil d’Arrondissement du Mans.
« C’est-ce que nous acons l’honneur de vous proposer ».

- Conclusions adoptées.

Le 21 août 1873, Monsieur Gentil présente le rapport suivant,

« Messieurs,
« Conformément à l’article 43 de la loi du 10 août 1871, chaque année, dans la session d’août, le 
« Conseil Général, par un travail d’ensemble comprenant toutes les communes du département, doit 
« procéder à la révision des sections électorales et en dresser un tableau.
« Pour vous faciliter le travail, Monsieur le Préfet, à consulter à ce sujet tous les Maires du 
« département ; deux Maires seulement, Cérans-Foulletourte et Fillé-Guécélard, ont demandé que 
« leur commune fut divisée en deux sections ; cette division existe depuis plusieurs années, et votre 
« Commission des Objets divers vous propose de décider à nouveau que les communes de Cérans-
« Foulletourte et de Fillé-Guécélard seront divisée en deux section électorales et déterminées comme 
« les années précédentes ».

- Le Conseil adopte à l’unanimité,

Par le procès verbal de la session du Conseil Général du 23 août 1873, nous apprenons que Guécélard à 4,875 mètres de chemins subventionnés.

Dans les vœux exprimés par le Conseil Général dans la session  deuxième ordinaire 1873, figure : 

« Le Conseil Général appuie de  nouveau auprès de Monsieur le Ministre de l’Intérieur, le vœu émis 
« par le Conseil d’Arrondissement en faveur de la division de la commune de Fillé-Guécélard, et de 
« l’érection de la section de Guécélard en commune distincte, sous réserve du règlement des comptes ».

Dans son intervention du 23 octobre 1874, Monsieur Tassin, Préfet de la Sarthe, s’adressant aux membres de l’assemblée du Conseil Général de la Sarthe, présidé par Monsieur Drouin, soumet en vertu de l’article 3 de la loi du 14 avril 1871, et de l’article 43 de la loi du 10 août 1871, des propositions pour la révision des sections électorales. Il cite qu’actuellement deux communes Cérans-Foulletourte et Fillé-Guécécélard sont divisées en sections, et propose de maintenir cette situation, et à cet exemple de diviser Le Mans en onze sections. 

Lors de la session du 26 octobre 1875, Monsieur le Préfet , fait remarquer que dans la commune de Fillé-Guécélard, la première section, celle de Fillé, comprenant les électeurs de la rive droite de la Sarthe, et qui compte 659 habitants, serait appelée à nommer sept conseillers, et la deuxième section, celle de Guécélard, comprenant les électeurs de la rive gauche, qui compte 572 habitants, nommerait cinq conseillers municipaux. Le conseil municipal de Fillé-Guécélard se composerait donc de 12 membres nommés par deux sections différentes. 

Il en ressort, que lors des votes, la section majoritaire, absorbe toutes les ressources pour ses chemins, ses établissements, …etc….Il aurait été logique, pour éviter des disfonctionnements que chacun participe aux affaires municipales, en toute objectivité, en toute loyauté, qu’il n’y ait pas d’infériorité ni pour les personnes, ni pour les choses, ni pour des quartiers ou des portions du territoire communal.

Dans sa première session ordinaire le Conseil Général de la Sarthe a à statuer, sur une nouvelle demande parvenue le 17 mars 1875.

Le Conseil général, après une discussion qui établit qui peut y avoir intérêt à reprendre l’examen de la demande de division de la commune de Fillé-Guécélard, et de l’érection de la section de Guécélard en commune distincte, qui a été écartée par décision ministérielle, s’associe au vœu émis à ce sujet par le Conseil d’Arrondissement du Mans, mais en ce sens que les intéressés, instruits des dispositions du Conseil Général, puisse prendre l’initiative d’une nouvelle demande s’ils le jugent convenable.



Deuxième session ordinaire de 1875, du Conseil Général  - lundi 16 août 1875
( dossiers archives 775 pièces )


- Monsieur Bertron-Auger, doyen d’âge préside l’Assemblée
La session du 19 août 1875 a été particulièrement animée et houleuse, autour du dossier de la division de la commune de Fillé-Guécélard

- Monsieur Botteri ( Mayet ), rapporteur, expose à l’assemblé des membres du Conseil Général, que le Conseil d’Arrondissement du Mans insiste pour demander la séparation de la commune de Fillé-Guécélard, et l’érection de la section de Guécélard en commune distincte sous réserve du règlement des comptes.

- Monsieur Galpin ( Pontvallain ), dit que les sérieux motifs invoqués par la section de Guécélard pour obtenir sa séparation sont toujours les mêmes, que le Conseil Général n’a pu les méconnaître et à précédemment émis un vœu favorable à cette séparation, qu’il n’y a pas lieu de douter que le Conseil Général maintient son avis et appuie de nouveau la demande de cette commune et le vœu du Conseil d’Arrondissement.

- Monsieur M. Tassin, Préfet de la Sarthe, cette question est aujourd’hui jugée A la suite des demandes présentées et des vœux exprimés, j’ai écrit à Monsieur le Ministre de l’Intérieur, qui a répondu qu’il ne pouvait suite à la séparation qu’on sollicitait.

- Monsieur Le Monnier ( Docteur en médecine  Château-du-Loir ), Monsieur le Préfet semble, en présentant ainsi les faits, nous conduire dans une impasse dont il serait fâcheux de ne pouvoir plus sortir.

- Monsieur Courtillier ( propriétaire-cultivateur - Précigné ), je ferai remarquer ue la question a tourné. Lorsqu’elle s’est précédemment agitée devant nous, le Conseil était unanime à appuyer la séparation, Monsieur le Préfet lui-même, ne semblait pas alors défavorable à cette solution.

- Monsieur M. Tassin, Préfet de la Sarthe, permettez ; je n’ai pas donné mon opinion, je ne me suis pas prononcé sur l’opportunité ou la non opportunité de la mesure. Depuis lors, l’Administration supérieure a donné satisfaction aux deux communes intéressées dans la mesure du possible. J’ai proposé de nommer un adjoint, pour la section de Guécélard ; cette section a refusé d’accepter cette mesure.

- Monsieur Galpin, si, comme je le crois, le deux sections sont fondés à réclamer, il est naturel et logique qu’elles refusent une demi-mesure qui serait de nature à entraver la solution complète qu’elles se croient en droit d’obtenir.

- Monsieur Leporché ( Avocat - Le Mans - 2ème canton ), j’adhère aux observations présentées par Monsieur Galpin. En présence de la demande persistante de séparations présentée par les sections de Fillé et de Guécélard, en présence des motifs qu’elles invoquent à l’appui, il est difficile d’admettre que la section de Guécélard ait pu se contenter de l’équivoque satisfaction qu’on prétendait lui donner. 

- Monsieur Rubillard ( Expert - Le Mans - 1er canton ), sans doute, et les nouvelles demandes de Fillé et de Guécélard sont d’autant plus naturelles que l’Administration elle-même semblait avoir admis la séparation, du moins en principe.

- Monsieur M. Tassin, Préfet de la Sarthe, il n’y a pas de nouvelles demandes émanant des sections de Fillé-Guécélard, et la question, je l’ai dit, est tranchée par la décision ministérielle. Quant à L’administration préfectorale, elle ne s’est jamais prononcée sur la division.

- Monsieur Rubillard, je crois pouvoir dire que l’Administration préfectorale admettait si bien la division en principe, que fut réservée simplement le règlement des comptes. Une Commission fut nommée pour procéder à ce règlement des comptes ; j’eus l’honneur d’en faire partie et même d’en être le Président. Les dossiers nous furent soumis ; il y eut alors entre les deux sections intéressées une entente, un compromis. Depuis lors, Monsieur le Ministre n’ a pas cru devoir donner suite à la séparation. Mais je croyais qu’il y avait nouvelle demande et production de nouveaux arguments pour répondre aux objections de Monsieur le Ministre.

- Monsieur M. Tassin, Préfet de la Sarthe, on présente ici, comme on l’a déjà fait dans cette discussion, les faits autrement qu’ils ne sont  dans la réalité. On vient dire que les deux sections sont ou ont été d’accord sur la question de séparation. Je déclare à nouveau qu’elles ne l’ont jamais été. La section de Fillé n’a pas de cessé de repousser cette séparation et de protester contre elle. Elle a dit, il le fallait bien, si la séparation est prononcée, je me soumettrai et alors il faudra régler les comptes. Voilà tout ce qu’elle a dit. Quant à mon administration, elle n’a jamais admis d’avis favorable à la séparation et a complètement réservé son opinion.

- Monsieur Rubillard, j’ai dit qu’à l’époque où l’on avait convoqué la Commission, l’administration ne semblait pas hostile à la séparation. J’ai ajouté que ses deux sections ne paraissaient pas éloigner de s’entendre sur la séparation puisqu’elles étaient d’accord pour régler leurs comptes.

- Monsieur Tassin, Préfet de la Sarthe, il y a une équivoque qu’on semble chercher à entretenir et que je veux faire disparaître. Ce que je vous dis est exact. Jamais les deux sections n’ont été d’accord pour la séparation. C’est malgré Fillé que la Commission a été convoquée. Jamais l’entente n’a existé entre cette section et celle de Guécélard.

- Monsieur Rubillard, les Procès Verbaux de la Commission seraient mieux que toute cette discussion, de nature à éclaire le Conseil.

- Monsieur Cordelet ( Avocat - Le Mans - 3ème canton ), il y a un fait certain, c’est qu’on pouvait se croire  en droit d’attendre la séparation des deux sections, c’est que devançant même cette solution, une Commission a fonctionné pour régler les comptes respectifs.. Or, si l’une des sections avait absolument repoussé cette solution, elle aurait refusé de concourir au règlement des comptes. Son adhésion au travail de la Commission implique donc son acceptation de la séparation qu’on supposait alors devoir intervenir.

- Monsieur Tassin, Préfet de la Sarthe, ce sont des inductions contre lesquelles je proteste.

- Monsieur Galpin, je crois que nous n’avons en ce moment une décision à prendre. Le Conseil Général maintient-il ou non, son avis favorable qu’il a donné à la séparation des deux sections de Fillé-Guécélard. La situation n’a pas changé. Nous devons donc exprimer le regret que Monsieur le Ministre de l’Intérieur n’ait pas cru pouvoir donner à cette affaire la solution réclamée et émettre le vœu que cette solution puisse être obtenue à l’avenir.

- Monsieur le Président, met aux voix, cette proposition qui est adoptée.

À la session du 23 août 1875, du Conseil Général, Monsieur Leporché lit un rapport sur les sectionnements proposés par l’Administration,

« Messieurs,
« J’ai l’honneur, au nom de votre Commission des Objets divers, de vous  présenter le rapport 
« suivant, sur la division des communes du département de la Sarthe en section électorale.
« L’article 43 de la loi du 10 août 1871, porte : chaque année, dans sa session d’août, le Conseil 
« Général, par un travail d’ensemble comprenant toutes les communes du département, procède à la 
« révision des sections électorales et en dresse la tableau.
« Monsieur le Préfet de la Sarthe a demandé à Messieurs les Maires de lui adresser des propositions 
« et de lui faire connaître : 
- 1° - la désignation et « la composition de chacune des sections qu’il pourrait y avoir lieu d’établir ; 
- 2° - le nombre d’habitants compris dans chaque section ; 
- 3° - si la « division avait lieu précédemment et les motifs sur lesquels il s’appuie.
« Messieurs les Maires de Fillé-Guécélard et de Cérans-Foulletourte et du Mans ont seuls demandé 
« la division de leur commune en sections électorales, c’est-à-dire le maintien de l’état des choses 
« actuel et les divisions arrêtées par délibération du Conseil Général, du 26 octobre 1874.
« En ce qui concerne les communes de Fillé-Guécélard et de Cérans-Foulletourte, votre Commission, 
« adoptant les propositions de Monsieur le Préfet de la Sarthe, vous propose d’établir comme suit les 
« sections électorales de ces communes,
« Commune de Fillé-Guécélard : 2 sections, 12 conseillers
« 1ère section, Fillé, 659 habitants, partie de la commune sur la rive « droite de la Sarthe, 7 conseillers,
« 2ème section, Guécélard, 572 habitants, partie de la commune sur la rive « gauche de la Sarthe, 5 conseillers,
« ………….  

Les conclusions de la Commission sur la première partie du rapport, sectionnement des communes de Fillé-Guécélard et de Cérans-Foulletourte, sont mises aux vois et adoptées.


Session ordinaire  du  20 août 1877, Conseil Général de la Sarthe,
( dossiers archives 179 pièces)


Séance du  20 août 1877 ouverte à 2 heures et demi, sous la présidence de Monsieur Bertron-Auger, qui occupe le fauteuil comme doyen d’âge, en présence de Monsieur A. de Waru, Préfet de la Sarthe.

Séance du 23 août 1877, Monsieur Rubillard donne l’habituelle lecture de……………

« Les Maires du Mans, de Fillé-Guécélard et de Cérans-Foulletourte ont,  seuls, demandés la division 
« de leur commune en sections électorales, « c’est-à-dire réclamés le maintien dans l’état actuel des 
« choses
« …………

Séance du 23 août 1877, Monsieur le Président met d’abord aux voix la division en sections de deux communes Fillé-Guécélard et Cérans-Foulletourte.

- Cette division est adoptée à l’unanimité.


Session ordinaire d’avril 1879 du Conseil Général de la Sarthe
( dossiers archives  1082 pièces )


Ouverture de la première session le lundi 21 avril 1879, sous la présidence de Monsieur L.-A. Cordelet ( maire du Mans ), Monsieur Lagrande de Langre, Préfet de la Sarthe est présent.

- Monsieur Léopold Galpin ( député - maire de Pontvallain ), est nommé secrétaire de séance

Séance du 26 avril 1879, Monsieur le Comte de Chavagnac, maire de Tuffé, au nom de la Commission de Objets divers, lit le rapport suivant concernant la demande de division de la commune de Fillé-Guécélard,

« Messieurs,
« A votre session dernière, sur la proposition de votre Commission des Objets divers, vous avez 
« décidé que le dossier relatif à la demande de division de la commune de Fillé-Guécélard  fût 
« renvoyé aux pétitionnaires, afin qu’ils puissent répondre au rapport du Maire, et des habitants de 
« la section de Fillé.
« Depuis lors l’adjoint et les habitants de la section de Guécélard ont répondu, prouvant que le 
« danger et difficultés du maintien  de l’intégrité de la commune étaient bien réels et que, d’un autre 
« côté, l’existence financière de deux sections était possible.
« Votre Commission des Objets divers vous propose donc à l’unanimité de donner votre approbation 
« au projet de division de la commune de Fillé-Guécélard, en priant Monsieur le Préfet de faire 
« procéder aux formalité « préliminaires d’enquête, etc.. ».

- Les conclusions du rapport sont adoptées.

Lors de la deuxième session ordinaire de 1879, dans son rapport Monsieur Lagrange de Langre, Préfet de la Sarthe, p.126.

« Dans le fond de l’exercice 1878, élevé par suite de reports successifs à 22,770 fr. 24, a été réparti, 
« conformément à mes propositions, par vous et la Commission départementale, entre les communes 
« ci-après, jusqu’à concurrence de 17,725 fr., savoir,
« ………………
« Fillé-Guécélard…………200 fr.

Barème des prestation en 1879,

- prix de la journée d’un homme……………..1 fr. 50
- journée d’un cheval ou d’un  mulet..…….2 fr.
- journée d’un bœuf………………………………….2 fr.
- journée d’un âne…………………………………….0 fr. 50
- journée d’une voiture ordinaire.…………….1 fr. 50
- journée d’une voiture à âne..…………………1 fr.

Dans la deuxième partie du rapport du Préfet de la Sarthe à l’assemblée du Conseil Général : 

Chapitre IV - Circonscriptions territoriales -  sujet : Commune de Fillé-Guécélard - Projet de division,

« Selon de désir que vous avez exprimé dans votre session d’avril, j’ai fait  procéder aux formalités 
« prescrites par la loi du 17 juillet 1837 sur le projet de division de la commune de Fillé-Guécélard.
« Une enquête  a été ouverte tant sur le projet de distraction du territoire de Fillé-Guécélard, de la 
« section de Guécélard et son érection en commune distincte, que sur les conditions de cette 
« distraction.
« 317 déclarations verbales ou écrites ont été reçues à l’enquête, 236 sont favorables au projet, 81 
« sont défavorables.

- Monsieur le Commissaire a émis l’avis suivant :

- « Les raisons invoqué par les habitants de Guécélard en demandant leur séparation sont les suivantes :
« 1° nous possédons tout ce qui est indispensable à une commune, c’est-à-dire une église, un 
« presbytère, une maison d’école mixte…etc,
« 2° nous sommes séparés de Fillé par une distance de trois kilomètres. En outre pour se rendre dans 
« ce dernier bourg, nous sommes obliger de franchir le ruisseau le Rhonne et de traverser la Sarthe 
« en bateau. Ce dernier passage est quelquefois dangereux, comme le prouvent les accidents relatés 
« dans la pièce justificative inscrite dans la lettre A.
« Nous ne  sommes représentés que par cinq conseillers, tandis que Fillé en possède toujours sept ; 
« nous sommes toujours en minorité, ce qui veut dire que tous nos intérêts sont seulement sous la 
« sauvegarde des habitants de Fillé.
« Les motifs invoqués par les habitants de Guécélard ont  certainement « une grande portée et seront 
« d’un grand poids en faveur de la séparation demandée.
« D’un autre côté, les habitants de Fillé protestent contre la séparation, en disant : d’une commune 
« qui marche bien, vous allez en faire deux misérables et incapables d’être viable. 
« En un mot, ils invoquent la question de finances.
« Les deux sections nous ont remis deux copies de budget, que je joins au dossier du procès-verbal 
« d’enquête, lesquelles copies ne se ressemblent guère, car Guécélard mentionne un fort excédent de 
« recettes, tandis que Fillé un déficit énorme. La première fournit un relevé du dernier exercice clos 
« en 1877, et termine en disant : Reste en caisse pour Fillé 36,822 fr. 40 et 3,605 fr. 24 pour 
« Guécélard.
« La seconde fournit un relevé de budget sans indiquer de quelle année, et termine en disant : Déficit 
« pour Fillé, 1,066 fr. 96 et 1,872 fr. 93 pour Guécélard.
« Il est aisé de voir qu’il y a une grande exagération de part et d’autre : Fillé a forcé le chiffre des 
« dépenses, tandis que Génelard a forcé celui des recettes.
« Après avoir mûrement étudié le budget communal, j’ai produit, sur un tableau inscrit sous la lettre 
« B un résumé des recettes et des dépenses ordinaires, en laissant de côté tous les centimes spéciaux 
« et les dépenses correspondantes. Pour les dépenses qui ne sont qu’en prévision, j’ai souvent pris 
« des chiffres inférieurs à ceux inscrits au budget de Fillé, parce qu’il me paraissaient souvent forcés.
« En résumé, comme le tableau précité l’indique, le budget de Guécélard,  en cas de séparation se 
« solderait par un déficit de 202 fr. 14 et comme le centime est à 33 fr. 08, il suffirait de six centimes 
« environ pour le couvrir. Donc les dépenses et les recettes ordinaires se solderaient par une 
« imposition extraordinaire de six centimes.
« En ajoutant les centimes spéciaux, au nombre de vingt deux, le budget de Guécélard se réglerait 
« par vingt-huit centimes sur lesquels il n’y a que six centimes extraordinaires.
« En résumé, Guécélard paierait moins de centimes dans le cas de séparation.
« J’ai cru devoir mettre de côté quelques articles du budget qui ne sont pas obligatoires, surtout pour 
« une commune qui débute.
« Pour l’article 23 intitulé : Pain de pauvres, je n’ai porté que 200 fr.
« au budget, parce que d’abord ce n’est pas obligatoire, c’est-à-dire dans bien des communes, 
« comme à La Suze, nous ne portons rien au budget et nous y suppléons par des quêtes. Si la somme 
« de 200 fr. n’est pas suffisante, la municipalité pourra y subvenir par des souscription privées.
« Pour les deux articles 31 et 32 du budget, où est inscrit la somme de 200 fr., nous n’avons rien 
« porté pour l’école des garçons qui n’existe point, ni pour la mairie dont-ils pourront se passer 
« pendant quelques temps.
« Pour l’ article 30 intitulé : Cours d’adultes, je n’ai rien porté, parce qu’il ne me paraît nullement 
« nécessaire à Guécélard dans une école mixte.
« Pour l’article 22 : Mobilier médical, je n’ai rien pu mettre, car il n’existe pas.
« La demande de séparation formulée par les habitants de Guécélard me paraît complètement 
« justifiée pour les motifs que je résume :
« 1° Guécélard possède église, presbytère, école mixte,
« 2° Les habitants ne peuvent gérer leurs intérêts, puisqu’ils sont toujours en minorité dans le 
« Conseil de Fillé,
« 3° Le passage de la Sarthe en bateau offre des dangers réels à certaines époques ;
« 4° Le budget de Guécélard, dans le cas de la séparation, me paraît devoir être moins chargé que 
« dans le cas actuel ;
« 5° Le Conseil d’Arrondissement, dans sa dernière séance, a voté à l’unanimité cette séparation,
« 6° Le Conseil Général, dans sa session du mois d’avril dernier, a voté aussi à l’unanimité cette 
« séparation.

« J’ose espérer que le Gouvernement de la République voudra bien  exaucer les vœux formulés par 
« les habitants de la section de « Guécélard.
« La délimitation entre les deux communes paraît toute naturelle, la Sarthe sépare déjà les deux 
« paroisses.

- Le Conseil Municipal de Fillé-Guécélard, appelé a donné son avis, a pris une délibération, le 10 juillet 1879, dont voici les conclusions,

« Les Conseillers et les plus imposés, opposés à la séparation, motivent comme suit leur avis.
« Considérant que déjà, dans son état actuel, la commune n’ a pas dans ses revenus ordinaires, les 
« ressources suffisantes pour faire face à ses dépenses ordinaires, et qu’elle est chaque année d’avoir 
« recours aux centimes extraordinaires, dont le taux est très élevé, surtout lorsque les dépenses 
« extraordinaires viennent s’imposer, comme ceci est arrivé depuis de longues années, et que sans les 
« subventions obtenues elle n’aurait pu satisfaire à ses besoins ;

« Que fractionnée en deux communes, elles seraient les plus faibles du canton, ne tirant leur 
« existence que dans une contribution basée sur le principal des quatre contributions, qui ne serait, 
« pour Fillé, que de 3,828 fr., et pour Guécélard de 3,308 fr., d’où le centime serait pour l’une la 
« représentation de 38 fr. 28, et pour l’autre de 33 fr. 08.
« Il est constant que les dépenses que les Conseils qui se sont succédés,  ont voté, chaque année, 
« devront être supprimées, soit réduites en partie, et qu’il n’y aura pas, à beaucoup près, la même 
« somme de besoins satisfaits.
« Qu’en effet dans le projet de besoins pour chaque commune, remis avec l’avis de Monsieur le 
« Commissaire enquêteur, se trouvent entièrement retranchés, ou très sensiblement diminués, des 
« crédits jugés jusqu ‘à ce jour, par tout le Conseil, nécessaires ou utiles.
« Qu’ainsi est supprimé de crédit porté pour salaire du cantonnier, que le Conseil a élevé de 420 à 
« 500 fr., et que si l’on se reporte au budget vicinal, on se demande où seront prises les ressources 
« pour l’entretien des chemins ; que les crédits alloués pour les pauvres ou les malades sont réduits 
« de plus de moitié ; que c’est renvoyer les malheureux à la charité privée qui ne s’exerce pas dans 
« les campagnes peu aisées comme dans les villes habitées par les gens riches ; et que si de la sorte 
« on allège un budget municipal, on n’allège pas les charges des habitants de la commune qui 
« donneront, s’ils sont charitables, sous le nom d’aumônes, ce qu’ils versent sous le titre d’impôt en 
« proportion de leurs revenus ; qu’en brisant l’existence de cette commune on créerait deux 
« misérables, ne pouvant satisfaire que très insuffisamment à leurs dépenses obligatoires malgré les 
« subventions qui leurs seraient accordés par le Département et par l’État, sans être obligées de 
« surcharger le contribuable.
« Quant aux causes de séparation invoquées :
« Considérant que la section de Guécélard fait valoir que ses habitants venant au bourg de Fillé, 
« sont obligés de franchir le ruisseau le Rhonne et de traverser la Sarthe en bateau ; que ce dernier 
« passage est quelquefois dangereux, comme le prouvent les accidents relatés dans une pièce 
« justificative, inscrite sous la lettre A, et jointe à l’avis de Monsieur le Commissaire enquêteur ; que 
« dès lors il est nécessaire de rétablir l’exactitude et la portée des faits allégués, etc………
« ………………………………………….
« Que ce n’est pas la séparation des deux sections et leur création en communes distinctes qui 
« préviendraient des accidents arrivés à quelques particuliers imprudents ; et que bien d’autres 
« communes que celle de Fillé-Guécélard sont traversées par la Sarthe, telles que celles de Spay et de 
« Roëze qui environnent Fillé.
« Considérant que bien que la distance du bourg de Fillé à celui de  Guécélard soit de près de trois 
« kilomètres, ce ne peut être une cause de créer deux communes qui ne sauraient exister de leur 
« propre vie ; que certains habitants hors du bourg n’ont pas un trajet plus long pour aller à un 
« bourg ou à l’autre ; que d’autres sont plus près de Fillé que de Guécélard, et que les habitants du 
« bourg, dès que leur section est paroisse et a une maison d’école, n’ont pas de fréquents voyages à 
« faire à Fillé ; que tout le monde sait d’ailleurs ce qu’il y a à faire dans une mairie d’une commune 
« rurale ; que la section de Guécélard ne saurait même alléguer la nécessité de venir à Fillé pour les 
« actes d’état civil à recevoir, puisqu’elle est à même d’avoir un adjoint spécial ;
« Considérant que si Guécélard n’a que cinq conseillers municipaux, il faut bien reconnaître que, eu 
« égard à la population de chaque section, cette proportion doit être respectée ; que Guécélard n’a 
« pas droit à six conseillers, et que Fillé a droit à plus de six conseillers ;
« Mais considérant que la section de Guécélard allègue, ce qui serait plus sérieux, que ses intérêts 
« matériels sont systématiquement négligés, et que les ressources de la commune sont dépensés au 
« profit de Fillé ; mais que ce grief n’a jamais eu et n’a aucun fondement ;
« Qu’en effet il est voté, depuis de longues années, une dépense facultative pour le traitement du 
« cantonnier, qui a été élevé pour 1880 de 420 fr à 500 fr ; qu’il n’est pas contestable que la section 
« de Guécélard profite plus de cette dépense que celle de Fillé, puisque les chemins à l’état 
« d’entretien, sur son territoire ont toujours une longueur plus que double que sur celui de Fillé, et 
« que le cantonnier est laissé sous les ordres et la direction de Messieurs les Agents voyers.
« Que la somme considérable allouée chaque année pour les pauvres profite autant à une section 
« qu’à l’autre ; que la commission de charité, est composée de membres pris en nombre égal dans 
« chaque section, et qu’elle remplit sa mission, sans acception de personnes, avec une impartialité et 
« un dévouement tels que des remerciements lui ont été votés ;
« Que des fonds provenant de l’emprunt de trois mille francs ont aussi bien servi à indemniser les 
« victimes de l’occupation prussienne sur la rive gauche que sur la rive droite de la Sarthe ;
« Que la maison d’école de Génelard a été réparée a grand frais comme celle des garçons de Fillé, et 
« même avant celle-ci ;
« Et que les autres dépenses sont affectées aux services publics ;
« Qu’il serait donc injuste de crier à l’oppression lorsqu’on signale aucun « fait.

- Les Conseillers et le plus imposés favorables à la séparation, motivent leur avis comme suit :

« Considérant qu’ils n’acceptent pas comme exacts les faits ci-dessus énoncés ; - que les raisons 
« exposées par Monsieur le Commissaire enquêteur dans son avis, démontrent que la section de 
« Guécélard pourra convenablement s’administrer avec ses propres ressources, et qu’ils se  réservent 
« de déduire les autres causes de séparation dans la délibération que doit prendre la Commission 
« syndicale.
« L’Assemblée passant au vote :
« Est d’avis à la majorité que la séparation n’ait pas lieu.
« Quant aux conditions de la séparation, et au cas où elle aurait lieu « contre le gré de la majorité, 
« l’Assemblée,
« Considérant que chaque section érigée en commune distincte serait hors d’état de faire le plus petit 
« report en argent, et s’acquitter soit par voie d’emprunt, soit par un surcroît d’imposition 
« extraordinaire ; que le seul moyen de régler les conditions de séparation est de procéder par voie de « compensation, et selon l’équité.
« Est d’avis à l’unanimité,
« Que chaque section, érigée en commune, devenant de droit propriétaire de tous les édifices et 
« autres immeubles servant à l’usage public, et situés sur son territoire conserve également intact 
«  tout le mobilier affecté à leur usage, sans partage, ni report quelconque.
« Que les 280 fr. de rentes sur l’État, provenant de donations faites en faveur de l’établissement des 
«  sœurs de Fillé, restent en entier à la section de Fillé, l’Assemblée reconnaissant d’ailleurs qu’ils ne 
« sauraient être détournés de leur destination ; que les 67 fr. en rentes sur l’État, pour les pauvres, 
« soient partagés entre chaque section, proportionnellement au nombre de la population, notamment 
« pour leur procurer une portion de la dotation de 50 fr., nécessaire à la création de bureaux de 
« bienfaisance.
« Que les fonds à revenir du Département ou de l’État, pour les chemins vicinaux ordinaires, qui 
« auraient été employés à la confection du chemin de Guécélard à Roëze, n°7, dont le retranchement 
« du réseau subventionné a été voté par délibération du 10 novembre 1878, soient en entier reportés 
« sur le chemin dit des Vignes, situé sur le territoire de Fillé, et cela à titre de compensation.
« Et que, moyennant ces conditions, chaque section conserve, en meubles comme en immeubles, tout 
« ce qu’elle possède sur son territoire sans indemnité ;
« Enfin l’Assemblée s’adresse, en cas de séparation, à la bienveillance du département, pour qu’il 
« veuille bien aider la section de Guécélard dans ses frais de premier établissement, et 
« particulièrement à composer ses archives ».


- La Commission Syndicale élu par électeurs municipaux de la portion de territoire dont la distraction est sollicitée, a pris une délibération le 12 juillet 1879, dont extrait ce qui suit :

« Tout d’abord la Commission déclare que le rapport de Monsieur le  Commissaire enquêteur, 
« Monsieur Laporte, maire de La Suze, lui semble rendre exactement la situation respective des deux 
« sections et qu’elle approuve à l’unanimité, dans toute son étendue et dans tous ses détails.
« Ensuite elle fait remarquer que les intéressés de Guécélard, se trouvant d’après la loi dix seulement 
« contre quatorze, n’ont pu faire adopter contre la majorité une seule de leurs observations et qu’ils 
« ont dû se contenter, tout en protestant, de refuser leurs signatures, de refuser leurs signatures à la 
« délibération.
« La Commission déclare en outre, que la délibération municipale est d’une longueur démesurée, que 
« le temps lui manque pour en prendre copie, et qu’elle doit se contenter, sans entrer dans certains 
« détails qui ne sont pas irréfutables, de combattre les principales allégations ou dénégations émises 
« contre le vœu général des habitants de Guécélard.
« Elle ne s’arrêtera donc qu’à l’exposé des faits ci-dessous exprimés 
« 1° - Difficultés de communications entre les deux sections - La section de Guécélard est séparée de 
« celle de Fillé, par la rivière Sarthe et le ruisseau le Rhonne ( qu’il faut toujours passé à gué ), dont 
« les eaux débordées et réunies à certaines époques, interceptent, ou à peu prés, toutes les 
« communications entre les deux sections.
« L’Administration supérieure elle-même a si bien reconnu et compris cette  vérité, qu’elle a divisé la 
« commune en deux sections, et y a nommé deux adjoints ( le maire n’a jamais voulu communiquer 
« avec celui de Guécélard ), malgré l’infériorité numérique de la population. Les habitants de 
« Guécélard qui se rendent à la mairie de Fillé pour affaire d’administration ( car rarement ils vont 
« pour autre chose ), doivent franchir le ruisseau le Rhonne, et traverser la Sarthe en bateau - 
« Comme il faut payer à chaque voyage, il ya toujours dépenses d’argent et perte de temps La mairie 
« se trouve à trois kilomètres de Guécélard et la résidence du maire à cinq kilomètres, et Guécélard 
« est un bourg relativement important et Guécélard est même plus important que celui de Fillé, et sis 
« sur la route nationale n°23.
« 2° - Malheurs et accidents arrivés au passage des rivières - Ces malheurs et accidents sont 
« fidèlement exposés dans un tableau ci-joint. Le Conseil Municipal a semblé vouloir les contester ou 
« les dénaturer. Nous répondons qu’il est toujours facile, après une catastrophe, de donner torts aux 
« événements ou de les rejeter sur ce qui  ne sont plus là pour se défendre, mais les faits sont là et ils 
« demeurent incontestables. Nier, n’est pas infirmer, nous en appelons aux témoignages de tous.
« 3° - Natures et quotité des propriétés communales - La nature et la quotité des propriétés 
« communales avant comme après la séparation et autres enseignements statistiques sont indiqués 
« par un tableau annexé.
« 4° - Situation financière - Le Conseil Municipale tourmente beaucoup les chiffres dans l’exposé de 
« la situation financière ; il prend un moyenne de dix années ( naturellement celles où la commune a 
« eu le moins de recettes et a fait le plus de dépenses ), puis laissant de côté certaines recettes, 
« notamment en ce qui concerne les subventions du Département ou de l’État, et exagérant les 
« prévisions des dépenses budgétaires, dans lesquelles ont fait figurer tous nos besoins passés, 
« présents ou futurs, il parvient à trouver un déficit annuel assez considérable. Nous protestons 
« contre ce procédé, qui n’est nullement conforme aux divers états de situation du percepteur, 
« principalement en ce qui concerne à rapport aux recettes et aux « dépenses 1877.
« Le budget et le compte rendu de 1877 ayant été le seul et arrêté définitivement au moment de notre 
« nouvelle demande de séparation, nous l’avons pris pour point de départ - Et là encore nous ferons 
« remarquer qu’il y a des dépenses considérables faites à la maison d’école des garçons de Fillé. Ces 
« travaux sont terminés et payés : ils ne doivent donc plus figurer d’une façon permanente sur les 
« budgets subséquents.
« D’un autre côté, il y a presque plus de chemins vicinaux à faire sur la commune et les dépenses 
« ultérieures à ce sujet peuvent être très sensiblement réduites, puisque, dans un avenir prochain, ce 
« ne seront plus que des dépenses d’entretien. - On peut aussi diminuer un peu : 1° le traitement du 
« secrétaire de la mairie, qui a été encore augmenté au mois de mai dernier ( 300fr.) ; 2° le salaire du 
« concierge de la mairie, qui n’existe pas ; 3° le remontage de l’horloge qui devrait être une dépense 
« fabricienne, l’horloge appartenant à l’église de Fillé et n’étant nullement utile à la section de 
« Guécélard ; 4° les dépenses pour le  mobilier médical, qui ne figure sur le budget que pour mémoire 
« l’indemnité incompréhensible donnée au fermier du bac, puisque ce bac n’est pas une entreprise 
« communale.
« On se demande pourquoi l’institutrice de Guécélard qui, d’après le  compte du percepteur et 
« d’après la vérité, touche une rétribution scolaire de 872fr. ( officiel ), ne figure au budget que pour 
« la somme de 577 fr.50. - Si on procède de même pour l’instituteur et l’institutrice de Fillé, 
« évidemment la situation est faussée et n’est pas exposée exactement.
« Il y a, de plus, certains terrains communaux loués à divers habitants de Guécélard par la commune 
« une certaine somme est annuellement payée par ces locataires et nous ne la voyons pas figurer 
« aux recettes.
« Naguère encore on a fait afficher à Guécélard, et à Fillé aussi, sans doute, la vente d’ajoncs et 
« autres bois, herbes ou bruyères situées sur les terrains communaux ; nous ne savons pas si cette 
« vente a été réalisée, en tout cas elle ne doit pas être importante ; mais comment se fait-il qu’elle 
« n’ait jamais été inscrite comme prévisions sur aucun budget ?
« A nos yeux la situation financière de la commune n‘est point exactement exposée dans le travail 
« envoyé contre nous à la Préfecture par la Mairie, et cela pour les besoins de la cause : on veut 
« paraître plus pauvre qu’on ne l’est en réalité, afin d’élever obstacle contre notre projet de 
« séparation.
« Ainsi la situation budgétaire n’est point telle que la présente la Mairie, les recettes ordinaires 
« peuvent facilement faire face aux dépenses ordinaires. Pour les dépenses extraordinaires, nous 
« aurons, comme partout ailleurs, comme on le fait actuellement dans la commune de Fillé-
« Guécélard, recours à des crédits extraordinaires. Monsieur le Commissaire enquêteur, après un 
« examen que nous croyons approfondi, est arrivé à un résultat qui, certes, n’est pas celui du Conseil 
« Municipal.
« Nous, de notre côté, après d’actives et sincères recherches nous nous  sommes trouvés d’accord 
« avec le chiffre de l’enquête ou à peu près. Il nous suffit pour cela de prendre pour base de nos 
« opérations les comptes administratifs officiels du percepteur receveur de la commune, et de  laisser 
« le budget fantaisiste dressé contre nous par le Secrétaire de la Mairie ( Voir feuille annexé ).
« La Commission entend donner à la section de Guécélard, érigée en commune distincte le nom de 
« Guécélard-sur-Sarthe.
« L’étendue se composera de tout le territoire compris en deçà de la rivière la Sarthe, en prenant 
« pour limite la moitié de cette rivière, et c’est ainsi que cette commune, suivant le tableau ci-joint, 
« aurait une superficie de 1,209 hectares 53 ares 26 centiares et une population de 551 habitants. 
« Quant aux conditions de cette distraction, la Commission approuve la transaction qui a été faite : 
« à savoir, que la section de Fillé n’aura rien à réclamer à la section de Guécélard quant aux 
« dépenses qui auraient été faites sur son territoire, au moyen de ce que cette dernière aurait 
« consenti à faire l’abandon, au profit exclusif de Fillé, des subventions qui ont été promises à la 
« commune pour la construction du chemin de Roëze à Guécélard sous réserve du règlement de 
« l’exercice de 1879, le boni devant être partagé, sans que la section de Guécélard soit tenue à 
« l’excédent des dépenses.
« 5° - L’importance de la question - L’érection de Guécélard en commune est une chose importante 
« sous tous les rapports pour les « habitants de cette section ; ce n’est qu’un petit intérêt matériel 
« pour Fillé.
« La Commission après avoir pesé le pour et le contre du projet, déclare que la section de Guécélard 
« est fondée dans sa demande d’érection en commune distincte ; que les deux communes pourront 
« parfaitement se suffire ; que la paix remplacera l’animosité qui règne aujourd’hui ; que la position 
« actuelle des deux sections est trop pénible et trop tendue pour quelle puisse durer d’avantage.
« Les soussignés prient donc les Administrations compétentes de vouloir bien accorder à la section de 
« Guécélard le bénéfice de leur appui.


- Monsieur le Directeur des Contributions directes appelé, conformément aux instructions a donné son avis,

« Le Directeur des Contributions directes soussigné, après un examen des pièces composant le 
« dossier qui lui a été communiqué par Monsieur le Préfet de la Sarthe, relativement à une demande 
«  formée par la section de Guécélard, pour obtenir sa séparation de la commune de Fillé-Guécélard 
« et son érection en commune distincte, pense qu’il y a lieu d’examiner cette affaire à quatre points 
« de vue principaux : 1° au point de vue de la situation géographique ; 2° au point de vue la bonne 
« harmonie des deux budgétaires de ces sections de la commune ; 3° au point de vue des intérêts 
« budgétaires de ces sections ; 4° au point de vue des intérêts du Trésor.
« Au point de vue de la situation géographique , la séparation et l’érection de Guécélard en 
« commune distincte se justifient pleinement ;  ces deux sections sont en effet séparée par une large 
« rivière et aucune communication directe n’existe entre elles, autrement que par un bac, dont le 
« passage n’offre pas toujours une sécurité complète, témoins les accidents signalés par l’une des 
« pièces du dossier, accidents qui, pour avoir été peut-être exagérés dans leurs conséquences, n’en 
« sont pas moins très réels. L’on doit cependant constater que la commune de Fillé-Guécélard n’est 
« point la seule qui se trouve dans cette situation et que plusieurs autres communes du département 
« ont une ou plusieurs de leurs sections de celle où se trouve le chef-lieu, par des obstacles naturels 
« qui gênent et entravent les communications.
« Au point de vue de la bonne harmonie qui doit régner entre les habitants d’une commune, le 
« Directeur n’est pas à même d’émettre une opinion raisonnée sur cette question ; les pièces du 
« dossier ne permettent pas en effet d’apprécier le degré d’animosité qui peut exister entre les deux 
« sections, ni les effets que pourraient produire une séparation pour l’apaisement des esprits.
« Au point de vue des intérêts budgétaires des deux sections, sans entrer dans une discussion 
« approfondie des ressources dont peuvent « disposer les sections de Fillé et de Guécélard, ni 
« discuter les chiffres énoncés dans les budgets des dépenses établis par les intéressés, budgets qui, 
« pour le dire en passant, différent d’une façon notable, le Directeur se bornera à rappeler cette 
« vérité incontestable que plus une commune est importante et a un principal considérable, mieux 
« elle est à même d’exécuter des travaux d’utilité générale sans augmenter outre mesure les charges 
« des contribuables. Le nombre des centimes extraordinaires imposés pour 1879 à la commune de 
« Fillé-Guécélard est de 33 ; ce chiffre est sensiblement supérieur à la moyenne du canton, de 
« l’arrondissement et du département.
« Le montant de ce que l’on peut appeler les frais généraux incombant aux communes, qui tiennent à 
« leur constitution même et sont presqu’ indépendants de leur importance ; les ressources dont 
« dispose particulièrement la section de Fillé et dont se trouverait privée la section de Guécélard 
« après sa séparation ; l’importance des chemins à entretenir sur cette dernière section qui dépasse 
« de beaucoup celle des chemin à entretenir sur Fillé ; enfin l’insuffisance des édifices municipaux de 
« Guécélard, insuffisance qui nécessiterait dans un avenir plus ou moins rapproché des dépenses 
« extraordinaires, semblent prouver surabondamment que le nombre des centimes extraordinaires, 
« au lieu de diminuer après la séparation, comme l’indique le budget établi par la Commission 
« syndicale de Guécélard, augmenterait d’une façon sensible. Dans tous les cas, le Directeur est 
« convaincu qu’il ne saurait y avoir, par le fait même de la séparation, diminution des charges pour 
« les deux nouvelles communes.
« Au point de vue des intérêts du Trésor, le Directeur estime que ces intérêts sont complètement hors 
« de cause et qu’il ne résulterait de la séparation demandée ni gain, ni perte pour le Trésor, en ce qui 
« concerne bien entendu les contributions directes il ajoute que le remaniement des pièces 
« cadastrales s’opérerait sans difficulté par suite des limites bien tranchées des deux sections et de la 
« parité de leurs alignements cadastraux, et que les frais occasionnés par ce remaniement 
« ne sauraient être considérables.
« En  résumé et comme conclusion à ces considérations, le Directeur soussigné est d’avis que les faits 
« qui militent en faveur de la séparation demandée sont de nature sentimentale plutôt que d’ordre 
« pratique et il laisse le soin à l’Administration d’apprécier si ces  faits sont suffisamment importants 
« pour motiver la création d’une nouvelle commune.

Dans ses séances des 17 et 21 juillet 1879, le Conseil d’Arrondissement du Mans a exprimé l’avis ci-après:



- Séance ordinaire du 17 juillet 1879,


« Cette question qui a déjà occupé le Conseil d’Arrondissement, à  plusieurs reprises, est de nouveau 
« sous nos yeux, accompagnée de documents et de renseignements qui lui donne un caractère des plus « sérieux.
« Il ressort, en effet, des explications fournies par Monsieur le Secrétaire Général, que les raisons 
« alléguées par Guécélard sont nombreuses, importantes ; que les bâtiments communaux sont au 
« complet dans cette section, où il existe église, presbytère, école mixte ; que la distance est de trois 
« kilomètres entre les deux sections ; que la difficulté des relations y est encore accrue par le passage 
« de deux rivières, le Rhonne et la nombreux accidents qui y sont survenus ; que le Conseil Municipal 
« est composé de douze membres dont appartiennent à la sectionde Fillé, et cinq seulement à la 
« section de Guécélard ; qu’il s’ensuit un conflit perpétuel entre les deux sections et surtout au 
« détriment des intérêts de Guécélard, et que cette situation désagréable cessera nécessairement 
« avec l’érection des deux sections en communes distinctes ; que financièrement chacune des deux 
« sections peut facilement vivre sans être trop chargée d’impôts.
« Monsieur Laporte ajoute quelques explications dans le but de compléter les renseignements puisés 
« au dossier.
« Le Conseil Général, dans sa session d’avril, a donné un avis favorable à Guécélard.

« Mais vu l’importance de la question, Monsieur Laporte prie le Conseil de bien vouloir reporter la 
« délibération à lundi prochain. Le Conseil accepte la proposition de Monsieur Laporte, et décide 
« qu’il se réunira lundi 21 juillet 1879, à dix heures du matin, pour délibérer sur la question  
« Guécélard et achever de traiter les questions à l’ordre du jour.



- Séance ordinaire du Conseil Généeal le 21 juillet 1879,


« Monsieur le Secrétaire Général consulté par le Conseil  d’Arrondissement lui donne à ( titre de 
« renseignements )  les explications budgétaires concernant les deux sections de Fillé et de  
« Guécélard séparées ; il en résulterait que le budget pour chaque « commune pourrait se régler 
« comme par le passé par une imposition de 30 centimes.
« Monsieur Latouche ajoute que quand même l’imposition se trouverait élevé à trente-cinq centimes, 
« cela ne serait pas une raison pouvant modifier les intentions du Conseil d’Arrondissement en 
« faveur de Guécélard.
« Mais, au contraire, Monsieur le docteur fait remarquer au Conseil que dans le tableau des dépenses 
« le salaire du cantonnier y est inscrit pour 420 fr. ; que la section de Guécélard, contrairement aux 
« habitudes de la plupart des communes, grève sont budget de 380 fr. pour aider le bureau de 
« charité, et qu’il ne serait nullement surprenant qu’au moment de l’érection en commune distincte 
« de Guécélard, ce crédit ne se trouvât tout à fait inutile, car il sepourra que les habitants de 
« Guécélard s’empresseront par leurs aumônes de pourvoir complètement aux besoins de leur 
« bureau de charité.
« De même la nécessité d’entretenir un cantonnier ne paraît pas justifiée.
« Or ces deux crédits étant en partie écartés, l’imposition pour Guécélard se trouverait réduite 
« facilement à I5 centimes environ,
« En effet, les recettes ordinaires sont de………………...341 fr. 40
« les dépenses ordinaires sont de.………………………1,324 fr. 50 
«                                 différence………………………….983 fr. 10
« qui sont bien le produit de trente centimes additionnels.
« En conséquence, le Conseil, considérant que la question du budget est tout à l’avantage de la 
« demande de Guécélard,
« Considérant que les chemins vicinaux ordinaires sont à peu prés terminés.
« Considérant qu’en ne tenant compte que des dépenses ordinaires et des centimes spéciaux, le 
« budget, pour chaque commune, se réglerait dans la plus large disposition, par une imposition de 
«  trente centimes qui, jusqu’à il y a deux ans, a été de trente huit et cinquante centimes pour les 
« deux sections réunies.
« Considérant que la prétention des habitants de Fillé de vouloir maintenir continuellement ceux de 
« Guécélard en tutelle n’est nullement fondée, et qu’au contraire ces derniers sont parfaitement en 
« état de s’administrer eux-mêmes ;
« Considérant tous les motifs qui ont déjà été exposés à sa séance du 17 juillet,
« Est d’avis que la séparation des deux sections de Fillé-Guécélard en deux communes distinctes soit 
« ordonnée, et que ces deux communes soient limitées par la démarcation la plus naturelle qui est la 
« rivière Sarthe.

- La section de Fillé a une population de 633 habitants et une étendue de 1,007 hectares.

- La section de Guécélard a une population de 551 habitants et un étendue de 1,218 hectares.

- La communes de Fillé-Guécélard s’impose annuellement d’environ trente centimes additionnels pour équilibrer son budget.

« Vous trouverez , je pense, Messieurs, dans les documents reproduits ci-dessus et dans le dossier de 
« l’affaire que j’aurai l’honneur de vous soumettre, les éléments nécessaires pour émettre l’avis que 
« vous êtes appelés à formuler en vertu de l’article 50, 1er alinéa, de la loi du 10 juillet 1871 ».

- Dans la Troisième partie - Chapitre VI - page 428,

Demande de modification de limites du territoire, soumise au Conseil Général de la Sarthe, des habitants de Guécélard qui voudraient se séparer de la commune de Fillé-Guécélard et voir ériger leur section en commune distincte.

Dans un rapport du 20 août 1879, de Monsieur Bouttevin, lors de la session ordinaire du Conseil Général , nous apprenoons que Guécélard compte 547 habitants.

Dans sa séance du 22 août 1879, le Conseil Général de la Sarthe,
( dossiers archives )

- Monsieur le comte de Chavagnac ( maire de Tuffé ), au nom de ses collègues de la Commission Objets divers, conclut à la division de Fillé-Guécélard, en deux communes distinctes, la section de Guécélard devant être distraite du territoire de Fillé-Guécélard et érigée en commune distincte.

- Le Conseil Général émet un vote favorable au conclusion du rapporteur.


Session extraordinaire du 20 mars 1880, du Conseil Général de la Sarthe,
( dossiers archives 1115 pièces )


Sous la présidence de Monsieur L.-A. Cordelet, maire du Mans, en présence de Monsieur Lagrange de Langre, Préfet de la Sarthe, celui-ci donne lecture,

- d’une dépêche de Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

« Paris, le 28 décembre 1879,
« Monsieur le Préfet,
« Vous m’avez transmis le 4 novembre dernier, le dossier d’une pétition  par laquelle les Conseillers 
« Municipaux demandent la distraction de leur « section de la commune de Fillé-Guécélard et les 
« habitants de Guécélard, canton de La Suze, arrondissement du Mans ( Sarthe ), et son érection « en 
« commune distincte.
« C’est la troisième fois que l’administration est saisie de ce projet écarté en 1873 et en 1875.
« Comme à cette époque les pétitionnaires exposent que leur section possède tous les édifices publics 
« nécessaires au fonctionnement d’une municipalité, que séparés du chef-lieu par une barrière 
« naturelle, la Sarthe, ils sont astreints à des déplacements pénibles et quelquefois mêmes dangereux, 
« aucun pont ne reliant les deux parties de la commune ; qu’enfin la section de Guécélard, 
« représentée au sein du Conseil Municipal par un nombre de Conseillers inférieur à celui de la 
« section du chef-lieu, voit celle-ci s’approprier la plus grande parties des ressources communes.
« En 1875, le Ministre de l’Intérieur reconnaissait que la Sarthe pouvait occasionner une certaine 
« gêne aux habitants de Guécélard et proposait d’y remédier par la création d’un adjoint spécial ; la 
« section ne répondit pas à cette offre qui faisaient disparaître les inconvénients signalés en  
« supprimant les déplacements nécessités par les déclarations de l’état civil.
« Depuis, aucun fait nouveau n’est venu modifier la situation ; j’en vois, par conséquent, aucune 
« raison pour revenir sur les décisions prises par mes prédécesseurs.
« L’examen personnel que j’ai fait du dossier m’a, au contraire, convaincu que le démembrement ne 
« pourrait avoir lieu sans nuire à la fois aux intérêts généraux et à l’intérêt particulier des deux 
« groupes de population.
« Si, en effet, les deux sections en population et superficie une importance qui permettrait à la 
« rigueur de les constituer en municipalités distinctes, leur situation financière deviendrait très 
« obérée après la séparation. Sans être riche, la commune de Fillé-Guécélard peut faire face à ses 
« dépenses à l’aide centimes additionnels qui rapportent chacun 71 fr. ; elle peut consacrer près de 
« 1,000 fr par an au soulagement de ses pauvres. Il est incontestable que, réduite à un  principal de 
« 3,300 ou 3,800 fr. donnant par valeur de centimes 33 à 38 fr., les deux communes qu’il s’agirait de 
« créer seraient beaucoup plus pauvres ; et, pour équilibrer le budget de Guécélard, on serait obligé 
« de diminuer au détriment des services publics la dotation de chacun d’eux. D’ailleurs cette section 
« serait légalement obligée d’entretenir une école de filles, et la bâtiment lui manquant, elle devrait 
« en construire une ou deux dans un local provisoire. Il lui faudrait également une salle de Mairie 
« dont la dépense n’est prévue au budget.
« La commune actuelle paraît être administrée avec intelligence et impartialité, aucune cause réelle 
« de rivalité n’existe entre les sections, les ressources ne sont pas, comme l’allègue Guécélard, 
« exclusivement employée à l’avantage de la section de Fillé, puis que sur 12,398 mètres de chemins 
« vicinaux existant dans la commune entière, Guécélard en renferme 8,413 mètres, et Fillé seulement 
« 3,935.
« Dans ces conditions, j’estime que le mieux est de maintenir l’état de réunion, sauf, si la section de 
« Guécélard le désire, à provoquer, comme le proposait mon prédécesseur, la nomination d’un 
« adjoint spécial pour remplir dans ce village les fonctions d’officier d’état civil.
« Vous trouverez ci-joint le dossier de l’affaire moins quelques documents que j’ai conservé pour 
« ordre.
« Recevez……..etc…..».

- Monsieur Rubillard, à la séance du 8 avril 1880, revient sur la décision ministérielle :

« La publication de cette décision a produit un grand émoi chez les intéressés qui s’attendaient à une 
« autre solution.
« Afin de dissiper cette émotion, je tien à donner quelques explications sur la situation actuelle de 
« cette affaire. Le dossier qui avait été renvoyé par Monsieur le Ministre a été, à la suite de nouvelles 
« démarches redemandées et est aujourd’hui à l’examen de la section qui en saisira prochainement le 
« Conseil d’État. Rien ne peut donc plus aujourd’hui faire préjuger d’une solution défavorable et 
« justifier les craintes qui se manifestent ».

- Monsieur Le Monnier, député, maire de Château-du-Loir,

« J’ajouterai que j’ai reçu, il y a quelques jours, une lettre de Monsieur le Directeur de 
« l’Administration départementale et communale, m’annonçant que la semaine prochaine le Conseil 
« d’État statuerait sur cette affaire ».

Une demande de modification de limites de territoire présentée par les habitants de Guécélard, qui a été soumise au Conseil Général n’a de ce fait reçu de solution, et est rappelée ici pour mémoire.

Dans le Recueil des lois, Décrets, Ordonnances et Avis du Conseil d’État - Année 1880 - L. Larose et Forcel - éditeurs à Paris nous avons trouvé page 429 :

- 3 juillet 1880 - 31 juillet 1880 - Loi qui érige en municipalité distincte la section de Guécélard ( Sarthe ). ( XII, B, DLXIII, n.9860. )

- page 628, Loi votée le 30 juillet 1880, qui érige en municipalité distincte la section de Guécélard ( Sarthe ) , B.9860.

Dans les archives compulsées, nous découvrons, dans la séance du 7 avril 1880  :
Une liquidation de la pension de retraite :

- Le rapporteur Monsieur Barbay,

« Messieurs,
« Madame Jeanne-Françoise Morand, veuve de Monsieur Brador Pierre, ancien Receveur à l’Asile 
« d’aliénés au Mans, sollicite la liquidation de sa retraite ».

« Monsieur Brador, qui jouissait d’une pension annuelle et viagère de 1,898 fr.. est décédé à Fillé-
« Guécélard, le 9 novembre 1879.
« Madame Brador ainsi qu’il est justifié par des pièces à l’appui mariée le  28 décembre 1831, n’a 
« jamais été séparée ni de corps ni de biens de son mari et n’a pas contracté de nouveau mariage.
« Conformément aux règles établies, par l’application de l’article 2 du décret du 22 octobre 1862, 
« qui lui accorde la moitié de la pension de son mari, soit 949 fr., votre Commission des Finances 
« vous propose de liquider la pension de Madame veuve Brador à ladite somme de 949 fr., avec 
« jouissance du 10 novembre 1879 ».

- Adopté

Dans son rapport à la session ordinaire du 25 août 1881, Monsieur A. Chapron , Préfet de la Sarthe, rappelle à l’Assemblée du Conseil Général, réunie à la Préfecture de la Sarthe, la demande de la division de la commune de Fillé-Guécélard, en deux communes distinctes,  a été sanctionnée par une loi du 30 juillet 1880; Le Conseil d’Arrondissement a déjà pour 1881, déterminé le contingent pour chacune des deux communes - ( 765 pièces ).

Dans la lecture, dans l’examen de ce très volumineux dossier, , un point excessivement important ressort,

- si il y a eu incontestablement des séances du Conseil Municipal de la commune de Fillé-Guécélard, tout particulièrement houleuse, où quelquefois des qualificatifs ont été à la volée prononcée,

- à aucun moment il n’y a eu de violences physiques, ou intention de violences manuelles,

- la rumeur des fourches sorties et menaçantes, des fusils hâtivement saisis, relève jusqu’à preuve contraire authentifiée de la plus pure élucubration.


Guécélard avait quand quelques atouts maîtres,

Un passé multiséculaire……profondément enraciné……


Si la Révolution s’est manifesté un peu partout sur le territoire départemental de la Sarthe, il faut remarquer qu’à Guécélard, et ce détail a une très grande importance ; il n’y a pas eu de Cahier de Doléances. Que les Guécélardais refusèrent d’annoter ceux qui leur ont été présentés.

Que le départ des religieux bénédictins du Prieuré Saint-Pierre-de-Parigné, a été vécu comme la pire des catastrophes, par toute la population, le dossier volumineux existant tant aux Archives 72 que 37, que celles de Paris en témoignent.

Il ne faut pas oublier, que si la population du hameau de Guécélard voisinait les 150, puis  250 à 300 habitants environ, depuis le XIème siècle jusqu’en 1791; les moines de Parigné-le-Polin ont été un phare pour des générations de guécélardais. Ils n’ont pas été que des évangélisateurs, ils ont été beaucoup plus, tour à tour conseiller, éducateurs, soignants les âmes et les corps des grands et des petits. Ils étaient l’indispensable.

Vers 1650, les  châtelain de Parigné, seigneur du Petit Guécélard, apportèrent un plus à cet ensemble édifier par les moines, jusqu’en 1792.

Lorsque l’ Assemblée Nationale vota la loi du 14 décembre 1789, toujours selon les mêmes sources, l’unanimité de la population guécélardaise était persuadée, que Guécélard allait être uni à Parigné. Cela paraissait tellement évident.

Lorsque nos Aïeux apprirent en 1792, qu’ils allaient être unis à Fillé, la stupeur précéda le mécontentement, le rejet. La colère d’avoir à subir l’arbitraire dans une Nation qui clamait haut et fort : la Liberté, les Droits de l’Homme….. Frustrés de ne pas avoir été consultés. La rivière Sarthe représentait encore une barrière naturelle, pratiquement et difficilement franchissable : trois existaient : Le Mans, Noyen, Sablé.

Si Fillé avait une église, un cimetière, une mairie, deux écoles : Guécélard avait également une église, un  cimetière, une école, et une seconde en réalisation. Un local pouvant être utilisé comme mairie.

Guécélard avait également, une grande route dont le trafic permettait à trois auberges et deux tavernes d’être florissantes, un relais de la Malle poste desservant les lignes :

- 1° : Paris, Chatres, Le Mans, Guécélard, Foulletourte, La Flèche, Angers, Ancenis, Nantes, Paimboeuf,

- 2° : La Suze , Malicorne, Sablé, Laval, La Lacelle, Vitré, Rennes,

- 3° : Le Mans, Bonnétable, Bellême, Rémalard, Châteauneuf-en-
         Thymerais, Paris,

- 4° : Le Mans? La Ferté-Bernard, Nogent-le-Rotrou, Chartres, Paris.

des artisans maréchal-ferrant, charron ( 2 ), sabotiers ( 3 ), deux poteries et une faîencerie, 1 voiturier, que Fillé n’avait pas.

Enfin, lorsque l’on examine les Procès Verbaux, les Comptes Rendus du Conseil d’Arrondissement, du Conseil Général de la Sarthe, des Archives Ministérielles, force est de constater qu’il y avait dès le départ une sérieuse anomalie.

Si l’on prend en considération, que seul les hommes ayant atteint leur majorité avait le droit de vote, on constate qu’il y avait à Fillé,  92 électeurs et à Guécélard 91. Or le Conseil Municipal de la commune de Fillé-Guécélard comportait 12 Membres, ainsi répartis :
- 7 conseillers, dont le maire et l’adjoint pour la section de Fillé,
- 5 conseillers pour la section de Guécélard.
tant et si bien que lors des votes : Guécélard était toujours, et systématiquement en minorité.
Si l’on poursuit, on s’aperçoit, que les 3 cinquième des ressources profitaient à la section de Fillé, au détriment de la section de Guécélard.

La cerise sur le gâteau……

Nul besoin de prendre les fourches, nul besoin d’empoigner les pioches, forts de l’expérience de leurs Amis d’ Arnage et de Foulletourte, nos Guécélardais avec compétence, sérieux, et sang froid  ils utilisèrent le plus simplement du monde, les éléments que les Filléens leurs offrirent.


Chez le charron, on s' apprête à ferrer les roues d'une grande charrette.


Les premiers pas….……….de notre commune.


Le Conseil Général de la Sarthe demande le 29 août 1841, la stricte application du décret de prairial de l’an 12, modifié par le décret du 7 mars 1808, par lequel les cimetières doivent se trouver à 100 mètres minimum de l’enceinte des bourgs 

- B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.77.

Sous l’égide de la Société d’Agriculture et des Sciences et d’arts du Mans, des tentatives d’extraction de la résine ont été tentés dans plusieurs pinèdes guécélardaises, les résultats  très fructueux se sont révélés encourageant - B.N.F. liasses de 139 documents archives - p.36-22.

Lors de la session du Conseil Général de la Sarthe du 6 septembre 1847, le salaire moyen journalier d’un homme au Mans est fixé pour l’année 1848 à 1 fr. ; à La Suze à 0,60 fr. ; et à Guécélard à 0,50 fr. - B.N.F. liasses de 252 documents archives - p.145-118.

C’est lors de sa première session ordinaire de l’année 1874, que le  Conseil Général de la Sarthe, réuni dans la salle de ses séances à l’Hôtel de la Préfecture, sous la présidence de Monsieur Cordelet, en présence Monsieur Tassin, Préfet de la Sarthe, le 8 avril 1874, que le «  Plan de Traverse » du bourg de Guécélard, a été établi. La double rangée de maisons, contigües bordant la grande route , dont de nos jours nous en constatons l’ordination date du 21 avril 1874, jour où les conclusions du Commissaire enquêteur et l’avis favorable du Conseil Municipal, furent validés par le vote du Conseil Général.

Le 1er septembre 1882, le Conseil Général de la Sarthe, s’est réuni à l’Hôtel de la Préfecture, dans la salle ordinaire de ses séances, sous la présidence de Monsieur Cordelet, maire du Mans. Monsieur A. Dumonteil, Préfet de la Sarthe, était présent - B.N.F. liasses de 895 documents archives .

- Monsieur Gasselin, maire de Chantenay,le rapport sur une demande de réduction de contingent pour la commune de Guécélard,

« Messieurs,
« Le Conseil Municipal de Guécélard demande, dans sa délibération du 13 « février 1881, la réduction du contingent de 600 fr. que cette commune « sert au chemin d’intérêt commun n° 67 ».

Il ressort du rapport du service vicinal que ce contingent ne représente pas la moitié des ressources ordinaires de la commune et que les contingents des diverses communes qui contribuent audit chemin laissent, sur les besoins d’entretien, un déficit de 500 fr. à la charge du département. En outre, l’entretien du réseau vicinal ordinaire sera assuré pour 1882 par les subventions de l’État et du Département.

Le Conseil d’Arrondissement du Mans et le Service Vicinal repoussent cette demande.

« Votre Commission vous propose de maintenir au chiffre actuel le  contingent dont la commune de 
« Guécélard demande la réduction ».

- Les conclusions de la Commission sont adoptées.

L’examen d’une liasse de documents de 895 pièces, comprenant des Procès verbaux et des Comptes rendus du Conseil Général de la Sarthe pour l’année 1881 nous apprend qu’il y avait à cette époque une Maison d’école de filles à Guécélard.

Le Conseil Général de la Sarthe réuni dans la salle de ses séances ordinaires à l’Hotel de la Préfecture, sous la présidence de Monsieur le Prince Marc de Bauveau  , en présence de Monsieur le Vicomte de Malher a alloué une somme de 445 fr. 50 c. pour la destruction d’animaux nuisibles pendant la saison 1866/1867, à savoir : 120 fr. pour 12 loups tués ; 325 ft. 50 c. pour 1302 vipères détruites. C’est dans les communes de Vibraye, Valennes, Vaas, Vacé et Courdemanche qu’il y a eu le plus de vipères détruites.

En 1871, il a été versé 228 fr. 75, pour la mort  de loups, louves et louveteaux, et 42 fr. 75 pour la destruction de vipères.

Un rapport de Monsieur l’Ingénieur en Chef fait état d’une très importante dégradation de notre grande route, l ‘épaisseur du revêtement qui était en 1860 de 0,60 , n’était plus que en 1870 que de 0,08, et en certains endroits de 0,03. Il faut y ajouter les passage  répétées de troupes, et l’arment quelques fois très lourds, avec un hiver excessivement rigoureux, et des pluies abondantes. Des ornières profondes existent  en de noms lieux. L’usure est de 64 m3 par km. Les crédits de 1871 ne permettent qu’un apport de 19 m3, soit 11 de moins qu’il faudrait par kilomètre. - B.N.F. - 832 pièces archives - p.275-276.


Postes et télégraphes à Guécélard,


Le vendredi 5 avril 1883, le Conseil Général de la Sarthe, s’est réuni à l’Hôtel de la Préfecture, sous la présidence de Monsieur Cordelet, sénateur, maire du Mans. Monsieur L.-A. Dumonteil, Préfet de la Sarthe était présent. Dans son rapport au Préfet de la Sarthe, el Directeur, des postes et Télégraphes, informe le Conseil le projet pour 1884 de 270 kilomètres de ligne spéciale à construire, 450 kilomètres de fil à poser sur des appuis déjà existants, 45 bureaux à pouvoir ; et enfin trois communes Le Petit Oisseau - Guécélard - Joué-en-Charnie, à doter exceptionnellement de bureaux télégraphiques municipaux.























La commune de Guécélard,


Géographiquement, le territoire communal de Guécélard est borné au  Nord, par la commune de Spay, au Nord-est, par celle de Moncé-en-Belin, au Sud, très partiellement par celle d’Yvré-le-Polin, mais surtout par Parigné-le-Polin. À l’Ouest limité et séparé  de Fillé, sur un peu plus de 2,7 km. par la Sarthe.

Situé à l’extrémité du canton de La Suze-sur-Sarthe, elle il est attaché par les marchés et les foires, mais c’est plus spécialement Le Mans placé à une vingtaine de kilomètres, qui a attiré, et relie toujours très étroitement les deux communes.


4° - La vie au jour le jour de nos Aïeux.


Coup d’œil sur la vie des Guécélardais d’autrefois,


Dans le rythme frénétique des travaux de l’été, sous le soleil ardent, il faut faucher les foins, récolter les céréales, préparer les semis de l’automne, battre la récolte, un déséquilibre évident existe entre le régime alimentaire de nos Aïeux et les efforts quotidiens qu’ils effectuaient. Il faut savoir, qu’au XVIIIème siècle le sucre était une denrée cher et rare ; très peu d’œufs au menu, ils étaient réservaient à la vente au marché, le grain coûtait très cher, il était exclusivement réservé à l’alimentation des humains.

En 1837, à son lever le paysan Guécélardais mange une assiette de soupe aux choux avec quelquefois du lard, mais plus souvent du lait, trempée au pain de seigle, puis une ou plusieurs tartines « beurrées » avec du fromage souvent frais, assorties de tiges vertes d’oignons, coupées dans le jardin.

À midi, son repas se compose d’une soupe copieuse de légumes du jardin qui précède un plat de bouillie ( farine d’avoine ou de sarrasin ), de pommes de terre ou de fèves. L’élément carné : la viande était exclusivement composé de porc et de volailles de la basse-cour, mais deux, très rarement trois fois par semaines - carottes, fèves, haricots, navets, poireaux, pois, raves cultivés dans le potager sont servis bouillis, arrosés de lait ou de cidre. Le repas se terminait par du fromage ou un fruit de saison.

L’été, lorsque la journée est plus longue, lorsqu’il faut affronter sans pouvoir les éviter les rayons ardents du soleil, rendant le travail plus pénible, une « collation » coupe l’après-midi, elle consistait au XVIIIème siècle en tartines de pain de seigle enduites de beurre, le plus souvent de graisse de porc assaisonnée ( sel - thym - ciboule - persil -  ail ), accompagnées de la tige verte d’un oignon.

Vers la fin du XIXème siècle, et encore dans les années 1950, ladite collation comportait : des rillettes « les rilles » que l’on servait dans un grand pot en grès placé, au milieu de la grande table, des pâtés variés fabrication « maison » dans des terrines, la réserve de ces  pots de rillettes et de ces terrines se trouvait sur le haut de l’armoire lingère, derrière le fronton. On y mangeait souvent de la viande froide ( porc, poulet, canard les restes du repas de la veille, puis du fromage frais assaisonné ou du bolo passé : fromage local affiné ). Le dessert était invariablement des fruits de saison ou des confitures faites par la patronne.

Le soir, lorsque toutes les occupations courantes étaient pour ainsi  dire terminées, une solide soupe aux légumes ou l’été la célèbre « miotée » - ( pain trempée dans du lait froid, souvent écrémé, ou  du cidre ) . L’hiver le potage était accompagné de châtaignes bouillies, la marmite posée au milieu de la table et chacun puisait à sa convenance directement avec ses doigts. Quelquefois, on les mangeait avec des pommes de terre, du fromage blanc ou du lait ; cela représentait un extra.

L’examen et le recoupement de nombreux inventaires après  décès, nous apprend,

- l’apparition de la table vers 1760-1780, d’abord dans les moulins, c’est le meuble par excellence de la convivialité ; puis de l’armoire vers la fin du XVIIIème siècle, marquant l’époque de la rationalisation ; pas de chaise.

Auparavant , les repas étaient pris autour de la cheminée, assis sur des bancs ( bancelles ), la marmite , posée à même le sol. Le coffre était l’élément principal du mobilier, du rangement : l’insécurité étant permanente, on était très mobile, et l’on se déplaçait beaucoup.

- aucune casserole, un chaudron souvent en fonte noire, à trois pieds, pour cuire les légumes du jardin, un poêlon pour cuisiner la bouillie de céréales et les galettes, une poêle à trous destinée aux châtaignes.

Au XVIIème siècle, l’écuelle en bois est personnelle, chacun la sienne. Vers 1750, il est  question de l’assiette creuse en terre cuite : la calotte ; la fourchette se généralise, dans le même temps. L’assiette plate est en étain, on ne la trouve que dans une certaine classe de la société. Pas de verre, on boit dans des gobelets en bois puis en étain, on sert l’eau - le vin - le cidre dans des pichets : des choquets  en boisellerie.

Contre la pluie et l’humidité, pour  se préserver du froid et de la bise glaciale l’homme de notre terroir n’a aucune protection : les moins fortunés avait une pelisse en peau de chien.

La quasi totalité des  habitants de notre campagne Guécélardaise, au  début du XVIIème siècle couchaient toujours sur le sol, recouverte souvent de fougères séchées, puis vers la deuxième moitié de ce siècle dans un cadre évoluant vers le lit  à couette - pas de matelas ; la couette de plumes de poules apparaît dans des actes vers 1750. Pour se garantir la nuit, une couverture blanche tissée par la maîtresse de maison, moitié laine, moitié chanvre.

- le grand chic de l’époque : la couverture rouge - teinte obtenue avec des cochenilles, impérativement vivantes, importées d’Espagne.

À la fin du XVIIIème siècle, la culture de la garance, dont la racine fournit  un colorant écarlate, modifia considérablement les prix.

La vente de lait, de beurre, de fromages quelquefois affinés ( dans du cidre, du vinaigre ou de l’eau-de-vie : fabriqués avec des pommes ou des prunes ) - le bolo, de volailles et de quelques légumes du jardin aux marchés de La Suze et du Mans, assurait le revenu en argent réparti sur toute l’année, il permettait d’acheter des outils ou de les faire réparer, des vêtements et surtout de payer la taille ou la capitation (impôts).

Georges Duby dans ses écrits nous a éclairé, dans nos recherches, nous  avons recueilli de précieuses informations dans les années 1970-73 auprès de vénérables Anciens guécélardais, les vieux documents, les chroniques d‘époques révolues, les almanachs anciens que nous avons consulté chez des Particulers, aux Archives Départementales et à la Médiathèque nous ont considérablement éclairé sur la vie de nos Aïeux disparus. Ainsi, nous avons découvert que le linge de corps et les vêtements que portaient nos paysans, c’est à-dire ceux de notre campagne Guécélardaise.  Un constat s’impose : ils ne sont pas nombreux, mais ils  sont fonctionnels et robustes.

Les vêtements de travail des hommes et des femmes en ces temps hors de notre mémoire ; qui passent des heures chaque jour au contact des animaux : atteler - dételer - panser - nourrir - soigner - assister, de travailler la terre par tous les temps, sont en permanence « crottés » - souillés. Le linge de corps est imbibé continuellement de sueur, occasionnée par les travaux agricoles, qui sont compte tenu le faible équipement : épuisants.

Si la grande toilette est effectuée le dimanche, c’est également le dimanche qu’on change de linge en se « rappropriant ». Le costume des grandes occasions « l’habit du dimanche » : des fêtes solennelles - des cérémonies familiales, était réalisé en drap de bonne qualité pour son mariage. Ce costume accompagnera son  propriétaire sa vie durant, rarement porté, dûment protégé, il sera endossé pour la dernière fois par le défunt pour son enterrement.

Tradition séculaire, et peut-être plus lointaine,  très nette distinction entre les hardes du travail, c’est à-dire de la vie quotidienne, et le vêtement de « sorties » dénommé «  du dimanche »,, chez nos paysans  attachés aux rites ancestraux, et respectueux des convenances, soucieux de préserver son formalisme.

Si le premier est adapté au travail rural sous toutes ses formes, le second par contre est fortement inspiré de l’habit de l’habitant du bourg, pour ne pas dire du citadin. Le premier , grâce à l’imagerie populaire qui supplée la photographie inexistante à cette époque, nous découvrons la blouse en grosse toile bleue, solide faite pour durer, de forme ample et très enveloppante, le bonnet qui sert et protège la tête, les sabots « boëttons » signe distinctif de ruralité. Fabriqué localement, ils sont tout particulièrement adaptés à la marche dans les sols humides, la boue, de plus garnis de paille ils entretiennent une température constante par les plus  grands froids - image typique et représentative de nos paysans  des XVIIIème et XIXème siècles.



En 1735-1740, le vêtement est en toile rayée, la culotte descend jusqu’aux genoux, que l’on porte avec des guêtres ou avec des bas ( les chausses ), suivant le rang social et la région. La veste est cintrée, assortie d’un gilet.

La mode féminine est sujette à de  nombreuses variantes suivant les  régions, et même au sein d’un même département, par exemple la Sarthe : d’un terroir à l’autre, quand ce n’est pas d’une paroisse à la voisine. Différenciation dans les costumes, mais aussi et surtout dans les coiffes. Il n’est pratiquement pas possible d’en fixer une image représentative unique, et spécifiquement authentique.

La jupe est longue, et s’arrête à environ 20 cm du sol, la teinte est bleue, vert foncé ou prune. Elle est plissée, froncée à la taille, agrémentée d’un petit tablier blanc bordé de dentelles, parfois plus ou moins brodé, marquant un signe extérieur de l’aisance. Pour enjoliver leurs caracos, elles se paraient d’un fichu en toile imprimée fleurie, couvrant les épaules, descendant bas en pointe dans le dos, croisé ou noué sur la poitrine, toujours pour marquer une particularité locale.

En 1740, la robe est en étamine de laine brune, ornée d’un col et de poignets blancs.

Vers 1760-1765, la jupe est plus courte en coton rayé, complétée d’un casaquin et d’un foulard unis ou fleuris.

La coiffe de notre région forme une galette, est destinée à recevoir les cheveux que les femmes portent longs. Finement ou richement brodée, nouée sous le menton par un ruban qui couvrait les oreilles. Là également,  une distinction entre la coiffe de la semaine et celle du dimanche.

- Il n’y a pas si longtemps, dans les années 1930-40, certaines femmes de notre campagne regardaient non seulement comme incivil, mais comme la dernière inconvenance de laisser voir sa chevelure. Aussi se tenaient-elles toujours à l’écart pour se coiffer, et renfermaient-elles scrupuleusement tous leurs cheveux sous une coiffe.

Cette coiffe, qui  variait selon les régions, et quelquefois les villages a peut-être pour origine cette injonctions adressée par  Saint Paul aux Corinthiens :

« Il faut que la femme marche le chef couvert à cause des mauvais anges - Épître I, « XI, 5,6 et 10 ».




Le rythme du temps passé,


Le dimanche n’est pas un jour comme les autres. On y travaille certainement moins que les autres jours, mais sans énumérer en détail les tâches domestiques à accomplir par la mère de famille : les soins aux différents animaux de la ferme demeurent, et ne sauraient s’interrompre.

Certains de nos petits « maisonniers » peu fortunés, allant en journées dans les métairies, en semaine, profitaient de ce jour pour travailler leur propre lopin de terre.

Au XIXème siècle, et au début du XXème, le dimanche est le jour de la messe.

Nos paysans, dans notre terroir de bocage « monte » au bourg en carriole pour les uns, à pied pour les autres, mais toujours en famille ; toutefois lorsque la ferme est isolée, un membre de cette famille y demeure pour veiller, protéger les biens. Car le rôdeur plus ou moins malfaisant et aux aguets…..

C’est le dimanche, après l’office dominical que les femmes accompagnées de leurs jeunes enfants font leurs emplettes chez les différents commerçants  du bourg. Les hommes prennent l‘habitude de se retrouver pour boire un verre et discuter à l‘auberge ou au cabaret. C‘est à cette époque que le cabaret appelé également estaminet, se multiplie dans le voisinage des édifices religieux.

On profite également de ce jour pour rendre visite au notaire et au médecin…..guérisseur, rebouteux….qui soigne peu, mais vide les bourses…!

En 1830, une partie importante masculine de la famille retourne volontiers au bourg , après le repas du midi, pour s’attabler à l’auberge et s’occuper en groupe à boire et à chanter ; 50 ans plus tard s’ils boivent un peu moins, ils sont plus nombreux « à taper le carton ».

Des documents aux Archives de la Sarthe nous révèlent : vers 1830-1840 l’expansion démographique de la cité du Mans. Ce développement offre un marché de consommateurs particulièrement intéressant, ce nouveau débouché ouvre aux maisonniers, bordagers et autres Guécélardais de cette époque un complément de revenus appréciables : très tôt le matin les femmes seules ou en petits groupes, prenaient à pied la direction du Mans, chargeaient de paniers garnis de volailles ( poulardes - lapins - chapons ), de légumes du jardin ( de choux - d’oignons - de navets - de carottes - d’ herbes aromatiques ), des fruits   ( prunes - pommes ), du miel, de la compote de prunes, du beurre, des œufs, du fromage ( le fameux bolo, abandonné dans les années 1945 ) ; et en saison des asperges, des noix ( noaix - ochaliou ), des mêles (  meiles », des quartiers de potiron.. De temps à autre, un fermier complaisant en prenait quelques unes dans sa charrette « chârte ».

Une enquête sur la situation et les besoins de l’agriculture en Sarthe en 1867-1868, démontre une certaine prospérité dans le développement de la culture des légumes dans les anciens « courtils étendus », et le commerce des produits issus des petits bordages jalonnant la route du Mans à La Flèche, et particulièrement en bordure de l’ancien chemin Mansais, ex-voie de Paris à Nantes.


Le temps jadis…
à l’époque de l’élévation deGuécélard en commune distincte.
À chaque enclos …. à chaque près …. à chaque champ …. sa vérité


Dans la lande avoisinante, nos petits paysans installaient des ruches, et ils         «  boëllaient  la   bricaine  - ils arrachaient la bruyère avec la boëlle - sorte de grosse et solide binette à lame large et coupante ». Nettoyée, la bruyère était vendue aux aubergistes installés sur le bord du grand chemin, pour confectionner des litières. Ils allaient au Mans vendre leurs fagots, les châtaignes «  châteignes - châtingnes » ramassées dans les bois, « la gueinche - gheïnche » herbe des sous-bois, pour garnir couettes et matelas.

La «  boerière » - la bruyère fournissait outre le chauffage aux maisonniers, les « coursières » aux petits bordagers ( bruyère coupée qu’ils étalaient dans les cours boueuses, dans les ornières fangeuses où piétinée et souillée par les animaux, par les charrois, elle pourrissait , cela donnait de « l’agras », riche amendement pour le « courtil » - jardin, et  le « clôsiau ou clousiot » - petit champ attenant à l’habitation. Fréquemment travaillés, bien fumés, soigneusement fermés, clos par une haie bien entretenues pour éviter la maraude.

Des Chroniques Sarthoises du XVIIIème siècle, nous dévoilent les habitants de ces landes étaient dénommés « les landions », qu’ils se nourrissaient encore de « mitonnée » - sorte de potage composé de quelques légumes, de pain de seigle, d’eau, quelquefois de beurre, de sel, boullis ensemble, ou de « noces » - sorte de bouillie d’avoine.

Au XVIIème siècle, une phase d’expansion se précise, on commence à distinguer une disparité dans notre paysannerie, le métayage se développe selon des formes les plus traditionnelles.

La terre fascine incontestablement, sa possession est le moyen le plus prestigieux d’affirmer sa fortune, sa réussite sociale. Les acheteurs : les bouchers acquièrent des près d’embouche, la consommation de viande étant en nette augmentation, les gens de loi, et les gens de justice qui constituaient la classe des gens de robe, achètent dans nos campagnes à quelques lieues de la cité Mancelle de petits fiefs, qu’ils rénovent pour leur prestige.

Un exemple dans notre commune : Villette.


L’examen approfondi des baux des fermes de 1550 à 1790, fournit de précieuses indications sur l’économie  de notre proche région. Il est possible par eux d’évaluer et de juger le mode de vie et la condition de l’existence de nos Aïeux. Il  permet d’entrevoir et d’apprécier cette période que nous avons intitulé : le Bon Vieux temps, la prospérité ou la misère de La vie au Quotidien.

La Métairie de la Galopière


en 1564 : elle comprenait,
- 12 journaux ½ de terre labourable,
- 15 journaux de bois.

en 1577,  elle était louée - 70 livres.
de 1627 à 1633,  elle était louée - 80 livres à Jean Bougard - ( la livre équivalait à l’époque 3,07 fr ).
en 1645,  elle était louée - 120 livres au même métayer - ( la livre équivalait 1,95 frs).
en 1736, la location s’élève à  100 livres plus un subside en nature 6 poules au choix, le fermier est Julien Donne.
de 1748 à 1750, la location est transmise à Jeanne Lebouc veuve de Pierre Dommé et à son fils pour 95 livres
de 1736 à 1774, la livre équivaut à 1,86 fr
en 1786 : la location de métayage passe à Côme Jousse pour 160 livres, la métairie de la Galopière comprenait 12 journaux ½ de terre labourable, 10 hommées de près et  10 journaux de bois
de 1775 à 1786, la livre équivaut à 1,44 fr

Les propriétaires de fiefs dans le haut-Maine conservèrent sans grandes modifications, de 1399 à 1844, les métairies et les bordages.

Les aveux que les titulaires de bordages et de métairies firent successivement en 1399, 1406, 1608, 1681 et 1776, liés à l’arpentage de leurs terres en 1564, complètent pour notre petit terroir, ces baux, en donnant une répartition assez précise de la structure des exploitations rurales à cette époque : en terres labourables, près, pâtures, vignes, bois et taillis,


Batterie avec une locomobile pendant l'occupation.

La Métairie des Toucheries,


en 1564, comprenait,
- 58 journaux et demi, de terre labourable,
- 14 journaux de pré,
-   5 quartiers* de vigne
- 19 journaux de bois,
- une grande prée de 2 arpents*,
* le quartier représentait le quart d’un arpent,, soit environ : 16,49 m2
* l’arpent valait : 66 ares

en 1627, elle était louée,
-172 livres, 2 chapons, 6 livres de plumes d’oie et 10 livres de beurre,
en Janvier 1572, le chapon valait 7 sols , la livre de beurre 2 sols et six deniers
en I645, le loyer était de 195 livres


























Baillée de la Métairie du Plessis datée du mercredi 16 septembre 1795.

La Métairie du Plessis,


en 1530, elle  comprenait,
- 11 journaux de terre labourable,
- 29 journaux de bois,
- 5 journaux de patis,
- 2 quartiers de vigne,

en 1621, elle était louée,
- 95 livres, 2 chapons gras, une livre de bougie,
en 1627, le loyer s’élevait à 105 livres,
en 1672, à 95 livres,
en 1688, à 80 livres,
en 1730, à 85 livres, 2 poids de beurre, 3 poulets, 5 poulardes,
en 1747, à 85 livres, 2 charges de seigle, 2 d’orge, 2 poulardes.

La terre guécélardaise était affermée, le propriétaire en retirait de nombreux subsides : avantages en nature : poulardes, beurre œufs, livres de bougie, plume d’oie, chanvre, toile, charrois divers et même du bois de chauffage livré.


Départ pour le champ, on rentre la moisson en 1941.


Montrées ou Visitations du XVIIIème siècle,


Visitation ou montrée datée du 9 mars 1786, fournissant une description détaillée, et d’intéressants informations sur la Métairie de la Martinière - paroisse de Gué Ceslard, seigneurie de Buffes - ( intégralement paléographié du document original ).

- terre : 52 journaux dont 29 en seigle,
                                        23 en froment,
- prés  : 17 hommées ½,
- pastures : 5 journaux ¼,

« …. un corps de bâtiment construit en coulombés, couvert en chaume de  froment, composé d’une 
« grande chambre manable  (pièce commune chauffée ), et cheminée en pierres à four, ayant son 
« entrée et porte fermante à deuz battants par la cour, fermante à une serrure, loquet et deux 
« verrouil, une  fenestre avec trois barreaux de fer scellé. Laquelle est garnie d’un volet  fermant et 
« d’un verrouil plat. L’aire de ladicte meson et sans pavé, il n’a  pas l’apparence qu’il n’en ait eu, il y 
« a plusieurs cavités à aplanir. Porte de communication à une autre chambre froide à costé cy après 
« son entrée et porte par la cour fermante avec une serrure et un loquet. Une  fenestre sur  la cour 
« ayant deux barreaux de fer et un volet fermant avec un petit verrou  il plat. Il manque deux 
« carreaux à la petite fenestre, et l’aire est sans pavé (  le sol apparaît être en terre battue ).

« Les murs, au-dedans de ladicte meson, sont enduits de chaux et de sable et dégradés sur un quart 
« de toise.
« Grenier au-dessus des sur deux chambres dont le plancher est en terrasse non carrelée, ayant son 
« entrée par le haut du pignon, sus d’escalier de  meunier fermant avec une serrure…….. »,

On découvre également dans ce même acte :

« …..sous le même toit un cellier, un fournil, une estable, une grange, en pignon un toit à porcs etune 
« soue en appentis…. ».

Dans nos recherches , nous avons également découvert, une autre montrée datée du 3 ou 9 décembre 1759, du bordage de Petit Guesselard,

- terre à seigle : 7 journaux ½,
- prés : 8 hommées,
- landes : 4 journaux,

« ….un corps de bâtiment composé d’une chambre manable, à cheminée es  four, le foyer est en 
« pierres brutes, le pied de la cheminée est dégradé de deux pieds de hauteur. Son entrée es porte par 
« la cour fermante à une  serrure embout un verrouil es un loquet,le ventail de la porte es en état, 
« garni de toutes ses serrures, une petite  fenestre avec un barreau de fer es un châssis garni de 
« quatre verres en état  de servir  ( les vitres sont intactes ), l’aire es sans pavé ».
« cy après un fournil es une estable ayant son entrée es une mauvaise  porte sur la cour fermante 
« avec un verrouil, un toit à porcs adossé au midy,  couvert en bruyère. Cour es jardin devant ledit 
« bâtiment, dans lesquels, sur  le costé un autre bâtiment, couvert en genêts, son entrée es mauvaise 
« porte  à deux vantaux, fermante avec une barre de fer…. ».

Nous avons affiné nos investigations sur ce bordage, avec le document ci-dessous.






















Labours de printemps en 1939.

Bordage du Petit Gué Ceslard,


en 1499, il comprenait deux maison construites en torchis, couverte chaume, avec courtils,
en 1553, il possédait,
- 10 journaux de terres labourables,
-   3 hommées de prè,
il était loué,
- 48 livres de 1698 à 1707,
en 1717, la location s’élevait à 41 livres,
en 1741, à 54 livres et un  poids*de chanvre,

* le poids valait 16 livres, cette ancienne mesure est encore utilisée pour le chanvre.

En 1769, on comptait dans la paroisse de Fillé-Gué de Cellard : 27 bordages-métayers, pour 1124 journaux exploités, y compris les seigneuries de Buffes et Mondan, et 216 bovins.


























Entête d'un testament rédigé le mardi 18 novembre 1794 .



Un inventaire daté du 14 novembre 1794, après le décès d’un dénommé Benoist Donné, métayer au Gué Ceslard, nous éclaire sur l’équipement du défunt, et avec quoi travaillé nos Aïeux :

« …..outils aratoires - deux fourches en bois - deux râteaux de fer - deux tranches plates ( genre de 
« bêche ) - deux tranches fourchées ( fourches à bêcher ) -  deux haches -  un cerniaux ( sorte de 
« solide faucille emmanchée ) - onze tonneaux - une charte avec son équipage ( charrette avec ses 
« deux  échelons d’extrémités ) - une petite charte - deux vieilles charrues à manchons -  une herse - 
« deux fléaux - trois seilles - une baratte et son baratton ( manche ) - un  fermant de four                     
« ( le  locataire fermier possédait souvent la porte fermant le four )……»,

Il est à préciser, que dans cet inventaire il n’est pas fait mention de cheptel vif, ce qui confirme sa qualité de métayer. La part  de ce cheptel étant évalué seulement à la fin du bail, on peut en déduire que la veuve continuait l’exploitation de son défunt mari, aux mêmes conditions.

Le reste des biens de la communauté familiale étant constitué de linge et de meubles :

« …..une vielle table longue avec ses deux bancelles - une huche en bois de chêne fermant à clef - un 
« marchepied ( petit meuble bas, servant à remiser soit des costumes, soit des objets précieux )
« fermant à clef - une armoire en bois de guignier, à deux portes fermant à clef - un lit en bois de 
« guignier avec de vieux rideaux - un autre lit en bois de guignier - une couette de plume d’oie - deux 
« autres de plume d’oie - trois couvertures vertes - douze draps de lit en chanvre de quatre aunes     
« ( l’aune = 1,20 mètre ) - trois nappes - un rouet - deux saloirs : un grand et un plus petit……  »,

Le reste de l’inventaire, que les vêtements  confirment un semblant d’aisance, tant chez ce paysan défunt,

« …..un habit en drap : pantalon et veste - deux pantalons en grosse toile - un pantalon usagé - deux 
« chemises - deux vieilles chemises - un bonnet - une cravate - deux paires de bas et souliers…. »,

que pour sa veuve,

« …..une brassière noire - une debater - une en toile - un manteau en drap de couleur prune - un 
« autre noir - un cotillon blanc - une cape d’étamine fleurie - une jupe en étamine de laine rayée - une 
« paire de bas - trois bonnes chemises et trois mauvaises - trois coiffes et deux mouchoirs.. ».

L’ensemble des biens de cet inventaire a été estimé à 472 livres 18 sols.

Un document aux Archives Départementales de la Sarthe , nous dévoile,La vente le 1er septembre 1779, au Grand Bourg du Guessélard, après le décés François Benoist  - journalier, est significative,

« …..une table  carrée et deux mauvaises bancelles, un mauvais lit, une carrée de lit ( cadre de bois 
« où s’attache les rideaux du lit ), un  marchepied de peu de valeur, sans serrure ( à cette époque 
« sous la marche, existait un coffre fermant à clef ), un cabinet ( sorte de petit buffet bas ), à deux 
« battants et deux tiroirs dont l’un ferme à clef, un mauvais carnier, un fusil….. ,et quelques 
« vêtements et linge,deux mauvais draps de toile, un couvrepied en toile empli de balle, une 
« mauvaise taie, une couette  en toile, une veste et une culotte de peluche bleue, une mauvaise paire 
« de bas de laine, une mauvaise paire de souliers et un mauvais chapeau, un mauvais gilet blanc…. »,

* L’ensemble du produit de la vente s’éleva à 49 livres seulement, dont pour le cabinet - 12 livres pour le fusil - 9 livres.
L’étude de la condition des journaliers et des domestiques démontre une amélioration au cours du  XVIIème siècle et du XVIIIème. En 1670-1680, il suffisait de deux journées et demie de travail pour acheter un boisseau de seigle.

À titre indicatif, cent ans plus tard , il en fallait 6 ½.

Fin du 1er volume - 195 pages - le 25 juin 2014 - A.G.

Dans le 2ème volume : Guécélard, Pays des deux rivières.



TABLE  des  MATIERES


- page   2 - Pour quelle raison ai-je réalisé cette étude……

- page   5 - Introduction

- page   6 - Remerciements,

- page   9 - G U E C E L A R D - NE  SE  PRESENTE  PAS …………IL  SE                        DECOUVRE !


1° - Guécélard, d’un lieu de franchissement d’un cours d’eau à un lieu-dit habité.


- page  11 - Tel  un  grand  destin  figé…….., 
                    l’Histoire  est  incrustée  dans  son  nom.

- page  13 - Le sol garde en mémoire, le nom de celui qui l’a conquis….!  

- page  19 - La  nécropole  de  La  Martinière  témoigne.
                       Lorsque l’Archéologie confirme, authentifie les analyses étymologiques   
                      et les textes,

- page  22 - La présence de mérovingiens sur le territoire communal de l’actuel  
                      Guécélard est amplement confirmé. Outre le nom de « Coelhard », la 
                      petite nécropole de la «  Croix de La Martinière », au moins un acte…..

- page  23 - Et si besoin est….. Voici quelques mots que le français, a emprunté à 
                      l’ancien francique, la langue des francs que nous utilisons au quotidien,

- page  26 - Origine et originalités……
                      Dans une enclave, au milieu des bois…….un hameau s’éveille. 

- page  29 - Un hameau dans l’espace d’un terroir défriché, 

- page  32 - Croyances venues……du fond  des âges,

- page  32 - Le Prieuré Saint-Pierre-de-Parigné : un phare dans 
                   l’obscurité médievale………


2° - Guécélard, d’un hameau cerné par les bois à une paroisse,


- page  36 - D’un  lieu-dit  millénaire …… à  la  naissance  d’un  Bourg.

- page  36 - Une chapelle, des églises, un bourg,
                   de Guesselart ……… à Gué Cellard….

- page  39 - Particularités  de l’acte de naissance de Guécélard !

- page  46 - Requiem…….pour la forêt,

- page  48 - Du   Petit-Guessellard   à   la   Paroisse,

- page  49 - Les noms des lieux-dits, sont les feuillets du journal intime   
                   de  l’Histoire !

- page  50 - En parlant des mots,
                      On parle aussi des choses désignées par ces mots,

- page  52 - Guécélard, centre de pèlerinages……depuis le XIème siècle, 
                     Nonimoë, et Saint-Maclow.

- page  55 - La deuxième église du Gué-Ceslard……       

- page  61 - Et si la Révolution…….m’était contée….!

- page  63 - Vente du mobilier de la ci-devant église de Guécélard……

- page  64 - Location de la ci-devant église de Guécélard,

- page  65 - Le dernier prêtre desservant à Guécélard en 1792,

- page  65 - Vieux dictons,  de notre terroir,

- page  66 - La troisième église de Guécélard….en réalité une chapelle,

- page  67 - L’église paroissiale de Guécélard……la quatrième,

- page  78 - La Paroisse de Guécélard en 1789, et pendant la Révolution.


3° - Guécélard, du Bourg annexé à la l’érection en Commune autonome et indépendante.


- page  81 - Dès 1792, la scission de la section de Guécélard, de celle de 
                   Fillé, était prévisible
                       Un non sens de la Convention,  un acte arbitraire, un dictat imposé……

                   Il  était  une  fois….. une commune : Guécélard,

- page  83 - D’un exemple, quelquefois peu naître une idée…….

- page  83 - Il n’en fallait pas plus…….
                   Session ordinaire du 18 août 1866, du Conseil général de la  
                   Sarthe.

- page  87 - Session  ordinaire du 1er septembre 1866, du Conseil Général   
                   de la Sarthe.

- page  89 - Session ordinaire du 28 mars 1867, du Conseil Général de la 
                   Sarthe.

- page  91 - Deuxième session ordinaire du Conseil Général du 24 août 
                   1872.
- page  93 - Troisième session du Conseil Général du 30 août 1872.

- page  93 - Session ordinaire du 28 septembre 1872, du Conseil Général 
                   de la Sarthe.

- page  99 - Deuxième session du Conseil Général de la Sarthe en date du
                   19 août 1873.

- page 101 - Deuxième session ordinaire de 1875, du Conseil Général  - 
                    lundi 16 août 1875.

- page 105 - Session ordinaire  du  20 août 1877, Conseil Général de la 
                    Sarthe,

- page 105 - Session ordinaire d’avril 1879 du Conseil Général de la 
                    Sarthe.

- page 114 - Séance ordinaire du 17 juillet 1879,

- page 115 - Séance ordinaire du Conseil Généeal le 21 juillet 1879,

- page 116 - Session extraordinaire du 20 mars 1880, du Conseil Général 
                    de la Sarthe,

- page 119 - Guécélard avait quand quelques atouts maîtres,
                    un passé multiséculaire……profondément enraciné……

- page 121 - Les premiers pas….……….de notre commune.


4° - La vie au jour le jour de nos Aïeux.


- page 126 - Coup d’œil sur la vie des Guécélardais d’autrefois,

- page 130 - Le rythme du temps passé,

- page 131 - Le temps jadis…
                    à l’époque de l’élévation de Guécélard en commune   
                    distincte.
                        À chaque enclos …. à chaque près …. à chaque champ …. sa vérité.

- page 138 -  Table des Matières



Dépôt légal 3ème trimestre 2009
tiré sur 90 grammes, satiné

Toute reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon  sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Code de la propriété intellectuelle ( partie législative )
Première partie : La propriété littéraire et artistique
Livre 1er  - Le droit d’auteur
Titre II - Droits de auteurs
Chapitre 1er - Doits moraux  : articles L.121-1 à L.121-9
Chapitre II - Droits patrimoniaux : articles L.122-1 à L.122-12
Chapitre III - Droits de la protection : articles L.123 à L.123-5

Le document initial  Gué-Seelard , a été tiré le 20 décembre 1999, et a fait l’objet d’un dépôt légal daté du 5 mai 2000, à la Préfecture de la Sarthe.
Le dépôt légal à la Bibliothèque Municipale d’Angers a été enregistré sous le n°  ANG  00-2 - 002365, le 25 mai 2000.
Conformément à la loi n° 92-546 du 20 juin 1992, une déclaration a été faite à la  Bibliothèque Nationale de France à Paris le 9 mai 2000, répertorié le 12 mai 2000 - n° 024686.




Du même auteur,

- Féodalité à Guécélard,

* seigneurie de Buffe

* seigneurie de Mondan

* seigneurie de Villette

* un chemin médieval nommé Mansais


- Histoire de Guécélard - 1er volume

* son nom a une histoire, et l’Histoire est dans son Nom !

- Histoire de Guécélard - 2ème volume

* Pays des deux rivières……,

- Histoire de Guécélard - 3ème volume

* Terre de passage, terre de tradition du passage.

- Histoire de Guécélard - 4ème volume

* son Passé commence longtemps avant que son nom n’apparaisse

- Histoire des Marais de Meuvaines - 1er volume

- Histoire des Marais de Meuvaines - 2ème  volume

* pourquoi, comment et quand ce Passé d’Asnelles, de Meuvaines et de Vers-sur-Mer


- Cabourg……son Passé…..son Histoire

* Histoire de Cabourg - 1er volume

* Histoire de Cabourg - 2ème volume

* Histoire de Cabourg - 3ème volume


- Histoire de la Sarthe

* Les Comtes dans le comté du Maine.


- GEOLOGIE DE LA SARTHE - LE MASSIF ARMORICAIN - 1 volume

Dans la même collection,

      * - GUECELARD - HISTOIRE & PATRIMOINE - Lexique
           analysé du «  Parler de nos Aïeux» - 3 parties
           www.gbcx74.blogspot.com

      * - GUECELARD - NOMS & LIEUX - Glossaire raisonné 
            - 2 parties.
           www.gbcxjarrier.blogspot.fr

      * - GUECELARD - HISTOIRE ET ENCYCLOPEDIE - 
           Analytique & Lexicographique
           www.gbcx41.blogspot.com

le 23 août 2015 visible : www.gbcx27.blogspot.com


En préparation,

- Périglaciaire et préhistoire dans la Sarthe-aval










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